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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 20:38

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

La semaine de Gros Textes revient en lieu et place d'un jour après l'autre....

Cette semaine, j’ai lu

Et ainsi les arbres de Michel Bourçon, éditions Potentille

http://potentille.jimdo.com/le-catalogue/les-auteurs/michel-bour%C3%A7on/

J’aime l’écriture apaisante de cet auteur et cette légère inquiétude sereine néanmoins comme le sel de nos existences : « ainsi, chaque fois que nous posons les yeux sur lui, l’horizon prononce notre nom, souhaitant qu’on le rejoigne, demande à laquelle nous ne résistons pas, pour découvrir ce qui, en lui, est peut-être déjà en nous, oui, vraiment, il semble que l’horizon nous attende. »

Le poème est léger et fluide, et donne à voir dans une légère égratignure du temps quelque chose comme un frémissement de lumière, un babil des origines, une lenteur qui nous ressemble.

 

San Camilo 1936 de Camilo José Cela, poche points.

C’est le premier roman de ce sulfureux prix Nobel de littérature que je lis. Les prémices de la guerre d’Espagne racontés avec un parti pris grandguignolesque. On regarde touiller en des phrases interminables une pâte humaine fortement épicée de sang-sexe-mort étrangement hallucinée : «Les enfants sont des êtres fragiles et mystérieux, il est inexact de dire que ce sont les hommes de demain car beaucoup meurent avant du croup ou de la dysenterie, ménagez la vue de vos enfants en veillant à ce qu’ils ne reçoivent que la lumière du soleil ou celle de la lampe Métal super-argon à double spirale, certains enfants naissent voûtés et il faut leur insuffler de la santé à grand-peine et à grands frais, d’autres sont mort-nés ou meurent à peine nés, alors leur grand-mère les brûle dans la cuisinière à l’intérieur d’une boîte à chaussures, au début ils brûlent mal mais ils finissent cependant par disparaître car l’anthracite est énergique et consume tout ce qu’il touche, il y a beaucoup d’enfants au monde, des multitudes, le monde est infini. »

 

J’ai fait un retirage du livre de Karin Huet « Montrer les menstrues » présenté sur le site :

https://sites.google.com/site/grostextes/

Un très beau livre, grand format et plein de couleurs, comme j’en fais rarement, plein de taches et relativement liquide.

Je me prépare également pour la suite, à savoir boucler le programme éditorial 2015. Je sens que les auteurs (nombreux) trépignent.

 

Il a neigé cette semaine et j’ai dû pelleter autour de la maison. Mes dernières salades sont sous la neige, normal.

L’économie chinoise marque un ralentissement et le yuan a pris froid. Ce sera un bon alibi pour nos dirigeants si le chômage ne baisse pas ici.

En feuilletant la radio, j’ai senti qu’on commémorait à tour de bras et d’émotions en veux-tu en voilà cette semaine, des attentas d’il y a un an à un ancien président crevé il y a 20 ans, de quelques pages d’histoires à un « je suis Charlie » qui m’avait laissé perplexe. J’ai eu envie de réécouter ceci :

https://www.youtube.com/watch?v=L5X3DsjO4kI

Et puis pour célébrer à ma manière l’esprit Charlie tendance Choron Cavanna, je me suis pissé dessus en écoutant et regardant Didier Super à Sète (de la poésie dans la lignée de Reiser) :

La semaine de Gros Textes - janvier 1
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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 20:54

2-3- Un textes pris sur un blog : http://www.crapaudsetrossignols.fr/ et une chanson pour clore "Un jour après l'autre"

"Tout le monde (ou presque) a déjà pu constater qu’un petit enfant à qui on a offert un tas de jouets sophistiqués préfère parfois jouer pendant des heures avec un simple bout de bois ou encore un ustensile ménager. Je me demande si, devenus adultes, nous ne sommes pas encore comme cet enfant. Une fois tranquille et débarrassé du vernis culturel dont on est bien obligé de se parer pour avoir l’air éduqué et civilisé, nous préférons parfois une simple petite chanson, qui nous fait plus d’effet et de profit que toutes les toiles de maîtres d’un grand musée ou n’importe quel opéra ou symphonie. Évidemment, dire qu’on est davantage touché par une chanson que par un tableau de Manet, un opéra de Bizet, ou encore telle page de Proust, n’est pas toujours possible. Il y a une injonction sociale à « jouer » avec les objets culturels sophistiqués qu’on nous propose, alors que nous aimons mieux au fond, le plus souvent, un simple bout de bois. Comme les enfants..."

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

1- « Je m’applique à donner à ma vie le sens / que m’indiqua dans ma jeunesse un soleil ivre de terre / alors que le jour était immobile comme un verre plein / et que l’horizon flambait dans une odeur de paille » Lucien Becker (dans « appel aux riverains » anthologie 1953-2013 par Christophe Dauphin, les Hommes sans épaules)

 

31 - L’immortalité de Milan Kundera, folio

"La vocation de la poésie n’est pas de nous éblouir par une idée surprenante, mais de faire qu’un instant de l’être devienne inoubliable et digne d’une insoutenable nostalgie."

 

30 - La maison du silence de Orhan Pamuk, folio

"On ne peut pas recommencer sa vie, ce voyage à sens unique une fois terminé, on ne peut plus le refaire, mais si l'on a un livre à la main, et même si ce livre est confus et mystérieux, une fois qu'on l'a terminé, on peut le reprendre du début, si on le désire, on peut le relire afin de comprendre ce qui est incompréhensible, de comprendre la vie, n'est-ce pas?"

 

29 - Cioran dans mes souvenirs de Mario Rigoni Stern, éd. PUF

"Quand on se perçoit exister on éprouve la sensation d’un dément émerveillé qui surprend sa propre folie et cherche en vain de lui donner un nom. L’habitude émousse notre étonnement d’être : nous sommes – et passons outre, nous recouvrons notre place dans l’asile des existants."

 

28 - La Boîte à musique de Jean-Claude Pirotte, éd La Table ronde

"l'enfant dort et la montagne / veille de tous ses regards / elle veille sur les vignes / les cyprès les pignons gris / l'ardoise bleue des églises // montagne aux sources du vent / les torrents chantent plus bas / les bruyères de la lande / baignent au coeur de la lune / qui connaît aussi la mer // à grands traits notre vie coule / de roche en roche on écoute / sans comprendre les paroles / des cascades et des pierres"

 

 

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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 20:30

27 - Dans la série, les chanteurs d'il y a 50 ans, ne pas oublier... Jean Arnulf (un nom encore plus imprononçable que le mien), ça sent l'époque cabaret rive gauche, la proximité de Planchon, Gougaud, Clavel... Sa chanson "Chante une femme" souvent reprise a marqué l'époque guerre du Vietnam.

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26 - Le nœud gordien de Bernard Schlink, Série noire Gallimard

« Il semble parfois que le monde entier retient sa respiration. Que toutes les roues s’immobilisent, que les avions, les balles de tennis et les hirondelles restent suspendus en l’air, que les mouvements des humains se figent. Que la terre hésite, ne sachant si elle doit continuer à tourner, changer de sens, ou modifier son axe. Le silence est absolu ; la circulation se tait, on n’entend plus le bruit des machines, ni les vagues qui éclatent sur le rivage, ni le murmure du vent dans le feuillage. Pendant ces instants, tout semble possible. C’est là qu’on peut percevoir que le mouvement du monde est composé d’une infinité de petits fragments d’immobilité et qu’on peut penser que ces fragments s’agencent différemment pour décider du cours des choses.

C’est pourquoi ces instants sont souvent ceux où une décision est à prendre. »

 

24 et 25 - Ceci emprunté sur le blog de Yannis Youloutas : 

Fuir la grande fête de la tradition et de la consommation, chaque fin d’année, c’est s’exposer à des dizaines de questions et de critiques. Parmi les perles reçues ces derniers jours :

« Tu vas pas t’isoler, quand même ?
Et comment tu fais pour les courses ?
Et tu regardes un peu la télé, au moins, pour garder le contact ?
T’es pas triste, au fond de toi, le jour de Noël, de refuser l’amour des autres ?
Et pour les cadeaux, tu les échanges par la Poste ?
Ça t’arrive de faire la fête quand même ?
Mais alors, c’est quoi tes jours de fête dans l’année ?
Même avec nous, tu veux pas venir passer Noël ?
Tu trouves pas ça injuste de boycotter la fête des enfants ?
C’est la religion qui te fait peur dans Noël ?
Tu vas pas me dire que tu te fais pas un bon gueuleton le 25 et un autre le 1er ?
Tu sais que les intégristes diabolisent aussi les supermarchés ?
Tu te rends compte que tu gâches le plaisir des autres en critiquant leur fête ?
C’est vrai que tu te contentes d’une soupe de légumes, ce soir-là, depuis quinze ans ?
Tu trouves pas que t’es un peu asocial, quand même ?
Tu crois que le système va s’effondrer parce que tu consommes rien fin décembre ?
Pfff ! Tu vois pas que tu te punis toi-même ?
Bon, on t’appellera vendredi matin pour voir si tu changes d’avis, d’accord ? »

Une bonne fois pour toutes, les ami-e-s : faites ce que vous voulez, mais fichez-moi la paix avec Noël et le jour de l’An ! Merci.

Y.Y.

et la bande annonce de son dernier film "Je lutte donc je suis" (on peut déjà voir sur internet "Ne vivons plus comme des esclaves") est un joli poème de noël :  https://www.youtube.com/watch?v=v3Vc5aWkORY

 

23 - Les chaussures italienne de Henning Mankell, point seuil

"J’avais trahi parce que j’avais peur d’être trahi à mon tour. Cette peur du lien, cette peur de sentiments trop intenses pour pouvoir être contrôlés, m’avait toujours poussé à réagir d’une seule façon : l’esquive, la fuite. Pourquoi ? Je n’aurais pas su répondre à cette question. Mais je savais que je n’étais pas le seul. Je vivais dans un monde où beaucoup d’hommes passaient leur vie à avoir peur de la même façon que moi."

 

22 - Fantôme de Jo Nesbø, folio policier 

« Mais c’est peut-être pour ça que nous prenons des photos… Pour nous constituer de fausses preuves, qui étayent le faux postulat que nous étions heureux. Car l’idée que nous n’ayons pas été heureux pendant au moins un moment est insoutenable. Les adultes ordonnent aux enfants de sourire sur les clichés, les entraînent dans le mensonge, alors nous sourions, nous affirmons le bonheur. »

 

21 - Fantôme de Jo Nesbø, folio policier

« Mais tout ce qui est bon dans ce monde à la con est sur ordonnance, épuisé ou vendu à un prix si prohibitif qu’on doit payer de son âme pour pouvoir y goûter. La vie est un restaurant que tu ne peux pas t’offrir. La mort c’est l’addition pour le repas que tu n’as même pas eu le temps de prendre. Donc tu commandes ce qu’il y a de plus cher au menu, puisque de toute façon tu vas y passer, hein, et tu auras peut-être le temps d’en avaler une bouchée. »

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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 09:52

20 - Encore une chanson de circonstance...

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19 - Verso 163 décembre 2015 « soyons hommes & femmes livres »

http://revueverso.blogspot.fr/

Une belle cuvée pour cette fin d’année, des découvertes à la pelle.

« Depuis le large, qu’ils sont beaux les rêves / Ne changeons rien, / C’est si bon d’y croire quand c’est vécu de loin. » (Estelle Sciortino)

 

18 - Quand je pense à ma propre mort (un poème de Bukowski)

"Je pense à des voitures garées dans / un parking // quand je pense à ma propre mort / je pense à des poêles à frire // quand je pense à ma propre mort / je pense à quelqu'un te faisant l'amour / en mon absence // quand je pense à ma propre mort / j'ai de la peine à respirer // quand je pense à ma propre mort / je pense à tous les autres qui attendent la leur // quand je pense à ma propre mort / je pense que je ne pourrai plus / jamais boire de l'eau // quand je pense à ma propre mort / l'air devient tout blanc // et les cafards dans la cuisine / se mettent à trembler / et quelqu'un devra jeter / mes sous-vêtements propres ou sales / à la poubelle."

 

17 - La victoire à l'ombre des ailes de Stanislas Rodanski, éd. Christian Bourgois

"Le jeu est bizarre à l'excès. Mais on ne peut consentir à la vie sociale plus qu'une apparence promise au massacre. Se fera-t-on complice de son goût du néant?"

 

16 - Décharge 168

http://www.dechargelarevue.com/

"Avant lorsque je savais écrire des pages d'amour / Avant je savais écrire des pages d'amour / Quand je saais écrire / Quand je savais écrire l'amour avant / Je savais écrire des pages / Lorsque des pages d'amour / L'amour avant je savais / Avant lorsque je savais écrire l'amour / avant je savais écrire l'amouravant" (Perrine Le Querrec)

 

15 - Décharge 168

http://www.dechargelarevue.com/

On retrouve Laurent Bouisset (cf semaine dernière et citron gare).

« Essaie d’apprécier les morceaux, / t’auras jamais rien d’autre à voir. »

 

14 - Fabrice Marzuolo dézingue un panel d'éditeurs dont mézigue sur son blog 

http://ruesaintambroise.weebly.com/nouvelle-de-la-semaine/semaine-du-14-decembre

La démonstration est imparable : les éditeurs sont tous des vilains, des incompétents et des pas gentils. Fuyez les éditeurs qui sont tous des...

 

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 20:42

13 - Un classique de circonstance...

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12 - « À l’instant qu’un peuple se donne des représentants, il n’est plus libre ; il n’est plus. »

(Jean-Jacques Rousseau)(qui serait abstentionniste comme moi demain)

 

11 - Pour compléter jour 10https://www.youtube.com/watch?v=uhg0SUYOXjw    

 

10 - L'enjeu du salaire de Bernard Friot, éd. La dispute

“Pour moi, l’échec du Front de gauche, du NPA et des anarchistes, de la CGT, de Solidaires, de la FSU et de la CNT, un échec qui dure depuis plus de trente ans et qui concerne aussi Attac ou les économistes atterrés, vient de ce que ces organisations n’assument pas les institutions de 1945 dans ce qu’elles ont de révolutionnaire, à savoir le début d’une autre pratique de la valeur économique (et donc du travail) que sa pratique capitaliste :

- salaire à vie contre emploi et marché du travail,

- propriété d’usage contre propriété lucrative,

- cotisation-salaire contre le couple impôt-prévoyance,

- financement de l’investissement sans crédit contre le chantage des prêteurs,

- mesure de la valeur par la qualification du producteur contre sa mesure par le temps de travail.

Tout cela commence à se mettre en place entre les années 30 et les années 60, et ce qui est alors en jeu, ce n’est pas un autre partage de « la valeur » supposée invariante (la valeur d’échange capitaliste), c’est une autre production de valeur économique débarrassée de sa pratique capitaliste, c’est-à-dire des employeurs et des actionnaires ou prêteurs.

Tant que nous continuerons à nous battre pour « prendre l’argent dans les poches du patronat » ou pour le « plein emploi » ou pour la « solidarité » avec les « victimes », autrement dit pour un capitalisme plus juste, nous serons battus.”

 

9- Emmaüs d’Alessandro Baricco, folio

"En parcourant les cimes, le silence se fait religieux, et la pureté autour de nous est une promesse tenue -  l'eau, l'air, la terre débarrassée de ses insectes. En définitive, pour celui qui croit en Dieu, la montagne reste le décor idéal. De plus le froid incite à cacher les corps et la fatigue les déforme, ainsi notre lutte quotidienne pour censurer la chair s'en trouve exaltée, et après plusieurs heures de marche nous ne sommes plus que pas et pensées- le strict nécessaire comme on nous l'a enseigné, pour être nous mêmes."

 

8 Dévore l’attente de Laurent Bouisset, images d’Anabel Serna Montoya, éditions le citron gare

http://lecitrongareeditions.blogspot.fr/2015/11/devore-lattente-de-laurent-bouisset-et.html

pour dire que Patrice Maltaverne se pose en formidable découvreur de talent avec ses petits citron gare. 

« Une vie lente et rouge est achevée à nos côtés - après l’amour - entièrement ratée - oui il me semble bien - et magnifique - rien passé à jamais que ça - rien plus que ça - que prolonger d’un regard doux la prochaine goutte - la prochaine goutte - la prochaine goutte - la prochaine goutte »

 

7 - Dévore l’attente de Laurent Bouisset, images d’Anabel Serna Montoya, éditions le citron gare

http://lecitrongareeditions.blogspot.fr/2015/11/devore-lattente-de-laurent-bouisset-et.html

« Voudrais parler d’une fleur rugueuse / Voudrais parler de son insistance acharnée / A pousser loin des yeux // Dans vieux tas de la terre la pire // Sur versant maltraité de l’île aphone / Où sources mortes // Où tardent tant les pluie à rire / Que les rires meurent // Parler d’une fleur rugueuse / Sans mentionner ce qu’elle cherche / A nous dire… »

 

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 20:15

6 - Jour d'élections en France...

"vote connard"

Léo Ferré

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5- "Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés. La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première. La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres. Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue."

Helder Camara

https://www.youtube.com/watch?v=LXDNMOKyF1E

 

4 - La Malfaçon :Monnaie européenne et souveraineté démocratique de Frédédic Lordon, éd. Les liens qui libèrent

"Ce qui pèse le plus lourdement sur les conditions d'existence de la population, les politiques économiques, nous ne pouvons plus le discuter : les réponses sont déjà toutes écrites et enfermées dans d'inaccessibles traités. 
C'est une monstruosité politique contre laquelle il faut redire que la démocratie consiste dans le droit irrécusable à la réversibilité, à la possibilité permanente et inconditionnelle de la remise en jeu, dans le cadre de la délibération politique ordinaire."

 

3 - J'ai appris ce matin le décès de Claude Burneau. Gros Textes avait commencé l'année 2015 avec lui. Le titre de son livre "Comment tu vas le monde?" résonne étrangement ces jours.

"Imagine enfant d’Europe / que tu doives quitter ta maison / et toutes tes habitudes / Quitter ta rue ton pays / Les paysages que tu connais / Quitter tes parents tes amis / Et tous ceux que tu aimes / Pour un autre pays / Où tu ne connais personne / Dont tu ne sais / que ce qu’en disent ceux qui y sont allés / que ce qu’on montre à la télé / Imagine / Et quand tu seras grand / Tu choisiras / Partir ou rester ici //

Imagine que tu es Africain / Que tu doives quitter ta maison / Avant que la misère ne l’écroule / Ta rue ton pays / Avant que le désordre ne l’épuise / Tes parents tes amis / Avant que la guerre ne les broie / Imagine que tu doives partir / Pour un autre pays / Où tu ne connais personne / Dont tu ne sais / que ce qu’en disent ceux qui y sont allés / que ce qu’on montre à la télé / Imagine / Et quand tu seras grand / Tu choisiras / Partir ou mourir ici"

 

2 - Sous les fleurs de la tapisserie de Marlène Tissot, édition Le Citron Gare

http://lecitrongareeditions.blogspot.fr/2015/06/prix-copo-2015.html

« Aucune crêpe ne sera servie entre minuit et quatre heures du matin (Richard Brautigan)

La fissure dans le mur / me regarde et se fend d’un sourire / il est deux heures trente du matin / j’ai échoué, je ne sais comment / au sous-sol de mes rêves / il y fait sombre et / des racines pendent du plafond / comme si mes songes se prenaient pour des pissenlits / narguant mon appétit / mais moi c’est des crêpes dont j’ai envie »

 

1 - Sous les fleurs de la tapisserie de Marlène Tissot, édition Le Citron Gare

http://lecitrongareeditions.blogspot.fr/2015/06/prix-copo-2015.html

« Les solitudes sont attablées / devant leurs assiettes vides / à enfiler les perles de regards en biais / sur le fil du temps / à coudre leur isolement / les uns aux autres / pour se tenir chaud / pour adoucir imperceptiblement / la petite cruauté des silences quotidiens »

 

30 - Sous les fleurs de la tapisserie de Marlène Tissot, édition Le Citron Gare

http://lecitrongareeditions.blogspot.fr/2015/06/prix-copo-2015.html

« Papa, / toutes ces années où j’ai niché / dans la chevelure crépue / de tes silences éthyliques / expliquent sans doute les plumes / que j’ai semées en m’envolant / et avec lesquelles parfois / tu t’étouffes »

 

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 20:19

29- Deux chansons par Paule-Andrée Cassidy, chanteuse du Québec. Elle a obtenu le prix Jacques Douai cette année. "Ma maison" est une reprise de Barbara. 

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28 - Ecrits sans papier Pour la route, entre Marrakech et Marseille de Mireille Disdero, La Boucherie littéraire, collection sur le billot. http://laboucherielitteraire.eklablog.fr/

« C’est rapide. Ça vient comme le vent / On s’éveille un jour avec un cœur, / un instrument qui bat. // On évalue sa densité à hauteur d’insomnie. / Talons très hauts, on découvre le vide / en chancelant de plaisir. / Piquant et fuselé, le vide et / les jambes longues / c’est beau comme un vertige. »

 

27 - Le porte-voix n°1, paroles poétiques, Mots Nomades Production,

"quand la civilisation me strangule me rend gorge me goître me force la muqueuse / quand le confort l’irrespirable me serre le kiki m’estouffe quand le stress me trépane / alors je m’en vais m’en vo incognito / me réfugie dans quelque marais montagne steppe désert réel ou imaginaire / j’habite alors dans quelques poverina mazurka une cabanette voir « un guitoun » / seul je m’retrouve au plus près de moi-m’aime / je reprends mon corps recouvre pieds jambes bras récupèrent / mes mains / et leur merveilleuse polyvalence de tant de gestes / pour quelque temps simple quelques jours je me suis retrouvé… " Daniel Biga

 

26 - L'homme qui rit de Victor Hugo, poche

"C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches"

 

25 - L'insoutenable légèreté de l'être de Milan Kundera, folio

"Vivre dans la vérité, ne mentir ni à soi-même ni aux autres, ce n'est possible qu'à la condition de vivre sans public. Dès lors qu'il y a un témoin à nos actes, nous nous adaptons bon gré mal gré aux yeux qui nous observent, et plus rien de ce que nous faisons n'est vrai."

 

24 - L'insoutenable légèreté de l'être de Milan Kundera, folio

"La vie humaine n'a lieu qu'une seule fois et nous ne pourrons jamais vérifier quelle était la bonne et quelle était la mauvaise décision, parce que, dans toute situation, nous ne pouvons décider qu'une seule fois. Il ne nous est pas donné une deuxième, une troisième, une quatrième vie pour que nous puissions comparer différentes décisions."

 

23 - Le livre de l'intranquillité de Fernando Pessoaéd. Christian Bourgois

"Nous n'aimons jamais vraiment quelqu'un. Nous aimons uniquement l'idée que nous nous faisons de ce quelqu'un. Ce que nous aimons, c'est un concept forgé par nous — et en fin de compte, c'est nous-mêmes."
 

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 20:17

22- Ceci m'a amusé...

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19-20-21- Je pars à Montpellier. La citation du jour est un peu longue mais elle fait 3 jours. Voire 65 ans...

LE DESTIN DE L’HOMME SE JOUE PARTOUT ET TOUT LE TEMPS !

Stig Dagerman 1950

Parler de l’humanité, c’est parler de soi-même. Dans le procès que l’individu intente perpétuellement à l’humanité, il est lui-même incriminé et la seule chose qui puisse le mettre hors de cause est la mort. Il est significatif qu’il se trouve constamment sur le banc des accusés, même quand il est juge. Personne ne peut prétendre que l’humanité est en train de pourrir sans, tout d’abord, constater les symptômes de la putréfaction sur lui-même, sans avoir lui-même commis de mauvaises actions. En ce domaine, toute observation doit être faite in vivo. Tout être vivant est prisonnier à perpétuité de l’humanité et contribue par sa vie, qu’il veuille ou non, à accroître ou à amoindrir la part de bonheur et de malheur, de grandeur et d’infamie, d’espoir et de désolation, de l’humanité.

C’est pourquoi je puis oser dire que le destin de l’homme se joue partout et tout le temps et qu’il est impossible d’évaluer ce qu’un être humain peut représenter pour un autre. Je crois que la solidarité, la sympathie et l’amour sont les dernières chemises blanches de l’humanité. Plus haut que toutes les vertus, je place cette forme que l’on appelle le pardon. Je crois que la soif humaine de pardon est inextinguible, non pas qu’il existe un péché originel d’origine divine ou diabolique mais parce que, dès l’origine, nous sommes en butte à une impitoyable organisation du monde contre laquelle nous sommes bien plus désarmés que nous pourrions le souhaiter.

Or, ce qu’il y a de tragique dans notre situation c’est que, tout en étant convaincu de l’existence des vertus humaines, je puis néanmoins nourrir des doutes quant à l’aptitude de l’homme à empêcher l’anéantissement du monde que nous redoutons tous. Et ce scepticisme s’explique par le fait que ce n’est pas l’homme qui décide, en définitive, du sort du monde, mais des blocs, des constellations de puissances, des groupes d’Etats, qui parlent tous une langue différente de celle de l’homme, à savoir celle du pouvoir.

Je crois que l’ennemi héréditaire de l’homme est la macro-organisation, parce que celle-ci le prive du sentiment, indispensable à la vie, de sa responsabilité envers ses semblables, réduit le nombre des occasions qu’il a de faire preuve de solidarité et d’amour, et le transforme au contraire en co-détenteur d’un pouvoir qui, même s’il paraît, sur le moment, dirigé contre les autres, est en fin de compte dirigé contre lui-même. Car qu’est-ce que le pouvoir si ce n’est le sentiment de n’avoir pas à répondre de ses mauvaises actions sur sa propre vie mais sur celle des autres ?

Si, pour terminer, je devais vous dire ce dont je rêve, comme la plupart de mes semblables, malgré mon impuissance, je dirais ceci : je souhaite que le plus grand nombre de gens possible comprennent qu’il est de leur devoir de se soustraire à l’emprise de ces blocs, de ces Églises, de ces organisations qui détiennent un pouvoir hostile à l’être humain, non pas dans le but de créer de nouvelles communautés, mais afin de réduire le potentiel d’anéantissement dont dispose le pouvoir en ce monde. C’est peut-être la seule chance qu’ait l’être humain de pouvoir un jour se conduire comme un homme parmi les hommes, de pouvoir redevenir la joie et l’ami de ses semblables.

Stig Dagerman 1950

transmis par Alternative Libertaire Belgique

Piqué sur http://1libertaire.free.fr

 

18 - Cette citation dans un mail de Roger Lahu :

"La vie nait par les mots et la mort habite le silence. C’est pourquoi il nous faut continuer d’écrire, de conter, de marmonner des vers de poésie et des jurons, ainsi nous maintenons la faucheuse à distance, quelques instants."

 (Jon Kalman Stefansson – D’ailleurs les poissons n’ont pas de pied  - trad. de l’islandais  Gallimard    2015)

 

17 - Bestioleries poétique de Georges Cathalo, éditions Les Carnets du Dessert de Lune

http://lescarnetsdudessertdelune.hautetfort.com/tag/georges+cathalo

« La poésie est une belle maison sans murs et sans toiture. De plus, on n’est pas sûr qu’elle ait des fondations. »

 

16 - Poèmes bleus de Georges Perros, Gallimard (1962)

« Toi qui dans la halte d’une journée peut-être difficile / As choisi de lire / Plutôt que d’écouter ou de voir / N’as-tu pas la télévision / Je veux que ce soit donc par amour / De ce pays à l’extrême-ouest de l’Europe / De cette Europe fatiguée / Dans les restes prestigieux de laquelle / Les hommes se tuméfient / Se heurtent, se font mal / Comme papillons en folie / Que menace l’obscurité / Les lampes du bonheur d’être homme / S’éteignent une à une / Soufflées par le mauvais vent de la mort / D’une mort que nous ne voulons pas / Puisque nous respirons toujours / Puisque nous avons des amis / Avec lesquels ne pas tuer le temps / Cet immortel / Mais le fondre / A la rare chaleur humaine… »

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 19:47

15 -

Un jour après l'autre - novembre 2

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

14 - Les Cerveaux brûlés de Norge

"Jamais vu le ciel, cet enfant élevé au fond de la mine. Pas de saison, pas de soleil. La beauté du charbon et la beauté des lampes, oui. Et la beauté des visages. Mais le ciel : jamais vu, jamais vu. Et toi, tu as vu le ciel, toi ?"
 

13 - Les Cerveaux brûlés de Norge, poésie gallimard

"Enfin le malheur arriva. Guillaume l’attendait depuis toujours. Logis, pitance et amour, le malheur trouva tout à son gré. Il s’installa chez Guillaume qui l’entoura de mille soins. Et le malheur en fut si touché qu’il rendit Guillaume très heureux."
 

12 - Les Cerveaux brûlés de Norge, poésie gallimard

"On allait pendre Louis quand survinrent des prodiges. Le gibet s’ouvrit comme une vigne, laissant tomber des raisins. Un cercle de roses germa tout autour du condamné. On mordit ces belles grappes, on respira ces parfums. Et puis l’on pendit Louis."

 

11- Une trop bruyante solitude de Bohumil Hrabal, point seuil

"C'est ainsi que, pendant trente-cinq ans, je me suis branché au monde qui m'entoure : car moi, lorsque je lis, je ne lis pas vraiment, je ramasse du bec une belle phrase et la suce comme un bonbon, je la sirote comme un petit verre de liqueur jusqu'à ce que l'idée se dissolve en moi comme l'alcool ; elle s'infiltre si lentement qu'elle n'imbibe pas seulement mon cerveau et mon cœur, elle pulse cahin-caha jusqu'aux racines de mes veines, jusqu'aux radicelles des capillaires."

 

10 - Microbe n°92, Le vermisseau chez les pachydermes, Novembre-Décembre 2015

http://courttoujours.hautetfort.com/sport/

« Quatre chômeurs en fin de droits ? Un groupe sans gains ! 

*

Il est mort comme un chien… Abattu par un tir de lance-croquettes.

*

Il était athée comme une tasse.

*

Quatre-vingts années s’écoulèrent entre sa première et sa dernière couche. »

 

9 - Microbe 91, la revue forgée à la force du poignant, septembre-octobre 2015

http://courttoujours.hautetfort.com/archive/2015/08/24/microbe-91-5674028.html

« Avec patience / Je laisse ma trace / Dans l’écorce / D’un vieil arbre / Mort

*

J’ai enterré un caillou / Sous la fenêtre / Son cri / Ne me réveille plus » (Ysabelle Vascoroudis)

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 20:35

8 - Bruno Ruiz, un compatriote de Georges Cathalo à qui j'adresse un petit salut en passant

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

6 et 7 - Ils bossent à ma placehttps://www.youtube.com/watch?v=_RsFU3R9ghg

 

5 - Le métier de vivre de Cesare Pavese, folio

"Je connais un idiot qui, dans sa jeunesse, a refusé d'apprendre les règles du jeu, perdu qu'il était derrière des chimères, et maintenant les chimères s'évanouissent et le jeu le broie."  

 

4 - Le métier de vivre de Cesare Pavese, folio

"Pourquoi celui qui est vraiment amoureux demande-t-il la continuité, la durée (lifelongness) des rapports ? parce que la vie est douleur et l’amour partagé un anesthésique, et qui est-ce qui voudrait se réveiller au milieu d’une opération ?"

 

3 - Le métier de vivre de Cesare Pavese, folio

"Parmi les signes qui m'avertissent que ma jeunesse est finie, le principal, c'est de m'apercevoir que la littérature ne m'intéresse plus vraiment. Je veux dire que je n'ouvre plus les livres avec cette vive et anxieuse espérance de choses spirituelles que, malgré tout, je ressentais jadis. Je lis et je voudrais lire toujours davantage, mais je n'accueille plus maintenant comme jadis mes diverses expériences avec enthousiasme, je ne les fonds plus en un serein tumulte pré-poétique."

 

2 - Les carrefours du labyrinthe, tome 6 : Figures du pensables de Cornélius Castoriadis, point seuil essais

"Les objectifs derniers de la production ne sont jamais « fonctionnels », puisqu’il n’y a aucune société humaine qui produise uniquement pour se conserver. Les chrétiens ont construit des églises. Les primitifs souvent se peignent des dessins sur le corps ou le visage. Ces églises, peintures ou dessins ne servent à rien, elles appartiennent au poiétique. Certes, elles « servent » à beaucoup plus qu’à « servir à quelque chose » : ce à quoi elles servent, beaucoup plus important que tout le reste, est que les humains puissent donner un sens au monde et à leur vie. C’est cela, le rôle du « poiétique »."

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Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.