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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 21:38

4 - "Mère sédentaire, qui depuis ma naissance tiens la maison en ordre comme si chaque jour était celui du dernier inventaire.

   c'est quand je reviens près de toi que j'erre. Ton attente est la même depuis si longtemps que tu ne touche plus terre.

   Quand, à tes côté, je frottais mes semelles sous les tas de feuilles mortes, je ne savais pas que cet ennui était le meilleur de ce que tu pouvais m'offrir."  (Guy Bellay)

 

 

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

2-3 - Les Charpentières (anthologie 1960-1984) de Guy Bellay, éd. Le Dé Bleu

"Et tout d'un coup je m'apperçois / que je suis au plus inespéré de moi-même: / j'ai vieilli, / malgré tout, j'ai vieilli, / et je suis étonné."

 

1-  Les Charpentières (anthologie 1960-1984) de Guy Bellay, éd. Le Dé Bleu

Ce poème avait particulièrement impressionné le jeune instituteur que je fus : 

PORTRAIT D’ENFANTS EN GROUPE

(Le maître d’école est sur le côté)

Voici, de gauche à droite et de haut en bas :

Murielle, obèse et aphasique ;

Sylvie, sa tumeur sèche au cerveau ;

Line, son diabolo douloureux dans l’oreille ;

Patrick, sournois, bas comme une souche ;

Louis, qui garde sa casquette sur sa tête pour rester sûr de lui, mais l’ôte pour se frotter contre les chats ;

Sandra, orpheline aux mots dépareillés ;

Jean, silencieux, bras croisés, qui attendra six mois pour parler et me dire : « Vous ne me connaissez pas. »

Gaétan, qui aime mourir autant que vivre ;

Marc, qui incendie les boîtes aux lettres, appelle douze fois les pompiers, lâche les ciseaux du deuxième en visant les crânes, s’acharne à vouloir lire, et enfin y parvient ;

Karl, qui agite ses mains devant ses yeux, et c’est à longueur de jour le vol suspendu d’une mésange devant une fenêtre vide ;

Alain, qui a deux pères, et José, un demi ;

Annie, qui a repoussé ma main de son épaule comme un serpent ;

Gaëlle, la douce, la privilégiée du cœur et de l’esprit, apeurée par ces maladroits ;

Vincent, qui guette pour frapper ;

Valérie, au père suicidé le jour de la rentrée, et qui sourit toujours ;

Claudine la mince, la tranquille ;

Stéphane le parfait ;

Kamel, qui ne sait pas parler à plusieurs personnes à la fois ;

Éric, d’une franchise de faucille ;

Claire, que j’ai déçue : « Si tu t’énerves, toi aussi... » ;

Sandrine, qui a passé sa main devant mon visage, comme on désembue une vitre, quand je rêvais ;

et ceux qui sont heureux d’être oubliés.

 

De toute ma présence, j’allège cet échafaudage de consciences nues.

Les plus faibles sont dessous.

Et chaque soir, je suis, pendant un instant, comme une cage vide dont la porte bat.

 

30 - Daniel Biga présentait ainsi Guy Bellay dans Gare maritime, revue de la Maison de la Poésie de Nantes, en 2004 : « La poésie de Guy Bellay ne se conçoit qu’en relation immédiate avec l’émotion. Autrement “À quoi bon ?“ Cette œuvre importante, discrète, acérée, lumineuse comprend à peine 4 recueils. 4 minces livres en 40 ans. Soit un tous les dix ans ! […] Une œuvre refusant tout apparat, si honnête, si sobre, si pudique, si éloignée des mondanités – même des plus innocentes ! – qu’elle est méconnue de beaucoup. Et elle aurait pu même passer inaperçue (nous en connaissons d’autres exemples) si quelques vrais amateurs de la poésie nécessaire n’avait su la reconnaître à sa valeur juste, c’est-à-dire parmi les essentielles. »

 

29 -  Les Charpentières (anthologie 1960-1984) de Guy Bellay, éd. Le Dé Bleu

Je viens d'apprendre par un mail de Monia et Daniel Biga le décès de cet auteur. 

"Avant dernier poème
Maintenant je suis un poète sans substance. Je relis de vieux textes dans le silence d’émotions mortes. Je suis un homme âgé qui ne sait plus quoi écrire et que la création seule justifiait. L’enthousiasme ne s’invente pas. Des tempêtes ont abattu ce qu’il y avait à briser en moi. Je vis dehors. Je vais au-devant de je ne sais quoi, une rencontre, comme au début, lorsque j’attendais tout et que ce fut la vie qui vint."

 

28 - Le dessin d'humour, je ne lui ai pas laissé assez de place ces jours...

Un jour après l'autre - septembre 5
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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 21:12

25-26-27- Et une chanson une...

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

24 - Journal de Jules Renard, Pléïade Gallimard.

"J'aime lire comme un poule boit, en relevant fréquemment la tête, pour faire couler."

 

23 - La belle à dos d’âne dans l’avenu Chang’an de Mo Yan, récits traduits du chinois par Marie Laureillard, éditions Philippe Picquier

« Je voudrais te faire comprendre que ce qu’il y a de plus redoutable sur terre, ce sont les paroles. A moins que tu ne sois un fieffé vaurien, tu ne peux pas te permettre de parler à la légère, ou pire encore de lâcher des paroles équivoques et superflues. Ne profite surtout pas d’une conversation pour faire étalage de ton prétendu style personnel, ou t’épancher sur tes idéaux grandioses. De tout temps, nombreux furent les grands personnages qui, comme toi, se sont fait piéger par leurs propres mots... »

 

22 - Châteaux de la colère d’Alessandro Baricco, folio

« Le sexe efface des tranches de vie, on n’imagine pas. C’est peut-être bête, mais les gens se serrent l’un contre l’autre avec cette fureur étrange un peu panique et la vie en ressort toute froissée, comme un billet doux serré au creux d’un poing, caché dans un geste nerveux de peur. Un peu par hasard, un peu par chance, disparaissent entre les plis de cette vie roulée en boule des portions de temps douloureuses, ou lâches, ou jamais comprises. Bon. »

 

21 - Courts métrages de Jean-Jacques Nuel, éditions Le pont du change

http://lepontduchange.hautetfort.com/

« Le nombre 

Lors de la visite de la bibliothèque régionale, on lui montra les silos à livres, noires tours aveugles dressées contre le ciel ; l’écrivain pensa que ses trois ouvrages, qu’il avait mis quinze ans à écrire, reposaient là, étouffés par des millions d’œuvres, et se sentit soudain plus insignifiant que la blatte qui courait sur le sol entre la pelle et le balai. »

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 21:47

19 - De retour de Kermesse Front de Gauche où je sortais bouquins de poésie, romans, philo et librairie libertaire, je me sens bien fatigué, du coup je passe la parole à Frédérick Houdaer. A toi Frédérick : 

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18 - Décharge 167, http://www.dechargelarevue.com/

"La poésie d'humour / airbag du pathos mélancolique // est dans un état critique / mais stable"

Jean-Pierre Gandebeuf

 

17 - Décharge 167, http://www.dechargelarevue.com/

Retour sur la mort de Clod'Aria, un drôle de nom qui faisait partie du paysage poétique et que je croisait agréablement depuis que je m'y suis immiscé il y a une trentaine d'années. 

"J'ai crié que j'aimais

J'ai aimé sans rien dire 

Et la vie est passée..."

 

16 - Ceci sur un blog que je lis toujours aussi agréablement : 

"Ce slogan des promoteurs du « Non » au référendum grec de juillet dernier : « Nous préférons les eaux inconnues aux marécages cartographiés. » Là pour le coup oui, évidemment oui. « NAI » sur toute la ligne ! (Et le principe déborde le politique : on peut préférer les eaux inconnues à la tourbe de l’élévation sociale, au fossé de la carrière, au bourbier du conforme, au marigot de l’étroit…) La coque de la souveraineté racle, la quille de la liberté talonne. De bord à bord on touche le fond. Trop de mépris dans ces marécages-là. Même s’il ne reste plus qu’un rafiot, il mérite mieux que naviguer dans un crachat."

C'est ici : https://lautrementdit.wordpress.com/ 

 

15 - Il faut repeindre le moteur de Yves Artufel (à paraître peut-être un jour)

"Dans les veines du temps

J’inscris la topographie des regards effleurés.

Oué, oué, oué."

 

14 - Il faut repeindre le moteur de Yves Artufel (à paraître peut-être un jour)

"IL FAUT REPEINDRE LE MOTEUR

Allons recouvrir l'horizon d'un mouvement lent de mâchoires, ruminants que nous sommes. Un chemin de mousse serpente sur ce versant. J’ai fait une belle promenade en compagnie des vaches. Je rumine, je lave la mémoire. Je repasse les impressions froissées. Je m’en vais germer dans un couloir très sombre, je maquille la douleur au fard des belles résolutions, je lessive l'espérance. L'abîme cogne contre le château des évidences; et toujours contre ce château, je dresse des soirs de brume, les chaussures de la pesanteur, l'alcool des nuits illisibles, le balancement d’un squelette, la fleur d'ennui qui poétise le tourment. Mon chant casse la croûte dans la bouche des ruminants, s'imbrique à l'œuf sidéral. A chaque ligne c'est comme si je dictais mes dernières volontés. Je remplis le petit cochon rose, la tirelire des instants à paître paisibles et repus. Le moteur tourne en harmonie avec le désir. On a bien oublié un sac d’affaires dans une chambre ou une gare mais... C’était il y a longtemps. Les jours s'en vont toujours sur un chemin pavé d'amphores perdues au fond de soi."

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 21:23

13 - 

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

12 - Microbe n° 71, la revue nanistiquement correcte, mai-juin merde 2012 (qu’est-ce que ça fout dans la pile des ouvrages reçus récemment ? Bon tant pis, ce soir ce sera de la bonne grosse évidence bien épaisse mais toujours utile à marteler de l’ami Sagault) (elle m’emmerde un peu aussi cette parenthèse, je sais pas où placer les deux points – avant ou après ?  - tiens :) :

« COMMUNICATION

On ne répètera jamais assez que la publicité et la propagande sont une seule et même chose, que l’on peut à juste titre nommer communication, pourvu qu’on ne veuille pas dire par ce terme qu’il s’agit de communiquer, mais de niquer le commun. »

 

11 - Là où les eaux se mêlent de Raymond Carver, 10/18

« Ça me plaît d’aimer les rivières. / De les aimer tout le long. / Jusqu’à leur source. / D’aimer tout ce qui me grandit. »

 

10 - Là où les eaux se mêlent de Raymond Carver, 10/18

Avec « L’amour est un chien de l’enfer » de Bukowsky, certainement un des plus bouleversants livre de poésie selon moi.

 « Et plus tard encore, on est assis sur un banc / sous les tilleuls, sous les étoiles. / On se fait l’amour. / Se caressant fiévreusement sous nos vêtements. / Après l’amour plongeant les mains / dans l’eau froide. / Puis on rentra à l’hôtel, / heureux et fatigués, prêts à dormir / nos huit heures. / Tous, tous, tous, / on essaye de sauver / notre âme immortelle, certains chemins / apparemment plus tordus / et mystérieux que d’autres. On se paye / du bon temps ici-bas. Mais avec l’espoir / que tout nous sera bientôt révélé. »

 

9 - L’amour avant que j’oublie de Lyonel Trouillot, Actes Sud

« Qu’importe si tu ne réponds pas. Qu’importe si, prise ailleurs – l’indisponibilité n’a-t-elle pas toujours eu des raisons légitimes ? –, tu m’ignores et m’oublies. Je me sentirais moins vide que la première fois. Plus vide, au fond. Mais l’essentiel est de ne rien cacher. Je ne pourrai pas faire comme si je ne t’avais pas rencontrée. Bientôt le temps va perdre toute importance. Soit tu seras présente dans ma vie et je serai trop heureux pour penser aux choses banales comme le temps. Soit tu seras loin, et il s’arrêtera, bloqué sur la distance. Mais je pourrai, en paix, glisser vers ma rature, j’ai dit l’amour avant que j’oublie. » 

 

8 - Le monde du sexe de Henry Miller, poche

"La nuit, les gens avec leur solitude, leurs rêves d’amour ou de manque d’amour, s’en vont toujours chercher le bord de l’eau. La fluidité mouvante de l’eau apaise l’esprit de l’homme affolé de souffrance. Le courant, doucement, emporte et dilue les pensées ; le corps, soulagé, trouve la paix. L’eau est ma grande amie de l’esprit, la grande consolatrice, grande pacificatrice."

 

7 - Le pingouin d’Andreï Kourkov, points seuil

"– Pourquoi tu vis seul ?

Victor fit un geste d’ignorance.

– Ça s’est fait comme ça, répondit-il. J’ai pas de chance avec les femmes. Je tombe que sur des extra-terrestres ; calmes, discrètes, elles restent un temps avec moi, puis elles disparaissent… J’en ai eu marre, j’ai pris un pingouin, et je me suis tout de suite senti mieux. Mais il est toujours triste… J’aurais peut-être dû adopter un chien…"

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 20:35

6 - la touche expressionniste de Manu Galure me semble bien s'harmoniser avec un dimanche soir de rentrée... 

Et le dimanche, j'essaierai d'ajouter un petit truc d'Artufel.

"Il me semble toujours

que je suis très proche de l’inspiration…

Mais non !"

(bon je me suis pas foulé)

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/

 

5 - Poésie Art de l’insurrection de Lawrence Ferlinghetti, éd. maelsrÖm rEvolution

http://www.maelstromreevolution.org/pages/FRA/prodotto.asp?ProdottoID=270&FamigliaID=0

« Si tu veux être poète, invente un nouveau langage que chacun pourra comprendre.// Si tu veux être poète, prononce des vérités nouvelles que le monde ne pourra pas nier. // Ecris au-delà du temps. // Réinvente l’idée de vérité. // Réinvente l’idée de la beauté. .. »

Bon je vais peut-être laisser tomber la poésie moi.

« Ecoute le chuintement des feuilles et le clapotis de la pluie. »

Bon j’aime mieux ça. Là c’est encore dans mes cordes.

 

4 - Poésie Art de l’insurrection de Lawrence Ferlinghetti, éd. maelsrÖm rEvolution

http://www.maelstromreevolution.org/pages/FRA/prodotto.asp?ProdottoID=270&FamigliaID=0

« À quoi bon des poètes dans une pareille époque ? / À quoi sert la poésie ? // L’imprimerie a rendu la poésie silencieuse, elle y a perdu son chant. Fais-la chanter de nouveau ! … / Si tu te dis poète, ne reste pas bêtement sur ta chaise. La poésie n’est ni une activité sédentaire, ni un fauteuil à prendre. Lève-toi et montre-leur ce que tu sais faire.»

Un petit machin qui fout la pêche.

 

3 - Un été sans les hommes de Siri Hustvedt, Actes Sud

"Nous devons tous nous accorder de temps à autres la fantaisie de nous projeter, une chance de nous vêtir des robes et habits de ce qui n’a jamais été et ne sera jamais. Cela donne un peu d’éclat à nos existences ternies et, parfois, nous pouvons choisir un rêve plutôt qu’un autre et, par ce choix, trouver quelque répit à la tristesse ordinaire. Après tout, nous ne pouvons, nul d’entre nous ne peut jamais démêler le nœud des fictions qui composent cette chose incertaine que nous appelons notre moi."

 

2 - Histoires (presque) vraies de Marlène Tissot, Le pédalo ivre

http://lepedaloivre.fr/index.php/wkd/show/poesie#tissot_histoirespresquevraies

« Histoire (presque vraie) # 1

Je voudrais être une souris / dans la poche du héros / d’un film sentimental / pour découvrir enfin / l’envers du décor // Il y a plein d’amour dans moi / l’envie d’en donner et / le besoin d’en recevoir / mais pas la moindre idée / sur la manière de m’y prendre »

 

1- Histoires (presque) vraies de Marlène Tissot, Le pédalo ivre

http://lepedaloivre.fr/index.php/wkd/show/poesie#tissot_histoirespresquevraies

Cette auteur compte selon moi parmi les voix les plus fortes de ce temps pour témoigner du bancal de la vie, du quotidien à la va comme je te pousse, des petites histoires de nos foutraques relations aux autres...

« Nos erreurs

C’est rassurant / de se dire que / tout disparaitra / tôt ou tard / nos souvenirs / nos carcasses / nos maigres traces / et aussi / et surtout / nos erreurs »

 

31 - "La Delteillerie" de Joseph Deltel, éd. Grasset, histoire de reprendre là où nous nous étions quitté...

" Les départs, les fins de vacances, les changements de saison m'ont toujours pincé le coeur, j'y vois comme une répétition générale de je ne sais quel grand départ..."

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Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.

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Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.