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30 novembre 2018 5 30 /11 /novembre /2018 22:37

En 1935 que mourait Fernando Pessoa et tous ses pseudonymes, ou pas, allez savoir. Comme beaucoup de gens (enfin quelques un(e)s), je lis en boucle à très petites doses son « livre de l’intranquillité » toujours sur ma table de chevet et j’ai aussi l’impression de laisser glisser ma vie dans la rue des Douradores. Ou quelque chose d’un peu pareil, du côté du désespoir tranquille et du détachement serein. Le pied quoi : « Le plaisir que l’art nous offre ne nous appartient pas, à proprement parler : nous n’avons donc à le payer ni par des souffrances, ni par des remords...

Par le mot art, il faut entendre tout ce qui est cause de plaisir sans pour autant nous appartenir : la trace d’un passage, le sourire offert à quelqu’un d’autre, le soleil couchant, le poème, l’univers objectif.

Posséder c’est perdre.

Sentir sans posséder, c’est conserver, parce que c’est extraire de chaque chose son essence. »

 

Ce 30 novembre en écho à Pessoa j’ai feuilleté le « Carnet du désert » de René Pons (éd. Rhubarbe) depuis plus d’un an sur mon bureau. Et là aussi ce privilège rare, l’impression qu’on peut ouvrir au hasard et qu’on va trouver de quoi vibrer : « Il ne lui restait plus qu’un filet de voix.

La nuit, quelquefois, il se levait pour aller à la pêche aux illusions.

Dans la brume, il voyait des îles qui n’étaient pas des îles, des baleines qui n’étaient pas des baleines, il entendait des sirènes qui n’étaient pas des sirènes et ne ramenait que des reflets dans ses filets…

Et quand il voulait dire sa solitude, l’encre s’effaçait avant même qu’il eût achevé d’écrire. »

 

C'est un 30 novembre

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29 novembre 2018 4 29 /11 /novembre /2018 20:40

Que naissait Jean Sénac en 1926. Dans mon spectacle sur la poésie africaine, il y a ce poème :

QUARTIER BLANC  à R.P.

Si tu viens un jour
je ferme les yeux
je laisse les yeux
je laisse le bleu
mordre

Mais tous les printemps
ne sont pas présents
dans une seule
vie

Toi tu prends le marbre
l’or les églantiers
moi je garde dans mes plaies
le sable

Un jour si tu rentres
dans le jardin clos
tu verras mes os
fleurir

Le lilas griffer
la rose blanchir
et les orties tordre
l’été.

  Oran, février 1953

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28 novembre 2018 3 28 /11 /novembre /2018 20:52

Que mourait Jerry Rubin en 1994. Deux semaines avant il avait oublié de traverser au passage piéton. Cette tête de proue libertaire dans les années 60 (avec son iconique « do it ») a glissé tout naturellement du côté de l’ultralibéralisme à  la Reagan dans les années 80. Ado, j’aimais bien : « Dans une société qui abolit toute aventure, la seule aventure possible c'est l'abolition de cette société. »

 

Ce 28 novembre, j’ai feuilleté « Mots maux » de Philippe Seurin (Le Temps des Cerises). Faudra un jour que je parle longuement de ce poète comédien qui gueulait ses textes fourre-tout au coin des rues qu’on l’écoute ou qu’on l’évite. Je me suis arrêté sur : « Éphémères de tous les pays, / unissez-vous contre la tombée de la nuit ! »

Et pourtant ce matin j’avais savouré cette chanson sur un texte de Cyril C. Sarot. Faudra un jour que je parle longuement de ce parolier poète du bric à brac incertain et compulsif.

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27 novembre 2018 2 27 /11 /novembre /2018 21:12

Que mourait Emile Verhaeren en 1916.

« Voici novembre en son manteau grisâtre
Qui se blottit de peur au fond de l’âtre
Et dont les yeux soudain regardent,
Par les carreaux cassés de la croisée,
Les vents et les arbres se convulser
Dans l’étendue effarante et blafarde,

 

Les saints, les morts, les arbres et le vent,
Oh l’identique et affolant cortège
Qui tourne et tourne, au long des soirs de neige ; »

 

Ce soir de 27 novembre pour m’alléger un peu j’ai lu quelques pages de « Vous êtes peut-être dans ce livre » de David Dumortier (La rumeur libre).

« Un petit garçon refusait le lancer de poids. « À quoi ça sert de s’alourdir ? demandait-il. Je veux une vie légère. » »

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27 novembre 2018 2 27 /11 /novembre /2018 21:10

Que naissait Ionesco en 1909. Aussi absurde que lucide : « Des égoïstes, tous, tous. Ils ne pensent qu'à leur vie, qu'à leur peau. Pas à la mienne. »

Deux ans après sa naissance Paul Lafargue n’allait plus finir de paresser.

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25 novembre 2018 7 25 /11 /novembre /2018 21:50

Qu’est né Francis Lemarque en 1917.

Je me souviens qu'il faisait des tournées dans les centres sociaux (CCAS) des employés d'EDF dans les années 70. J'étais saisonnier dans un de ces centres à l'époque et je l'ai croisé deux fois. Je croyais que c'était un chanteur pour vieux  et puis je l'ai entendu causer de ses interventions en 36 avec le groupe octobre et réciter des poèmes antimilitaristes de Prévert et c'était plus pareil. Me fait toujours fondre l'adaptation d'un titre de Pete Seeger devenu "Où vont les fleurs". Et avec l'interprétation de Marlène Dietrich, je fonds deux fois.

Et c’est aujourd’hui que Michel Baglin a la bonne idée de fêter ses 68 ans.

« Passe, tu es pour un instant le sourire de la rue. Passe en mirage sur un décor trop connu. Passe en douceur, passe en fraude. Maraude entre les cœurs surpris qu’on les éveille. »

(« De Chair de te mots » éd. Castor Astral)

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25 novembre 2018 7 25 /11 /novembre /2018 21:45

Que la flicaille avait raison du militant anar Albert Libertad.

« Ceux qui envisagent le but dès les premiers pas, ceux qui veulent la certitude d'y atteindre avant de marcher n'y arrivent jamais. »

Ce 24 novembre, je me suis demandé s’il était raisonnable de me trouver à discuter vaguement et commercer chichement dans un salon de poésie (festival Gratte monde à Saint Martin d’Hère) alors que d’autres de jaune vêtus défilaient dans les rues et que je reste persuadé que c’est là que poètes et éditeurs de poésie doivent impérativement se trouver.

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23 novembre 2018 5 23 /11 /novembre /2018 09:33

Que naquirent Gracchus Babeuf en 1760  « Si le peuple est souverain, il doit exercer lui-même tout le plus qu'il peut de souveraineté »  et Harpo Marx 128 ans plus tard.

Cherchez le lien :

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22 novembre 2018 4 22 /11 /novembre /2018 20:47

Que mourait Jack London en 1916. Je n’oublierai jamais l’émotion fébrile du jeune homme de 20 ans que j’étais lorsque je lus Martin Eden quelque part dans la montagne. Cette histoire d’amour et d’arrachement impossible à sa condition de classe est toujours d’une étonnante actualité, tout comme cet incroyable roman d’anticipation politique prémonitoire qu’est « Le talon de fer ».

Mais restons-en aux dernières lignes de Martin Eden que le jeune homme que j’étais avait reçues comme un uppercut dans le cœur : « La mort ne faisait pas souffrir. C'était la vie, cette atroce sensation d'étouffement : c'était le dernier coup que devait lui porter la vie. Ses mains et ses pieds, dans un dernier sursaut de volonté, se mirent à battre, à faire bouillonner l'eau, faiblement, spasmodiquement. Mais malgré ses efforts désespérés, il ne pourrait jamais plus remonter ; il était trop bas, trop loin. Il flottait languissamment, bercé par un flot de visions très douces. Des couleurs, une radieuse lumière l'enveloppaient, le baignaient, le pénétraient. Qu'était-ce ? On aurait dit un phare. Mais non, c'était dans son cerveau, cette éblouissante lumière blanche. Elle brillait de plus en plus resplendissante. Il y eut un long grondement, et il lui sembla glisser sur une interminable pente. Et, tout au fond, il sombra dans la nuit. Ça, il le sut encore : il avait sombré dans la nuit. Et au moment même où il le sut, il cessa de le savoir. »

 

Sinon ce 22 novembre, j’ai animé un atelier d’écriture sur le thème du chemin et en écho à la fin de Martin Eden, je propose ce poème de Machado : « Le chemin // Tout passe / et tout demeure / Mais notre affaire est de passer / de passer en traçant / Des chemins / Des chemins sur la mer / Voyageur, le chemin / sont les traces de tes pas / C'est tout; voyageur / il n'y a pas de chemin, / Le chemin se fait en marchant. / Le chemin se fait en marchant / et quand on tourne les yeux en arrière / on voit le sentier que jamais / on ne doit à nouveau fouler. / Voyageur, il n'est pas de chemin, / Rien que des sillages sur la mer. » 

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21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 21:32

Que mourait Robert Benchley en 1945, un pilier du journal le New Yorker, c’est un repère dans l’humour du 20ème siècle.

« Au cours de l'été 1889, alors que j'élaborais mon traité Du rire chez les larves, nous avons élevé une guêpe femelle dans notre maison de campagne des Adirondacks. C'était d'ailleurs plus notre enfant que notre guêpe, à ceci près qu'elle avait plus l'aspect d'une guêpe que d'un enfant, détail qui nous permettait, entre autres, de faire la distinction. »

 

J’en profite pour étaler une deuxième couche du bouquin de Jean-Claude Touzeil et photos d’Yvon Kervinio, « Vox populi ».

« Déjà // Les nouvelles / du journal / ne sont pas / très nouvelles // Du temps de Cro-Magnon / on se battait déjà / pour un bout de terre / une caverne / un mammouth / une outre de lait / on regardait de travers / arriver l’étranger // Et pour qui sait lire / entre les lignes / on avait déjà / le cœur déchiré »

C'est un 21 novembre

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dans un spectacle Gaston Couté

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Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

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