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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 22:08

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

Je fais une petite pause dans un jour après l'autre car je vais être souvent sur les routes à partir de demain (festifaï à Veyne, puis Poésie Nomade dans le Lubéron, puis les voix vives de la Méditerranée, puis en août diverses interventions dans les Hautes Alpes), je ne reprendrai le blog qu'à la rentrée.

je vous laisse avec deux vidéos qui m'enchantent. Patrick Abrial me ramène quelques 40 ans en arrière, j'ai été époustouflé de découvrir ça sur youtube. 

Le texte de Delteil est pareillement culte dans mon imaginaire. 

Merci aux visiteurs et belle vie à tous.

 

LETTRE AU LECTEUR (de Joseph Delteil)

 

Ah!  merde non! merde non! merde non! Si tu crois que j'ai perdu neuf mois de ma miravilha vie (c'est le temps) à pondre un livre (un de plus quand il y en a des millions)... à te conter fleurette, à t'amuser (oh! le putain mot!)... à te distraire (de quoi, con ? de vivre ?)... Littérature, moi ?... poët-poët ?... Entre les lignes, mon petit... that is the question... La « substantifique moelle », comme dit le Vieux... le triple sens... le pur testament... Non ce qui s'écrit, mais ce qui se siffle... à l'oreille... Chut!...

Quid ?... quid ?... De quoi s'agit-il ? Ça va comme ça ? Tu es heureux ? Tu es content d'être « homme » ? Supercontent ? Dans les grandes largeurs ? Comme un gant ? Comme les cheveux d'Eléonore ? Comme bérette et béreton ? Plein les mains, plein aux as ? Comme gonzesse qui mouille ? Comme coq en pâte, patte en pute, pute au pot ? Comme pis de vache, rosée à rosé, étron d'état ? Comme jarretelle au gîte, lune à Veau ? Comme un pingouin dans le carré de l’hypoténuse ? Comme Jean de Nivelle, comme un patard, comme cocu de roi ? Comme verge en vierge, pied en cap ? Comme un soleil dans un cul d'or ? Comme Aldébaran sur sa queue, porc-épic sur porc-épic, oui d'ouailles, tric-trac ? Comme la figue à Ninon et le nez au Pape ? Comme tripe de cannibale, comme âme d'amaryllis ? Comme ylang-ylang, piques-pâques, bougre en fleur ? Les trente-six mille chandelles, quoi ? Le fanfan-la-tulipe ? Le lustucru ? Le chandernagor ? Le paon pandorle ? Alléluia ?

Humain, hein, dis donc !... Humain, nom de Dieu!... Humain, tu te rends compte ? Humain, humain, humain :

féroce

hypocrite

absurde

fourbe

canaille

égoïste

injuste

lâche

lubrique

sadique

violent

sceptique

jaloux

cruel

orgueilleux

pervers...

 

Humain, quoi!... Le pépère train-train quotidien... le boulot monstre... les illustres « passe-temps », la manille, le cinéma... le cul... la guerre, excuse-my... une « bonne mort »... Ça va ?... Oui ?... Depuis A jusqu'à Z /... Un, deux, trois : c'est voui ?... Bon ! Parfait! Compliments! Et bonsoir! (Seulement alors ne me casse plus les couilles avec tes milles et une misères, les méli-malheurs, les chialeries, les trafalgars, les drames monstres, les histoires de Destin, la « vallée des larmes », les péchés originels et patati et patata…).

Sinon, si ça va pas, si ça grince mie, si ça te gêne quêque part, si y a de l'abus, du roulis, que oui mais que mais, bref maldonne, erreur d'or, quiproquo de quinquercule, quid?

Prends le maquis, l'ami...

Le maquis de l'âme...

Entre nous, entre fous, dis donc, à deux ou trois, à sept ou huit, on va refaire le monde... moi bibi, fils de maman... un monde à nous, sur mesure... mais patapur alors hein! le vif argent, des copains prêts à tout alors, frères comme cul et chemise, rien que des mecs, des zèbres d'or, pas trace d' « humain » hein! chez nous, la « condition humaine » hop-là !... plus de guerre, de haine, d'orgueil... sous peine de mort (mort morale, renvoi « chez les hommes »)... nous sommes des albinos dis donc nous, des moutons à cinq pattes, des fous, des dieux, quoi!... Nous serons lu... par-ci par-là... un à Montpellier, trois à Rennes, cinq à Paris... une douzaine en Amérique, une douzaine au Tibet... une tribu comme les romanichels... la p'tite Tribu, la secrétissime Tribu des Gens de Joie, les fous fadas de vie-vie-vie... les ceusses du poët-poët Non possumus.,.

Le tout strictement clandestin. A la barbe des Barbares, à l'insu de Dieu. A la sauvette... Des hors-la-loi, quoi! Une Société secrète... comme Pythagore, Delphes, les prêtres d'Egypte, l'Apocalypse, les Catacombes, les Sages de Sion, le Grand-Lama...

De quoi s'agit-il ?

Te voilà sur la terre, avec un corps, une âme... deux mains (pas quinze)... deux yeux... un flûtiau...

Voilà ton « jeu »...

De quoi s'agit-il ? Où le problème, le drame ?

Un seul but : le bonheur. Un seul métier : être heureux.

Un seul secret : l'âme... Non pas ce qu' « ils » appellent âme, fiole à morale ou quintessence de con... mais le grand-être, le tout-loi... le millième sens... comme si tu avais des millions d'yeux, la peau fafelue, le cœur pascal... de quoi jouir du monde entier, de Dieu... jouir, qui est le verbe de l'âme... Jouir te dis-je... (innocemment, sale macaque ! intelligemment, espèce de con !).

       Prends le départ tous les matins comme Colomb pour l'Amérique, à beaux yeux neufs, exprès pour toi que le soleil se lève, avec tes jambes de la genèse, tes oreilles capitules, et tout ce sang dans tes veines comme un troupeau de gazelles, et toute ton âme bis-bandée... Vas-y, vas-y!... Que ça ruisselle la lumière du pan-paradis, la virginité, la pruine des choses, l'air frais aux entrailles, le désir au bec... Tout est à toi, toutes les femmes, tous les soleils, vas-y, vas-y !... C'est fou nom de Dieu, c'est immense, de grand'vivre... C'est fieffé miracle, inouïe panacée, sortilège à poil... Cléopâtre, Shakespeare, Bonaparte- hein !...

Chaque jour je veux : une heure de solitude, une heure de rire, une heure de cheval, une heure de folie et vingt-quatre heures d'amour.

L'encuculant programme, quoi : là tout est ordre et beauté, luxe, calme et volupté.

 

ORGANISATION DE LA TRIBU :

Deux organismes majeurs :

1° Le Comité de Paix. — Toute querelle, tout conflit personnel, conjugal, social, etc... y sera porté, et jugé en dernier ressort (tout récalcitrant immédiatement expulsé). Avant tout la paix, la paix parfaite, la paix de l'âme, la paix du corps, à tout prix!

2° L'Ecole d'Amour. — C'est une science que diable que la vie! Apprends à vivre. J'ai l'évangile bon sens, les recettes maîtresses, les secrets d'Etat... Savoir, pouvoir, vouloir... comme papa...

 

Ah! j'ai tordu le cou à la psychologie, j'ai zigouillé on. La psychologie : la « maladie humaine »... On : le destin... Hé quoi! je ne sais quel petit grécaillon bis-bigle et barbe-bouc il y a une chiée de siècles, un beau jour inventa la raison... Et alors ?

Nous aurons notre Journal, nos écoles, nos sabbats, nos catacombes...

Une cité-modèle, à la campagne...

Un signe... peut-être l’oreille gauche peinte en vert... ou la huppe aux braies... chi lo sa !...

***

As-tu compris ?

L'homme, voilà l'ennemi !

Je suis animal et dieu, j'aime...

J'aime, j'aime, j'aime...

J'aime un nuage, un rhododendron, la jarretelle, la brebis, l'oie à la noix, l'ornithorynque, les boucles d'oreille, ma femme, Mozart, les gratte-ciel et le gratte-cul, les appas, les affûtiaux, la salsepareille, le pain gradaillé, le mica, le moka, la moukère et le coït, le caca de cocorico, les brancards de la charrette, le tic-tac de ma montre, le nez de mon chien, tout et rien, une tache d'encre quand elle rivalise d'ossatures avec Michel-Ange, un scarabée quand il porte une tonne d'arcs-en-ciel sur son dos, une vieille pierre toute striée des propres pensées de Dieu, l'orage les jours d'orage, la mer entraillesque, la pleine lune à cul, une feuille de vigne, un épi de blé, le jonc et le geai, la giroflée, un livre neuf, une caille, un caillou, l'ombre du platane, le soleil de Dieu, le vent quand il ventourle, le sable qui pisse, le rat qui rate et l'or qui rit, les rendez-vous-vulve et l'entre-deux-mers, la canepetière, le pet de nonne, le Pérou, le gros sel, la navaja, le kinnor, l’agnus castus, la pamplemousse, la poule au pot, la mandorle, le charabia, le grand escogriffe, le petit poucet, l'insecte des Mille et une nuits, le labyrinthe, le poulpe, la chimère, l'orgueil, le mestre de camp de quinquengrogne, le salamalec à papa, le carrousel, le pollen, l'ombre, le charivari, la gonzesse en liesse, le velours de veau, l'apocalypse, l'avion, le fou falzar, la barbe à barbare, la pupille à poil, Orphée, Schéhérazade, Nabuchodonosor, le gynécée et l'apogée, le tétragramme et l'alphabet, l'église de pouille paille, le magnus magnolia, la faribole et l'opoponax, le fifre et le fifrelin, cœur de profondis, galop galapiat, l'en pantoufles, l'au débotté, le dictionnaire à képi, l'imagination à cheval, les amours du dictionnaire et de l'imagination, l'agneau polichinelle, le bouvillon pissu, la bête à bon Dieu quand elle fait l'amour avec les fils de la Vierge, la barque d'alberge, la figue barbue, la rose très trémière, le muscat moult musc, allegro molto vivace, ohé! ohé! toi et moi, l'âme, les étoiles. Dieu... J'aime... voilà ma folie... j'aime

voilà tout mon bon sens !

Chut! …

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 20:58

12 - deux chansons et une photo de Doisneau pour finir la semaine

Un jour après l'autre - juillet 2

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

11 - Joubarbe de Camille Loivier, éd. Potentille

http://potentille.jimdo.com/les-nouveautés/camille-loivier/

Et puis pour finir… 

« je vais tomber / dans la petite cour / de la table / je ferme les yeux / je sens l’ivresse me gagner / la chute / en sa promesse // on va me ramasser / (une paume chaude et douce enfin) / et me retourner. »

Bref ce recueil est du genre qui me remue la tripaille tout en douceur tellement que j’en ai la larme qui pointe au coin de l’œil.

 

10 - Joubarbe de Camille Loivier, éd. Potentille

http://potentille.jimdo.com/les-nouveautés/camille-loivier/

Minot de Marseille, fils de boucher, je sais que j’ai poussé dans une cour entre des baraques de pauvres et des vies insignifiantes comme des joubarbes.

« enfant de la ville / du quartier commerçant / des cours sombres / méfiante de la campagne / et de ses longues pluies moroses ».

Du coup ce recueil résonne profond chez moi.

« Ma vie a commencé dans une cour / au-dessus d’une autre cour / une cour petite étroite / il n’y avait rien / ni plante ni soleil ni dimanche // il fallait lever haut la tête / (est-ce pour cela qu’elle a un grand cou) / pour voir le ciel pour me voir »

 

9 - La boîte à musique de Jean-Claude Pirotte, ed. de La Table ronde

" Je ne parlerai qu'à voix basse / à mes fantômes familiers / et de nos pas dans les allées / incertaines du vieux vieux temps / nul ne pourra suivre la trace // les reflets au bord des étangs / de nos misérables carcasses / s'évanouissent comme passent / les frêles amours les nuées // les étincelles de la grâce / je ne parlerai qu'à voix basse / et le cœur à peine battant / à mes ombres dépossédées / par le mirage des années / incertaines du vieux vieux temps "
 

8 - Pays perdu de Pierre Jourde, Balland

« Ces visages que le froid colorie violemment, sous les casquettes, beaucoup ont été sculptés par l’alcool, ces corps fabriqués par lui ou mutilés par lui. L’alcool préside aux besognes du fer, de la pierre, du bois, de la corne. Il tuméfie les visages, cogne les épouses, ruine les exploitations, déforme les membres, ourdit les accidents. Lui, et lui seul. Ceux qui lui ont vendu leur âme ne sont plus que l’alcool, le corps provisoire et titubant de l’alcool. Il travaille au lent retour vers la confusion des formes, vers les créatures du chaos, il fabrique des succédanés de titans… »

 

7 - Le voleur de Georges Darien, 10/18

« J'ai passé 10 ans au collège, 3 au régiment. J'ai donc le droit de commettre -honnêtement- des crimes jusqu'à concurrence de 13 ans de prison. »

 

6 - Kyra Kyralina de Panaït Istrati, folio

"Ce n'est pas vrai du tout, que l'être humain soit une créature qui comprenne la vie. Son intelligence ne lui sert pas à grand-chose ; par le fait qu'il parle, il n'en est pas moins bête. Mais là où sa bêtise dépasse même l'inconscience des animaux, c'est quand il s'agit de deviner et de sentir la détresse de son semblable.
Il nous arrive, parfois, de voir dans la rue un homme à la face blême et au regard perdu, ou bien une femme en pleurs. Si nous étions des êtres supérieurs, nous devrions arrêter cet homme ou cette femme, et leur offrir promptement notre assistance. C'est là toute la supériorité que j'attribuerais à l'être humain sur la bête. Il n'en est rien !" 

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 21:32

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

4 - Traction-brabant 63

http://traction-brabant.blogspot.fr/

« Portrait de R.B en chemise à carreaux avec fantômes cherokees

Le territoire de l’imaginaire / est loin d’être immaculé - / j’ai relevé mes pièges aujourd’hui / le sang des poèmes avortés / rougissait la neige alentour / & un billet S.F. – Tokyo / piquait du nez / sur la plus haute branche / d’un séquoia qui a connu la Piste des larmes. »

Hervé Merlot

 

3- Traction-brabant 63

http://traction-brabant.blogspot.fr/

« Des bouts de corps / glissent sur le pavé, / dans le rond de terre autour des arbres, / contre l’arbre. / On se laisse apparaitre. / Dans le passage, les mains attendent. / Le café est désert. / L’attente, c’est la lenteur de l’œil. / Il y a un type au comptoir qui a l’air de ruminer sa solitude. / Dedans/dehors, tout est lisse. / Et la vie coule comme la pluie dégouline. / Pas moins, pas plus. / Dans la beauté des bleus. / Je ne sais pas comment ça commence. »

Brigitte Giraud

 

2 - Comme en poésie n°57, revue trimestrielle de poésie

http://comme.en.poesie.over-blog.com/

"La vie qui va

Il est tombé tant de soirs depuis ton départ, / tant de soleils sont passés sur la terre, / tant de fleuves ont grossi les mers, / tant de nouveaux sourires ont éclos, / tant d’autres souvenirs ont recouvert ma vie / que je ne sais plus très bien / si j’ai toujours le cœur en colère." Michel Monnereau

 

1 -  Jour de congé de Christian Degoutte (récit) et Jean-Marc Dublé (images) Thoba’s éditions

"Ce qui manque à la photo, c’est le bruit qui court / de la rivière au pied des maisons, c’est les cris / des enfants qui s’aspergent d’eau glacée et nagent, / nus comme des savons, sous le vieux pont de pierre. // Il bourdonne comme une ruche sous les roues / des voitures. L’air déjà sent le feu des tuiles. // Ventre collé au parapet, une cycliste, / bras tendus dans le vertige, photographie / la fraîcheur de l’eau. Sur son lit de galets, l’eau / se tisse, Carmen en bleu sous l’arche du pont / où les hirondelles crient de l’ombre au soleil, // mais sur la photo ratée (il fallait la faire / les yeux fermés) les enfants seront minuscules / comme elle est dans la vie."

 

30 - Des salades de Thomas Vinau, illustrations de Matt Mahlen, éditions Donner à Voir.

http://donner-a-voir.net/

" J'ai récolté / quatorze limaces / huit araignées / six piqûres de moustique / quatre souris / trois orvets / un noyau de pêche / deux bouts de fer / et une demi-crotte de chat toute sèche / on ne récolte pas toujours / ce que l'on sème / mais l'on récolte toujours / quelque chose"

 

29 - Des salades de Thomas Vinau, illustrations de Matt Mahlen, éditions Donner à Voir.

http://donner-a-voir.net/

"Un lapin nain / poilu et sauvage / qui vit dans les parages / adore mes prunes / et mes abricots / Je pense qu'il fallait / que ça se sache"

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 21:56

28 - Cyril C. Sarot écrit des textes pour Michel Boutet...

27 - Un site qui me réjouit à chaque mise à jour, celui de Cyril C. Sarot

https://lautrementdit.wordpress.com/

 

26 - Décharge 166, http://www.dechargelarevue.com/

« Chanson des départs contrariés (chansons sans en avoir l’air)

Le retour était dans l’aller / comme un noyau dans la cerise / et j’affrontais pour rien la bise / à vouloir quand même avancer // Mon enfance était une proue / de cargo fou, mais à la poupe / ma mère appelait pour la soupe. L’aventure devenait floue, // devenait vaine. Je rentrais, / marin sans port et sans navire / mais cachant dans le retour les // prochains aller, ceux qui déchirent / les cœurs des mères sur les quais / quand le départ est pour de vrai. »

Jean-François Mathé

 

25 - Décharge 166, http://www.dechargelarevue.com/

En ouverture de ce numéro, Daniel Biga fait swinguer la chirurgie à la mode beat « people need poetry »

« T’es entubé t’es canulé t’es aux poignets et chevilles attachés / le jour la nuit la plus longue de ton règne / jurons insultes délires supplications / beauté terrible // l’ombre qui marche est et n’est pas toi / n’est pas moi ni toi ni mois qui marchent on the Road National 68 / qui l/fuit sous le soleil sous la pluie / (je t’évoque et) ton souvenir (jeune) morte / me fait encore bander – sourire -… »

 

24 - Décharge 166, http://www.dechargelarevue.com/

et je ne peux pas laisser ça de côté du même Jean-Pierre Georges : 

 « Monsieur, je ne crois pas pouvoir donner suite à votre demande de reconnaissance mutuelle. Comme moi et comme beaucoup vous écrivez dans votre coin des choses dont vous attendez qu’elles soient imprimées, publiées, lues et admirées. C’est de l’infantilisme – les plus grands y ont sombré –, le reproche n’est donc pas accablant. Mais pour ma part je ne veux pas cautionner par un éloge factice (que vos vers ne sont pas loin de mériter) cette pratique corporatiste désastreuse. Restons fermes et lucides devant cette stupeur : inféoder à quelques lignes typographiques inégales notre soir « d’exister » !... Et surtout n’oublions pas d’éclater de rire. Bien cordialement. »

 

23 - Décharge 166, revue trimestrielle, Daniel Biga, Jean-François Mathé, Georges Bonnet, Gisela Hemau, Jean-Pierre Georges, Bruno Keits Öijer, Delfine Guy, Michel Baglin, Marie Desmaretz…

Jean-Pierre Georges au sommaire, c’est par là que je commence.

« Aujourd’hui j’ai… 65 ans. Je suis né un 8 avril, comme Cioran… c’est bien mon seul titre de gloire ! Je suis né sous une glycine en fleur, tout le reste ensuite m’a paru triste. »

*

« Serais-tu de ceux qui se disputent les places pour mourir sur une barricade ? Je n’ai guère eu d’occasions dans ma vie « d’exercer » mon courage, ou ma lâcheté, de les mettre à l’épreuve… (Période historique calme et confortable en France après 49, année de ma naissance). Petite existence régulière et protégée. Me connaissant – mal comme tout le monde – je penche plutôt pour la lâcheté ; j’aurais été, je serais lâche. Mais il plane un doute sur cette assertion, et rien ne m’oblige, pour l’instant, à le lever. »

 

22 - Deux sites

Philippe Lemaire a illustré plusieurs ouvrages chez Gros Textes (Jimenez père et fils…). Si vous passez du côté de Lille cet été, on peut voir ses collages http://zazipo.net/GLOB-Z

« La poésie est ce dont l’homme - même s’il l’ignore ou feint de l’ignorer - a le plus besoin pour tracer au flanc du monde la cicatrice de sa dignité. »

André Laude est mort il y a 20 ans. J’ai consulté avec intérêt le dossier qui lui est consacré dans la revue des ressources : http://www.larevuedesressources.org/poesie-urgente-andre-laude-par-lui-meme,1854.html

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 21:19

21 - Après une semaine Hyvernaud, il me semble que Béranger est dans le ton...

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

19 et 20 - Feuilles volantes de Georges Hyvernaud, le Dilettante

« Ça venait de partout, la poésie. Des premières gerbes, des chansons pour elle. Des rêves, des aubes, des roses, des courants d’air aussi. C’était né dans ces têtes qu’on pouvait voir, pas jeunes pour la plupart. Ils en avaient amené dans de valises, dans des boîtes à biscuits, dans des sacs de plage. Des pleins sacs de rythmes, en veux-tu en voilà. Des valises bourrées d’oiseaux, de papillons blancs, de mots chantants. Les gens du quartier regardaient les poètes. On les aurait pris, les poètes, pour des pas-poètes. Pour des employés du gaz, des garçons de bar, des coiffeurs, des cordonniers, des marchands de billets de Loterie nationale, des gens des pompes funèbres, des putains, des fonctionnaires, des figurantes de music-hall, des colonels en retraites, des flics. Ils étaient cela aussi, ils étaient aussi dans le gaz, la loterie, la retraite, la police, la galanterie. Accessoirement. Ils avaient les cheveux sales, des calvities grasses, des moustaches décentes, des palmes académiques, des lorgnons. Ils avaient l’air de tout le monde. L’air vaincu. L’air harassé. L’air abruti. Et il y en avait qui faisaient les idiots, qui chahutaient... Ils vous accrochaient au passage.

Un petit coup d’œil, voyons. Ça ne vous engage pas. Un racolage ingénu, plutôt triste. Fallait-il qu’ils eussent envie de les vendre leurs vers. Des vers mûris dans les soirées studieuses, entre la femme et les gosses. Certains venus de Reims, d’Aix-en-Provence, ou de Royan-sur-Mer. Et porteurs de références – un article de six lignes dans Le Provençal libéré ou dans L’éclair de la Loire-Inférieure. »

 

18 - Feuilles volantes de Georges Hyvernaud, le Dilettante

« Qu’est-ce que cela vaut, la culture ? Qu’est-ce que cela pèse ?... Je me rappelle ce garçon qui me disait un jour : on m’a mystifié ; on m’a fait faire des étude pour que je devienne un monsieur ; et maintenant ça y est, me voilà avec des tas de diplômes ; on me promet un bel avenir ; mais quand je pense à mon père qui est menuisier, et à tout ce que mon père sait faire avec ses mains, eh bien, voyez-vous ça me dégoûte d’être devenu un monsieur… »

 

17 - La peau est les os de Georges Hyvernaud, pocket

« Beuret reprise une chemise, soigneusement. Elle a bien déjà une dizaine de pièces, sa chemise, et ça se déchire toujours à côté des pièces. Ça ne tient plus, ça fout le camp de partout. Pourtant, en s’arrangeant, on peut encore la faire durer. Beuret coud, tant bien que mal, un carré d’étoffe à côté des autres. Voilà : ça fera huit jours, deux jours. Il ne faut pas être exigeant, réclamer un long avenir. Quand on est pauvre, il ne s’agit jamais que de gagner un petit bout de temps. Toujours on est à lutter contre l’usure, la faim, la maladie ; on ne compte pas sur une vraie victoire, une victoire une fois pour toutes ; on veut seulement faire durer un peu ; et renouveler de jour en jour ce miracle de la durée. On a beau être rongé de fatigue, on tiendra bien tout de même un peu. Un corps de pauvre, c’est comme une chemise de pauvre. Ça trouve toujours un lambeau de force pour la tâche immédiate. Après, on verra. On ne pense même pas à ce qui viendra après. Bon pour les riches, les projets. Un pauvre, quand il a cassé la croûte, il se dit qu’en voilà pour une bonne journée. C’est comme la vieille chemise. C’est comme les souliers dont on prolonge indéfiniment l’existence avec des ficelles, des morceaux de cuir ou de carton. Satisfactions à court terme, l’avenir toujours bouché, une perpétuelle improvisation pour seulement subsister. Et au fond, pourtant, une impression de sécurité. Parce qu’en faisant attention, en ne demandant pas trop, on a toujours fini par l’emporter sur la destruction des choses, sur la destruction de soi. Et en somme il n’y a pas de raison pour que ça ne continue pas. « 

 

16 - La peau est les os de Georges Hyvernaud, pocket

« La T.S.F., le cinéma, le téléphone, le phono : toutes les machines inventées pour nous soustraire aux contacts directs, aux corps à corps avec les hommes et la nature. Toutes d’accord pour opérer une incroyable altération de notre vision de la vie. Autrefois, un homme, quand il était là, c’est qu’il était là : complet, entier, rassemblé. Et de même un événement. Mais aujourd’hui on ne sait plus ce qui est absence, ce qui est présence. On avance en somnambule parmi les apparences, des reflets et des fantômes. »

Et en 1949, le téléphone portable était encore loin.

 

15 - La peau est les os de Georges Hyvernaud, pocket

« J’ai longtemps tourné autour de la misère. Il y a des gens, dès qu’ils arrivent dans une ville, qui cherchent la cathédrale, ou le cimetière, ou les bordels. Question de goût. Moi, c’est vers les quartiers pauvres que j’allais. C’est ça qui m’attirait. Les façades noires, les guenilles aux fenêtres, ces créatures délabrées qui vous regardent passer… Les hôtels Renaissance, les églises du XIIIe siècle, je m’en fous. Mais j’ai passé des heures à flânocher dans Martinville. Martinville, c’est un quartier de Rouen. L’un des lieux les plus désolés que je connaisse. Pour voir la pauvreté, il faut se balader dans Martinville. De la belle pauvreté vraiment, bien authentique, bien grasse, bien pourrie d’alcool et de vérole. De la pauvreté pour connaisseurs… »

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 21:15

14 - Deux poèmes de René-Guy Cadou pour finir la semaine par deux interprètes qui me renforcent chaque fois que je les écoute dans l'idée qu'il est bon de placer la poésie bien collée à la chanson.

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

13 - Appel aux riverainsLes Hommes sans Epaules anthologie 1953-2013, présentée par Christophe Dauphin

http://www.leshommessansepaules.com/livre-APPEL_AUX_RIVERAINS-74-1-1-0-1.html

« Voix

Il y eut ces heures / autour des tables étrangères / où parlait même le silence / – où ce qui était dit / l’était une fois pour toutes. / Le monde allait sa route, / les hommes étaient en chemin, / et les étoiles – les constellations d’étoiles – / s’ancraient dans un ciel lisible. // Ces voix, parfois, / nous atteignent encore / – oiseaux bagués venus de nulle part / tombant de nuit sur nos tables – mais nul ne sait lire le message. // Traversant un si long temps, / parcourant un si noir espace, / la lumière des étoiles mortes / peut-elle encore éclairer ? » Jean-Paul Hameury

 

12 - Appel aux riverains, Les Hommes sans Epaules anthologie 1953-2013, présentée par Christophe Dauphin

http://www.leshommessansepaules.com/livre-APPEL_AUX_RIVERAINS-74-1-1-0-1.html

"Il faut une raison, une femme, une foule, pour sauter dans l’avion et foncer gagnant vers le ciel, / faute de quoi l’appareil peut lâcher et s’écraser en flammes. / Restent les pompiers, les secours, la presse, les curieux. / En poésie, personne pour vous ramasser." Georges-L. Godeau

 

11 - Appel aux riverainsLes Hommes sans Epaules anthologie 1953-2013, présentée par Christophe Dauphin

http://www.leshommessansepaules.com/livre-APPEL_AUX_RIVERAINS-74-1-1-0-1.html

« Ô ma bonne maladie que je porte si mal / Ma douce pluie de l’âme brisée dans le silence / Quand la fièvre m’enlève le masque de ma présence / Comme je l’entends bien si chargée de légendes // Moi que l’on croit si vivant ! » Jean- Pierre Duprey

 

10 - Appel aux riverains, Les Hommes sans Epaules anthologie 1953-2013, présentée par Christophe Dauphin

http://www.leshommessansepaules.com/livre-APPEL_AUX_RIVERAINS-74-1-1-0-1.html

« Je suis n’importe qui / Mêlé à la poussière errante de la foule / Et mes mains sont trop lourdes pour la poésie / Et mon cœur se renverse à la table commune / Trinquant à la sante du monde comme il tourne/ Je n’ai rien accepté je n’ai rien refusé/ Je laisse les mouches ensevelir les morts / Et s’il m’arrive encore de me souvenir / D’une aurore en forêt d’un vol de libellules / C’est d’un élan trop bref pour toucher les étoiles // Le feu des images me couronne de cendres / Et seule mon angoisse s’émerveille parfois / D’une vie trop fragile pour être vécue. » Christian Bachelin

 

9 - Appel aux riverains, Les Hommes sans Epaules anthologie 1953-2013, présentée par Christophe Dauphin

http://www.leshommessansepaules.com/livre-APPEL_AUX_RIVERAINS-74-1-1-0-1.html

« Ne te plains jamais. Puisque tu as accepté d’être en vie, joue la farce en respectant, de ce jeu, toutes les règles. La première sera : ne te plains jamais sous aucun prétexte.

Tes plaintes m’agacent. Elles m’agacent d’autant plus que je suis sensible aux lamentations, aux cris, aux paroles de désespoir… » Maurice Toesca (lettre à un jeune homme sur la fierté de vivre)

 

8 - Appel aux riverains, Les Hommes sans Epaules anthologie 1953-2013, présentée par Christophe Dauphin

http://www.leshommessansepaules.com/livre-APPEL_AUX_RIVERAINS-74-1-1-0-1.html

« Mes amis, continuez à écrire très loin des milieux littéraires, vous vous porterez fort bien » (lettre de Blaise Cendrars aux HSE, 1956)

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 21:23

7 - La chanson du dimanche avec une apparition de son auteur au début.

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

6 - Lourdes, lentes… d’André Hardellet, 10/18

« L’amour, on devrait entendre son appel au fond de cet espace où les parallèles, à force de désir, finissent par se rejoindre »

 

5- Lourdes, lentes… d’André Hardellet, 10/18

« Quand, après votre dernière farce nucléaire, braves gens, il ne restera plus face à face que deux gus – un fou et un sain d’esprit – qui les départagera ? »

 

4- Le dimanche de la vie de Raymond Queneau, folio

« Couché sur le dos, il essayait maintenant de découvrir la différence qu’il y a entre penser à rien les yeux fermés et dormir sans rêves. »

 

3- Retombées de sombrero de Richard Brautigan, éd. 10/18

« Il n’était pas question de se laisser aller à des trucs pareils. Des trucs qui auraient fort bien pu lui bousiller toute sa conception de la vie. Parce que c’était une conception qui de cette vie impérieusement exigeait que tout y fût aussi déroutant, labyrinthique et complètement raté que possible. »

 

2 - Retombées de sombrero de Richard Brautigan, éd. 10/18

« Il ne s’était guère douté que deux ans plus tard, ce serait lui qui serait assis, mais par terre… et qu’il n’aurait plus où aller et que ce serait pour toujours et que sa propre vie serait fatiguée de le respirer. »

 

1 - Retombées de sombrero de Richard Brautigan, éd. 10/18

« … Elle lui avait rendu la clef et s’étaient donc tous deux, une deuxième fois touché la main. Il avait même cru qu’alors son cœur allait lui en péter dans la cage thoracique. Parce que ç’avait été le machin le plus érotique qui lui était jamais arrivé. »

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 21:19

31 - Le poète nous fait voir des trucs qu'on pense pas...

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30 - Les aventure de Huckleburry Finn de Marc Twain

« C’est chic de vivre sur un radeau. On a le ciel au dessus de soi tout parsemé d’étoiles. On se couche sur le dos et on regarde les étoiles ; on discute pour savoir s’il y a quelqu’un qui les a faites, ou si elles se sont trouvées là comme ça. Jim disait qu’il y avait quelqu’un qui les avait faites, moi je prétendais qu’elles s’étaient trouvées là comme ça, parce que s’il avait fallu les faire, ça aurait pris trop de temps ; Jim pensait que c’était peut-être la lune qui les avait perdues, et ça me paraissait assez raisonnable, car j’ai vu une grenouille pondre des œufs en quantité – donc ça peut se faire. »

 

29 - Livre à vendre de Roland Dubillard et Philippe de Cherisey, éditions Jean-Claude Simoëns, collection l’éventail à bourrique

« Entre le cul de la poule et l’omelette finale, qu’il fut court sur terre le séjour de vos petits oiseaux. Seigneur ! Et comment bien venu sera le jour où vous nous sortirez de la bêtise, de la misère et de la crotte où vous nous précipitâmes pour des raisons connues de vous seul ! Heureux le poussin que Dieu sera distinguer de l’omelette ! Alors vos anges l’emmèneront dans vos villégiatures célestes, chargé de prix, d’accessits et de roudoudous. »

 

 

28 -  Le bœuf clandestin de Marcel Aymé, Gallimard

«Il est certain qu’un monocle ne remplace pas exactement une épouse, mais c’est quand même une habitude. Les premiers temps, c’est même un souci. Et puis je m’étais acheté une peau de chamois que j’avais toujours dans ma poche. Quand je pensais au mariage et à celle qui aurait pu être ma fiancée, j’ôtais mon monocle,  je l’essuyais avec ma peau de chamois et je le remettais. C’était extrêmement apaisant. »

 

27 - Les tiroirs de l’inconnu de Marcel Aymé, nrf

« J’ai le côté puritain qu’ont souvent les gens pauvres ayant fait quelques études et s’étant attachés à retrouver dans un enseignement qui les a dépaysés, la rigueur de cet autre enseignement qu’a d’abord été pour eux la pauvreté. »

 

26 - Le livre de l’émeraude d’André Suarès, éditions Christian Pirot

« Et la même humeur, qui fait des poètes, fait des ivrognes avec ces hommes-ci : car, frissonnant d’ennui, et ne sachant que faire, ils vont secouer tous leurs brouillards à la lumière de l’auberge. »

 

25 - Le chat Murr de Ernst Theodor Amadeus Hoffmann, éd Phébus 

« Un bon et fidèle époux ? Oui ! Car il ne courait après d’autres chattes que lorsqu’elles étaient plus jeunes et plus jolies que son épouse, et qu’un désir irrésistible l’y poussait… Un père aimant ? Oui ! Car on n’a jamais entendu dire qu’il ait dévoré un seul de ses petits ; au contraire, il était enchanté lorsque leur mère les emportait tous et qu’il ignorait absolument où ils étaient élevés par la suite. »

 

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18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 20:56

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21 - L’arrêt de mort  de Maurice Blanchot, l’imaginaire Gallimard

« Avoir perdu le silence, le regret que j’en éprouve est sans mesure. Je ne puis dire quel malheur envahit l’homme qui une fois a pris la parole. »

 

20 - L’homme élastique de Jacques Spitz, Marabout.

La Science Fiction française des années 30 contient nombre de petits trésors tel cet ouvrage.

« C’était bien la peine d’être au milieu même du champ de bataille dans l’instant historique qui devait décider de son passage à la postérité ! Mon opinion était faite maintenant : on ne voyait rien, on ne voit jamais rien. Il faut attendre que les imaginations et la légende recréent, ou plutôt créent les choses pour qu’elles deviennent perceptibles. »

 

19 - Je viens de passer une heure de ciné façon Rémi Gendarme, fils de Michel Gendarme. Et ça me fait mettre quelques bémols à la citation du 16 de Jean-Bernard Pouy. Regardez quelques uns de ses films faits mains et on voit le monde un peu pas pareil comme après un bon film. Enfin il me semble.

« Je vis chez moi. Un peu comme n'importe qui. J'ai besoin de manger, j'ai de l'humour, j'aime le cinéma, j'ai besoin d'aller aux toilettes, j'aime tomber amoureux... Un peu comme n'importe qui.

Par ailleurs, j'ai un handicap. Alors, j'ai des auxiliaires de vie pour m'aider à vivre, m'aider à faire. Ce dont j'ai besoin, et ce dont j'ai envie... Et depuis que j’habite en Charente, ceux d'en face, ceux qui s'occupent de handicap, veulent m’imposer le “quoi” et le “où” : Pour quelles raisons mes auxiliaires de vie interviennent ? Pour quels gestes ? Et à quels moments ? Qu’est-ce qui est légitime, qu’est-ce qui ne l’est pas ? Qu’est-ce qui est essentiel et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Selon eux. Alors, ils veulent restreindre mes heures.

Je prends une caméra pour dire, pour voir, pour faire. Faire ce qu'il n'est pas prévu que je fasse... »

Bande annonce : 

https://www.youtube.com/watch?v=g2827dd6fNw

ma page cinéma de presque critiques : http://seenthis.net/people/unvalide 

et quelques films faits mains : https://www.youtube.com/channel/UCMOWLYsRU3SwBex-d5jsbsA 

 

18 - Une adoration de Nancy Huston, babel poche

"Nous sommes tous des romans ambulants, foisonnants de personnages principaux et secondaires, ponctués par des ellipses, des moments de suspense et de drame, de longues descriptions ennuyeuses, des apogées et des dénouements. Tu me racontes ton histoire et je te raconte la mienne, ton histoire fait désormais partie de la mienne..."

 

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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 21:08

17 - Avec Mac Orlan, quand je n’allais pas bien, je me rendais chez lui; alors il me racontait des voyages qu’il n’avait jamais fait, comme il se doit, et il me remontait le moral. »      

Simone Bartel

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/. (rappel)

 

16 - 1280 âmes de Jean-Bernard Pouy, point seuil

Eric Dejaeger m’avait conseillé ce bouquin en écho à 1275 âmes de Jim Thomson signalé plus bas.

« Je ne pleure jamais au cinoche, puisque c’est en deux dimensions, c’est plat…

Un livre, qu’on lit tout seul, c’est autre chose. C’est déjà un travail incroyablement compliqué qui se fait au millième de seconde. D’abord, on décrypte des signes cabalistiques qu’on transforme en sons et, de syllabes en mots, de mots en phrases, on repère du sens. Et tout ça en parlant. En parlant de façon muette. Dans sa tête, on joue, on fait toutes les voix, et puis on imagine le décor et la musique, on crée les images. Tout ça en un millième de seconde. C’est pas du boulot ça ? »

 

15 - Mémoires sauvées du vent de Richard Brautigan 10/18

« Bientôt du jus de tomate vint se mêler au jus de chique dans sa barbe qui se mit à ressembler à un arc-en-ciel du pauvre. »

Et aussi…

« – Je ne sais pas ce qui pousse tout le temps les gens à bouger, tu sais, Papa. »

 

14 - Le cri d’os, poésie etc.  comme un cri d’os, Jacques Simonomis par Christophe Dauphin n° 41/42 et ultime dernier.

http://www.leshommessansepaules.com/livre-Comme_un_cri_d_os,_Jacques_Simonomis-9782912093424-1-1-0-1.html

Un remarquable et inattendu hommage au maître d’œuvre de la revue le cri d’os qui parut de 1993 à 2003, soit la même époque que Gros Textes. Ce numéro met également l’accent sur le poète Simonomis. L’ensemble est une passionnante page d’histoire littéraire de la marge et nous donne à lire quelques échantillons de la langue riche d’un qui apprit le métier chez Corbière, Couté ou Richepin.

« Trempe ton calame waterman / dans le crâne à boire / où bouent le sang des vaincus / et la liqueur d’amour / qui nous tient debout // Le pétrole fourbit ses unisuaires / poète insultant ses pairs / coagulés au cordeau / des ahans sans solution // Ton cœur résiste / trublion à dos large / sous le sarcasme des corbeaux / qui charbonnent en rafales // Sauvez la donne / amoureuses tissant l’échelle »

Ultime poème du dernier livre de Jacques Simonomis, Simples comme…(2005)

 

13 - Ma plus grande pièce c’est dehors de Claire Rengade, éditions espace 34, théâtre. Un théâtre du réel sans réalisme. Une sorte d’OVNI. Un choc comparable à celui que j’avais ressenti en écoutant Novarina au tout début des années 80…

« Personne s’arrête hein // là je suis à l’arrêt tu vois / je bouquine voyez j’ai un bouquin / je fume pas parce que des fois ça occupe comme on dit / y’a peut-être un autre train derrière // pourquoi le jeune vous le mettez à côté du pont vous pouvez pas le laisser tout seul / c’est pas un poids mais si tu veux dans l’équipe quand t’as une équipe de 10 avec deux jeunes hein ça fait 8 // les livres j’en ai lu 130 parce que je les note / je note tous les livres que j’ai lus parce que sinon je ne sais plus si je l’ai lu / y’en a je sais plus // je traîne ma caisse / j’ai les deux pieds sur le frein c’est mortel ça fait inertie / j’en pleure de rester / ça me dérange pas de faire 12 à 14 h par jour plutôt que de rester à la caravane / y’a un malaise quoi moi le mal des transport je l’ai à l’arrêt… »

 

12 Microbe n°89, Mai-Juin 2015, L'avorton de la littérature, Microbe est du rikiki modeste ou du minus sommaire. Au choix.

http://courttoujours.hautetfort.com/sport/

"L'absurdité a-t-elle un bout

l'infini est-il pluriel

combien d'angles a un rêve

combien d'éclat dans un rire" (Yve Bressande)

 

11 - Encore une petite plaquette trouvée sous le bureau suite à cette histoire de chat qui coursant une souris renverse une étagère de vieilleries. Là c'est un polder, le numéro 76 que j'ai relu agréablement.

La baleine morte de Denys Louis Colaux

"Ne craignez rien / ni la mort ni l'ennui / Ne craignez pas l'ennui / Ne redoutez jamais / de n'avoir rien à dire / Exercez sur le millimètre / votre droit de mesure / Regardez dans les yeux / le bord de l'infini / Décidez d'une fleur / et d'un point cardinal / Sabotez l'incident / Éclairez tout / Régnez sur votre sceptre / Allez à la clausule /Revenez à la chose / Magnifiez les horloges / Repeignez votre spectre / Asseyez-vous partout / Ordonnez qu'on se taise / Subjuguez la beauté / et soyez revenu / à 16 HEURES précises"

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Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.

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Si des ouvrages présentés dans ce blog vous intéressent, vous pouvez les commander en envoyant un chèque correspondant à la somme indiquée (+ un forfait port de 1 €) à l'adresse des éditions :
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pour tout renseignement complémentaire (conditions d'envois et de remises pour les libraires, collectivités...), vous pouvez écrire à gros.textes@laposte.net

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Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.