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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 20:37

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

Cette semaine j’ai retiré un bouquin de Morgan Riet, Du côté de Vésanie

https://sites.google.com/site/grostextes/publications-2012/morgan-riet

et un autre de Bruno Berchoud

https://sites.google.com/site/grostextes/ (en bas de la page)

 

J’ai fignolé mon intervention à la BDP des Hautes-Alpes du 10 mars au sujet de la poésie contemporaine (cf semaine dernière). Fignolé également mon prochain bouquin, Il faut repeindre le moteur, à paraître le 1er avril. Fignolé également le spectacle que je propose le 10 mars également à la BDP L’espace d’un soupir. Fignolé également un autre spectacle Gros Textes que nous allons créer le 9 avril à Embrun. On met en voix avec Karin Huet des poèmes publiés par Gros Textes ces 5 dernières années, Dominique Oury a composé des musiques sur ces textes. Il nous accompagne au synthé et à la clarinette pendant que Rafaële Mamane propose des interventions chorégraphiques. On n’a encore jamais fait ça nous autre.

 

Tiens ceci pour illustrer cela.

 

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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 20:37

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

Cette semaine j’ai lu

« entre ciel et terre » de Jón Kalman Stéfánsson, folio

Une somptueuse histoire de gamin, de vie difficile, de froid meurtrier et de poésie.

« Nous passons notre existence à la recherche d’une solution, d’une chose qui nous console, nous apporte le bonheur et éloigne de nous tous les maux. Certains empruntent une route longue et difficile ; peut-être ne trouvent-ils jamais rien, à part l’ombre d’un but, l’esquisse d’une solution ou une forme d’apaisement dans la recherche elle-même, quant à nous, les autres, nous admirons leur ténacité, mais il nous est déjà assez difficile de nous contenter d’exister et, au lieu de chercher, nous avalons l’élixir de vie venu de Chine en nous demandant constamment quel est le chemin le plus court vers le bonheur, question dont nous trouvons la réponse dans Dieu, les sciences, le brennivin, l’élixir venu de Chine. »

 

« Il est facile de se bercer d'illusions lorsqu'on est seul, on peut presque se fabriquer une personnalité, se montrer plein de sagesse, de mesure, avoir réponse à tout, mais il en va autrement parmi les gens, la chose nécessite un effort, là, tu n'es plus aussi mesuré, absolument pas aussi sage, parfois, tu n'es même qu'un fichu crétin qui débite toutes sortes d'âneries. »

 

« Celui qui meurt se transforme immédiatement en passé. Peu importe combien il était important, combien il était bon, combien sa volonté de vivre était forte et combien l'existence était impensable sans lui : touché ! dit la mort, alors, la vie s'évanouit en une fraction de seconde et la personne se transforme en passé. Tout ce qui lui était attaché devient un souvenir que vous luttez pour conserver et c'est une trahison que d'oublier. Oublier la manière dont elle buvait son café. La manière dont elle riait. Cette façon qu'elle avait de lever les yeux. Et pourtant, pourtant, vous oubliez. C'est la vie qui l'exige. Vous oubliez lentement, mais sûrement, et la douleur peut être telle qu'elle vous transperce le cœur. »

 

J’ai lu également (parfois survolé) « Habiter en poète » de Jean-Claude Pinson (Champ Vallon), « La poésie comme l’amour » de J.M. Maulpoix (Mercure de France), ou « Poésie et Figuration » de J.M. Gleize (Seuil). C’était pour préparer un exposé sur la poésie contemporaine (depuis 1950) que je dois faire dans le prolongement d’un de nos spectacles à la BDP des Hautes Alpes le 10 mars. J’ai trouvé incroyable et scandaleux que dans aucun de ces trois universitaires ouvrages aucun des trois poêtes que je considère comme majeurs ces 60 dernières années (à savoir Jacques Bertin, Bernard Dimey, Eric Dejaeger et Armand le Poête) ne soit ne serait-ce qu’une seule fois cité. C’est moche.

Dans le seul « Habiter en poète » de Pinson, Bonnefoy est cité plus de 30 fois, et Juvin pas une seule alors que c’est aussi bien non ? Mieux ? C’est triste et ça qui interroge non ?

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 21:54

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

Cette semaine j’ai lu

Blanc de Thomas Vinau, éditions initiales, http://www.initiales.org/Blanc.html

Après Le noir dedans chez cousu main, Les Ailes grises chez les Venterniers, Des salades (vertes ?) chez Donner à voir et Bleu de travail à la Fosse aux ours, notre auteur arc-en-ciel peint un ensemble de textes genre post apocalyptique de toute beauté énigmatique et fascinant « Peut-être mes mains se souviennent-elles de quelque chose. Peut-être mes pieds ou mon ventre. Ma langue ne sert à rien ici. S’il le fallait pour survivre, nous pourrions la manger. »

 

Le roi de Kahel de Tierno Monénembo, point seuil

Le héros Aimé Victor Olivier de Sanderval est mort en 1919 au château de Montredon où j’ai passé mon enfance. Je l’ignorais. C’était un colonisateur sympa et le roman plutôt agréable  dresse une image bon enfant de la colonisation française en Afrique. Bon. J’en ai profité pour réécouter des conférences de l’historien Henri Guillemin :

https://www.youtube.com/watch?v=aF1xPL05KAw

https://www.youtube.com/watch?v=sFfLNwgi_Qo

tout en rééditant quelques bouquins de Thomas Vinau « Les chiens errants n’ont pas besoin de capuche » et « Fuyard debout » https://sites.google.com/site/grostextes/publications-2010/vinau-thomas

 

Une vraie boucherie de Bernard Jannin, j’ai lu

Du côté de Montredon, mon père était boucher. Ce court roman dont l’action se situe dans les années 60 évoque le monde du petit commerce avec un certain bonheur et une pointe de délire.

 

Le jour avant le lendemain de Jørn Riel, 10/18

Là on est du côté du chef d’œuvre genre « le vieil homme et la mer ». La vieille Ninioq voit sa tribu exterminée et se retrouve seule avec son petit fils un hiver polaire… C’est aussi tendre que cruel et laisse une trace profonde sur le lecteur. « Tout était éternel. L’immense nature ne pouvait être anéantie, et l’homme ne faisait-il pas partie de cette nature? Tout ce qui était vivant poussait, se reproduisait et mourait au même rythme éternel que les changements de saison. »

 

Cette semaine j’ai également réédité « Huit bouffées de sagesse papaoute », notre best seller de Karin Huet, https://sites.google.com/site/grostextes/publications-2010/huet-karin.

 

Une chanson pour lier tout ça...

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 20:48

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Cette semaine j’ai lu

Les vitamines du bonheur de Raymond Carver, éd. Stock

« Il s'arrêta dans sa marche. Il avait le cœur au bord des lèvres. Il se pencha au-dessus du caniveau. Sa gorge se soulevait, mais il n'en sortait rien. Il se redressa lorsqu'une voiture pleine d'adolescents braillards passa dans la rue, le saluant d'un grand coup d'avertisseur musical. Oui, se dit-il, un grand mal presse l'univers de toutes parts, et il lui suffirait de la moindre crevasse, de la plus minuscule fissure pour s'y introduire. »

L’écriture au scalpel et toujours le drame ordinaire qui couve quelque part.

 

Petits malentendus sans importance d’Antonio Tabucchi, 10/18

Un peu la même veine que Carver avec juste un peu plus de décors : « A force de danser, l'année suivante est arrivée. Ce fut l'année d'une phrase qui devint un emblème, nous en abusions parce qu'elle s'adaptait aux circonstances les plus variées: ne pas se trouver à un rendez-vous, dépenser plus que nous n'avions, oublier un engagement important, lire un livre considéré comme excellent et qui en fait était mortellement ennuyeux: toutes les erreurs, tous les quiproquos, toutes les méprises qu'on faisait, étaient "un petit malentendu sans importance". »

 

J’ai fabriqué

Ma muse s’amuse de Jean-Pierre Lesieur, préface de Claude Albarède

https://sites.google.com/site/grostextes/

Jean-Pierre Lesieur devrait être tenu pour le plus grand poète des cinquante dernières années et ce n’est pas le cas. Qu’est-ce qui a foiré ? Ben il passe son temps à s’amuser et ça ne pardonne guère dans notre triste époque.

«  Je marchais le long d’une rizière de roseaux / Sans penser à rien d’autre / Qu’à ne pas mettre mes bottines / Dans l’eau des flaques / Soudain j’aperçus dépassant au-delà des plumeaux / Une chevelure blonde / Portée par une femme / Vaporeuse silhouette / Je marchais le long d’une rizière de roseaux / Écoutant les merlettes / Battre la campagne / À la recherche d’un merle / Soudain je me souvins de la voix de l’enchanteur / Qui m’avait promis / De rencontrer par hasard / Une muse trop belle / En marchant le long d’une rizière de roseaux  / Et je jetais un regard en coin / Même en coincoin / Vers la chevelure blonde / Qui dépassait au-delà des plumeaux de roseaux  / Il y avait en dessous  / Des yeux de porcelaine / Qui brillaient dans le soleil / Ainsi rencontrai-je le long d’une rizière de roseaux / La muse poupée / Qui avait parcouru / Les chemins de mon enfance »

Je donne tout Bonnefoy, Meschonnic, Jaccottet et Bernard Noël pour une pirouette de Lesieur.

 

Et ces conseils de bon sens commun qui ouvrent et referment le recueil :

            « Pour choisir une muse il faut beaucoup chercher dans tous les livres de poèmes,  dans les bars et les brasseries, dans les lieux mal famés, dans les paquebots en partance, dans les clandés, dans les bals du 14 juillet, dans le port d’Amsterdam, dans les films pornos, dans les films d’amour, dans les films de cape et de petite épée, dans les autobus, dans les trains nationaux, internationaux et départementaux, dans les cimetières, dans les tramways de Lisbonne, sur les remblas de Barcelone, dessous le mennekein piss, aux sommets des buildings, sur les tire fesses, dans le canal d’Utrecht, dans les écluses du canal de l’Ourcq, vers la Villette, dans les petites voitures des quatre saisons, dans la forêt landaise, sur le mont de Marsan, dans les drames de Ionesco, dans les rhinocéros, sur les cantatrices chauves, aux terminus de la RATP, à l’assemblée nationale, aux portes du désert, à l’Alhambra de Grenade et celle de Paris, au carrousel du Louvre, dans les douves de Vincennes, à la poterne des peupliers, rue Saint Merri, dans le Marais, quand les cloches de Bâle sonnent à toute volée, dans les livres de Victor Hugo, dans le silence du Sahara, dans le bush, sur la banquise entre deux pingouins et une pingouine, à l’espace Pompidou, au salon de Provence, dans la cage d’un oiseau, dans Parole de Prévert, dans une cour de récréation de re création de dé création, dans les bottes du Père Noël, dans un renne, dans le petit Trianon de Marie-Antoinette, dans les femmes de Louis XV, dans la prison du Temple, dans le carreau du Temple, dans un temple bouddhiste, dans la rue des Archives.

            Pour choisir une muse ? ah ça oui ! il faut beaucoup chercher. »

 

« Si vous n’avez pas encore trouvé votre muse ne désespérez pas, elle est quelque part. Fouillez dans vos affaires, retournez les rideaux, téléphonez aux poètes, aux objets trouvés, à la poste restante, lancez vos plus fins limier sur la piste de la belle, intervenez  dans les médias, internétisez-vous, intentez une main courante en pouvoir de recherche, dévorez les dépêches du midi et d’ailleurs, rembobinez le fil d’Ariane, cassez les codes de la recherche fondamentale, devenez chercheur à la petite semaine, en titre, en technologie de base, prenez l’avion par le bon bout, écrivez dans tous les sens, inventoriez les caves de la bibliothèque nationale, multipliez les interventions poétiques, écrivez au bon dieu et à ses saints, implorez les géographes, déplumez les météorologistes, impactez les coups de foudre, dégommez les orages, éberluez les amazones et le saint frusquin, bouclez les ailes de la boucle de raie et le tour de France, vissez un vélo dans la tête des aventuriers, dégommez les chercheurs d’itinéraire qui ne trouvent jamais rien, éludez les allumeurs de réverbères étoilés, invitez les oiseaux au long cours, remontez les rivières et les mers en furie, cherchez, cherchez encore et toujours vous finirez bien par en trouver une pas trop moche et pour l’éternité nité. »

 

J’ai réécouté de vieux vinyles  de Gilles Elbaz que j’ajoute à la liste des chanteurs trop oubliés. C’était un parolier génial qui savait s’entourer de bons musiciens de jazz années 70. Je vous en livre deux titres qui barbotent pas trop loin finalement des muses à Lesieur.

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 21:25

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

Cette semaine j’ai lu

« Nos îles, perdues jusqu’à demain" de Manuelle Campos, dessins de Cécile Dalnoky, Editions du Chameau. http://editionsduchameau.free.fr/NosIles2014.html

«Mais je sais qu’un jour me reviendront, / épluchés, poncés, raclés, lavés, / plus étincelants que les petits os des rongeurs, / les éclats de nacre de ce jour où je disposai / les indiens de mon enfance… »

 

Le sursis et la mort dans l’âme de Jean-Paul Sartre

« On est malheureux … quand on a froid ou qu’on est malade ou qu’on n’a pas de quoi manger. Le reste c’est des vapeurs. »

 

J’ai fabriqué Toujours non au littérairement correct d’Eric Dejaeger. Sans doute l’ouvrage le plus important paru depuis ce début de millénaire. https://sites.google.com/site/grostextes/

 

Une petite page d’histoire pour rester un moment avec Manuelle Campos

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 21:03

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

Cette semaine j’ai lu du belge en powésie :

« Le violon pisse sur son powète » d’Eric Dejaeger, éditions Les Carnets du Dessert de Lune,

http://www.lautrelivre.fr/eric-dejaeger/le-violon-pisse-sur-son-powete

« La powésie est à la littérature ce que le charlatanisme est à la science. »

« Si un powète te cherche, cache-toi du mieux que tu peux. » Histoire de se faire des amis dans un certain milieu…

 

Microbe n°93, revue réalisée sans hormones de croissance !, janvier-février 2016.

http://courttoujours.hautetfort.com/sport/

Et une excellente cuvée que ce 93. « Si l’infirmière vous dit : / Et maintenant on va prendre une douche / Cela ne veut pas dire / Qu’elle va se déshabiller / Et prendre une douche avec vous / Cela veut dire / Que vous êtes vieux » (Sammy Sapin)

Ou encore « Soyons heureux, que diable !

« T’es à l’hosto, tu vas mourir. Ça arrive à tout le monde.

*

Tu cherches l’amour ? Tu le trouveras au milieu des concombres et des navets. Des figues et des amandes ? Aussi, mais tu auras besoin d’une échelle. » (Marc Bonetto)

Et je ne dis rien de la bataille d’aphorismes sur papier entre Stas, Querton, Guiot et Dejaeger…

 

Et en bilingue et écrit à quatre main par Catfish McDaris et Eric Dejaeger, Rock’n’roll poetry, Poésie rock’n’roll avec pour chaque poème deux contraintes, le délire et une référence à la musique. Et ça t’a un délicieux air d’un autre âge genre vinyle qui grésille grave mais qui fout la joie de même « Billy-le-Montagnard appris la mauvaise nouvelle / d’un poste à galène démodé & il tronçonna / un coquelicot dans lequel il façonna une flûte / traversière il se mit à jouer un blues rouge sang »

 

Cette semaine j’ai fabriqué :

Pleines lucarnes de François-Xavier Farine et Thierry Roquet.

https://sites.google.com/site/grostextes/

Et voilà que Gros Textes sort un recueil hommage au foot, cette propagande ininterrompue pour l’abrutissement, la vulgarité, la régression intellectuelle et l’infantilisation des masses populaires avec en prime une préface de ce grand couillon de Jean-Michel Larqué. On m’aurait dit ça il y a quelques années j’y aurais pas cru. Pourtant quand j’ai lu le manus des deux zigues, je me suis revu minot de Marseille du temps où mes héros s’appelaient Josip Skoblar, le butteur foudroyant, Magnusson, le dribleur de génie ou Jean-Paul Escale, le gardien qui passait parfois en voiture de sport dans ma rue (c’était au tout début des années 70). Il y a quelque chose d’émouvant à l’évocation de ces personnages  vite oubliés : « Didier Christophe, un colosse aux cheveux longs, hirsute et nonchalant, – sur le terrain, chaussettes toujours baissées –, look de hard-rocker : à peu près rien à voir avec les stars adulées du moment. / Et pourtant, le ballon dans les pieds, il faisait des miracles, soulevant l’approbation du public qui n’en revenait pas et en fit son chouchou. / Frappe de balle, jeu de tête et engagement le rendaient merveilleux. / Ce Quasimodo du football moderne était en réalité, pour le petit peuple des supporters lillois, un ange tombé du ciel qui rendait grâce au ballon rond. »

Bon j’ai quand même relu « Eloge de la passe » aux éditions libertaires dans la foulée : http://editions-libertaires.org/?p=412

 

J’ai fabriqué également pour le compte des Tilleuls du Square :

L’amer allé avec le soleil de Marie Monguet dont on a un aperçu ici :  https://sites.google.com/site/lestilleulsdusquare/

Un recueil de nouvelles en prise avec notre époque avec de ci de là des incursions en lisière de science-fiction. Cruel  parfois, mais aussi engagé, drôle et ironique souvent.

 

J’ai lu avec jubilation les deux premiers romans des chemins de la liberté de Sartre, L’âge de raison et le sursis. « Le malheur c’est que nous sommes libres », on est dans la suite de la nausée avec ces personnages en dérive dans des vies trop grandes dans l’âge de raison « Il faut avoir le courage de faire comme tout le monde, pour n'être comme personne. »

Le sursis se passe la semaine ou furent signés les accords de Munich en septembre 1938. Le rythme et la construction du roman sont étonnants, on retrouve les mêmes personnages noyés dans le flot de l’histoire et l’urgence de faire quelque chose car le temps presse et qu’il risque de s’interrompre.

« Ce n’est pas une question de nombre, dit Mathieu. Elle n’est pleine que d’elle-même, personne ne lui manque et elle n’attend personne. Elle continuera à n’aller nulle part et les même hommes se poseront les mêmes questions et raterons les mêmes vies. Jacques le regardait en souriant, pour montrer qu’il n’était pas dupe : - Et où veux-tu en venir ? –Eh bien justement, à rien, dit Mathieu. »

 

Cette semaine je me suis demandé ce qu’avait bien pu devenir Kevin Coyne, le rocker dépressif alcoolique, clochard, un peu fou (« mieux être fou que triste », il avait été infirmier psychiatrique), tour à tour génial et pitoyable que j’aimais écouter quand j’avais 20 ans, sans doute un écho du rock’n’roll poetry cité plus haut. Il est mort en 2004 d’une fibrose du poumon. Ses textes évoquaient les laissés pour compte, les éclopés de la vie, les égarés de la normalité, de façon brute et directe sans message à délivrer, juste témoigner et crier : « La grosse fille s’en est allée / Elle a l’intention de se suicider. » (Fat girl)

« Je vais à la maison sur la colline / L’endroit où l’on vous donne des pilules / Où l’on vous donne trois costumes par an / Et à Noël une bouteille de bière / Où les vieilles dames assises le long du mur du jardin / N’entendent jamais le chant des oiseaux / Ni ne remarquent les feuilles qui tombent / Car elles sont toutes folles / C’est drôle, si drôle que ça m’en fait pleurer / Si drôle, oh mon dieu, que parfois je voudrais mourir… » (House on the Hill)

« Un vieil homme entouré de ses livres / Sa table de nuit croule sous le poids des vieux journaux / Quinze chats grattent à sa porte / Et toute cette saleté qui jonche le sol / Vous avez raison, Madame Dupont / Vous le savez bien, Madame Durand / C’est un fou ! » (Lunatic)

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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 21:35

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Cette semaine j’ai lu :

Traction-brabant 66. D’entrée de jeu Patrice Maltaverne fait le point sur 3 ans d’éditions (Citron gare) dans une perspective de loi du marché avec l’abyssal déséquilibre entre la demande de publication et l’offre. L’édito est ici : http://traction-brabant.blogspot.fr/

Dans ce numéro j’ai lu agréablement les exercices de style de Julien Boutreux qui s’exerce à la notice biobibliographique. Découvert Marcin Orlinski que l’on peut raisonnablement supposer être un auteur polonais (mais il n’a pas de notice bibliographique lui…): « Pièges // Qui multiplie les fêtes, d’ordinaire ne se débrouille pas avec la vie. Et moi ? Moi aussi je fuis. Je tombe / dans le piège des trains qui me conduisent d’un endroit à un autre. Je prends des centaines de photos pour que le monde / sache que j’existe. Je répète : j’aime, / j’aime. Je ris et ce rire est un orage. »

Ayant appris le décès de Ludovic Janvier, je me suis souvenu que la lecture à sa parution de « Doucement avec l’ange » m’avait procuré grand plaisir : « Pense à tes grimaces de fou entre tes murs / à ta passion d’enfant puni pour le rien faire / à la honte de ton nom la honte de parler / à tes hurlements de rage en direction du monde / à tes longs pets les soirs de contrariété / au désespoir de jamais réussir à être toi / tous ces ratés queue en main bel étonné / aux hommes évalués d’un sale œil tout rancune / à ton envie quelquefois de mordre en pleine chair / à tes sursauts de peur au moindre bruit dans le silence / à tes adieux de lâche aux femmes abandonnées / à tes injures en secret vers les contradicteurs / aux bestioles massacrées à tes coups de pied au chien / à tes stations devant la glace en murmurant pauvre con / alors doucement avec l’ange hein doucement »

Lu deux polars :

La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette de Stieg Larsson (Millénium 2 Actes Sud). Un rythme haletant et un personnage central qu’on n’oublie pas.

Là où dansent les morts de Tony Hillerman (Rivages/noir). Polar quasi ethnologique qui nous plonge dans la culture indienne. Seulement trois décennies séparent ces deux titres et leur juxtaposition nous fait sentir l’accélération de l’histoire.

Lu également le dernier roman de Brigitte Giraud, Nous serons des héros. Le regard d’un enfant portugais qui fuit avec sa mère la dictature de Salazar quelques années avant la révolution des œillets. Nous sommes plongés à la fois dans une époque avec des détails d’une justesse époustouflante et des destinées brossées avec des charretées de tendresse et d’humanité.  

J’ai fabriqué l’ouvrage de Jean-Michel Robert « Après j’irai chanter » dont on peut voir la présentation sur le site : https://sites.google.com/site/grostextes/

J’ai le sentiment qu’avec cet ouvrage, nous ne sommes pas très éloignés de l’univers et du style du roman de Brigitte Giraud avec ces quelques choses de l’enfance comme la nostalgie des héros et des clowns et cette sempiternelle question : où diable pourrons-nous déposer notre baluchon de blues ?

« QUELQUES NOTES // Souvent j'écoute une chanson parce que j'y décèle un mot, / un ton, une image vraie, / tout étonnée d'être sa mélodie. // Chaque fois j'espère qu'elle va coaguler l'introuvable plaie. »

Sinon cette semaine j’aurais aidé à bricoler dans la recherche de subventions et joué  ce dimanche notre spectacle : « Le poète est du poète dont vous êtes » à Puy Sanières.

J’ai également frissonné à l’écoute de cette chanson de Bertin qui s’accordait plutôt bien avec les livres de Giraud et Robert.

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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 20:14

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Cette semaine j’ai lu :

Une anthologie d’Alain Breton titrée Alain Breton aux éditions Le Nouvel Athanor dans une collection fort maladroitement nommée selon moi « poètes trop effacés », on dirait une appréciation sur un bulletin scolaire. En tout cas, on a la syntaxe poète, le lexique poète, la pose poète, et au final c’est beaucoup trop poète pour moi. « Tu sens les relais brûler si près. / Souffres-tu, prince des marges ? / Il y a cette brume obstinée à te faire, / Cet os innocent de bruits. / L’infime pigmentation te prépare. Au-delà. » Ben non je sens rien. C’est grave ?

Kafka sur le rivage d’Haruki Murakami, éd. 10/18

Un livre étonnant au croisement de la mythologie, du roman contemporain, du fantastique féérique, du conte initiatique débordant de fantaisie et de poésie.

« Nous perdons tous sans cesse des choses qui nous sont précieuses... des occasions précieuses, des possibilités, des sentiments qu'on ne pourra pas retrouver. C'est cela aussi vivre. Mais à l'intérieur de notre esprit - je crois que c'est à l'intérieur de notre esprit - il y a une petite pièce dans laquelle nous stockons le souvenir de toutes ces occasions perdues. Une pièce avec des rayonnages, comme dans cette bibliothèque, j'imagine. Et il faut que nous fabriquions un index, avec des cartes de références, pour connaitre précisément ce qu'il y a dans nos coeurs. Il faut aussi balayer cette pièce, l'aérer, changer l'eau des fleurs. En d'autres termes, tu devras vivre dans ta propre bibliothèque. »

«– … aujourd’hui, j’ai l’intention de reprendre ma discussion avec Mme la pierre

– Hum. Bonne idée. C’est important de discuter. Quel que soit ton interlocuteur - humain, animal, objet -, il vaut toujours mieux parler que de ne rien dire. Moi aussi quand je conduis mon camion, ça m’arrive souvent de discuter avec le moteur. Si on est attentif et qu’on tend bien l’oreille, on entend un tas de chose.

– Oui. C’est aussi ce que pense Nakata. Nakata ne sait pas parler avec les moteurs, mais quel que soit l’interlocuteur, c’est toujours bien de discuter.

– Et ça se passe bien avec la pierre, vous arrivez à vous comprendre ?

– Oui. Je crois qu’on commence à se comprendre petit à petit. »

 

J’ai réédité un ouvrage de Marthe Omé « Je ne dors plus dans mon corps » aux éditions « Les Tilleuls du Square / Gros Textes ».

Du texte à dire qui swingue sous la langue.

« c'est bien dommage  / d'avoir du singe / en soi parfois / derrière le poil / t'es tout bêbête / à l'idée de toucher / une autre bête que toi »

https://sites.google.com/site/lestilleulsdusquare/home

 

J’ai commencé la fabrication de BBÊTES de Sophie Braganti illustré par Victor Lanneau

« Corbeau // point noir sur les lignes en pointillés des sapins / virgule dans les phrases gommées des nuages / le corbeau / sur la neige / grave / et se gave / de rimes dans des vers / des crimes de l’univers… »

«  Le ver à soi // A toi de l’écrire / dans un vers à toi »

 

On a joué avec la compagnie Gros Textes notre dernier spectacle création Gros Textes « Le poète est du pays dont vous êtes » à la Roche de Rame devant une quarantaine de spectateurs qui avaient l’air satisfaits.

 

Sinon cette semaine aura vu la condamnation de syndicalistes à des peines de prison ferme pour avoir défendu leur emploi en séquestrant quelques cols blancs et le chœur des gens de bien clamer que la violence est inadmissible, ceux-là qui bien sûr n’auront rien dit ni rien vu de la violence subie par le monde du travail comme nous le rappelle un inspecteur du travail sur son blog : http://www.filoche.net/2016/01/16/mourir-a-19-ans/

Cette semaine aura vu également la flicaille gazer quelques zadistes du côté de Nantes et quelques pauvres gens perdre la vie en Méditerranée, mais là c’est de l’affaire courante, rien d’inadmissible dans cette violence-là...

« Si vous n’êtes pas vigilant, les médias arriveront à vous faire détester les gens opprimés et aimer ceux qui les oppriment » Malcolm X – citation lumineuse découverte sur cette vidéo qui cette semaine m’a pris aux tripes.  

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 20:38

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La semaine de Gros Textes revient en lieu et place d'un jour après l'autre....

Cette semaine, j’ai lu

Et ainsi les arbres de Michel Bourçon, éditions Potentille

http://potentille.jimdo.com/le-catalogue/les-auteurs/michel-bour%C3%A7on/

J’aime l’écriture apaisante de cet auteur et cette légère inquiétude sereine néanmoins comme le sel de nos existences : « ainsi, chaque fois que nous posons les yeux sur lui, l’horizon prononce notre nom, souhaitant qu’on le rejoigne, demande à laquelle nous ne résistons pas, pour découvrir ce qui, en lui, est peut-être déjà en nous, oui, vraiment, il semble que l’horizon nous attende. »

Le poème est léger et fluide, et donne à voir dans une légère égratignure du temps quelque chose comme un frémissement de lumière, un babil des origines, une lenteur qui nous ressemble.

 

San Camilo 1936 de Camilo José Cela, poche points.

C’est le premier roman de ce sulfureux prix Nobel de littérature que je lis. Les prémices de la guerre d’Espagne racontés avec un parti pris grandguignolesque. On regarde touiller en des phrases interminables une pâte humaine fortement épicée de sang-sexe-mort étrangement hallucinée : «Les enfants sont des êtres fragiles et mystérieux, il est inexact de dire que ce sont les hommes de demain car beaucoup meurent avant du croup ou de la dysenterie, ménagez la vue de vos enfants en veillant à ce qu’ils ne reçoivent que la lumière du soleil ou celle de la lampe Métal super-argon à double spirale, certains enfants naissent voûtés et il faut leur insuffler de la santé à grand-peine et à grands frais, d’autres sont mort-nés ou meurent à peine nés, alors leur grand-mère les brûle dans la cuisinière à l’intérieur d’une boîte à chaussures, au début ils brûlent mal mais ils finissent cependant par disparaître car l’anthracite est énergique et consume tout ce qu’il touche, il y a beaucoup d’enfants au monde, des multitudes, le monde est infini. »

 

J’ai fait un retirage du livre de Karin Huet « Montrer les menstrues » présenté sur le site :

https://sites.google.com/site/grostextes/

Un très beau livre, grand format et plein de couleurs, comme j’en fais rarement, plein de taches et relativement liquide.

Je me prépare également pour la suite, à savoir boucler le programme éditorial 2015. Je sens que les auteurs (nombreux) trépignent.

 

Il a neigé cette semaine et j’ai dû pelleter autour de la maison. Mes dernières salades sont sous la neige, normal.

L’économie chinoise marque un ralentissement et le yuan a pris froid. Ce sera un bon alibi pour nos dirigeants si le chômage ne baisse pas ici.

En feuilletant la radio, j’ai senti qu’on commémorait à tour de bras et d’émotions en veux-tu en voilà cette semaine, des attentas d’il y a un an à un ancien président crevé il y a 20 ans, de quelques pages d’histoires à un « je suis Charlie » qui m’avait laissé perplexe. J’ai eu envie de réécouter ceci :

https://www.youtube.com/watch?v=L5X3DsjO4kI

Et puis pour célébrer à ma manière l’esprit Charlie tendance Choron Cavanna, je me suis pissé dessus en écoutant et regardant Didier Super à Sète (de la poésie dans la lignée de Reiser) :

La semaine de Gros Textes - janvier 1
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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 20:54

2-3- Un textes pris sur un blog : http://www.crapaudsetrossignols.fr/ et une chanson pour clore "Un jour après l'autre"

"Tout le monde (ou presque) a déjà pu constater qu’un petit enfant à qui on a offert un tas de jouets sophistiqués préfère parfois jouer pendant des heures avec un simple bout de bois ou encore un ustensile ménager. Je me demande si, devenus adultes, nous ne sommes pas encore comme cet enfant. Une fois tranquille et débarrassé du vernis culturel dont on est bien obligé de se parer pour avoir l’air éduqué et civilisé, nous préférons parfois une simple petite chanson, qui nous fait plus d’effet et de profit que toutes les toiles de maîtres d’un grand musée ou n’importe quel opéra ou symphonie. Évidemment, dire qu’on est davantage touché par une chanson que par un tableau de Manet, un opéra de Bizet, ou encore telle page de Proust, n’est pas toujours possible. Il y a une injonction sociale à « jouer » avec les objets culturels sophistiqués qu’on nous propose, alors que nous aimons mieux au fond, le plus souvent, un simple bout de bois. Comme les enfants..."

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

1- « Je m’applique à donner à ma vie le sens / que m’indiqua dans ma jeunesse un soleil ivre de terre / alors que le jour était immobile comme un verre plein / et que l’horizon flambait dans une odeur de paille » Lucien Becker (dans « appel aux riverains » anthologie 1953-2013 par Christophe Dauphin, les Hommes sans épaules)

 

31 - L’immortalité de Milan Kundera, folio

"La vocation de la poésie n’est pas de nous éblouir par une idée surprenante, mais de faire qu’un instant de l’être devienne inoubliable et digne d’une insoutenable nostalgie."

 

30 - La maison du silence de Orhan Pamuk, folio

"On ne peut pas recommencer sa vie, ce voyage à sens unique une fois terminé, on ne peut plus le refaire, mais si l'on a un livre à la main, et même si ce livre est confus et mystérieux, une fois qu'on l'a terminé, on peut le reprendre du début, si on le désire, on peut le relire afin de comprendre ce qui est incompréhensible, de comprendre la vie, n'est-ce pas?"

 

29 - Cioran dans mes souvenirs de Mario Rigoni Stern, éd. PUF

"Quand on se perçoit exister on éprouve la sensation d’un dément émerveillé qui surprend sa propre folie et cherche en vain de lui donner un nom. L’habitude émousse notre étonnement d’être : nous sommes – et passons outre, nous recouvrons notre place dans l’asile des existants."

 

28 - La Boîte à musique de Jean-Claude Pirotte, éd La Table ronde

"l'enfant dort et la montagne / veille de tous ses regards / elle veille sur les vignes / les cyprès les pignons gris / l'ardoise bleue des églises // montagne aux sources du vent / les torrents chantent plus bas / les bruyères de la lande / baignent au coeur de la lune / qui connaît aussi la mer // à grands traits notre vie coule / de roche en roche on écoute / sans comprendre les paroles / des cascades et des pierres"

 

 

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dans un spectacle Gaston Couté

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Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.

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Si des ouvrages présentés dans ce blog vous intéressent, vous pouvez les commander en envoyant un chèque correspondant à la somme indiquée (+ un forfait port de 1 €) à l'adresse des éditions :
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes

pour tout renseignement complémentaire (conditions d'envois et de remises pour les libraires, collectivités...), vous pouvez écrire à gros.textes@laposte.net

bouquinerie

 

 

Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.