En 1993, débarquant dans l'univers poétique avec la petite revue Gros Textes, j'avais repéré l'écriture d'Alain dans quelques publications qui me bottaient bien et tout particulièrement les poèmes de ce gars. Je sais plus comment j'étais tombé sur son adresse et après longue hésitation, avait osé lui envoyer une bafouille pour lui demander s'il accepterait de me confier quelques poèmes pour ma revue dont j'avais joint un numéro. J'étais scié de recevoir à peine quelques jours plus tard une lettre de 4 pages élogieuses sur ma petite entreprise poétique et une liasse de textes. Avec Jean-Pierre Lesieur, il était un des deux premiers poètes à qui j'avais osé m'adresser et qui m'avaient répondu illico. J'étais fou de joie.
Après c'est la vie...
Dans une lettre datée du 10 mai 1995, il écrivait :
"... je suis né extrémiste, jusqu'auboutiste, rebelle et j'espère crever en ce même état sans avoir jamais eu l'impression d'avoir perdu une seule année à idéaliser et ronchonner avec les renégats" et un peu plus loin :
"Aujourd'hui la brume a pris le pouvoir. La mer somnole sous ses miches ouateuses. C'est peinard cette ambiance et le rafiot glisse comme un loir amoureux."
En 1999, Alain avait préfacé mon polder chez Décharge et concluait ainsi sa préface :
"Allons! Allons-y ami Yves! Allons l'écluser le p'tit dernier avec le vieux Léo, celui de hurle-vent, le seul qui saura toujours, même par-delà la mort, nous faire le coeur jouasse et le verbe déconneur!"
Le vieux Léo qui nous dit que la sienne (de mort) n´aura pas, comme dans le Larousse Un squelette, un linceul; dans la main, une faux Mais fille de vingt ans à chevelure rousse En voile de mariée, elle aura ce qu´il faut
Du coup m'est venu l'envie de chialer un coup en regardant Janis Joplin et lisant le poème hommage de Jean Azarel (autre papy beat avec qui Alain avait fait une superbe lecture par chez nous dans les Alpes il y a deux ans - il y avait également Daniel Biga).
la plupart du temps, il est prudent d'y regarder à deux fois pour débusquer l'entourloupe des puissants.
Gros Textes est situé en région PACA dont la Capitale Marseille est comme vous le savez "Capitale Européenne de la Culture" en 2013.
Ces 20 minutes de documentaire posent l'essentiels des questions qui nous animent d'un point de vue associatif.
Pour résister au consensus fermement établi de longue date entre le pouvoir et la bourgeoisie culturelle avec sa faune de "créateurs", on peut également consulter les articles de Marseille en
guerre et les communiqués décapants du "Front des Réfractaires à l'Intoxication par la Culture"
A force de marcher sur la pointe des pieds pour voir au loin j'ai réussi à faire un peu
silence je n'ai pas grandi malgré quelques étirements et courbatures mais du dernier étage derrière ma fenêtre entre les cheminées blanches des immeubles j'ai vu la mer par-dessus les toits et
par-dessus la mer la Corse et un poète comme à chaque fois que j'écris par-dessus
*
La société on est un grand
nombre dans la ferme avec la basse-cour et si on en sort c'est ferme-la la société on est un grand nombre dans la ferme avec la basse-cour et si on en sort c'est ferme-la et moi le perroquet
aussi
*
Les vuvuzelas vous vous êtes là à fêter la coupe du monde
du bruit c'est pas tout à fait le vol du bourdon qui butine les fleurs ni celui de Rimski-Korsakov mais ça le donne
*
Le poème est sur mon dos je
le porte comme les abeilles le pollen on ne sait presque rien des fleurs qui le produisent ni du miel à venir
*
Quand je recouds le pantalon de mon fils je rassemble les
chairs je répare je me remets sur pieds raccommodée avec les déchirements du monde
*
Poussée par la bise dans le pas je pense à tous
ceux à qui je ne pense pas ou pas assez à tous ceux à qui je ne pense plus et à tous ceux à qui je pense trop et je larmoie
*
Devant la porte de l'appartement dans la cité années 60 et 70
on pouvait laisser un chien un paillasson et une clé le chien sur le paillasson la clé sous le paillasson il n'y avait pas d'ascenseur on pouvait monter l'escalier sans avoir peur jouer avec les
sonnettes et se cacher on pouvait crier dans la cour lancer des balles et crier on pouvait chanter et danser allumer des pétards et crier se battre grimper aux arbres jouer à se faire peur faire
du vélo de la carriole rouler des patins on disait pas rollers et montrer comme un trophée de guerre une égratignure
"Quelques "petits riens" pour survivre dans ce "grand Tout" où nous risquons chaque jour
de nous perdre. Quelques cailloux pour baliser un chemin qu'il faut tracer soi-même. Quelques mots pour se rappeler qu'il n'y a de véritable pensée que mise en actes".
"Jean-Louis Maunoury est né à Caen et habite à Nice où il a exercé le métier de professeur
d'université. Il a pratiqué les différents modes d'expression qu'offre l'écriture : le roman (Gallimard, Mercure de France, Denoël, Robert-Laffont etc...), le théâtre, la poésie ( Le Pont
de L'épée, Le méridien, La Bartavelle...), la littérature pour la jeunesse (Magnard, Motus, Sarbacane) à quoi s'ajoute une recherche de longue haleine sur les rapports entre humour et
sagesse (plusieurs volumes aux éditions du Seuil, Phébus, Albin-Michel),notamment à travers les histoires de Nasr Eddin Hodja, haute figure du "fou-sage" de la Tradition
turco-persane."
Entre la vie et la mort
un enfant est passé
à sa manière de passer inaperçu
et de se regarder
je me suis reconnu
ISBN : 978-2-35082-217-4
100 pages au format 14 x 21, 10 €(+ 2 € de port – port compris à partir de l’achat de 2 exemplaires)
« Octobre 1966. Les poèmes de Daniel Biga entrent dans la poésie comme des frères mendiants insolents dans un Négresco ;
désordonnés, écorchés, violents, désespérés, enfantins, jouisseurs, impudiques, tendres - avec déjà, ce plaisir de l’étreinte énumérative que je leur emprunte.
Juillet 1967. J’attends leur auteur dans une ferme abandonnée des Alpes. Je vois grimper, à travers la prairie en pente, un homme ni
plus large ni plus hardi ni autrement vêtu qu’un autre. Un coin de table suffit à son sac. Trois mètres carrés pour sa canadienne. Et la crainte de gêner.
Juin 1999. Je contresigne : frère Daniel, inchangé. »
Et février 2013 ? A vous de dire.
Un enfant naît au monde, quelque
part. Premier lieu: une natale maison sur le rivage méditerranéen en avant plan d’un arrière pays abrupt. Une vieille ville au bord de la mer des Anges et des Requins. Et
des bonnes personnes surtout. Quelqu’un - le récitant, le narrateur, la narratrice ?- conte à l’enfant sa naissance, ses premiers mois, ses
premières années, bribes décousues, chapelets de micro-souvenirs ou anamnèses plus développées.Beginning : premier temps. C’est
essentiellement le non-héros de l’histoire - le père- qui voit, observe, se rappelle ou prétend se
rappeler, réveille ou réinvente la mémoire, revit ses émotions, ses regrets aussi et ses rêves encore...
Envie de mettre côte à côte ces deux titres à 35 ans de distance.
"Menace", j'écoutais à la fac. Avec Ferré, c'est par là que je suis venu à la poésie. Entouré de sacrés bons musiciens de jazz (Didier Levallet - Sigfried Kessler), cette chanson me
semble être un sommet de la chanson non formatée pour adultes consentants, celle où les poètes contemporains seraient souvent bien inspirés d'aller s'inspirer.
Aller chercher des forces aussi dans l'album "Tout tourne autour du soleil" de Keny Arkana
Les Tilleuls du Square est une nouvelle structure éditoriale issue de Gros Textes destinée à accueillir plus spécifiquement des textes en prose, nouvelles, aphorismes, théâtre, essais, réédition
de classiques introuvables...
Il y a quelques années lorsque je voulais penser aux copines et aux copains qui ont choisi de tirer la révérence, je relisais ce texte de Stig
Dagerman au titre saisissant, « Notre besoin de consolation est impossible à rassasier ». Maintenant j’aime bien l’écouter et passer un moment devant ces images des Têtes raides.
Et puis dans les rangements de début d'année j'ai retrouvé parmi des tas de manuscrits, une demi douzaine d'enveloppes kraft de Frank Vialle. Je me dis qu'un jour il faudra que j'en
fasse un livre.
Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.
pour commander des livres
Si des ouvrages présentés dans ce blog vous intéressent, vous pouvez les commander en envoyant un chèque correspondant à la somme indiquée (+ un forfait port de 1 €) à l'adresse des éditions
:
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes
pour tout renseignement complémentaire (conditions d'envois et de remises pour les libraires, collectivités...), vous pouvez écrire à gros.textes@laposte.net
Les pages ventes par correspondance sont en chantier.
Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.
Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment
faire.