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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 20:05

1 - Il y a des chansons comme ça pas bien longues mais je trouve que ça prend du temps pour en faire le tour.

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

28 - Pensées et proverbes de Maxime Dicton de Jean l’Anselme, banalités, bêtises, paradoxes, balivernes, lieux communs et autres propos sérieux de l’auteur, éditions Rougerie

- « Pour vivre heureux restons couchés ». Encore une histoire qui ne tient pas debout ! 

- Il en est d’une jolie femme comme de toutes les bonnes choses, il ne faut pas qu’on vous force à en manger 365 jours par an. 

- Aucun poète n’a jamais vécu du produit de son œuvre. Même mort, on n’arrive pas à en vivre !

- Les coups de foudre ne font jamais des mariages du tonnerre. 

 

27 - Le cul sur la terre sacrée de Karin Huet, éditions Plaine page, collection les Oublies

http://www.plainepage.com/editions/oublies/culterre.htm

« Ne t’assois sur une chaise que / si tu y es forcé // obligé // acculé. // C’est très dangereux la chaise. // Tu y perdrais ta souplesse / ta légèreté / tes muscles cuissiers. // Pose ton sacrum à terre / voilà le secret. // Et puis / comme tes cuisses sont musclées / lève-toi et marche. // Ne rejoins pas / ces faux chevaux aux jambes de bois / qui te tendent leurs dos maussades / partout dans le monde désormais / - non, pas partout, pas tout à fait. / Dédaigne de monter ces chaises / mornes chevaux immobiles / relais sempiternels. // Marche / et quand tu es fatigué / pose ton sacrum par terre. »

 

26 - Les insurrections singulière de Jeanne Benameur, Actes Sud

Quelque part entre littérature prolétarienne et collection harlequin

« A l'usine l'idée de travailler moins, c'est le malheur, la peur de la misère. C'est ancré profond. Finir par tout accepter pour juste pouvoir travailler. C’est ça que je trouve fou. Travailler. Dans n'importe quelles conditions. Elle est là, la misère. Pas dans le portefeuille à plat à la moitié du mois seulement. »

 

25 – un blog ce jour, celui de Cyril C Sarot, un des rares dont je guette et lis les mises à jour dans leur intégralité. Cette sorte de journal pamphlétaire me réjouit.

https://lautrementdit.wordpress.com/2015/02/22/lad-xx-un-maigre-rempart/

« Ces gens-là ne respectent pas la vie » : la sentence a été prononcée et répétée en boucle à propos des assassins de Charlie. Non sans raisons, bien entendu. Mais loin de tout régler, l’assertion pose quand même quelques questions. Cette vie, pour notre part qu’en faisons-nous ? La vivons-nous vraiment ? Quel genre d’existence la société nous propose-t-elle ? Quelle sorte de vie acceptons-nous ? Est-ce la respecter que se contenter de son simulacre ? De sa version mutilée ? Rabotée ? Ligotée ? Étouffée ? Truquée ? De ce mauvais jeu de rôles qui nous transforme en morts-vivants ? La mort n’appelle-t-elle pas la mort ? La violence à soi la violence ? Le non-respect l’irrespect ?

 

24 - Rais de soleil dans l’hiver de Jean-Noël Guéno, Le semainier, éditions du Petit Pavé

http://www.petitpave.fr/petit-pave-rais-soleil-dans-l-hiver-492.html

L’humaine sensibilité des pauvres toujours à portée de révoltes et quelques notes de musiques et ça tient chaud.

«  Rien. / Il s ne sont rien / ou si peu. / Ils avancent cependant, / colmatent les brèches de l’épave / avec les mains, / le cœur. // Soutiers d’un monde cruel, quand d’autres comptent, / amassent, / pillent, / méprisent. »

 

23 - Microbre n°86, novembre-décembre 2014, la revue de l’a-croissance

http://courttoujours.hautetfort.com/sport/

« Ce serait

Ce ne serait pas / comme si on ne disait / rien // Ce serait juste / taire l’inutile / éliminer le superflu / rayer le cliché / froisser l’emballage cadeau // Ce serait / la flèche dans le cœur / le caillou dans la chaussure / le grain de sable dans l’œil / qui forcerait à s’arrêter // Ce serait se défaire / de quelque chose / pour mieux le regarder // Ce serait / dérouter la flèche / polir le caillou et / grossir le grain de sable // Ce serait écrire » Jany Pineau

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 20:27

23 - Et pour finir la semaine, voici une figure de la chanson poético libertaire largement tombée dans l'oubli. Je me souviens qu'il chantait pour les objecteurs de conscience dans les années 70. Je me préparais à en être. C'est en partie d'avoir écouté ses textes que m'est venu un jour l'idée de gribouiller sur des feuilles des trucs que j'imaginais ressembler à des poèmes.

Une association lui rend hommage, http://www.jehan-jonas.fr/

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

21 - CQFD n°128, janvier 2015, Une colère à contenir, article de Catherine Thumann, enquête dans un foyer d’urgence à Marseille.

« C’est vivant, plein d’humanités écorchées, ravagées, déboussolées, mais rassemblées autour d’une table ou du comptoir. Joseph, le papi accueillant a parcouru CQFD. « Dis-donc, il est bien politique ton canard. Tu peux me donner une définition de la politique ? » Flairant la question piège, je me débine avec une phrase sans intérêt. Il réagit : « Archi faux ! La politique, c’est un chantage exercé par l’imprévu sur les imbéciles. Quand vous allez voter, c’est comme si vous mangiez une boîte de haricots. Vous ne savez jamais lequel va vous faire péter. Haha ! » Tout le monde se poile. Il conclut, revissant son bonnet sur le chef : « C’est pas beau ? C’est de moi ! » On a envie d’applaudir, de lui tendre un micro, de l’embarquer dans une manif pour qu’il la hurle, sa vision de la politique. On se dit que tous, là, s’ils avaient de l’énergie à mettre dans autre chose que dans la survie, ils en auraient des messages à faire entendre. »

 

20 - Demain dans la bataille pense à moi de Javier Marias, éd. Rivages

Quand le désenchantement lucide nous envoûte…

« Et comme il reste peu de chaque individu dans le temps inutile comme la neige glissante, comme sont rares les choses qui laissent des traces, et comme on en parle peu, et de celles dont on parle on ne se souvient plus tard que d’une infime partie, et pendant peu de temps : tandis que nous voyageons vers notre lent évanouissement pour simplement passer dans le dos ou revers de ce temps où l’on ne peut plus penser ni faire ses adieux : « Adieu rires, adieu offenses. Je ne vous verrai plus, vous ne me verrez plus. Adieu ardeur, adieu souvenirs. » »

 

19 - Chiendents n°42, Cahier d’arts et de littérature, Écumes, Michel Baglin, éditions du petit véhicule.

http://stephane-beau.blogspot.fr/2013/12/michel-baglin-est-dans-chiendents.html

Un peu à la Ferré…

« L’ordre

C’est le mur mitoyen qui cache le voisin, / le sentiment confit quand il a pris le pli. / C’est l’idée nivelée à hauteur de télé / et l’enfant aussi sage que son livre d’image. / C’est la femme éternelle figée dans ses dentelles, / le masculin dressé à parler singulier, la solitude servie à la croisée des lits / et l’hiver infligé à ma moitié d’été. / C’est la photo qu’on prend croyant flouer le temps, / le mot désenchanté qui meurt dans nos clichés / et la facilité accordée aux idées / qui réchauffent chacun au feu des lieux communs. 

...»

 

18 - Est-ce que de Jean-Claude Touzeil, illustré par Yves Barré, éditions Donner à voir.

initialement paru en 1999 et réédité en 2012, 15 ans donc que ce petit bouquin est à côté de mon bureau et que j'y vais picoter régulièrement avec toujours le même émerveillement.

" Est-ce que le grillon du foyer ne serait pas en train de jouer la sérénade à l'hirondelle de cheminée?"

"Est-ce qu'une mer d'huile favorise la pêche à la sardine ?"

"Est-ce que le scorbut s'attrape plus facilement au stade de France ?"

"Est-ce qu'on peut vraiment interroger un répondeur ?"

"Est-ce qu'un rendez-vous à La Garenne équivaut à un lapin?"

 

17- Bric à brac hopperien de Thomas Vinau, éditions Alma,

http://www.alma-editeur.fr/bric_a_brac_hopperien.html

« Intérieur / extérieur

Je voudrais que les yeux / Qui se promènent / Sur mes tableaux / Servent de fenêtre / Ou d’escalier / Entre mon cœur / Et les grands vents. »

 

16 - ) le corps du paysage ( de Patrick Dubost, la rumeur libre éditions. Collection plupart du temps.

http://www.larumeurlibre.fr/catalogue/collections/plupart_du_temps/le_corps_du_paysage_patrick_dubost

) ne pas écailler davantage la peinture du portail (       ) qui me dicte ainsi de ne pas écailler plus la peinture du portail ? (       ) qui suis-je, bougeant de quelques millimètres dans un jardin ? (       ) un jardin de quelques centimètres est-il encore un jardin ? (

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 21:29

15- Grand cru bien coté d'Eric Dejaeger, Cactus inébranlable éditions

https://sites.google.com/site/grostextes/

"Oui j'ai cinquante-cinq balais. / Ça va encore plus vite / pour faire le ménage."

14 - Une chanson pour la saint-valentin

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

13 - 77 poèmes et des poussières d’Olivier Cousin, éd. La Part Commune

http://www.lapartcommune.com/poesie/produit-77-poemes-et-des-poussieres-348-0.html

Poèmes et histoires qui parlent des pauvres bêtes me bouleversent à chaque fois.

« Depuis plusieurs matins / un chien noir courait / sur mon chemin / sans jamais aboyer / Un bâtard assez sec / à trois pattes / Deux à l’avant / une seule à l’arrière / il sautillait tout de travers / Diagonale inspirée / de mes matinées / Le jour où il ne s’est plus montré / mon ciel est devenu bancal »

 

12- Passage du désir de Dominique Sylvain, éd. Viviane Hamy

http://www.viviane-hamy.fr/catalogue/collections/chemins-nocturnes/passage-du-desir/article/passage-du-desir

"-Tu connais la métaphysique du puzzle Barthélémy ?
Il se contenta de hocher la tête de gauche à droite.
-Il suffit d’une unique pièce et tout à coup l’univers tient en un seul morceau. A condition, bien sûr, de se contenter d’un univers raisonnable. Un univers à notre portée. Quand on ne peut plus assumer plus lourd que soi, il faut s’alléger, Barthélémy."

 

11 - Adolescence florentine de Cédric Le Penven, Tarabuste Editeur

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2012/06/note-de-lecture-adolescence-florentine-de-c%C3%A9dric-le-penven-par-jacques-morin.html

« Je suis cet homme qui voudrait tant / qui est sur le point de, qui va enfin, peut-être / c’est là, sur le bout de la langue, c’est le mot / je vais trouver sa forme, l’agencement parfait de ses lettres / la couleur adéquate, la saveur citronnée et espiègle / de l’œil qui sourit quand il a peur »

 

10 - Guide pour garder les poulets en ville de Jason Heroux, Microbe # 45

http://courttoujours.hautetfort.com/sport/

une petite plaquette de rien du tout juste renversante.

« on doit choisir / dans le monde même si on n’a pas le choix // c’est un après-midi d’été ou c’est un après-midi d’été / c’est la guerre chaque soir aux nouvelles, ou c’est la guerre // chaque soir aux nouvelles / une canette de Pepsi Light, // ou une canette de Pepsi Light / on n’a pas le choix // on doit choisir / entre vivre // dans le monde / de cette façon, ou vivre // de cette façon dans le monde. »

Ou encore

"un jour dure / un jour et une prune / dure une prune // une vie dure une vie / mais seul un jour // dure un jour seule / une vie dure une vie // seule une prune / dure une prune."

 

9 - Les Terriens de Claire Rengade, éditions espaces 34, assurez-vous que vous faites totalement autre chose.

Une qui nous emporte dans son monde, nous retourne dans tous les sens façon tourbillon.

http://www.editions-espaces34.fr/spip.php?page=espaces34_auteur&id_article=224

« Tout est faux / et après on comprend quelque chose / c’est pas une route linéaire / bang bing c‘est comme ça on se cogne / faudrait quitter la pensée normale / devenir fou / c’est comme une frontière un fil / on peut tomber / y’a des risques comme dans tout / tu dois risquer / tu dois trouver la bonne route / pour trouver la bonne route il faut risquer / et après on est sûr / et après tout de suite il faut changer / parce que si c’est facile c’est déjà découvert / et si c’est pas ça il faut tout réinventer »

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 20:28

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

8 - Dans la série, ceux dont on ne parle presque plus et qu'il ne faudrait pas oublier, il y a selon moi ce merveilleux parolier balançant entre la résistance, l'horlogerie, le théâtre, la poésie et la chanson.

 

7 - Marcel Mariën, auteur que l’on rattache volontiers au surréalisme belge de l’après guerre a écrit en 1956 une violente charge contre l’automobile, « des Bâtons dans les Roues ». J’ai trouvé ce texte dans la monumentale « anthologie de la subversion carabinée » de Noël Godin.

Les adversaires déclarés d’un progrès absurde et moribond, de toute évidence dépassé, sans attendre le nettoyage politique et moral de la société, se constitueront en fractions occultes et agissantes, et entameront dès à présent une lutte sans merci contre l’automobile. On mobilisera comme on peut, pour cette mission civilisatrice la canaille des bas-fonds, les désœuvrés de toutes catégories (philatélistes, souteneurs, terrassiers, etc.), les enfants des écoles et les vieillards des hospices. Nous laissons aux exécutants le soin de nuancer, de varier au gré des circonstances les moyens qui répondent le mieux à cet impératif: rendre toujours plus intolérable la fonction d’automobiliste, engeance qu’il s’agit littéralement de faire enrager, de façon à la contraindre, par le désespoir ou la honte, à renoncer à sa provocante ferraille.

Au début, on se bornera à provoquer des embouteillages en détraquant systématiquement la signalisation. (En bloquant les feux rouges, par exemple ou encore en faussant les plaques indicatrices: le sens interdit à chaque extrémité de la rue, le sens giratoire multiplié de telle manière que les véhicules soient entraînés dans des remous concentriques avant qu’ils ne puissent réaliser ce qui leur arrive). Une simple interruption du trafic, si elle se prolonge au-delà de quelques minutes, suffit aujourd’hui à paralyser pour des heures la circulation, chaque colonne immobilisée de voitures entravant le trafic latéral et, par ricochet, celui de la ville toute entière. Il conviendra donc d’étudier et de dresser les plans d’une stratégie générale portant sur les fréquences et les densités de la circulation pour l’ensemble de la ville donnée.

Voilà de quoi occuper louablement la jeunesse, cette jeunesse qui ne saurait être assez délinquante. Les enfants, eux non plus, ne sont pas à négliger. Les poètes de 7 ans, méprisant les conférences de presse et les cocktails littéraires, favorisés par leur taille menue, ne manqueront pas de remettre en honneur le morceau de sucre, plus maniable et non moins efficace que la dynamite, et que d’une main discrète ils glisseront adroitement dans les réservoirs. A ce propos, une propagande sournoise pourra être faite chez les distributeurs d’essence, qui ne négligeraient pas, afin de parfaire le « plein », d’ajouter cette pièce décisive avant de revisser le bouchon. De chacun on attendra en outre qu’il ne sorte plus sans avoir les poches remplies de clous que, sans être vu, il saura semer sur les chaussées, aux bons endroits, comme on fait de l’huile pour apaiser la fureur des flots. Qui préfère crever directement les pneus s’armera d’un canif. Qui préfère détériorer les carrosseries (il faut songer aux côtés esthétiques de la passion que nous entreprenons de combattre), emportera avec lui les outils appropriés. Des farces dites idiotes pourront également être expérimentées, comme par exemple d’enchaîner l’une à l’autre, le soir, deux voitures en stationnement, ou même une demi-douzaine si la chaîne est assez longue et le cadenas qui doit assujettir les extrémités, solide et d’un modèle peu commun. Enfin pour celui que le manque de loisirs ou la crainte réduirait aux simples fonctions de spectateur, il ne résistera point au devoir, lorsqu’un automobiliste l’interrogera sur le chemin à suivre pour gagner tel ou tel endroit, de lui en indiquer un tout opposé, judicieusement choisi cependant, de manière à entraîner sa victime dans des rues notoirement encombrées.

La propagande pour l’assainissement se développant, l’organisation occulte qui la dirige trouvera maintes occasions de recruter quelque allié au sein même de la gent automobile, au point de susciter dans ses rangs quelques conversions éclatantes. Qu’on ne néglige pas alors de tirer de ces illuminés le meilleur parti. On les maintiendra à leur volant avec la mission de déconcerter « de l’intérieur » le trafic routier, de façon à circonvenir l’ennemi sur deux fronts à la fois. »

 

6- Puisque tout le monde (ou presque) est Charlie, je propose un jeu littéraire pour les jeunes. Continuer la liste vue en couverture du Charlie hebdo de janvier 1975.

« Chiez dans les crèches

Achevez les handicapés

Fusillez les militaires

Etranglez les curés

Ecrabouillez les flics

Incendiez les banques

Joyeux noël »

Le thème du printemps des poèt poèt c’est l’insurrection poétique.

Essayons de rassembler quelques propositions plus émoustillantement adaptées à la thématique que les gentilles pistes que je vois fleurir sur les sites officiels.

 

5 - L’inflexion du vivant de Sylvie Fabre G., pré # carré 70 / hervé bougel octobre 2011

http://precarrediteur.fr/?page_id=344

« jardinière, je m’en remets au jardin / tu conserves les voix dans ta voix / – parole d’autres : lierre, pivoines, / petite fille, chat et moineaux, / jet d’eau, morts chéris / tu montes la garde / ce qui sèche en toi se dépose / ce qui brûle en moi s’infinise / amour fragile, ton poème / délivre l’oubli par la métamorphose »

 

4 - Quelques poèmes plus tard de Michaël Glück, pré # carré 73 / hervé bougel juin 2012

http://precarrediteur.fr/?page_id=937

« tient debout tient / dans la verticale / des jours // tient d’une horizontale / à l’autre // se lève se dresse se redresse / va jusqu’à / s’épuise et se couche / s’étend s’endort / quelques pas / entre matin et soir // le temps d’un chant »

 

3 - Verso 159, quel meilleur rempart que la mer ? décembre 2014

http://revueverso.blogspot.fr/

« Dernier

Quel sera mon dernier poème ? / Le plus beau et je m’arrête ? / Le plus tard et je meurs ? / Le plus court et il disparaît ? / Et que faudra-t-il y dire ? / Qu’est-ce que rien ? / Qu’y a-t-il derrière ? / Ou plutôt d’où vient cette feuille de papier blanc qui autrefois fut un arbre sur lequel j’aurais aimé grimper ? / Voilà, écrire quand on ne peut grimper, c’est peut-être sur cela qu’il faudrait s’arrêter, et laisser l’arbre en blanc pour la dernière fois » Daniel Birnbaum

 

2 - Claudicants de Francis Krembel, éditions Donner à voir, accompagnement graphique de Marc Alessandri.

http://biloba.over-blog.com/article-claudicants-111964224.html

Prose noire (à Jules Mougin in Mémoriam)

Fumer TUE / L’alcool TUE / Qui es-tu toi / pour me dire TUE / L’état TUE / Les états TUENT / Krupp et Dassault TUENT / Les marchands d’armes TUENT / Les boursiers, les banquiers actionnaires / certains chimistes techniciens pas savants TUENT, / par cynisme, inadvertance / imprudence, inaptitude / je m’en foutisme, / ils TUENT tous / faites comme eux, / Mais attention, / mangez modérément / faites du sport, bougez / sortez de vos retraites. / Travaillez plus, / bougez, bougez / produisez, produisez / spéculez sur le blé, le cuivre / sur les poireaux / les pommes de terre / le plomb, l’antimoine / l’or en barre et en poudre, en chocolat // FABRIQUEZ / des bombes à billes, à ailettes / à fragmentation, des bombes propres, / géométriques. / Fabriquez des drones, des mines / des casseroles, des téléphones / des télés-plates / des ordinateurs pour télépathes. / Mais attention ne fumez plus, cela nuit à vos spermatozoïdes / vous ne pourrez plus repeupler / la planète après la guerre / silencieuse qui ravage dans le bruyant / silence des médias. // TUONS NOUS TOUS ET VIVE LA SOCIALE SEPPUKU / allègrement / le vieux barbu d’avant-guerre / reconnaîtra les siens. »

 

1 - Comme en écho à hier, une chanson d'un très grand parolier et interprète.

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 20:06

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Sur le blog vous trouverez du quotidien au sens propre du terme (enfin je vais essayer), notes de lecture, poèmes, aphorismes, humeurs, chansons, liens...

 

26 - Tango pour José, collectif, dessins d’Yves Barré

Ed. Donner à voir, collection tango,

http://www.donner-a-voir.net/catalogue/catalogue501.html

une citation de José Millas-Martin introduit un poème. Aller deux notes d’accordéon :

« Seul restent dans le village / Des chiens errants, des vieux oubliés » (J. M-M.)

« Ici pas de lune bleue / Seulement des mains / Qui ont traité la vigne / des veines marocaines / et des bras besogneux / Oui / Beaucoup de peine / Et soixante pour cent pour Le Pen. » (Michel Lautru).

Et encore :

« Le matin la classe / sentait l’eau de javel / Poêle faïence pourpre / -« Nous écoutions attentivement / la parole du maître. » » (J. M-M.)

«  Le soir le javel / sentait la classe / - et toi José joues empourprées / « tu te promettais / d’oublier au plus tôt / les mesures du mètre » ». (Francine Caron)

 

27 - À mots rompus de José Millas-Martin, anthologie, éd. Fondencre collection Jalons du 20ème siècle.

http://www.fondencre.fr/a_mots_rompus.html

« fin de partie

Poètes mes complices / avec qui j’ai parcouru un / bout de Temps / De certains demeurent vivantes / leurs écritures / L’âge me prend   Mes pièce d’usure / se déglinguent / Je les médicamente / pour demeurer / Je suis lecteur de vos / idéogrammes depuis Tant de temps // Parfois un livre farci d’une lettre   témoin / silencieux de votre message de votre écriture… // Et toute ma vie me saute à la gueule »

 

28 - 1275 âmes de Jim Thompson, folio policier

Quand la noirceur et le cynisme conjugués tournent à la farce hilarante.

« Bref, une nuit que j’étais comme ça allongé, les yeux grands ouverts, en train de gigoter et de me retourner à en devenir marteau, tout à coup voilà que j’en ai marre. Et je me dis : « Nick Corey, tu vas finir par tourner en bourrique à force de te tourmenter. Y a pas, faut voir à remédier à ça, Nick Corey, sinon ça ira mal pour ton matricule. »

Ce qui fait que j’ai réfléchi, j’ai réfléchi tant que j’ai pu et, finalement, j’ai pris le taureau par les cornes.

Et j’ai décidé que je ne savais foutre pas ce que je pourrais bien faire. »

 

29 – Haïkus d’eau de Paul Bergèse, éd. Donner à voir, collection Tango, gravures de Titi Bergèse

http://www.donner-a-voir.net/

« Il tourne en rond / Dans la pupille du chat / Le poisson rouge »

« Ma face ridée / Sur le lisse de l’étang / Les poissons s’enfuient »

« Le nez en l’air / Pour les premières hirondelles / Première fiente aussi »

Ces petits ouvrages imprimés sur papier épais recyclé et pliés en accordéon, joliment illustrés sont d’originales idées cadeau.

 

30 – Une et plusieurs d’Amandine Marembert, éd. Donner à voir, collection Tango, encres de Valérie Linder,

http://www.donner-a-voir.net/

« … les femmes que tu dessines / sont tout à la fois une et plusieurs…//

elles tricotent leur fragilité / en passant à leur doigt / un filet de lumière une tige verte…//

les maisons de papier / sont pour elles des escaliers des trappes des puits des avions des boules des lits des portes-fenêtres / des tentes / des refuges nomades… //

elles observent pousser les mots / dans leurs feuilles leurs pétales / ils tendent leur cou vers la lumière / elles les arrosent de patience… //

leurs peaux claires sont des pages / à lire les matins / où le jour recommence »

Tout en délicatesse, la poésie d’Amandine.

Et puis ce titre au dessus d’un empilement d’ouvrages tombe à pic comme un clin d’œil du hasard, le jour où je deviens grand-père de deux jumelles

 

31 -  Une chanson en lien avec ce qui précède. Le poème d'Aragon mis en musique par Lino Léonardi interprêté par une chanteuse qui a fortement rendu service à la poésie.

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 19:36

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19 - Revue Cabaret #12 hiver 2014

http://www.revuecabaret.com/revuecabaret.html

Vive le littérairement incorrect, mort au petit prince. « J’ai écrasé un renard / un soir d’hiver / en rentrant au hameau. / J’ai ramassé la dépouille / et fait tanner la peau. / Depuis / elle sert une fois par an / quand l’institutrice / parle du petit prince / à ses élèves. / Franchement / j’aurais préféré / écrabouiller / le blondinet de la haute / plutôt que / cette superbe bête. » (Eric Dejaeger)

 

20 - Microbe 87, janvier février 2015, exigez la lune !

http://courttoujours.hautetfort.com/sport/

« Poésie assistance 24h/24 (veuillez renouveler votre lecture ultérieurement)

ce poème vous sera facturé / seize secondes de temps libre / pour toute question / sur le sens de votre vie / tapez 1 / pour un bref aperçu / de l’avenir de notre monde / tapez 2 / si vous souhaitez seulement / parler à une être humain / tapez bip / nous sommes désolés / en raison du trop grand nombre d’usagers de la Terre / nous ne pouvons donner suite à votre demande » Perrin Langda

 

21 - A mots gourmands de Georges Jean, éd. Donner à voir, coll. Tango

http://amb.boudet.perso.sfr.fr/dvdgjean.htm

Mon chat

Mon chat regarde la lune / Et l’avale avec ses yeux // Il dort dans les renoncules, / Les moustaches sous la queue. // Il poursuit la tarentule, / Mais pas la Bête à Bon Dieu. // Il regarde les souris, / Avec un certains mépris. // Il se nourrit de nuages, / C’est un sage mon chat gris ! »

Marcel Migozzi dans un mail me dit que son chat est en train de mourir. Cette nouvelle me rend très triste d’un coup. Dans les grands moments de ma vie il y aura eu l’arrivée et le départ de mes chats. Ce soir je pense au chat Souti, petit chaton trouvé sur mon tas de bois de chauffage un matin de printemps et qui a passé près de 10 ans avec moi entre vadrouilles et maison (de retour de vadrouilles souvent abîmé, écorché, les oreilles en dentelles – un guerrier disait le vétérinaire). Il y a deux ans sentant venir sa fin il avait passé plusieurs jours sur mon lit et collé à moi. Puis un matin il a demandé à sortir. Il neigeait. Je l’ai regardé aller voir Nanard, le chien avec qui il avait grandi. Il a passé un long moment dans la niche avec Nanard. J’ai souvenir de ces deux bestioles qui me regardaient, le chien léchant le chat. Et je n’ai pas vu quand Souti est parti mais l’évocation de ce moment me mouille les yeux à chaque fois.

 

22 - Rêve de la main d’Alain Boudet, gestes graphiques d’Agnès Rainjonneau, éd. Donner à voir, collection Tango, délicieux ouvrages accordéon.

http://amb.boudet.perso.sfr.fr/revesdelamain.htm

« Fendre l’écume / La vague souple / Et l’eau profonde / Comme une barque langoureuse // Être nuage pour l’espace // Être frère du goéland // S’arrondir en creux pour le vent / Et / Pour adoucir le rocher / Abolir les coups du ressac / En s’ouvrant / comme un coquillage. »

 

23 - Biribi de Georges Darien, éd. 10/18

un roman autobiographique saisissant d'un anar fin de siècle.

"Ah ! pauvre petit soldat, toi qui es mort en appelant ta mère, toi qui, dans ton délire, avais en ton oeil terne la vision de ta chaumière, tu vas dormir là, rongé, à vingt-trois ans, par les vers de cette terre sur laquelle tu as tant pâti, sur laquelle tu es mort, seul, abandonné de tous, sans personne pour calmer tes ultimes angoisses, sans d'autre main pour te fermer les yeux que la main brutale d'un infirmier qui t'engueulait, la nuit, quand tes cris désespérés venaient troubler son sommeil. Ah ! je sais bien, moi, pourquoi ta maladie est devenue incurable. Je sais bien, mieux que le médecin qui a disséqué ton corps amaigri, pourquoi tu es couché dans la tombe. Et je te plains, va, pauvre victime, de tout mon coeur, comme je plains ta mère qui t'attend peut-être en comptant les jours, et qui va recevoir, sec et lugubre, un procès-verbal de décès...

Eh bien ! non, je ne te plains pas, toi, cadavre ! Eh bien ! non, je ne te plains pas, toi, la mère ! Je ne vous plains pas, entendez-vous ? pas plus que je ne plains les fils que tuent les buveurs de sang, pas plus que je ne plains les mères qui pleurent ceux qu'elles ont envoyés à la mort.

Ah ! vieilles folles de femmes qui enfantez dans la douleur pour livrer le fruit de vos entrailles au Minotaure qui les mange, vous ne savez donc pas que les louves se font massacrer plutôt que d'abandonner leurs louveteaux et qu'il y a des bêtes qui crèvent, quand on leur enlève leurs petits ? Vous ne comprenez donc pas qu'il vaudrait mieux déchirer vos fils de vos propres mains, si vous n'avez pas eu le bonheur d'être stériles, que de les élever jusqu'à vingt et un ans pour les jeter dans les griffes de ceux qui veulent en faire de la chair à canon ? Vous n'avez donc plus d'ongles au bout des doigts pour défendre vos enfants ?"

 

24 - Traction-Brabant 60, 17 décembre 2014, en tout cas la retraite c’est pas pour bientôt,

http://traction-brabant.blogspot.fr/

« Un jour l’état des lieux / sera rendu aux arbres / au désert à la mer / aux nuages aux oiseaux // la garantie orties le plan chacal / l’assurance araignée / n’auront plus rien à épargner / ni personne // il n’y aura plus personne / pour lire des poèmes. »

 

25 - Qu'est-ce qui fait qu'un soir de janvier on pense à ces vieilles millitantes à qui on achetait le brin de muguet chaque premier mai, qu'on voyait cheminer dans les manifs de plus en plus lentement et qu'un jour on n'a plus vues...

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 19:53

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

Sur le blog vous trouverez du quotidien au sens propre du terme (enfin je vais essayer), notes de lecture, poèmes, aphorismes, humeurs, chansons, liens...

 

12 - Bon ben merci Charlie, depuis quelques jours dans les médias, les anars nous ne sommes plus de dangereux casseurs terroristes mais l’expression d’un pan original de la culture française.

Habitués à ne pas suivre les sentiers balisés de la pensée majoritaire et de l’union sacrée dont on nous abreuve, plusieurs visiteurs du blog (que je soupçonne également de penchants libertaires) ont tenu à me signaler quelques liens où on développe plus consciencieusement mon questionnement du jour 8 (là dessous). Je vous fais part de quelques liens qui m'ont été signalés et remercie ces promeneurs du net pour leur vigilance.

http://nato-glob.blogspot.fr/

http://nato-glob.blogspot.fr/2015/01/ou-est-charlie.html

https://lignesdeforce.wordpress.com/2015/01/09/vous-faites-erreur-je-ne-suis-pas-charlie/

http://tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=11297

 

13 - Petits poèmes diversement appréciables mais néanmoins écrits avec grand attention… d’Olivier Bastide, éd Cardère

http://www.cardere.fr/ficheLivre.php?idLivre=239

poèmes courts et soignés, regards qui passent à deux pas du rêve et ses tranches de mystère, ses escaliers de hasard propices à de joyeuses escapades quasi métaphysique. On avance dans ce recueil une lampe à la main avec grande attention et une pointe d’émerveillement. « Il est matin comme il serait soir, amical, cordial, de juste déraison agrémentée. Il est matin par son incontestable légèreté. J’ai des projets plein la tête, des horaires à ne pas respecter ; des haussements de respiration à tenir, à affirmer de belles notes contrastées. Il est matin et je vais prendre mon ballot, aller au champ, suivre le sillon de mes groles, enfin boire au goulot… »

 

14- Schiste d’Emmanuel Merle, alidades création

http://alidades.librairie.pagespro-orange.fr/merle.html

Un recueil qui fleure le toit de vieilles lauzes moussue et la solide charpente de mélèze, l’obstination des pissenlits et la lumière particulière de l’enfance avec sa singulière fascination pour l’acte de jeter un galet dans l’eau du lac. « Peindre alors des arbres noirs / sur le blanc du papier était simple / comme l’hiver, et c’était signes / d’un alphabet du manque. // Il neigeait, / on aurait dit une famille immense. »

 

15 - Fugitive de Cathy Garcia, éd. Cardère

http://www.cardere.fr/ficheLivre.php?idLivre=237

Elle marche, flotte, vole, la fugitive. Les chiens sont lâchés, on a pris pied dans ce cirque funèbre. Donc il faut marcher dans les lambeaux dégueulasses en picorant de la nuit, chercher la jouissance là dedans coûte que coûte.

« Nous cumulons les éternités comme un enfant empile ses cubes. // Mais dans le chiffon de l’univers, la mort serait-elle un trou de ver ? »

« La vie nous tend brassées de lumière, volées d’oiseaux. / Suspend sa musique à nos oreilles. // Ne pas oublier, non, ne pas oublier. // Elle et moi sommes fugitives »

 

16- Carnet d’au bord de Sophie G. Lucas, éd. Potentille

http://editionspotentille.blogspot.fr/2014/03/sophie-glucas.html

Là c’est un mois après l’autre pour dire forme de galère insistante genre spleen baudelairien quand le ciel bas et lourd pèse comme un sac de sanglots retenus… Quand c’est comme ça le mieux c’est d’aller faire une virée dehors. « Je marche très loin. / Je prends la forêt dans mes bras et les animaux et la neige et l’hiver et la rivière gelée dedans. »

 

17 - Ligne de Jean-Marc Undriener, éd. Potentille

http://editionspotentille.blogspot.fr/2014/05/jean-marc-undriener.htm

La question de boucher les trous est le point de départ. Travail de remblai, boulot de remplissage, de répétition du même mouvement, de retour sur le même geste, le même mot, l’essentiel étant de bien suivre la ligne, le fil, droit pas droit peu importe, c’est toujours de l’illusion cette histoire de ligne droite. Et puis le corps aussi là au milieu, pour avancer, dans quel sens, tu peux me dire, la volonté c’est pas ça ce soir. Vous dites ? La vie. « c’est l’histoire elle est faite / comme ça de ça de jours après jour / à plonger dans le sale / sale et de jours cloués les uns aux autres // serrés // à demander que ça finisse et quand / parce que c’est urgent et parce qu’il faut / et parce qu’on sait qu’à ce rythme – »

 

18 - Vous êtes plusieurs à m'avoir signalé ces derniers jours l'écoute du très beau texte qu'écrivit Julos Beaucarne lorsque sa femme fut poignardée : https://www.youtube.com/watch?v=_E1HbACfWNo

On peut terminer la semaine avec la gentillesse de ce poète.

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 19:58

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

Sur le blog vous trouverez du quotidien au sens propre du terme (enfin je vais essayer), notes de lecture, poèmes, aphorismes, humeurs, chansons, liens...

 

5 - On parle de publications Gros Textes ici (en l’occurrence « une femme à gros seins qui court un marathon » d’Eric Dejaeger :

http://areaw.org/eric-dejaeger-une-femme-gros-seins-qui-court-un-marathon/

 

6 – Des choses qui arrivent de Jean-Claude Touzeil, éd. Le Chat qui tousse,

http://tiens.pagesperso-orange.fr/chatquitousse/

 Ils sont pas nombreux les contempoètes qui puisent l’inspire du côté de Prévert, Queneau, Tardieu. Touzeil est de cette trempe. Touzeil est précieux.

« Finalement / qu’est-ce / qu’on laisse / en partant // Trois pas d’enfant / dans le sable des jours / quatre volutes bleues / au bout de l’horizon / un parfum de clérodendron / dans l’allée du jardin / un vélo rouillé / au fond du grenier / un album de timbres / toujours incomplet / une photo de jeunesse / toujours un peu floue / un poème mort-né / écrit à la va-vite / sur un ticket / de parking // Finalement / qu’est-ce / qu’on laisse / en partant / à part peut-être / la porte / grande ouverte ? »

 

7 - La tasse l’anse cassée de Christophe Jubien, Association francophone de haïku

http://www.association-francophone-de-haiku.com/publications/publications_afh.html

« Elle me donne / des nouvelles de ma mort / la boîte aux lettres vide »

 

8 - Suis-je Charlie ?

Il est sûr que je l’ai été au sens où adolescent et jeune adulte, j’ai trouvé dans Hara Kiri et Charlie hebdo les outils pour me construire une personnalité. Ce sont ces mêmes outils que j’ai utilisés pour faire voguer l’aventure Gros Textes. L’humour qu’on aime mettre devant (« Armand le Poête…), la dérision, l’irrévérence (« Non au littérairement correct » de Dejaeger, livre étendard pour GT), la désobéissance un brin anar (ah les anars qu’on présente comme des « gentils » sur les ondes depuis quelques heures quand d’ordinaire on ne voit que casseurs terroristes), une adhésion franche à la vieille tradition antimilitariste et anticléricale, tout ça participe de Gros Textes et je le dois à l’émerveillement que j’ai éprouvé devant les œuvres de Cavanna, Choron, Reiser, Gébé, Cabu, Wolinski... dans ma jeunesse. Il me semble que mes choix éditoriaux en portent la trace.

Donc oui je suis Charlie et bien triste.

Mais l’irrévérence et la désobéissance apprise en biberonnant du Charlie n’ayant pas de limites, et l'union sacrée mettant le sens critique en berne en même temps que les drapeaux, je me sens gêné d’être Charlie avec ceux qui attisent les haines en se drapant dans l’honorabilité républicaine (la même qui en 1970 censurait et interdisait Hari Kiri hebdo d'où est né Charlie hebdo), la presse qui se prétend libre alors qu’elle est vendue à des groupes financiers et des marchands d’armes et véhicule sans partage l’idéologie de la soumission à la raison du plus riche, sans compter ceux pour qui la stigmatisation de l’étranger, misérable de préférence, étant le fond de commerce idéologique, cette tuerie est pain béni.

De même qu'on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui, je n'ai nulle envie d'être Charlie avec certains.

Mais après tout je me rassure, ceux-là ne seront pas Charlie bien longtemps.

 

9 – La vie est trop vraie de Simon Allonneau, éd. Le pédalo ivre

http://www.lepedaloivre.fr/

« dans mon quartier / les pompiers ne font pas de bouche à bouche. Ils comptent jusqu’à 10 / soit tu es vivant / soit tu es mort / c’est toi qui décides ». Des poèmes gag, un humour entre le noir et l’absurde, une agréable surprise à chaque page, « il faut sauver les naufragés / parce qu’ils s’ennuient ». Du grand art.

 

10 - La chance d’un autre jour d’Emmanuel Merle et Thierry Renard, éd La passe du vent

http://www.lapasseduvent.com/La-chance-d-un-autre-jour.html#livre674

Deux auteurs Gros Textes, Emmanuel Merle en 2014 et Thierry Renard en 2015 ont échangé durant plusieurs mois de la conversation et des textes dont 248 poèmes courts (généralement 5 vers) qui donnent le nom au recueil et d’un bout à l’autre c’est très fort. « Certaines fleurs du printemps / s’ouvrent plus vite qu’avant, / me semble-t-il. / ou alors c’est moi / qui ne peux plus suivre. » « La fête est finie / et on ne dit rien du tout. / On rentre à la maison, / vieux et fatigué. / On aimerait appeler à l’aide. » « Toute la journée j’ai essuyé / du verre : pare-brise, lunettes, / écrans. Tout semblait sale. / Viens de comprendre / que c’était le réel qui était flou. »

 

11- Pour finir la semaine les paroles du petit clin d'oeil du professeur Choron à ses anciens copains.

https://www.youtube.com/watch?v=tSRhceurCH0

L'assassin fait un dur métier
A l'heure du crime il faut se lever
Et pour tuer prestement
Par la lame qui saigne à blanc
Il étudie l'anatomie
Il sait par où s'en va la vie
Et qu'on peut pas saigner la vieille
En lui coupant le gros orteil

Refrain
Y'a assassin et assassin
Y'en a des moches, y'en a des biens
Se faire assassiner c'est rien
Si on n' tombe pas sur un sagouin
Y'a assassin et assassin
Y'en a des moches, y'en a des biens
Pour trouver un bon assassin
Voir les pages rouges du bottin

L'assassin doit se cultiver
Lire des revues spécialisées
Apprendre le geste du semeur
Du semeur qui sème la peur
Et que planté dans la poitrine
Le couteau ne prend pas racine
Mais qu'un couteau planté dans le dos
Devient un joli portemanteau

Refrain

La chair humaine c'est pas du lard
Le dépeçage est tout un art
L'assassin véritable artiste
Avec un doigté de pianiste
Ne découpe pas Monsieur Dupont
Comme on découpe le cochon
Pour obtenir de beaux jambons
Faut suivre le contour du caleçon

Refrain

L'assassin est un gastronome
Il sait apprécier le jus d'homme
Chevalier du taste-sang
Il goûte dans une coupe en argent
Le sang de l'adulte est gouleyant
Il a de la robe le sang de l'enfant
Ah! bon sang de bon sang de bon sang
Qu'elle serait triste la vie sans sang

 

 

 

 

 

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 20:43

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

Sur le blog vous trouverez du quotidien au sens propre du terme (enfin je vais essayer), notes de lecture, poèmes, aphorismes, humeurs, chansons, liens... Début lundi 29 décembre 2014.

 

-3 - Traction Braban 59, la revue qui paraît même pendant les vacances,

http://traction-brabant.blogspot.fr/

Un gentil fouillis généreusement bordélique…

« Wouf 

voui / c’était bon ça / on courait / dans le champ des passables / on ramenait la baballe / du boulot on / reniflait le cucul des femelles / on se frottait au mollet / de rien du tout on était un / bon chienchien / voui / c’était ça » (Perrin Langda)

 

-2 - Verso 158, aux lèvres la terre & le ciel,

http://revueverso.blogspot.fr/

numéro très nature, l’harmonie, les éléments, tout ça, retour aux fondamentaux.

« Ni lire ni écrire, encore moins calculer, elle ne sait que rire à ce qui advient, y compris du pire. La  jeune géante accueille l’océan entre ses cuisses sombres et jouit avec indifférence car son cœur est tourné vers le peintre du dimanche occupé, sous les nuages, à découper les teintes qui feront l’horizon. » (Jacques Vincent)

 

-1 - En passant à côté du vieux cimetière de Saint Marcelin, j'ai pensé à cette chanson que mon père aimait bien : https://www.youtube.com/watch?v=G-CjcZoyr0w

 

1 – Je vous souhaite une année 2015

pleine de plaisirs situationnistes façon Vaneigem :

« Plaisirs de la paresse, de la ténacité, de la rencontre, de la solitude, de la musique, de la création, plaisir de parler, de se taire, de rire, de chier, de rêver, d’enlacer, de pleurer, de pisser, de crier, de caresser, de mouiller, d’éjaculer, de bondir, de rouler, de goûter, de humer de toucher, de se joindre et de s’éloigner, plaisirs non de survivre mais de vivre comme il vous plaira, vous vous suffisez à vous-même, car vous participez du tourbillon sensuel où ce qui vit n’a plus à pressentir la mort, si ce n’est une mort enfin naturelle, si lointaine qu’elle s’écoule, comme au cœur des arbres séculaires, de l’oubli nonchalant d’exister.

La séparation a réduit la plupart des plaisirs à des rôles d’intermédiaires, elle en fait des véhicules vers autre chose. Quand la danse, au lieu d’exprimer la joie du corps, sert à séduire et fasciner une proie, quand les caresses subordonnent leur jeu au chemin programmé de l’accouplement, la diversité du vivant s’effrite en produits répertoriés selon les normes du rendement.

Je ne ferai pas des plaisirs une voie vers la révolution, je ne prendrai pas le contrepied de cette impatience qui vous a fourni prétexte à ne pas oser vivre, comme si la vie commençait le lendemain du Grand Soir. Il est temps que les plaisirs se suffisent à eux-mêmes, car leur authenticité, leur unité et leur variété inépuisable tient seulement au plaisir pris par chacun à créer la vie qu’il porte en soi. »

Raoul Vaneigem, le livre des plaisirs 1979

 

2 - Comme en poésie 60, l’inutile poésie de tous les jours. (15 ans déjà), « Ayez de l’humour, ça ne coûte rien » rappelle l’infatigable revuiste, Jean-Pierre Lesieur. « J’ai demandé à mon / imprimante en trois dimensions / de me reproduire / un spermatozoïde inquiet / cherchant / à boire dans un bar / pour oublier / son voyage désastreux »

http://comme.en.poesie.over-blog.com/

« « Pas un jour sans une ligne », écrire est bien une drogue.

*

On vit, on meurt et aussitôt on vous rempote. »

(Werner Lambersy)

 

3 - Duos de Joël Picard, éd. Donner à voir, les éditions amies des arbres.

http://www.donner-a-voir.net/

«…

 Quand Gustave se sentait trop seul il prenait son arbre dans / ses bras, longtemps,    longtemps dans son corps / étrangement se glissait un grand sourire. // Dire que cela venait de l’arbre serait peut-être aller trop loin / Dire que cela n’en venait pas serait peut-être aussi absurde. »

 

4 - Décharge 164, la revue hotte de père noël pour les amateurs de poésie.

http://www.dechargelarevue.com/ site relooké !

De l’élégance classique de Jean Joubert,  « Désormais dans ce pays rêvé, c’est toujours l’hiver ; / saison de cheveux blancs, d’arbres tordus, / de longues nuits comme des serpents noirs / qui s’étirent. / Le chemin luit d’un double rai de glace / que tracèrent les roues des charrettes fantôme. » aux torsions existentielles de Jean-Paul Klée, « vinaigrette vie koi vouliez-vous / donc de la sorte sinuer ?... /  on ne supporte plus vos zallu / zives façons Symboli / sme saupoudrant toute la  / poëzie qu vous faisiez (comme si / chanteur châtré toute la / journée voulant se raconter mais il / ne se livrait qu’à demi)… » en passant par l’humour de Lucien Suel « La tévéa est une taxe élastique », « Dans un hôtel borgne, une lampe sur deux ne fonctionne pas »

 

 

 

 

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 20:36

overblog devenant une vraie torture tant pour la rédaction que pour la consultation, Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/

 

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Portrait du blogueur

dans un spectacle Gaston Couté

couté

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Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.

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Si des ouvrages présentés dans ce blog vous intéressent, vous pouvez les commander en envoyant un chèque correspondant à la somme indiquée (+ un forfait port de 1 €) à l'adresse des éditions :
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes

pour tout renseignement complémentaire (conditions d'envois et de remises pour les libraires, collectivités...), vous pouvez écrire à gros.textes@laposte.net

bouquinerie

 

 

Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.