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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 21:24

En rangeant encore des caisses pour Sète, je suis tombé sur « Mes inscriptions » de Louis Scutenaire, éd. Allia, un monument de l’aphorisme avec lequel je vais faire une pause lapidaire puisque je n’aurai pas accès à l’ordinateur jusqu’au 30 juillet du fait que je vais tenir stand au festival « Les voix vives de la Méditerranée » http://www.sete.voixvivesmediterranee.com/ProgrammesFile/c9f0f895fb98ab9159f51fd0297e236d.pdf

 

« Le meilleur ciment d’un peuple est la bêtise de ceux qui en font partie » (entre parenthèse le Tour de France passait aujourd’hui devant notre épicerie littéraire et voir des adultes se disputer un porte-clés ou une casquette balancée à la foule justifie tout à fait Scutenaire).

« Organiser une expédition pour explorer le banal ».

Et un dernier : « Je suis déchiré par mille espoirs. »

 

Une chanson en lien pour passer le temps

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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 21:19

Toujours en rangeant dans des caisses pour les emporter à Sète, je suis tombé sur « Le poète pisse dans son violon » de Pierre Autin-Grenier aux éditions du Carnet du dessert de lune (il doit être en vente également dans notre bouquinerie épicerie littéraire) et je me suis souvenu des quelques moments passés en compagnie du bonhomme parti il y a un peu plus de trois ans et de la chance que j’ai d’avoir croisé ce genre de bonhomme qui nous laisse ce genre de choses :

« Pour en arriver là
il m’a fallu passer
plusieurs concours
de circonstances. »

Bon vous allez me dire que ça ne fait pas une heure de poésie ça et je ne saurai quoi répondre.

Aller pour faire bon poids j'ajoute une photo prise à partir de notre boutique qui jouxte le bar des Alpes où Pierre se trouve en bonne compagnie, Sophie Braganti, deux invités d'une ivresse des livres il y a quelques années.

Une heure de poésie par jour (41)
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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 21:23

En rangeant des bouquins dans des caisses pour les emporter au festival « Les Voix Vives de la Méditerranée » à Sète du 22 au 29 juillet où Gros Textes et l’Epicerie Littéraire tiennent stand, je suis tombé sur quelques ouvrages de Georges Perros. Ses trois volumes de papiers collés ont été intensément surlignés par le jeune lecteur que je fus de ces livres qui m’ont profondément marqué tout comme le personnage.

 

« Je ne dirai jamais de mal de la littérature. Aimer lire est une passion, un espoir de vivre davantage, autrement mais davantage que prévu. »

« Le plus beau poème du monde ne sera jamais que le pâle reflet de ce qu'on appelle la poésie, qui est une manière d'être, ou, dirait l'autre, d'habiter ; de s'habiter. Toutes les réactions des hommes relèvent de la poésie. Ça ne trompe pas. La poésie, c'est l'indifférence à tout ce qui manque de réalité. »

 

Pour le personnage, si vous avez 40 minutes devant vous pour une rencontre avec ce que pour ma part je considère ce qu’on fait de mieux en matière d’homme, je ne saurais trop conseiller l’écoute attentive de ça : https://www.youtube.com/watch?v=Cb2KH8O_dPA

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 09:21

Je serai aux Vans en Ardèche à la librairie la belle hoursette demain samedi et dimanche avec l'immense Patrick Dubost. Si parmi la vingtaine de personnes qui visite ce blog...

https://www.facebook.com/Librairie-La-Belle-Hoursette-1624836354492642/

 

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 21:43

Une heure avec un des premiers livres de Denis Grozdanovitch, petit traité de désinvolture, éditions José Corti. De cet auteur, découvert à travers les articles dans la revue « Le grognard » de Stéphane Beau, j’avais survolé « De l’art de prendre la balle au bond » qui avait bousculé mon regard à priori hostile sur le monde du sport (l’auteur fut joueur de tennis professionnel parait-il).

 

Ici, une trentaine de textes courts entre la prise de note et la chronique m’ont inégalement captivé. Je retiendrai pour rendre compte de cette heure, l’évocation de la mort du chat Perdita qui m’a rappelé celle du chien Karénine dans l’insoutenable légèreté de l’être de Kundera. Ces histoires de disparitions de nos animaux de compagnie me bouleversent à chaque fois autant dans la littérature que dans la vie. Grozdanovich donne une piste d’explication :

« Ce n'était pourtant qu'un simple chat, me direz-vous ! Oui, bien sûr. Mais n'est-ce pas précisément la muette fragilité du lien qui nous rattache à nos compagnons animaux, qui fait que lorsqu'il se rompt, nous nous sentons touchés au plus secret du cœur ; d'une curieuse façon en vérité, toute différente mais pas moins vive qu'avec les humains ? Et puis ce sentiment puissant, soudain, d'être en prise directe, sans artifice consolateur, avec la matière même du néant ! De nous sentir investis d'une extravagante et dérisoire mission : sauver de l'immense oubli une mince, évanescente, identité féline !... »

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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 22:02

Encore une heure dans le volumineux numéro 42 de la revue « Les Hommes sans épaules » et un dossier écrivains de la beat generation. On connaît le goût de Gros Textes pour les auteurs de cette période et là c’est Ferlinghetti qui ouvre le bal avec la simple contestation de base, la révolte primaire, le refus élémentaire.

 

« CODA

Coupe coupe coupe

Tranche à la racine

Toutes les herbes trop folles

Dans nos champs verdoyants

Coupe coupe ces bourgeons sauvages

Si tu veux une belle garden party avec des gens comme il faut

Coupe coupe la mauvaise graine

Si tu veux une moisson abondante une récolte historique

Rabaisse ta vanité, mon vieux, écrase

Les pousses les germes trop vivaces

Taille l’anarchie des plantes grimpantes

Les résistants volontaires

Coupe coupe le maïs étranger

Coupe les fous le maïs étranger

Coupe les fous introvertis

Amants bouche bée du subjectif

Coupe coupe les sauvages les esprits libres

Les solitaires aliénés et rebelles

Qui tripotent leur moustache

Et trament la révolution dans des caves sans espoir

Coupe tous ces freaks et ces libres penseurs

Poètes aux yeux fous Philosophes de l’asphalte

Barjots déjantés Agitateurs de carrefour Visionnaires lapidés

Exilés dans leur propre pays !

                                                  Ô melting-pot américain »

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 22:32

Et pour faire lien très subjectif avec Federman, et rester encore un peu dans l’humour décalé, le pastiche pas sérieux et pourtant quand même, une heure avec Eric Chevillard et son Vaillant petit tailleur aux éditions de minuit.

 

J’ai été enchanté (comme toujours avec Chevillard) par la réécriture pastichée à l’extrême du conte des Grimm, tout en digressions fantaisistes, décrochages narratifs, implication du lecteur dans le récit (comme y excelle Federman également), d’anecdotes cocasses avec tout de même en arrière plan une intention résolument révolutionnaire mais façon Bartleby de Melville « L'écrivain lui aussi est un petit héros prétentieux, qui avec ses maigres moyens, refuse de laisser faire, défie l'ordre établi, cherche à ébranler le système des géants. »

 

Et on ne peut réduire Chevillard à son humour passablement dévastateur, comme toujours chez les plus grands, la poésie affleure derrière la dérision :

« Le jour où le vaillant petit tailleur remplira de poissons rouges le bassin de son parc (économie d'eau : le poisson nage aussi bien dans le poisson), je m'assoirai avec lui sur le rebord de pierre et nous resterons là, apaisés enfin, parvenus au terme de notre errance, le vaste monde dans notre dos réduit à l'étroit chemin qui nous a menés là. »

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 21:02

Une heure à la mer avec Raymond Federman, « Coups de pompes », édition le mot et le reste, https://lemotetlereste.com/litteratures/coupsdepompes/

Un joyeux bordel de méditations, de listes, de recettes de cuisines, de poèmes (quand même aussi), de choses qu’on se demande ce que ça fout, de rêves et de mémoire littéraire, de souvenirs et de jeux à la con. Oui tout est jeu là-dedans, jeu jouissif d’acrobaties stylistiques, de ratages assumés et de crème caramel.

 

"Moinous

Je me dédouble

Je m’écrie et m’écris en deux langues

Je me regarde me regarder

Je me me je

Je me vois vu

Je me vouvoie

Je me déchire en morceaux

Je me raccommode avec du fil rouge

Je me dis-per-se

Je me coupe et m’entrecoupe

Je m’émotionne

Je m’émeus tout seul

Je me mets en moi

Je mets moi en moi

Je me noue

Je me dénoue

Je me moinous

Je me singularise

Je me pluralise

Je me moi aussi moi aussi

Je me décentre

Je joue au ping-pong tout seul des deux côtés

Je me schizophrénise

Je me tranche en plusieurs

Je me masque le masque

Je me suis un autre

Je me je nous suis-je

Je me désaxe

Je me concentre vers le côté ouvert

Je m’additionne

Je me double et me redouble

Je me multiplie par quatre et me démultiplie par six

Je me jalouse

Je me perds en moi

Je me déconstruis

Je me disparais"

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 21:12

Juste une citation que j’avais gardée sous le coude extraite de « Le monde à peu près » de Jean Rouaud, éd. de Minuit :

« Manifester est un art. Il ne suffit pas de défiler derrière les banderoles et de reprendre en chœur les chansons aux paroles détournées qu'entonne dans son mégaphone en forme de fleur avec son pistil central un militant poèteil faut avoir l'air convaincu, presque farouche, sans se départir pourtant d'un côté bon enfant, volontiers blagueur mais prude, bon vivant mais avec de la tenue, preuve qu'un militant ne dédaigne pas de goûter les fruits du travail mais veille à n'en pas abuser, et donc grave et léger, tout en progressant d'un pas lent sans donner le sentiment de traîner des pieds, en veillant à adresser des sourires complices aux passants massés sur le bord du trottoir, en les invitant par un bon mot à se joindre au mouvement, en refusant de polémiquer avec les provocateurs qui vous traitent de fainéants, et surtout en donnant l'impression que pour rien au monde vous ne voudriez échanger votre place. »

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 21:42

Une heure avec Michel Merlen dont un mail de Claude Vercey vient de m’annoncer le décès. Michel Merlen c’était pour moi 3 ou 4 lettres, à peu près autant de coups de fils, un nom que le bouquiniste que je suis retrouve des quantités impressionnantes de fois dans les revues des années 70, un livre chez Gros Textes en duo avec Catherine Mafaraud-Leray, 

https://sites.google.com/site/grostextes/publications-2012/mafaraud-catherine-merlen-michelun poète discret et essentiel, exigeant à la façon d’un Robert Momeux, autre auteur à peine croisé, ou bien sûr Jean-Michel Robert qui lui aussi a plié bagages l’année dernière. J’ai une pensée pour ce révolté tendre, poète insoumis (né en 1940, il a pris en pleine face la guerre d’Algérie et les blessures qui ne se ferment jamais tout à fait), et son indéfectible parti-pris pour l’amour et la vie :

 

« Je n’ai plus peur

La ville a un beau corps

Au détour d’une place

Les yeux dans les yeux

Nous ranimons

Les roses noires

Les oiseaux dorment sur leurs ailes

La mort viendra

Je sais

Mais je vivrai d’abord »

*

 

« Les rues marchent toutes seules

il fait noir comme jamais

c’est la nuit

dans son lit

un homme se retourne

au passage de sa mémoire

le désir triomphe des veuves

l’hiver sourit avec ses dents de neige

la mort ne viendra jamais

c’est toujours la vie

qui gagne la partie »

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Portrait du blogueur

dans un spectacle Gaston Couté

couté

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Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.

pour commander des livres

Si des ouvrages présentés dans ce blog vous intéressent, vous pouvez les commander en envoyant un chèque correspondant à la somme indiquée (+ un forfait port de 1 €) à l'adresse des éditions :
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes

pour tout renseignement complémentaire (conditions d'envois et de remises pour les libraires, collectivités...), vous pouvez écrire à gros.textes@laposte.net

bouquinerie

 

 

Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.