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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 20:06

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

Sur le blog vous trouverez du quotidien au sens propre du terme (enfin je vais essayer), notes de lecture, poèmes, aphorismes, humeurs, chansons, liens...

 

26 - Tango pour José, collectif, dessins d’Yves Barré

Ed. Donner à voir, collection tango,

http://www.donner-a-voir.net/catalogue/catalogue501.html

une citation de José Millas-Martin introduit un poème. Aller deux notes d’accordéon :

« Seul restent dans le village / Des chiens errants, des vieux oubliés » (J. M-M.)

« Ici pas de lune bleue / Seulement des mains / Qui ont traité la vigne / des veines marocaines / et des bras besogneux / Oui / Beaucoup de peine / Et soixante pour cent pour Le Pen. » (Michel Lautru).

Et encore :

« Le matin la classe / sentait l’eau de javel / Poêle faïence pourpre / -« Nous écoutions attentivement / la parole du maître. » » (J. M-M.)

«  Le soir le javel / sentait la classe / - et toi José joues empourprées / « tu te promettais / d’oublier au plus tôt / les mesures du mètre » ». (Francine Caron)

 

27 - À mots rompus de José Millas-Martin, anthologie, éd. Fondencre collection Jalons du 20ème siècle.

http://www.fondencre.fr/a_mots_rompus.html

« fin de partie

Poètes mes complices / avec qui j’ai parcouru un / bout de Temps / De certains demeurent vivantes / leurs écritures / L’âge me prend   Mes pièce d’usure / se déglinguent / Je les médicamente / pour demeurer / Je suis lecteur de vos / idéogrammes depuis Tant de temps // Parfois un livre farci d’une lettre   témoin / silencieux de votre message de votre écriture… // Et toute ma vie me saute à la gueule »

 

28 - 1275 âmes de Jim Thompson, folio policier

Quand la noirceur et le cynisme conjugués tournent à la farce hilarante.

« Bref, une nuit que j’étais comme ça allongé, les yeux grands ouverts, en train de gigoter et de me retourner à en devenir marteau, tout à coup voilà que j’en ai marre. Et je me dis : « Nick Corey, tu vas finir par tourner en bourrique à force de te tourmenter. Y a pas, faut voir à remédier à ça, Nick Corey, sinon ça ira mal pour ton matricule. »

Ce qui fait que j’ai réfléchi, j’ai réfléchi tant que j’ai pu et, finalement, j’ai pris le taureau par les cornes.

Et j’ai décidé que je ne savais foutre pas ce que je pourrais bien faire. »

 

29 – Haïkus d’eau de Paul Bergèse, éd. Donner à voir, collection Tango, gravures de Titi Bergèse

http://www.donner-a-voir.net/

« Il tourne en rond / Dans la pupille du chat / Le poisson rouge »

« Ma face ridée / Sur le lisse de l’étang / Les poissons s’enfuient »

« Le nez en l’air / Pour les premières hirondelles / Première fiente aussi »

Ces petits ouvrages imprimés sur papier épais recyclé et pliés en accordéon, joliment illustrés sont d’originales idées cadeau.

 

30 – Une et plusieurs d’Amandine Marembert, éd. Donner à voir, collection Tango, encres de Valérie Linder,

http://www.donner-a-voir.net/

« … les femmes que tu dessines / sont tout à la fois une et plusieurs…//

elles tricotent leur fragilité / en passant à leur doigt / un filet de lumière une tige verte…//

les maisons de papier / sont pour elles des escaliers des trappes des puits des avions des boules des lits des portes-fenêtres / des tentes / des refuges nomades… //

elles observent pousser les mots / dans leurs feuilles leurs pétales / ils tendent leur cou vers la lumière / elles les arrosent de patience… //

leurs peaux claires sont des pages / à lire les matins / où le jour recommence »

Tout en délicatesse, la poésie d’Amandine.

Et puis ce titre au dessus d’un empilement d’ouvrages tombe à pic comme un clin d’œil du hasard, le jour où je deviens grand-père de deux jumelles

 

31 -  Une chanson en lien avec ce qui précède. Le poème d'Aragon mis en musique par Lino Léonardi interprêté par une chanteuse qui a fortement rendu service à la poésie.

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 19:36

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

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19 - Revue Cabaret #12 hiver 2014

http://www.revuecabaret.com/revuecabaret.html

Vive le littérairement incorrect, mort au petit prince. « J’ai écrasé un renard / un soir d’hiver / en rentrant au hameau. / J’ai ramassé la dépouille / et fait tanner la peau. / Depuis / elle sert une fois par an / quand l’institutrice / parle du petit prince / à ses élèves. / Franchement / j’aurais préféré / écrabouiller / le blondinet de la haute / plutôt que / cette superbe bête. » (Eric Dejaeger)

 

20 - Microbe 87, janvier février 2015, exigez la lune !

http://courttoujours.hautetfort.com/sport/

« Poésie assistance 24h/24 (veuillez renouveler votre lecture ultérieurement)

ce poème vous sera facturé / seize secondes de temps libre / pour toute question / sur le sens de votre vie / tapez 1 / pour un bref aperçu / de l’avenir de notre monde / tapez 2 / si vous souhaitez seulement / parler à une être humain / tapez bip / nous sommes désolés / en raison du trop grand nombre d’usagers de la Terre / nous ne pouvons donner suite à votre demande » Perrin Langda

 

21 - A mots gourmands de Georges Jean, éd. Donner à voir, coll. Tango

http://amb.boudet.perso.sfr.fr/dvdgjean.htm

Mon chat

Mon chat regarde la lune / Et l’avale avec ses yeux // Il dort dans les renoncules, / Les moustaches sous la queue. // Il poursuit la tarentule, / Mais pas la Bête à Bon Dieu. // Il regarde les souris, / Avec un certains mépris. // Il se nourrit de nuages, / C’est un sage mon chat gris ! »

Marcel Migozzi dans un mail me dit que son chat est en train de mourir. Cette nouvelle me rend très triste d’un coup. Dans les grands moments de ma vie il y aura eu l’arrivée et le départ de mes chats. Ce soir je pense au chat Souti, petit chaton trouvé sur mon tas de bois de chauffage un matin de printemps et qui a passé près de 10 ans avec moi entre vadrouilles et maison (de retour de vadrouilles souvent abîmé, écorché, les oreilles en dentelles – un guerrier disait le vétérinaire). Il y a deux ans sentant venir sa fin il avait passé plusieurs jours sur mon lit et collé à moi. Puis un matin il a demandé à sortir. Il neigeait. Je l’ai regardé aller voir Nanard, le chien avec qui il avait grandi. Il a passé un long moment dans la niche avec Nanard. J’ai souvenir de ces deux bestioles qui me regardaient, le chien léchant le chat. Et je n’ai pas vu quand Souti est parti mais l’évocation de ce moment me mouille les yeux à chaque fois.

 

22 - Rêve de la main d’Alain Boudet, gestes graphiques d’Agnès Rainjonneau, éd. Donner à voir, collection Tango, délicieux ouvrages accordéon.

http://amb.boudet.perso.sfr.fr/revesdelamain.htm

« Fendre l’écume / La vague souple / Et l’eau profonde / Comme une barque langoureuse // Être nuage pour l’espace // Être frère du goéland // S’arrondir en creux pour le vent / Et / Pour adoucir le rocher / Abolir les coups du ressac / En s’ouvrant / comme un coquillage. »

 

23 - Biribi de Georges Darien, éd. 10/18

un roman autobiographique saisissant d'un anar fin de siècle.

"Ah ! pauvre petit soldat, toi qui es mort en appelant ta mère, toi qui, dans ton délire, avais en ton oeil terne la vision de ta chaumière, tu vas dormir là, rongé, à vingt-trois ans, par les vers de cette terre sur laquelle tu as tant pâti, sur laquelle tu es mort, seul, abandonné de tous, sans personne pour calmer tes ultimes angoisses, sans d'autre main pour te fermer les yeux que la main brutale d'un infirmier qui t'engueulait, la nuit, quand tes cris désespérés venaient troubler son sommeil. Ah ! je sais bien, moi, pourquoi ta maladie est devenue incurable. Je sais bien, mieux que le médecin qui a disséqué ton corps amaigri, pourquoi tu es couché dans la tombe. Et je te plains, va, pauvre victime, de tout mon coeur, comme je plains ta mère qui t'attend peut-être en comptant les jours, et qui va recevoir, sec et lugubre, un procès-verbal de décès...

Eh bien ! non, je ne te plains pas, toi, cadavre ! Eh bien ! non, je ne te plains pas, toi, la mère ! Je ne vous plains pas, entendez-vous ? pas plus que je ne plains les fils que tuent les buveurs de sang, pas plus que je ne plains les mères qui pleurent ceux qu'elles ont envoyés à la mort.

Ah ! vieilles folles de femmes qui enfantez dans la douleur pour livrer le fruit de vos entrailles au Minotaure qui les mange, vous ne savez donc pas que les louves se font massacrer plutôt que d'abandonner leurs louveteaux et qu'il y a des bêtes qui crèvent, quand on leur enlève leurs petits ? Vous ne comprenez donc pas qu'il vaudrait mieux déchirer vos fils de vos propres mains, si vous n'avez pas eu le bonheur d'être stériles, que de les élever jusqu'à vingt et un ans pour les jeter dans les griffes de ceux qui veulent en faire de la chair à canon ? Vous n'avez donc plus d'ongles au bout des doigts pour défendre vos enfants ?"

 

24 - Traction-Brabant 60, 17 décembre 2014, en tout cas la retraite c’est pas pour bientôt,

http://traction-brabant.blogspot.fr/

« Un jour l’état des lieux / sera rendu aux arbres / au désert à la mer / aux nuages aux oiseaux // la garantie orties le plan chacal / l’assurance araignée / n’auront plus rien à épargner / ni personne // il n’y aura plus personne / pour lire des poèmes. »

 

25 - Qu'est-ce qui fait qu'un soir de janvier on pense à ces vieilles millitantes à qui on achetait le brin de muguet chaque premier mai, qu'on voyait cheminer dans les manifs de plus en plus lentement et qu'un jour on n'a plus vues...

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 19:53

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12 - Bon ben merci Charlie, depuis quelques jours dans les médias, les anars nous ne sommes plus de dangereux casseurs terroristes mais l’expression d’un pan original de la culture française.

Habitués à ne pas suivre les sentiers balisés de la pensée majoritaire et de l’union sacrée dont on nous abreuve, plusieurs visiteurs du blog (que je soupçonne également de penchants libertaires) ont tenu à me signaler quelques liens où on développe plus consciencieusement mon questionnement du jour 8 (là dessous). Je vous fais part de quelques liens qui m'ont été signalés et remercie ces promeneurs du net pour leur vigilance.

http://nato-glob.blogspot.fr/

http://nato-glob.blogspot.fr/2015/01/ou-est-charlie.html

https://lignesdeforce.wordpress.com/2015/01/09/vous-faites-erreur-je-ne-suis-pas-charlie/

http://tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=11297

 

13 - Petits poèmes diversement appréciables mais néanmoins écrits avec grand attention… d’Olivier Bastide, éd Cardère

http://www.cardere.fr/ficheLivre.php?idLivre=239

poèmes courts et soignés, regards qui passent à deux pas du rêve et ses tranches de mystère, ses escaliers de hasard propices à de joyeuses escapades quasi métaphysique. On avance dans ce recueil une lampe à la main avec grande attention et une pointe d’émerveillement. « Il est matin comme il serait soir, amical, cordial, de juste déraison agrémentée. Il est matin par son incontestable légèreté. J’ai des projets plein la tête, des horaires à ne pas respecter ; des haussements de respiration à tenir, à affirmer de belles notes contrastées. Il est matin et je vais prendre mon ballot, aller au champ, suivre le sillon de mes groles, enfin boire au goulot… »

 

14- Schiste d’Emmanuel Merle, alidades création

http://alidades.librairie.pagespro-orange.fr/merle.html

Un recueil qui fleure le toit de vieilles lauzes moussue et la solide charpente de mélèze, l’obstination des pissenlits et la lumière particulière de l’enfance avec sa singulière fascination pour l’acte de jeter un galet dans l’eau du lac. « Peindre alors des arbres noirs / sur le blanc du papier était simple / comme l’hiver, et c’était signes / d’un alphabet du manque. // Il neigeait, / on aurait dit une famille immense. »

 

15 - Fugitive de Cathy Garcia, éd. Cardère

http://www.cardere.fr/ficheLivre.php?idLivre=237

Elle marche, flotte, vole, la fugitive. Les chiens sont lâchés, on a pris pied dans ce cirque funèbre. Donc il faut marcher dans les lambeaux dégueulasses en picorant de la nuit, chercher la jouissance là dedans coûte que coûte.

« Nous cumulons les éternités comme un enfant empile ses cubes. // Mais dans le chiffon de l’univers, la mort serait-elle un trou de ver ? »

« La vie nous tend brassées de lumière, volées d’oiseaux. / Suspend sa musique à nos oreilles. // Ne pas oublier, non, ne pas oublier. // Elle et moi sommes fugitives »

 

16- Carnet d’au bord de Sophie G. Lucas, éd. Potentille

http://editionspotentille.blogspot.fr/2014/03/sophie-glucas.html

Là c’est un mois après l’autre pour dire forme de galère insistante genre spleen baudelairien quand le ciel bas et lourd pèse comme un sac de sanglots retenus… Quand c’est comme ça le mieux c’est d’aller faire une virée dehors. « Je marche très loin. / Je prends la forêt dans mes bras et les animaux et la neige et l’hiver et la rivière gelée dedans. »

 

17 - Ligne de Jean-Marc Undriener, éd. Potentille

http://editionspotentille.blogspot.fr/2014/05/jean-marc-undriener.htm

La question de boucher les trous est le point de départ. Travail de remblai, boulot de remplissage, de répétition du même mouvement, de retour sur le même geste, le même mot, l’essentiel étant de bien suivre la ligne, le fil, droit pas droit peu importe, c’est toujours de l’illusion cette histoire de ligne droite. Et puis le corps aussi là au milieu, pour avancer, dans quel sens, tu peux me dire, la volonté c’est pas ça ce soir. Vous dites ? La vie. « c’est l’histoire elle est faite / comme ça de ça de jours après jour / à plonger dans le sale / sale et de jours cloués les uns aux autres // serrés // à demander que ça finisse et quand / parce que c’est urgent et parce qu’il faut / et parce qu’on sait qu’à ce rythme – »

 

18 - Vous êtes plusieurs à m'avoir signalé ces derniers jours l'écoute du très beau texte qu'écrivit Julos Beaucarne lorsque sa femme fut poignardée : https://www.youtube.com/watch?v=_E1HbACfWNo

On peut terminer la semaine avec la gentillesse de ce poète.

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 19:58

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

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5 - On parle de publications Gros Textes ici (en l’occurrence « une femme à gros seins qui court un marathon » d’Eric Dejaeger :

http://areaw.org/eric-dejaeger-une-femme-gros-seins-qui-court-un-marathon/

 

6 – Des choses qui arrivent de Jean-Claude Touzeil, éd. Le Chat qui tousse,

http://tiens.pagesperso-orange.fr/chatquitousse/

 Ils sont pas nombreux les contempoètes qui puisent l’inspire du côté de Prévert, Queneau, Tardieu. Touzeil est de cette trempe. Touzeil est précieux.

« Finalement / qu’est-ce / qu’on laisse / en partant // Trois pas d’enfant / dans le sable des jours / quatre volutes bleues / au bout de l’horizon / un parfum de clérodendron / dans l’allée du jardin / un vélo rouillé / au fond du grenier / un album de timbres / toujours incomplet / une photo de jeunesse / toujours un peu floue / un poème mort-né / écrit à la va-vite / sur un ticket / de parking // Finalement / qu’est-ce / qu’on laisse / en partant / à part peut-être / la porte / grande ouverte ? »

 

7 - La tasse l’anse cassée de Christophe Jubien, Association francophone de haïku

http://www.association-francophone-de-haiku.com/publications/publications_afh.html

« Elle me donne / des nouvelles de ma mort / la boîte aux lettres vide »

 

8 - Suis-je Charlie ?

Il est sûr que je l’ai été au sens où adolescent et jeune adulte, j’ai trouvé dans Hara Kiri et Charlie hebdo les outils pour me construire une personnalité. Ce sont ces mêmes outils que j’ai utilisés pour faire voguer l’aventure Gros Textes. L’humour qu’on aime mettre devant (« Armand le Poête…), la dérision, l’irrévérence (« Non au littérairement correct » de Dejaeger, livre étendard pour GT), la désobéissance un brin anar (ah les anars qu’on présente comme des « gentils » sur les ondes depuis quelques heures quand d’ordinaire on ne voit que casseurs terroristes), une adhésion franche à la vieille tradition antimilitariste et anticléricale, tout ça participe de Gros Textes et je le dois à l’émerveillement que j’ai éprouvé devant les œuvres de Cavanna, Choron, Reiser, Gébé, Cabu, Wolinski... dans ma jeunesse. Il me semble que mes choix éditoriaux en portent la trace.

Donc oui je suis Charlie et bien triste.

Mais l’irrévérence et la désobéissance apprise en biberonnant du Charlie n’ayant pas de limites, et l'union sacrée mettant le sens critique en berne en même temps que les drapeaux, je me sens gêné d’être Charlie avec ceux qui attisent les haines en se drapant dans l’honorabilité républicaine (la même qui en 1970 censurait et interdisait Hari Kiri hebdo d'où est né Charlie hebdo), la presse qui se prétend libre alors qu’elle est vendue à des groupes financiers et des marchands d’armes et véhicule sans partage l’idéologie de la soumission à la raison du plus riche, sans compter ceux pour qui la stigmatisation de l’étranger, misérable de préférence, étant le fond de commerce idéologique, cette tuerie est pain béni.

De même qu'on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui, je n'ai nulle envie d'être Charlie avec certains.

Mais après tout je me rassure, ceux-là ne seront pas Charlie bien longtemps.

 

9 – La vie est trop vraie de Simon Allonneau, éd. Le pédalo ivre

http://www.lepedaloivre.fr/

« dans mon quartier / les pompiers ne font pas de bouche à bouche. Ils comptent jusqu’à 10 / soit tu es vivant / soit tu es mort / c’est toi qui décides ». Des poèmes gag, un humour entre le noir et l’absurde, une agréable surprise à chaque page, « il faut sauver les naufragés / parce qu’ils s’ennuient ». Du grand art.

 

10 - La chance d’un autre jour d’Emmanuel Merle et Thierry Renard, éd La passe du vent

http://www.lapasseduvent.com/La-chance-d-un-autre-jour.html#livre674

Deux auteurs Gros Textes, Emmanuel Merle en 2014 et Thierry Renard en 2015 ont échangé durant plusieurs mois de la conversation et des textes dont 248 poèmes courts (généralement 5 vers) qui donnent le nom au recueil et d’un bout à l’autre c’est très fort. « Certaines fleurs du printemps / s’ouvrent plus vite qu’avant, / me semble-t-il. / ou alors c’est moi / qui ne peux plus suivre. » « La fête est finie / et on ne dit rien du tout. / On rentre à la maison, / vieux et fatigué. / On aimerait appeler à l’aide. » « Toute la journée j’ai essuyé / du verre : pare-brise, lunettes, / écrans. Tout semblait sale. / Viens de comprendre / que c’était le réel qui était flou. »

 

11- Pour finir la semaine les paroles du petit clin d'oeil du professeur Choron à ses anciens copains.

https://www.youtube.com/watch?v=tSRhceurCH0

L'assassin fait un dur métier
A l'heure du crime il faut se lever
Et pour tuer prestement
Par la lame qui saigne à blanc
Il étudie l'anatomie
Il sait par où s'en va la vie
Et qu'on peut pas saigner la vieille
En lui coupant le gros orteil

Refrain
Y'a assassin et assassin
Y'en a des moches, y'en a des biens
Se faire assassiner c'est rien
Si on n' tombe pas sur un sagouin
Y'a assassin et assassin
Y'en a des moches, y'en a des biens
Pour trouver un bon assassin
Voir les pages rouges du bottin

L'assassin doit se cultiver
Lire des revues spécialisées
Apprendre le geste du semeur
Du semeur qui sème la peur
Et que planté dans la poitrine
Le couteau ne prend pas racine
Mais qu'un couteau planté dans le dos
Devient un joli portemanteau

Refrain

La chair humaine c'est pas du lard
Le dépeçage est tout un art
L'assassin véritable artiste
Avec un doigté de pianiste
Ne découpe pas Monsieur Dupont
Comme on découpe le cochon
Pour obtenir de beaux jambons
Faut suivre le contour du caleçon

Refrain

L'assassin est un gastronome
Il sait apprécier le jus d'homme
Chevalier du taste-sang
Il goûte dans une coupe en argent
Le sang de l'adulte est gouleyant
Il a de la robe le sang de l'enfant
Ah! bon sang de bon sang de bon sang
Qu'elle serait triste la vie sans sang

 

 

 

 

 

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 20:43

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

Sur le blog vous trouverez du quotidien au sens propre du terme (enfin je vais essayer), notes de lecture, poèmes, aphorismes, humeurs, chansons, liens... Début lundi 29 décembre 2014.

 

-3 - Traction Braban 59, la revue qui paraît même pendant les vacances,

http://traction-brabant.blogspot.fr/

Un gentil fouillis généreusement bordélique…

« Wouf 

voui / c’était bon ça / on courait / dans le champ des passables / on ramenait la baballe / du boulot on / reniflait le cucul des femelles / on se frottait au mollet / de rien du tout on était un / bon chienchien / voui / c’était ça » (Perrin Langda)

 

-2 - Verso 158, aux lèvres la terre & le ciel,

http://revueverso.blogspot.fr/

numéro très nature, l’harmonie, les éléments, tout ça, retour aux fondamentaux.

« Ni lire ni écrire, encore moins calculer, elle ne sait que rire à ce qui advient, y compris du pire. La  jeune géante accueille l’océan entre ses cuisses sombres et jouit avec indifférence car son cœur est tourné vers le peintre du dimanche occupé, sous les nuages, à découper les teintes qui feront l’horizon. » (Jacques Vincent)

 

-1 - En passant à côté du vieux cimetière de Saint Marcelin, j'ai pensé à cette chanson que mon père aimait bien : https://www.youtube.com/watch?v=G-CjcZoyr0w

 

1 – Je vous souhaite une année 2015

pleine de plaisirs situationnistes façon Vaneigem :

« Plaisirs de la paresse, de la ténacité, de la rencontre, de la solitude, de la musique, de la création, plaisir de parler, de se taire, de rire, de chier, de rêver, d’enlacer, de pleurer, de pisser, de crier, de caresser, de mouiller, d’éjaculer, de bondir, de rouler, de goûter, de humer de toucher, de se joindre et de s’éloigner, plaisirs non de survivre mais de vivre comme il vous plaira, vous vous suffisez à vous-même, car vous participez du tourbillon sensuel où ce qui vit n’a plus à pressentir la mort, si ce n’est une mort enfin naturelle, si lointaine qu’elle s’écoule, comme au cœur des arbres séculaires, de l’oubli nonchalant d’exister.

La séparation a réduit la plupart des plaisirs à des rôles d’intermédiaires, elle en fait des véhicules vers autre chose. Quand la danse, au lieu d’exprimer la joie du corps, sert à séduire et fasciner une proie, quand les caresses subordonnent leur jeu au chemin programmé de l’accouplement, la diversité du vivant s’effrite en produits répertoriés selon les normes du rendement.

Je ne ferai pas des plaisirs une voie vers la révolution, je ne prendrai pas le contrepied de cette impatience qui vous a fourni prétexte à ne pas oser vivre, comme si la vie commençait le lendemain du Grand Soir. Il est temps que les plaisirs se suffisent à eux-mêmes, car leur authenticité, leur unité et leur variété inépuisable tient seulement au plaisir pris par chacun à créer la vie qu’il porte en soi. »

Raoul Vaneigem, le livre des plaisirs 1979

 

2 - Comme en poésie 60, l’inutile poésie de tous les jours. (15 ans déjà), « Ayez de l’humour, ça ne coûte rien » rappelle l’infatigable revuiste, Jean-Pierre Lesieur. « J’ai demandé à mon / imprimante en trois dimensions / de me reproduire / un spermatozoïde inquiet / cherchant / à boire dans un bar / pour oublier / son voyage désastreux »

http://comme.en.poesie.over-blog.com/

« « Pas un jour sans une ligne », écrire est bien une drogue.

*

On vit, on meurt et aussitôt on vous rempote. »

(Werner Lambersy)

 

3 - Duos de Joël Picard, éd. Donner à voir, les éditions amies des arbres.

http://www.donner-a-voir.net/

«…

 Quand Gustave se sentait trop seul il prenait son arbre dans / ses bras, longtemps,    longtemps dans son corps / étrangement se glissait un grand sourire. // Dire que cela venait de l’arbre serait peut-être aller trop loin / Dire que cela n’en venait pas serait peut-être aussi absurde. »

 

4 - Décharge 164, la revue hotte de père noël pour les amateurs de poésie.

http://www.dechargelarevue.com/ site relooké !

De l’élégance classique de Jean Joubert,  « Désormais dans ce pays rêvé, c’est toujours l’hiver ; / saison de cheveux blancs, d’arbres tordus, / de longues nuits comme des serpents noirs / qui s’étirent. / Le chemin luit d’un double rai de glace / que tracèrent les roues des charrettes fantôme. » aux torsions existentielles de Jean-Paul Klée, « vinaigrette vie koi vouliez-vous / donc de la sorte sinuer ?... /  on ne supporte plus vos zallu / zives façons Symboli / sme saupoudrant toute la  / poëzie qu vous faisiez (comme si / chanteur châtré toute la / journée voulant se raconter mais il / ne se livrait qu’à demi)… » en passant par l’humour de Lucien Suel « La tévéa est une taxe élastique », « Dans un hôtel borgne, une lampe sur deux ne fonctionne pas »

 

 

 

 

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 20:36

overblog devenant une vraie torture tant pour la rédaction que pour la consultation, Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/

 

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 11:22

Papier Carbone

de

Pauline Catherinot

 

Les Demoiselles -

 

Le ciel gris - Le corps plein de ces consciences_

Sur les épaules Sur le cou Les consciences_

Cracher le sanglot Survivre à ces demoiselles

Dans un dernier souffle

La réminiscence de leurs dentelles

Plein de ces chimères

Un songe (Une enclave)

Sous le linceul - L'éternité rongée

La pleine conscience_

Du corps Du poids

[Suffoquent] Les dentelles lèchent la terre

Sur les épaules Sur le cou LES CONSCIENCES_

Ils crèvent de trop de conscience_

Traverser et se mêler - aux carcasses vides

La pluie est tombée (doucement)

Desiderata amputé

Se heurter - à la mathématique

Maudire les aspirations passées- les jours de printemps

Que le chuintement d'une voix qui agonise

Emporte les demoiselles et leurs robes mortes

Agonir le sceau de leurs initiales -

Le ciel gris - le corps plein de ces consciences_

[Reposent] les viscères enfermés dans des bocaux / hermétiques

Épandre leurs cendres

Graver leurs noms sur le ruisseau

Se laisser bercer par les vagues de sang

Se délivrer enfin de ces ombres puissantes_

Les genoux plantés dans la terre

Déposer le baiser (le cercler)

 

 

50 pages au format 14 x 21, 8 € (+ 2 € de port – port compris à partir de l’achat de 2 exemplaires)

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 11:17

Où est-ce que ça coule ?

de

Patrick Sirot

 

 

A quand, toi qui sais? On pourrait commencer comme ça, comme ça, on pourrait commencer comme ça, on pourrait commencer par-là, par-là, là, là, là par-là, par la, par la, par l’animal, on pourrait commencer par l’animal, par l’animal, on pourrait commencer par l’animal. On pourrait commencer par la ni mal ni bien, on pourrait commencer par la ni bien ni mal, moitié-moitié. On pourrait commencer par mi mal, mi bien, moitié-moitié, on pourrait commencer par l’ami mal et l’ami bien, on pourrait commencer par l’animal namibien. On pourrait commencer par le mâle éléphant de Namibie et sa namibienne femelle, on pourrait commencer par l’éléphante qui l’accompagne, par les fentes de Nama, on pourrait commencer par les béances africaines, les failles, les fossés, les trous, on pourrait commencer par les trous, par les puits sans fin, secs sans eau, on pourrait commencer par les béantes crevasses, on pourrait commencer par les béantes craquelures par leurs fentes béantes, on pourrait commencer par les fentes sèches, les fentes et les agonies sèches des éléphantes de Namibie anéanties, on pourrait commencer par la longue agonie de l’antilope de Namibie. On pourrait commencer par la longue agonie, on pourrait commencer par la longue agonie sèche, on pourrait commencer par la longue agonie sèche des éléphants, on pourrait commencer par la longue agonie sèche des enfants des éléphants. On pourrait commencer par l’éléphanteau, on pourrait commencer par les enfants des antilopes à genoux dans la poussière de sable, on pourrait commencer par les fantômes ensablés dessous la dune. On pourrait commencer à genou comme les gnous ensablés, on pourrait commencer ensablé comme nos gourdes espérances et les poux des gueux et les je et les nous, pas vrai Jacquot, on pourrait commencer par le je et le nous. Hein, Jacquot, nous les gueux à genou, à quand Jacquot, à quand, à quand la fin de l’animal ami de Namibie?

A quand Jacquot la fin de l’homme des hommes?

Jacques à quand, toi qui sais tout?

A quand la fin du Namibien Nama, l’homme des hommes? Des Namaquois? Des Namaquas du fleuve orange? Le Khoïkhoï du fleuve orange?

Le Khoïkhoï qui cause Khoisan, qui cause consonne, qui cause clic, qui cause claque, qui cause pour qu’ça sonne et ça sonne, qui cause consonne pour qu’ça consonne et ça consonne qui cause klaxonne pour qu’ça klaxonne et ça klaxonne, et ça klaxonne, et ça klaxonne, et ça klaxonne le glas des gnous, le glas des gnous Nama.

A quand la fin, Jacquot, toi qui sais tout?

A quand la fin des Namans maudits, des mots dits Namaqua, des mots dits Naoiquoi?

A quand Jacquot, toi qui sais tout?

A quand que ne caquetteront plus les clucs, les clocs, les clecs, les clacs, les clics?

A quand Jacquot, toi qui sais tout?

A quand que le son du Khoisan ne sonnera plus?

Quand la langue qui klaxonne se sera tue Jacquot, Jacquot,

Jacquot, toi qui sais, Jacquot est-ce que tous les O de nos os limpides tomberont des nuages?

 

 

ISBN : 978-2-35082-251-8 94 pages au format 14 x 20 cm, 10 €

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 11:14

Mille milliards de pucerons

de

Francis Krembel

 

 

Seul m’émeut

le rire silencieux de l’arbre

sa croissance inaudible

son flegme ajouré de feuilles.

 

Seul m’émeut

la stridence des broussailles

l’embrouillamini des ronces,

leur virulence.

 

Seul m’émeut

le vent du Nord qui givre février

 

 

ISBN : 978-2-35082-257-0 50 pages imprimées sur bouffant 90 g, au format 10 x 15 cm, orné de 3 pleines pages couleur (recto non paginé) de Marc Alessandri, 6 €

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 11:09

Pas même le bruit initial

de

Bernard Ascal

 

 

ai-je ligoté les pattes

de l’oiseau

ai-je ligoté les ailes

de l’oiseau

l’ai-je relâché

dans la forêt

puis sans me retourner

me suis-je éloigné

me persuadant de son envol

 

 

ISBN : 978-2-35082-248-8 70 pages au format 14 x 21, orné de 5 pleines pages couleur (recto non paginé) de l’auteur, 10 € (+ 2 € de port – port compris à partir de l’achat de 2 exemplaires)

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Portrait du blogueur

dans un spectacle Gaston Couté

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Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.