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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 19:41

La semaine de Gros Textes n°4 (27 janv. – 2 fév.)

 

Cette semaine j’ai

Fini de massicoter les bouquins de François Philipponnat et commencé à imprimer celui de Billy Childish (cf semaine dernière et articles plus haut).

Aller encore un poème de ce dernier pour le plaisir et tant pis pour les emmerdeurs.

 

l’homme qui prétendait ne pas savoir dessiner

 

par un beau jour de printemps

et sans raison apparente

un grand époux barbu se mit à faire des dessins sales et dégoûtants de sa grosse femme sexy

sauf que dans sa tête c’était pas sa grosse femme sexy qu’il dessinait

mais feue son obèse et tyrannique mère

ce qui rendit les dessins doublement dégueulasses et odieux aux yeux du public

après quoi il passa des heures à tailler ses crayons et les rendre pointus comme des poignards

mais ce qui irrita le plus ses voisins était son absence complète et évidente de remord

ou plus précisément le fait que ce benêt barbu prétende ne pas savoir dessiner

– il faut le faire plier déclarèrent certains

– il faut l’obliger à écouter poliment et attantivement murmurèrent d’autres

sa grosse femme sexy se contenta de regarder par-dessus son épaule et lui colla une beigne dans l’œil

– je vais t’apprendre moi graingalet ! éructa-t-elle

et elle éclata de rire à le voir pisser le sang sur ses pauvres gribouillis

 

J’ai lu :

Microbe n°81http://courttoujours.hautetfort.com/sport/

Numéro qui s’ouvre sur ce que je tiens pour 4 petits bijoux d’humour pince sans rire signés Simon Allonneau et ça continue dans le même registre avec d’autres tous/ toutes aussi bon(ne)s. et si on ajoute que dans l’enveloppe il y a aussi une plaquette signée Jacques Sternberg « Le voyageur de commerce », j’espère que vous vous pourléchez les babines. Il s’agit d’une œuvre de jeunesse inédite (1948) déposée à la BN, dans laquelle on retrouve l’ambiance de la plupart des œuvres de cet auteur qui a marqué une époque (il fit beaucoup pour la reconnaissance de la nouvelle, de la SF, d’un certain polar et de l’humour dans l’espace littéraire français, ses anthologies planète sont de véritables merveilles), on retrouve le quotidien poisseux des bourgades de l’après guerre, les pauvres vies de pauvres types et ce sentiment d’absurdité qui plane sur nos têtes avec l’humour en embuscade et le fantastique toujours sous le tapis. Merci Monsieur Dejaeger pour ce rappel.

Jeunet la nuit, la nuit je nais de Frédérick Houdaer, éd. Chiloé, www.cie-chiloe.com

 http://jeunet-la-nuit-ciechiloe.blogspot.fr/

La nuit, le rêve,  la poésie, la vie…

« C’est quand ? / c’est quand la nuit ? / les tranches horaires officielement déclarées été ou hiver / ne veulent rien dire/ la nuit / n’est pas liée à une histoire de lever ou de coucher de soleil / la nuit/ c’est n’importe quand / mais toujours sur votre gauche / si vous êtes droitier / toujours su votre droite / si vous êtes gaucher / la nuit / c’est quand les bonnes questions viennent gratter à votre porte / et que vous ne craignez pas de leur ouvrir / les mains nues. »

Contre-Allée n°33/34, http://contreallees.blogspot.fr/ , un numéro qui s’ouvre sur une série de poèmes de l’infatigable Werner Lambersy : « dans un coin avec un livre / relu cent fois / absenté / du décompte des siècles et / des minutes / absous / d’être né au mauvais / moment / sauvant de paix / ce qui est encore possible / de beauté ce qui  jamais / peut-être ne fut / dans un coin avec un livre / comme on tient contre / les vents / une flamme sous la paume », suit une trentaine de noms avec un choix de textes dont l’ensemble dessine une petite musique poétique propre à cette revue qui fait la part belle aux jeunes auteurs.

Et une chanson pour finir

Un mail de l’ami Jean-Claude Touzeil m’apprend le décès de Luc Romann en début d’année. Je me souviens que je passais en boucle sa chanson « le temps des chevaux » dans ma chambre de cité u à Aix-en-Provence. Au moment où j’apprends que la petite boulangerie du village va tirer son rideau, cette chanson prend un relief particulier pour moi.

Luc Romann est de ces chanteurs bourrés de talent et totalement ignorés des médias. Il faisait les premières parties des concerts de Brassens dans les années 60 et Ferré le rangeait parmi les grands de la chanson.

On peut suivre le lien pour quelques autres chansons et histoires :

http://www.youtube.com/watch?v=w14rYR3V5uo

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 19:39

La semaine de Gros Textes n°3 (20-26 janvier)

 

Cette semaine j’ai quasiment bouclé la fabrication du livre de François Philipponnat évoqué la semaine dernière, « cent remarques sur tout » tomes III et IV.  Aller encore un petit extrait :

Dans les trains

les gens regardent

leur billet de train

 

- En vélo, non

 

J’ai également achevé la mise en page d’un bouquin que je ne vais pas tarder à fabriquer « C’est ça qui me plait et tant pis pour les emmerdeurs » de Billy Childish, en éditions bilingue traduit de l’anglais par Jean Poncet. Voici la quatrième de couverture :

« … et puis on sort dans la rue on a un fils qui vous aime et qu'on aime aussi et on boit du thé et on a plusieurs paires de pantalongs une voiture cabossée et tout plein de chapeaux – on a une femme on dîne en ville on fait l'amour on dort comme un grand et aussi le matin on chie – parfois on se rase – on se laisse pousser la moustache et on palpe l'arrière de ses dans avec sa langue – j'ai les tibias comme des couteaux une pipe en terre dans la gorge et des poèmes pour vous tous c'est ça qui me plaît et tant pis pour les emmerdeurs. ».

Pour faire plus ample connaissance avec ce drôle de bonhomme on peut aller sur wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Billy_Childish

Sur you tube, on trouve des extraits de ses concerts. J’y reviendrai, je pense que ce sera une publication importante pour nos éditions tant l’originalité de style de l’auteur est forte et correspond parfaitement à l’esprit Gros Textes.

 

J’ai lu

« Urticantes » de Jean-Claude Touzeil, illustré par Yves Barré, Rougier V. éd.,

http://www.rougier-atelier.com/ c’est plein de malices, d’humour, de trouvailles, jeux de mots, détournements et approximations, un inventaire de questions où la gentille drôlerie fait mouche à tous les coups. Je peux citer au hasard pour un aperçu de l’affaire : « Est-ce qu’il vous arrive d’avoir peur devant un distributeur de jetons ? », « Est-ce qu’on peut affirmer avec certitude que le mois d’août ? », « Est-ce que quand oiseau nous fûmes, nous nous plûmes ? », « Est-ce qu’avoir le cul entre deux chaises peut véritablement faire avancer le dossier ? » et le petit mouton noir littéraire pour conclure : « Toi savoir si scriptman « La disparition » toujours vivant ? »

 

« Après les morts etc… » de Stani Chaine, éd. La rumeur libre, http://www.larumeurlibre.fr/ . Sous titré « (inconsidérations) ». Il règne sur ces inconsidérations un mélancolie légère qui n’a rien de triste, qui tente de coller au plus près de l’existence avec ses amours et ses visages, les saisons et les départs, le temps et les tombes, Stani restitue tout ça avec application en petits textes en prose et une grande délicatesse, l’art de la bribe : « Tout provient des bribes… Les bribes sont des déchets, des traces, des passages, des fragments arrachés au fil de rencontres…  Les bribes s’inscrivent sur une page blanche qui voyage… Que dire de l’après ! Un épiphénomène ; quoi qu’il en soit. Et tout redevient bribes. La vie, quoi.»

 

« Rais de soleil dans l’hiver » de Jean-Noël Guéno, éd. du Petit Pavé,

http://www.petitpave.fr/catalogue-coll-semainier-4-15-1.html  . J’ai toujours dans un coin le projet d’un numéro thématique de la revue Gros Textes sur « les gens de peu ». Ce recueil m’y fait penser tant il est un hommage à « ceux qui ne sont rien ou si peu, qui avancent colmatant les brèches de l’épave avec les mains, le cœur. Soutiers d’un monde cruel, quand d’autres comptent, amassent, pillent, méprisent. » . Plane sur ce recueil l’ombre de René-Guy Cadou, le poète de Rochefort, emblématique de tout un courant d’humaine simplicité : « Oui, seulement vivre, et goûter à la douceur des jours, sans tenailles dans le corps. La beauté à fleur de lèvres devant la mer étale. Le cour ouvert comme une auberge de Cadou : la salle est sombre dans la clarté d’été, fraîche et profonde, le vin et l’eau glacés ; le temps s’est arrêté dans le murmure léger des voix… »

 

Et une chanson pour terminer. On reste du côté de la douceur de Cadou dans une interprétation de Marc Robine.

 

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 20:21

Ouvrez le gaz 30 minutes avant de craquer l'allumette

de Eric Dejaeger

 

- Éric Dejaeger,

comment

faites-vous

en tant que

poète pour…

- TA GUEULE !

 

Eric Dejaeger

Cet ouvrage de 50 pleines pages recto imprimées en numérique sur papier 120 g colour impression, précédé d’un avant propos de Jean L’Anselme et mis en forme par Pierre Soletti, au format 13,5 x 20 cm à l’italienne tiré à 110 exemplaires numérotés et portant le numéro d’ISBN  978-2-35082-239-6, est disponible depuis le 15 janvier 2014.

Il est vendu au prix de 13 € (+ 2 € de port)

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 20:04

Semaine de Gros Textes n°2 (13-19 janvier)

 

Cette semaine

 j’ai fait, la mise en page du deuxième bouquin de François Philipponnat chez nous. « Cent remarques sur tout » tomes 3 et 4. Comédien, performeur de la compagnie l’Albatros, on a publié il y a deux ans les tomes 1 et 2 en un seul volume qui se lit dans les deux sens, sa poésie est écrite pour la voix et ici pour le jeu malicieux de la pensée faussement anodine  et naïve :

« Quand ils me doublent

les motards

ont une crampe dans la jambe droite

 

- Je vais faire vérifier ma voiture »

 

J’aurais dû commencer à l’imprimer quand je me suis aperçu que je m’étais trompé dans ma commande de papier (du jaune au lieu d’ivoire). Du coup j’ai fignolé la mise en page d’un bouquin de Billy Childish dont je vous reparlerai plus longuement. Ainsi que ceux de Frédéric Houdaer et de Yve Bressande.

J’ai également décidé de lancer une collection « tilleul du square » dans le prolongement des mini gazettes sorties en 2012. On reste dans le concept du livre qui se lit dans les deux sens, j’ai donc fait  une réédition de l’Almanach du père Peinard d’Emile Pouget d’un côté et un article de Jean-Paul Leroux, critique de la démocratie représentative de l’autre.  Bientôt sur le site « Les tilleuls du Square. Une autre plaquette devrait voir le jour en mars avec un texte de Jules Vallès et une série de chroniques de Cyril Sarot qui écrit un blog où j’aime bien flâner : http://lautrementdit.wordpress.com/ .

 

Sinon j’ai appris que Pierre Tilman exposait à la galerie métropolis, paris 3ème, du 23 janvier au 8 mars, l’expo s’appelle " sélectionner tout "

 

La semaine de gt n°2 (13-19 janv.)

J’ai lu des choses dont je parlerai plus tard.

Là je passe des notes de lectures plus anciennes qui trainaient dans l’ordi depuis l’automne :

 

Décharge n°157, 4 rue de la Boucherie, 89240 Egleny, www.dechargelarevue.com, 6 €

Un numéro qui s’ouvre avec Pierre Autin-Grenier en voiture la nuit avec l’autoradio allumé talonné de près par Thomas Vinau dont le lapin nain est accro aux abricots ne peut être que de grande qualité.

 

Un cadastre d’enfance de Roland Nadaus, Editions Henry, 62170 Montreuil-sur-Mer, www.editionshenry.com, 6 €.

L’enfance quand on a été ce qu’on appelait avant pauvre (pas encore défavorisé), c’est un passé qui a souvent du mal à passer. On regarde défiler le petit monde disparu, Mémère boiteuse et Papaclodo, les pantalons de chez Emmaüs et la grande lessiveuse.  Tout ça laisse un goût légèrement amer. Quand on a une enfance de cochon on voit pas trop la différence entre l’art et le lard. De toute façon, tout passe très vite, «…du ventre de ta mère / à la boîte de ta mort / tu n’es sorti que pour faire coucou… »

 

Mon film de Frédérick Houdaer, Mi(ni)crobe 37, Launoy 4 B-6230 Pont-à-Celles, Belgique, ericdejaeger@yahoo.fr, supplément à la revue Microbe

Juste pour dire que je prends toujours plaisir à lire la revue Microbe et ses annexes, que celle-ci est tout à fait réussie, avec cet épisode de vécu partagé : « revoir vingt fois « le locataire » de Polanski / n’était pas une erreur / l’infliger aux jeunes filles qui m’intéressaient / en était une / ce n’est que rétrospectivement / que je l’ai compris / que j’en ai ri / en me souvenant de la panique de x / de la fuite de y »

 

Chiendents n° 26, éd. Du Petit Véhicule, 20 rue de Coudray, 44000 Nantes,

http://editionsdupetitvehicule.blogspot.com, 3 €

Un numéro consacré à Michel Pierre que Gros Textes a édité jadis souvent dans la revue et deux fois en recueil. Pierre Tréfois et Jean-Louis Rambour ont conçu ce cahier illustré par Guy Ferdinande. Témoignages et nombreuses pages d’inédits d’un auteur discrètement déjanté. On évoque volontiers sa proximité avec les écritures de Verheggen, Jimenez ou L’Anselme, je pense également à Maurice Blanchard, autre oublié magnifique.

« J’apprécie mes textes à leur modeste valeur. Je ne vous les donne pas à lire, au contraire les dissimule sous une couche grammaticale pour qu’ils s’enracinent et fleurissent ensuite mon jardin secret. Puis je les arrache comme on le ferait de légumes bien qu’ils vivent encore liés étroitement à mes origines et représentent mes gènes à quiconque en doute ou avertit les pluies, lesquelles vont chauler demain mon imagination. »

 

L’enquête à Sète de Pierre Tilman, éd. « Au fil du temps », 20 €.

Pierre Tilman est grand amateur de jazz. On connaît la connivence entre jazz et polar. Ce bouquin se présente avec des allures de série noire. Mais cette enquête n’est en fait que l’occasion de dresser une galerie de portraits d’artistes plongés dans l’univers d’une ville que l’auteur décrit amoureusement.

Les artistes, certains connus comme Di Rosa ou Combas, d’autres quasi anonymes sont campés dans un décor urbain autant qu’humain avec ses bars, ses rues, ses plages, ses magasins et sa kyrielle de petites gens, de personnages attachants. Plane sur l’ensemble la patte de Tilman et ses réflexions toujours pertinentes sur la vie, le quotidien, l’amour et bien sûr l’art ; exemple : «  Pour être efficace, la communication se doit d’être simplifiée, rapide et facile, le but étant que n’importe qui la comprenne sans faire d’effort.

Pour être connu et reconnu, l’art actuel doit donc communiquer,

Le problème est que, par nature, l’art ne se lit pas à un seul niveau. Il est à facettes, à différents degrés de sens et de perception. Il peut certes lui arriver d’être simplifié, rapide et facile mais il peut, tout autant, lui arriver d’être lent, complexe et obscur. L’art remet en cause les canaux de la communication. Il leur résiste. »

 

Quatre saisons de Michèle Lévy (dessins de Roger Blaquière), éd. Donner à Voir, 91, rue de Tripoli
72000 LE MANS,  http://www.donner-a-voir.net/ , 5 €. Bien élégants ces petits livres accordéon de Donner à Voir. On commence l’année en septembre et les mois se plient avec une petite musique de mélancolie même si en juin « Parois le vent soulève / Un incendie de fleurs ».

 

Et finir par une chanson :

A la fin des années 70, un pote de la région lyonnaise m’avait enregistré des cassettes d’un chanteur de rue, Jean-Marc Le Bihan. Au début des années 80, alors que j’errais dans Paris, j’ai pu écouter un de ses concerts de rue sur le parvis de Beauboug. J’en garde un souvenir très fort. Après avoir entendu les commentaires qui ont suivi la conférence de presse de Hollande, ce souvenir m’est revenu. Je me souviens qu’il gueulait fort Le Bihan, et cette semaine la contemplation de cette « droite complexée » (expression piquée à Frédéric Lordon), terreau du front national qu’est le PS, ça incite à gueuler (même si j’ai pas voté, ayant interprété une crampe au mollet gauche sur le chemin de la mairie comme un signe de Satan, « Thank you Satan »). Bon 30 ans à gueuler, la voix de Le Bihan s’est un peu barrée mais ça fait toujours du bien par où ça passe (merci au passage à ceux qui font ces montages).

Et puis la chanson pour de vrai

Oui avant je vous livre une définition de la nation par la constitution de Robespierre que Le Front National ne nous piquera pas (ça fait drôle quand même de l’entendre parler de combat contre le grand capital et de lutte de classes, le parti de Le Pen). Faudrait juste savoir s’en servir.

« Article 4.(de la constitution de 1793)- Tout homme né et domicilié en France, âgé de vingt et un ans accomplis ; - Tout étranger âgé de vingt et un ans accomplis, qui, domicilié en France depuis une année - Y vit de son travail - Ou acquiert une propriété - Ou épouse une Française - Ou adopte un enfant - Ou nourrit un vieillard ; - Tout étranger enfin, qui sera jugé par le Corps législatif avoir bien mérité de l'humanité - Est admis à l'exercice des Droits de citoyen français. » 

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 19:40

Semaine de gros textes n°1 (5-12 janvier)

Cette semaine

j’ai fabriqué un ouvrage d’Eric Dejaeger au titre bucolique « Ouvrez le gaz cinq minutes avant de craquer l’allumette ».  Il est illustré et mis en page par le poète performeur Pierre Soletti.

Eric est certainement l’auteur que j’aurai le plus publié. C’est qu’il se situe sur ces terrains de lisière de poésie sinon mal famée au moins littérairement incorrecte où Gros Textes aime faire trempette.

« J'ai lu une voiture,

j'ai fumé une voiture,

j'ai bu une voiture.

Si je n'avais jamais

ni lu

ni fumé

ni bu

je serais l'heureux proprio

de 4 voitures

dont je ne saurais que foutre

de 3 d'entre elles.

 

Tout est donc très bien

comme cela

&

je m'en vais

me décapsuler une bière

&

m'allumer un cigarillo

avant de me replonger

dans mon bouquin. »

 

J’ai lu

Décharge n°160http://www.dechargelarevue.com , revue-decharge@orange.fr

Le bonheur de 7 pages d’aphorismes de Jean-Pierre Georges, « Ils sont combien à refaire, tout seuls, dans leur garage, un monde en allumettes. » Je savoure lentement à petites gorgées. »

Un dossier rumination sur le thème « Pourquoi aller à la ligne ? » question à laquelle le seul argument valable selon moi (enfin que je comprends) est de Grégoire Damon « je reviens à la ligne parce que si c’était assez bon pour Dante, Villon, Agrippa d’Aubigné, Coleridge, Baudelaire, Rimbaud, Corbière, Apollinaire, Cendrars, Bukowski et Kerouac, il n’y a pas de raison que je fasse le dégoûté. ».

Un hommage à Rüdiger Fischer, éditeur allemand des éditions « En forêt / Verlag Im Wald» et grand traducteur, il fut plusieurs années mon voisin de stand au festival de Lodève et nous avait confié des traductions d’auteurs allemands du temps de Liqueur 44. Il est mort au printemps dernier.

Grâce à Yves-Jacques Bouin, on découvre la poésie galloise de Zoë Skoulding dont je ne trouve rien à dire. Par contre je dirais bien des poèmes de Patricia Catex Menier, là tout de suite dans la nuit en dansant autour d’un feu.  Ben oui des fois ça me prend. A part ça il y a plein d’autres choses comme d’hab, des notes de lecture fouillées et efficaces, des chroniques, pleins d’autres poètes…

 

Microbe n° 80, http://courttoujours.hautetfort.com/ , c’est la revue d’Eric Dejaeger avec que des textes courts généralement littérairement incorrect, tout ce que j’aime tel Georges Elliautou, auteur en 2009 d’un « Aphorismes et vignettes » chez Gros Textes dont il me reste pas mal d’exemplaire, avis… « On fêta la victoire tant et si bien qu’une querelle d’ivrognes déclencha une nouvelle guerre. »

 

Traction-Brabant  n° 54, http://traction-brabant.blogspot.fr/, c’est la revue de Patrice Maltaverne et c’est un peu comme microbe en plus gros avec des textes qui coulent sur la peau de la gorge si on veut les dire à haute voix où l’on retrouve Eric Dejaeger : « 69th street // Ne passent / par la très démoralisante /& peu ragoûtante /  Rue des Chiens / Ecrasés / que celles & ceux / qui ne peuvent faire / autrement. »

 

Sous les feuilles de Christian Degoutte, éd. P.I.sage intérieur, www.p-i-sageinterieur.fr 

Faut pas se fier à la légèreté du titre, si on baigne parfois au fil de ce recueil dans des airs de petit ruisseau dégoulinant gentiment dans la clairière des nuits clandestines avec de ci de là quelques baisers printaniers, on est aussi parfois secoué par des sauvageries de torrents déchainés. Ça cogne, ça tape et ça coule ah ça oui c’est du recueil qui coule moi je dis, qui coule et qui chante aussi :

«… chante comme on embrasse à pleine bouche

 

chante ce que tu contiens de bêtes voraces

ce qu’on est comme bouche d’eau sale ce qu’on est

comme trous d’eau boueuse

ce qu’on a dedans comme couleur de poche

 

mais pas drapeau pas voix claquant au vent

sinon qu’auras-tu fait d’autre de ton souffle

que te coudre dans le sac de la mort

avec du fil de misère… »

 

Miroitement sur terre de la petite flaque d’eau de Christophe Jubien, éd. Donner à voir, http://donner-a-voir.net

On rentre encore une fois dans la grande mouvance des morceaux de regards émerveillés portés sur l’infime de la vie et ses foules de natures mortes, le balancement de plume, la fragilité de nos pas, les petites tasses de jour avec leur anse cassée, une musique légère et insistante, le chemin qui mène tranquillement au cimetière.

« Joël

Son estomac lui fut ôté

en même temps que son cancer

il vous le dit tranquillement

tout en fouillant dans une boîte

en quête d’une vis pour sa visseuse

c’est son problème du moment

quand il aura trouvé

il fera comme tout le monde

faute d’une boucle à boucler

il passera à un autre problème

à un autre moment. »

 

Et une chanson pour finir :

Un mail de Christian Paccoud nous apprend le décès  d’Alain Féral. Je pensais ne pas connaître mais en suivant un lien j’ai appris que c’était le compositeur chanteur du groupe « les enfants terribles », c’est très années 60. La chanson « c’est la vie qui nous mène » s’est imprimée quelque part dans ce qu’il reste de traces de mon cerveau de gamin du côté de la Pointe-Rouge à Marseille.

Quelques autres titres traînent sur you tube, comme « le poète et la rose » ou « Hissez » de petits bijoux de chanson populaire selon moi.

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 19:58

 

Une longue histoire…

Jacmo

 

Reprendre l’histoire de la collection Polder, c’est remonter déjà 33 ans en arrière ! Lorsque je crée la revue Décharge en 1981, je pense aussitôt à jumeler la parution de chaque numéro avec celle d’un petit recueil appelé illico Polder. Pendant quatre-vingt-dix-neuf numéros, l’abonné recevait dans la même enveloppe la revue d’un côté et le petit cahier Polder de l’autre, lequel n’était ni plié en son milieu agrafé deux fois, ni découpé. L’équipage ainsi formé passa de parution bimestrielle, à cinq fois par an, puis trimestrielle… Avec les bouleversements du n° 100, je ne trouvai pas d’autre moyen de conserver la petite collection qu’en l’intégrant au sein de la revue elle-même, puisque la diffusion offerte par les éditions le dé bleu de Louis Dubost excluait le jumelage obsolète. Décharge allait augmenter son nombre de pages afin d’accueillir l’ex-supplément. Cette seconde formule dura cinq ans, de 1998 à 2003, date à laquelle une troisième mouture fut mise en place grâce à la complicité des éditions Gros textes qui impriment les opuscules. Ainsi la collection reprit-elle sa complète autonomie avec le n° 121. En outre, le comité de lecture passa de moi seul à quatre membres : avec Yves Artufel (Gros textes donc), Alain Kewes (par ailleurs éditions Rhubarbe), et Claude Vercey à qui je proposai au bout d’un moment de prendre la direction de la collection, ce qu’il fait depuis lors avec beaucoup de sérieux. L’abonnement à la collection Polder devint indépendant et l’envoi se fit semestriel avec deux recueils à la fois dans l’enveloppe, au printemps, puis à l’automne.

 

Deux anthologies récapitulèrent cette histoire jusqu’à présent. La première, Génération Polder, fut publiée par les éditions La Table rase pour fêter la première décennie de la collection et ses 60 recueils, de 1981 à 1990. La seconde, Polder, deuxième génération, éditée par les éditions Gros textes, regroupa les 60 suivants, jusqu’au n° 120, fin 2003. A présent, une décennie vient de s’écouler à nouveau et il est temps de ponctuer le parcours avec une troisième anthologie…

 

Génération Polder, Tome 3 revient sur les recueils publiés depuis 2004, du n° 121 au n° 160. Claude Vercey, qui avait préfacé la première anthologie, en est logiquement le maître d’œuvre.

J’ajouterai que la principale innovation des Polders depuis la seconde anthologie concerne le choix des auteurs et donc la sélection. Je choisissais jusque là sans avoir de compte à rendre à quiconque. En étant passé à quatre à présent, avec comme responsable Claude Vercey, la donne change. Je pense que le crible est contradictoire, mais source de rigueur et d’exigence. Ainsi la collection s’est affûtée et les auteurs proposés font preuve de qualité à coup sûr, si bien que la liste des "poldérisés" devient instructive en ce sens, et qu’il faudra suivre de près la plupart d’entre eux.

 

ISBN : 978-2-35082-238-9

130 pages au format 10 x 15 cm, 8 €

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 18:20

Interdit aux moins de 12 ans

de  Alexandra Bitouzet

 

C’est varié, c’est court mais fort. C’est grave aussi, on ne peut pas dire le contraire, mais de la gravité de courte durée, qui n’a donc rien de pesant – car « le court est l’ennemi du grave », comme disait le cousin de Platon. En fait, la légèreté apparente que j’aime, que je recherche (et que tout le monde devrait aimer et rechercher, si vous voulez mon avis d’égocentrique), est étrangement créée par la forme – comme souvent, mais ici plutôt dans la construction que dans la phrase. Elle n’est pas dans le texte (quoique, de temps en temps quand même), elle n’est pas dans les ingrédients mais dans la manière de les utiliser, de les présenter. Le « détachement » est provoqué automatiquement à la fin de chaque texte : la forme nous décolle de force, et ça ne fait pas de mal. Les illustrations de Lili contribuent d’ailleurs à ces respirations, à cette prise de recul, d’écart, avec le sombre, le dense, comme une gorgée de champagne entre deux petits fours pimentés, comme un coup d’œil vers le ciel, quelques nuages blancs, entre deux idées noires. Puis on y retourne. Bref, j’ai englouti tout le plateau et, à la fin seulement, je me suis rendu compte que j’avais bien mangé, l’air de rien. C’est tout l’art du bon auteur : se servir à la fois de la forme et du fond, habilement, pour nourrir le lecteur presque à son insu, sans qu’il ait l’impression d’être une oie qu’on gave ni un môme qu’on calme aux Dragibus. Alexandra et Lili y sont parvenues à la manière de deux danseuses, de deux cuisinières danseuses. C’est une belle œuvre. Je trouve.

Philippe Jaenada

(extrait de la préface)

 

ISBN : 978.2.35082.237.2

104  pages au format 10 x 15,  illustré par Lili Cameau, 8 €

 

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 18:14

Ici on me voit : http://www.pierresquiroulent.fr/alticaractere/Quelqu-un-de-tres-possible_a23.html

et ici on m'entend avec d'autres lors du très beau festival de Bazoches dans le Morvan :

http://poesie.baz.free.fr/spda%202013/mp3.html

 

 

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 20:43
Christophe Siébert

Poésie portable

de Christophe Siébert

 

dans le parc où j’écris mes conneries sur un ordinateur portable il y a tous les enfants qui jouent – ils sont au moins cinquante – tous ceux qui passent près de moi s’arrêtent de courir et de gueuler pour voir – ce qu’il y a sur l’écran – ils ne voient que du texte qui s’étale et s’étale et me regardent avec effarement et beaucoup de pitié

 

*

 

et je viens de comprendre que quand on place deux miroirs l’un contre l’autre face à face ils ne contiennent pas l’infini mais juste le néant contrairement à ce que je pensais quand j’étais un enfant

ISBN : 978-2-35082-236-5

84  pages au format 14 x 21, orné de 17 illustrations de Laure Chiaradia, 9 € (+ 2 € de port – port compris à partir de l’achat de 2 exemplaires)

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 20:36
Buk you
Un anthologie de textes hommages à Bukowski
rassemblés par Hervé Merlot.

Hélène DASSAVRAY – Eric DEJAEGER - Henry DENANDER  – Cathy GARCIA – Frédérick HOUDAER – Gerald LOCKLIN – Patrice MALTAVERNE – Adrian MANNING - Renaud MARHIC – Owen ROBERTS  –  Thierry ROQUET  – Ross  RUNFOLA -   Marlène TISSOT

 

 

 

ISBN : 978-2-35082-233-4

160  pages au format 14 x 21,  12 € (+ 2 € de port – port compris à partir de l’achat de 2 exemplaires)

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Portrait du blogueur

dans un spectacle Gaston Couté

couté

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Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.

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Si des ouvrages présentés dans ce blog vous intéressent, vous pouvez les commander en envoyant un chèque correspondant à la somme indiquée (+ un forfait port de 1 €) à l'adresse des éditions :
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes

pour tout renseignement complémentaire (conditions d'envois et de remises pour les libraires, collectivités...), vous pouvez écrire à gros.textes@laposte.net

bouquinerie

 

 

Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.