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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 21:26

27 - Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar, folio

"Quand on aura allégé le plus possible les servitudes inutiles, évité les malheurs non nécessaires, il restera toujours, pour tenir en haleine les vertus héroïques de l'homme, la longue série de maux véritables : la mort, la vieillesse, les maladies non guérissables, l'amour non partagé, l'amitié rejetée ou trahie, la médiocrité d'une vie moins vaste que nos projets et plus terne que nos songes : tous les malheurs causés par la divine nature des choses."

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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 21:14

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

25- Encore à cause du chat

Plus d’un âne s’appelle Martin de Jean-Claude Martin, éd. Verso

"Tu mange, tu bois, tu dors et fais caca. Au-dessus de ta tête, les étoiles passent, et les avions, et le réseau secret des décisions célestes. Aucun rapport. Qui pense à l’herbe à l’intérieur du cheval ? Qui plaindra la charrue placée avant bœufs ? Je marchais dans la rue, hier midi, vers le square. Les gens avaient des mines de couteau : comment vous sentez-vous ? Je ne vous comprends pas. Mettez-vous à ma place. Pas de place, je ne peux pas… Un corbillard pleurait tout seul à l’ombre des cyprès. Le soleil gelottait. Un enfant était mort d’avoir mangé trop vite la fève d’un gâteau… O mon frère, la tête en bas à l’autre bout du monde, si tu tombes, fais un signe ! Que l’on soit sûr au moins de n’en avoir rien vu."

 

24 - Toujours à cause du chat

Le vent et autres faits divers d’Alexandre Million, chez V.Hersault

"Une abeille zézaie / se pose quelque part / sur la fin de leur sommeil. // Le vent soulève le rideau / frôle leurs visage. / Il y a ce mouvement / beau tranquille du tissu / Le vent est un grand chorégraphe // il parle au couple : / du réveil / d’un battement de cils / de l’aube et de la rosée / de l’odeur du café / du goût du pain / du    ravissement / et / de ce bouquet d’anémone / qui règne sur la table // Le bonheur / est une coquille de pistache / qui craque."

 

23 - Mon chat en chassant une souris a fait tomber une étagère de petites plaquettes reçues il y a longtemps et en les ramassant j'ai trouvé ceci :

La vie sur Mars d’Alain Malherbe, Verso

"Ça j’admire les scribouillards / capables de torcher / 4 ou 5 pages prestement / et agencées… / Articulation des thèmes au poil, / métaphores charpentées, un régal. / Pas faire le mariole / me reste le lot de consolation, / la boîte de Meccano. // Pour transcrire / - sur feuille 21 x 29,7 - / gestes, habitudes, réflexions, / monte et démonte, interpole / des bribes, des notules, // jusqu’à…"

 

22 - J'ai relu un livre qui m'avait bouleversé du côté de mes 20 ans ("pour tout bagage on a...") 

Mes amis d'Emmanuel Bove, livre de poche

"Un homme comme moi, qui ne travaille pas, qui ne veut pas travailler, sera toujours détesté.
J’étais dans cette maison d’ouvrier, le fou, qu’au fond, tous auraient voulu être. J’étais celui qui se privait de viande, de cinéma, de laine, pour être libre. J’étais celui qui, sans le vouloir, rappelait chaque jour aux gens leur condition misérable."

 

21 - Cathy Garcia parle du dernier Dejaeger paru chez Gros Textes ici http://www.lacauselitteraire.fr/une-femme-a-gros-seins-qui-court-le-marathon-eric-dejaeger

 

20 - Graine de crapule de Fernand Deligny, éditions du scarabée

"T… qui donnait des coups de pied dans les tibias, donne maintenant des coups de poing dans la figure. Gros progrès."

 

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 20:58

19 - "Si tu veux franchir une porte fermée, il faut passer; au-dessus, par dessous, de coté et, s’il le faut, par le trou de la serrure." Pauline Julien

 

18 - Tenir ce qui se tient de Diana Bellessi édition bilingue, Traduit de l’espagnol (Argentine) par Nathalie Greff-Santamaria, La rumeur libre éditions.

http://www.larumeurlibre.fr/catalogue/collections/plupart_du_temps/tenir_ce_qui_se_tient_diana_bellessi

"je m’assois au bord de la rivière / et je la vois venir, une étoile / pour ainsi dire et c’es la seule et puis / je ne sais comment ni quand scintillent / dix autres soudain dans l’ombre laiteuse / qui vire au bleu et ce sont des choses / comme ça, la vie étincelle et on ne manque / ni d’épouvante ni même de courage / en rentrant dans la nuit avec la nuit / en proue et sur le dos solitude / qui me livre son rêve à bâbord" 

 

17 - L’été de la vie de J.M. Coetzee, point seuil

"Malgré le fouet qu'on lui administrait régulièrement pour ne comprendre rien à rien.... David Truscott persévéra au collège, poussé par sans doute par ses parents. Tant bien que mal il fit sa sixième, monta de classe en classe jusqu'en terminale; et le voilà vingt ans plus tard, pimpant et prospère... Qu'est-ce que cela donne à penser sur la façon dont va le monde ? La réponse la plus évidente est que la voie qui passe par l'algèbre et le latin ne mène pas à la réussite matérielle. Mais on peut y voir bien plus encore : comprendre les choses est une perte de temps; si on veut réussir dans la vie, être heureux avec sa petite famille, avoir une belle maison et une BMW on ne devrait pas essayer de comprendre les choses mais se contenter d'additionner des chiffres ou presser des boutons ou Dieu sait quoi…" 

 

16 - Disgrâce de J.M. Coetzee, point seuil

« Il est surpris de voir qu'il lui suffit d'une heure et demie par semaine en compagnie d'une femme pour être heureux, lui qui croyait qu'il lui fallait une épouse, un foyer, le mariage. Ses besoins s'avèrent assez modestes, tout compte fait, modestes et éphémères, comme les besoins d'un papillon. »

 

15 - La bascule du souffle de Herta Müller, folio

« J’aime par-dessus tout être à ma table carrée en formica blanc : un mètre de long, un mètre de large. Quand deux heures et demie sonnent à l’horloge de la tour, le soleil entre dans la pièce. Sur le plancher, l’ombre de ma petite table fait une caisse de phonographe. Ce phonographe me joue l’air du bois-gentil ou de la danse de la Paloma, toute plissée. J’attrape le coussin du canapé et je danse en plein dans mon après-midi pesant. J’ai d’autres partenaires. J’ai déjà dansé avec la théière. Le sucrier. La boîte à biscuits. Le téléphone. Le réveil. Le cendrier. Les clés.

Mon plus petit cavalier a été un bouton, tombé d’un manteau.

Non, faux.

Un jour, sous ma table en formica blanc, j’ai vu un raisin sec et poussiéreux, et j’ai dansé avec, puis je l’ai mangé. Et en moi il y a eu comme un lointain. »

 

14 - Humeurs de Raymond Guérin, éd. Le Dilettante

« (...) Bientôt, il suffira qu'un ouvrage soit primé pour qu'on sache qu'on peut se garder de le lire. Vous voyez l'avantage ! Après ça, vous voudriez supprimer les prix et les jurys ? Que non, que non ! Encourageons-les, au contraire. Sur la pente où ils sont engagés, quel bon travail de décervelage ils vont faire ! Encore quelques années d'erreurs monumentales, d'injustices flagrantes, de combines honteuses ou de marchandages abjects et le public, cette fois tout à fait édifié, saura que le seul port de la bande « prix de ceci » ou « prix de cela » sera l'équivalent, pour un livre, d'une marque infamante. Un tel livre sera comme frappé au fer rouge. On s'en détournera. Qui mieux est, les auteurs, avec autant d'acharnement qu'ils mettaient hier à convoiter ces prix, s'empresseront de les fuir. C'est à qui n'en aura pas. Pensez ! Tout mais pas ça ! Un prix ? Mais bientôt ce sera la mise au pilori, la suprême humiliation ! On dira du plumitif qui aura été voué ainsi au mépris universel : Le pauvre garçon ! Sa carrière est fichue ! Le voilà à jamais discrédité ! Entre nous, on a été bien sévère à son égard. Il n'a vraiment pas eu de chance ! 

Tout ceci montre que nous avions tort quand nous reprochions aux jurys de se tromper. Le tout était de s'entendre et de savoir que nous ne pouvions pas attendre d'eux le meilleur mais le pire. A partir de là tout est clair. Car enfin il suffit de passer en revue ces jurys pour se rendre compte qu'ils sont souvent régentés par de vieilles badernes qui n'ont jamais rien compris à rien et qui, depuis longtemps, ne trouveraient plus d'éditeur pour publier leurs illisibles moutures s'ils n'étaient justement introduits dans ces sanctuaires pour faire la fortune de ce dernier.

Voyez cette assemblée de couques vétustes, de tristes fruits confits qui se réunit chaque année pour décerner sa palme ! Il suffit de les regarder, ces vieilles femmes dites « de lettres », pour deviner que leur goût est comme leur entrecuisse : passablement éventé. Tout ce qui est dur, ferme, audacieux, riche en sang et en muscles les choque et les révulse. Si peu qu'un livre les violente, elles poussent des cris d'aras, elles s'indignent et, s'imaginant que faunes et satyres sont à leurs trousses, se voilent la face... (...) »

 

13 - Tombeaux perdus de Patrick Dubost, La rumeur libre éditions.

http://www.larumeurlibre.fr/catalogue/collections/plupart_du_temps/tombeaux_perdus_patrick_dubost

« Je suis arrivé en avance. Pour mourir on est toujours en avance. Et pour naître généralement en retard. J’aurais pu naître un peu plus tôt. J’aurais pu mourir avant de prendre la parole, à l’instant. Ou me relire avant de parler pour la cent millième fois. Et du coup me taire. Me lire et me relire avec ces yeux sortis du fond des rivières. Encore humides. Ces yeux dont on ne sait jamais s’ils sont bien les nôtres. Ces yeux avec lesquels il nous faut vivre et mourir. »

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 21:51

12 - Un chanteur qui aura accompagné depuis des décennies mes soirs de blues. La voix fout un peu le camp à force de gueuler mais l'émotion rapplique en sus.

11 - Ici c'est la radio, on parle de poésie plutôt pas mal et on lit un poème de Pauline Catherinot

http://www.rfi.fr/emission/20150410-poesie-francophone-contemporaine/

 

10 - Ici on parle de moi : 

http://houdaer.hautetfort.com/archive/2015/04/09/rencontres-avec-des-z-hommes-remarquables-4-yves-artufel-5599941.html

 

2... Un extrait long pour le long week end de Pâques. 

Lettres d'engueulade : Un guide littéraire de Jean-Luc Coudray, éditions l’arbre vengeur.

 http://www.arbre-vengeur.fr/?p=3015

"La situation – Quelqu’un se fiche de vous parce que vous n’avez pas de compte sur Facebook.

La lettre – Bonjour, tu m’as fait hier une réflexion, fustigeant mon absence d’inscription sur un réseau social en ligne, type Facebook, et mon indifférence au sujet des nouveaux outils de communication.
J’en déduis que l’individu normal, dans un contexte mondial de circulation d’informations et de marchandises, devrait, à l’image d’une entreprise d’import-export, envoyer et recevoir quotidiennement, grâce à son adhésion à Facebook, une quantité importante de photos ou de messages. Il devrait collectionner les « amis », entités branchées sur sa page, fournisseurs ou destinataires des informations en question. Ainsi, il devra mimer le comportement de l’économie planétaire dont la croissance et la vitalité se mesurent au nombre d’échanges et non à la véritable création de richesses.
De même que la jouissance corporelle s’amplifie par l’augmentation des passages de matière au travers des frontières organiques, lorsque nous mangeons, évacuons, copulons, de même les déplacements de marchandises entre pays multiplient les taxes, prélèvements et plus-values, engraissant des parasites qui jouissent des allers-retours de l’agitation économique.
Tu soumets ton plaisir à la quantité de photos de vacances, de plaisanteries de camelots, de gags à tout faire qui traversent les orifices électroniques de ton territoire virtuel, t’offrant un bénéfice et une réparation narcissique à chaque déplacement, dans la pure logique pulsionnelle propre à la pornographie des corps ou des multinationales.
Les enflures affectives, les sagesses de bureau, les bisous de reconnaissance, les émotions touristiques, les confidences de chanson, les trouvailles alcooliques, les photomatons de belle-sœur, les anniversaires flashés comme par des radars autoroutiers, les visages cirrhosés d’enthousiasme, les bébés dépossédés du droit sur leur image, les gâteaux tristement excessifs, sont échangés comme des bonbons ou des pansements.
Diffusé en ligne, le banal devient du conforme, l’ordinaire du vulgaire, le sentiment de l’émotion, la tendresse de l’attendrissement, l’amitié de la trivialité.
La valeur relationnelle se mesure désormais au débit. La vie sentimentale se gère avec un outil professionnel. Les amis se capturent comme des clients.
Je suis au regret de te dire que je préfère fréquenter mes amis sans passer par la planète.
Cordialement"

 

1 - Carnets d’oflag, proses et critique littéraire de Georges Hyvernaud. 

"La plupart des privilégiés de la fortune et de la culture échappent, par de basses ruses d'esprit, à cette certitude que leurs privilèges ont pour condition le malheur de la plupart des hommes."

 

31 - Carnets d’oflag, proses et critique littéraire de Georges Hyvernaud, préface de Jean José Marchand, éditions Ramsay

« Divertissements. On taille des petits bouts de bois. On fabrique des horloges, des boîtes, des jeux d’échecs. On s’émerveille de sa patience et de son ingéniosité. On bricole et on peinturlure, comme le prisonnier de Vigny tresse la paille pour oublier. Et ça finit par faire une espèce de vie très vivable, et même affairée et essoufflée. Excusez-moi, disent-ils, je suis très pris. Ils s’étonnent que les journées passent si vite. Ça doit être aussi la réflexion de l’écureuil quand il fait tourner tout un jour les barreaux de sa cage. »

 

30 - Lettre anonyme, nouvelles et autres inédits de Georges Hyvernaud, préface de Roland Desné, éditions Ramsay

« J’ai mis du temps à reconnaître mon inconsistance politique. Au sortir de l’adolescence, il m’arrivait d’assister à des meetings et d’y pousser comme tout le monde des cris qui n’étaient pas dépourvus de sincérité. J’ai même, une fois, défilé, avec plusieurs milliers de types, derrière des pancartes et des drapeaux. C’est ce que des journaux, à l’époque, appelèrent un sursaut d’indignation populaire. Je ne sais plus au juste, à présent, ce qui nous indignait. Je ne me rappelle que l’écœurante fatigue de ce piétinement grégaire sous le soleil de juin. Notre indignation sentait la sueur. On se traînait comme un enterrement, comme un régiment qui revient des manœuvres. A toutes les fenêtres, des familles digéraient en nous regardant marcher. Ça a duré des heures, et puis le cortège s’est émietté. C’est ce qu’il y a de plus triste dans les cortèges. Je me suis retrouvé seul parmi les passants éreintés. Seul comme une huître. La grande déception des dimanches soirs pétrifiait les gens aux terrasses des cafés. Ils considéraient sans entrain le dernier verre de leur journée. Encore un dimanche d’épuisé. Ils l’avaient vidé de toutes ses joies, passé au presse-dimanches.»

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 20:44

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

28 – Et pour terminer avec ce même numéro de Décharge, ceci de Claude Held :

« La santé est un bien précieux. On se doit de la cultiver comme un bonzaï. Il ne faut rien laisser au hasard. A défaut de sécateur, utiliser un bistouri. Tailler ici, inciser là. Les bistouris sont en vente libre depuis peu. On peut s’en procurer un assortiment pour un prix raisonnable. Dans les moments de désœuvrement, on se rendra utile en opérant ses amis et voisins à titre préventif. Perforer est une performance qui demande un certain doigté. Ne pas oublier de prendre sa tension et celle des autres. Etre en bonne santé ne veut pas dire qu’on n’est pas malade. On est malade d’attendre. On meurt d’envie d’être dans un monde meilleur. Des pilules permettent d’attendre le paradis. Il n’y a pas encore de pilules pour en revenir.  On n’en revient pas. On n’en revient pas d’être là. »

 

27 – Dans le même numéro de Décharge qu’hier, plaisir de croiser Saïd Mohamed, depuis la lecture de son roman « Un enfant de cœur » (j’avais dû le chroniquer dans Gros Textes en 1998…), ses textes trouvent toujours un écho chez moi. Il fut voisin de stand en juillet 2014 aux voix vives de la Méditerranée à Sète.

« Bon Dieu, voilà la soixantaine et de tut ce temps / Où nous égarions nos pas sur le front l’amertume, / Jetés à trac dans un baluchon, curant les aventures / Volant aux instants un peu de merveille / Avec le sifflement des vents dominants aux oreilles / Qu’en ai-je fait ? Inutile vie, temps à l’imparfait / Rédemption sur tout cela, Culpa mea culpa, / je n’ai pas donné le fruit, encore moins le sens / buvant le vin mauvais, cultivant l’esprit de désespérance »

*

« Un rasta assis sur le sol, un carton sous les fesses / joue du didjirido. Sur son ardoise il a écrit : / Un euro s’il vous plait pour m’offrir ma ganja et des filles de joie. / C’était sûrement un poète. / Les mots de l’amour ont d’étranges résonnances »

 

26 - Décharge 165, revue trimestrielle, Alexis Pelletier / Daniel Abel / Saïd Mohamed / Danielle Fournier / Denise Mützenberg / Claude Held / François Coudray / Jean-Marc Proust, revue poésie.

http://www.dechargelarevue.com/

J’ai signalé plus haut (bas ?) une lecture d’un ouvrage à deux voix, Luce Guilbaud et Danielle Fournier. Je découvrais la deuxième. Dans ce numéro de Décharge, elle est présentée par la première à travers un entretien et un choix de textes.

« J’ai du mal à vivre dans notre société, ce dont je parle dans tous mes livres. J’ai du mal à vivre la totale marchandisation, celle de l’intelligence, de l’âme, du corps, des émotions. J’aime la générosité, le don et je crois à la poésie, cette si mal aimée… »

*

« Il y avait dans ce nom, les noms des montagnes, l’odeur du lilas, celle des pommes. Au centre du monde, le monde lui-même, comme venu au monde. Dire l’air, la pluie sur la tôle, les bleuets. La terre n’appartient à Personne.

Mais, puisqu’il y a un mais, comme si la terre était. Était.

Fragile.

Dis-moi, cet oiseau. »

 

24-25 – Un mail de Claude Vercey m’apprend le décès de Michel-François Lavaur. Sa revue « Traces » à l’étonnante longévité fut pour Gros Textes une sorte de grande sœur. Nous en partagions le caractère résolument artisanal où l’on privilégie la colle et la paire de ciseaux, le dessin appliqué au rotring qu’on cale le plus droit possible, l’assemblage une feuille après l’autre en tournant autour d’une table. Comme Michel-François Lavaur, il y a de fortes chances pour que je parte sans avoir su me servir de photoshop.

http://www.michelfrancoislavaur.fr/LAVAUR/pagedepresentation.htm

http://www.dechargelarevue.com/I-D-no-553-Michel-Francois-Lavaur.html

 

 23 - La société des affects de Frédéric Lordon, Seuil

« Dans nos idées, (si) nous n’y sommes pas pour rien… nous n’y sommes pas pour tout (comme le croit le mythe néolibéral de l’autosuffisance épistémique). Parfois même nous n’y sommes pas pour grand-chose : de là d’ailleurs que de si nombreuses personnes, toutes intimement persuadées de « penser par elles mêmes », finissent – quelle surprise ! – par penser les mêmes choses. Il y a donc sans doute autant de philosophie que dans bien des philosophies dans cette succulente brève de comptoir qui résume les choses à sa façon : « Moi, j’écoute pas les hommes politiques, je me fais mon opinion tout seul, et ça m’empêche pas d’avoir la même opinion que tout le monde, au contraire ! » (Jean-Marie Gourio, brèves de comptoir 1995) – soit en quelques lignes anisées l’intégralité de la dialectique hégéliano-spinoziste de la pensée critique… »

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 20:50

22 - Le chanteur à qui je pense ce soir c'est Jacques Debronckart. Je sais qu'il a accompagné au piano Fanon et Boby Lapointe avant de se lancer. J'ai en tête quelques unes de ses chansons, "Je suis comédien", "Adélaïde" ou bien un hommage à Bernard Dimey. Il est mort le 25 mars 1983. "Je suis heureux" fleure bon la critique de la société de consommation.

 

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

21 - Dust (au cœur de ce pays) de J.M. Coetze, traduit de l’anglais par Sophie Mayoux, éd. Maurice Nadeau (1985)

« … c’est de ma propre voix que j’ai énoncé ma vie, d’un bout à l’autre (quelle consolation), j’ai choisi à chaque instant ma propre destinée, qui est de mourir ici, dans ce jardin pétrifié, derrière les barrières cadenassées, près des ossements de mon père, dans un espace qui vibre de l’écho d’hymnes que j’aurais pu écrire mais n’ai jamais écrits, parce que (pensais-je) c’était trop facile. »

 

20 - Iris de Danielle Fournier et Luce Guilbaud, éditions l’Hexagone

http://www.edhexagone.com/iris/danielle-fournier/livre/9782890069138

« Un océan entre nos mots / toi et moi nous nous tenons par le livre / des courants sous  le sable / avec rumeurs de temps / des bois flottés     des messages à la mer / pour le trajet des éveillées // maintenant je marche dans le marais / les iris jaunes rapides / jeunes cigognes au nid / l’air est plein de cris (de chants ?) / nous partageons les mots // Je comptes aussi sur le rosier / un livre veut rassembler la terre / les digues aussi et l’horizon ouvert. »

(Luce Guilbaud)

 

19 - Iris de Danielle Fournier et Luce Guilbaud, éditions l’Hexagone

http://www.edhexagone.com/iris/danielle-fournier/livre/9782890069138

« Un moment, un seul instant, l’orage avant le soleil du mardi. C’est la Pentecôte, des langues de feu tombées sur nous pendant que nous errons sur des continents marqués du sceau de la déportation, des génocides, des meurtres et des abandons en pleine mer.

Nous disons des mots sages pour repousser la mort et présentons nos mains à la chaleur pour que cesse et s’arrête en nous ce froid glacial.

Et pourtant.

Habitons-nous nos corps ? Avons-nous accroché nos peaux aux patères si dégingandées qu’elles ne supportent aucun poids, aussi léger soit-il ? »

(Danielle Fournier)

 

18 - Fragments du journal d’Orphée suivi de La musique n’adoucit pas les peurs d’Olivier Cousin, illustrations de Violaine Fayolle, éditions Kutkha

http://www.editions-kutkha.com/catalogue5.html

– Au bistrot du coin –

Bu une chopine avec le roi Dagobert. Il n’avait pas du tout l’esprit embrumé. Réconfort de bon aloi. Ne m’a pas laissé m’apitoyer. M’a remis le désespoir en place et les idées noires d’aplomb.

–  Vase de nuit –

Au coucher je dépose mes plaintes dans un récipient profond sur lequel je me dépêche d’apposer une fermeture hermétique.

Un drôle d’objet poétique non identifié.

 

17 - L’ombre que les loups emportent de Christophe Dauphin (poèmes 1985-2000) préface de Jean Breton, Les Hommes sans Épaules éditions,

http://www.leshommessansepaules.com/livre-L_Ombre_que_les_loups_emportent-71-1-1-0-1.html

Je retrouve un peu estompée avec le temps,  une force que je ressentais lorsqu’à 20 ans je lisais Tristan Cabral.

« Il y aura toujours de l’espoir à bannière d’insurgés / Dans la rage de dents des pierres / L’atoll qui boit la mer / La radiographie de l’horreur d’un monde / Qu’il faudra bien investir de barricades / Comme le coquillage aime son sable // Il y aura toujours de l’espoir / Une hirondelle dans les filets du sommeil / La poésie brûle le pavé de l’ambassade du regard / L’eczéma des rues porte des lunettes / Un nuage passe / La pluie sort d’une poitrine / Le ciel tient le soleil par la main //  Il y aura toujours de l’espoir / La poésie est l’astre dans la lampe / La poésie est le cerf-volant du sang / La poésie sème les graines prêtes à germer / Entre les doigts les plus légers… »

 

16 - L’ombre que les loups emportent de Christophe Dauphin (poèmes 1985-2000) préface de Jean Breton, Les Hommes sans Épaules éditions,

http://www.leshommessansepaules.com/livre-L_Ombre_que_les_loups_emportent-71-1-1-0-1.html

« Le réel est un os de seiche. Ouvre-moi ta poubelle, je te dirai qui tu es. Je suis l’homme de la pluie et je sens le chien. »

Je suis par nature et principe porté vers les poètes qui sentent le chien. C’est comme ça.

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 21:25

15 - Dans la série les chanteurs qu'il ne faudrait pas oublier au prétexte qu'ils n'ont peut-être pas bien sû jouer des coudes pour être connus, il y a Jean-Marie Vivier que je m'écoute quand j'ai soif de rimes simples et de couplets limpides juste efficaces.

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

14 - Art et Anarchie 2

http://www.editionska.com/spip.php?article232

« Des hommes sont arrêtés un peu partout. / Ils ne savent pas quand ils reprendront. / On a interrompu leur mouvement. / Tout d’un coup ils ne vont plus vers. / Ils attendent, ils plongent en eux. Ils répercutent dans l’immobilité soudaine tout le mouvement qui les traversait, qui les traverse encore. / Ils se sentent tirés par des impulsions. Mais ils ne bougent pas. Ils sont arrêtés. Ils regardent autour d’eux, ils regardent en eux-mêmes. Ils assurent la traduction entre ces deux mondes avec les langues qu’ils peuvent. Ils sont encore un peu essoufflés… » Sébastien Lespinasse

 

13 - Art et Anarchie 2

http://www.editionska.com/spip.php?article232

« Je vous offre le lit du fleuve / Et ma colonne vertébrale / La multitude endormie devant le feu / Sous la voûte céleste ou crânienne / Et toute la viande crue pendue à l’étal de l’abandon / Je n’ai ni perdu ni gagné / J’ai un cœur qui lutte avec la faim et la soif / Une paire de sandales abandonnées / En bas du volcan / Un manteau qui me console du froid / Je vous offre mes mains coupées / Et le phosphore de mes yeux / flottant parmi les lampes-tempête / Et les appels de la brume / Mais qu’avez-vous fait / de mon errance et des souches de l’éclair / Mauvaise graine / Venin teignant / Miel coulant dans la gorge des éprouvés / Je vous offre une dernière chance… » Didier Manyach

 

12 - Verso 160, mars 2015, chemins d’eau, chemins de mots,

http://revueverso.blogspot.fr/

« Il court cet enfant, cet enfant radieux. Il cavale, il galope. Il vole ! Il est bleu, bleu nuit, velours, comme le lit des étoiles.

Il s’essouffle, s’épuise, s’écroule. Son petit cœur rougeoyant de feu. Se consume. S’achève… »

Andréa Ospina

 

11 - Miroitement sur terre de la petite flaque d’eau de Christophe Jubien, illustrations Pierre Richir, éditions Donner à voir

http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/miroitement-sur-terre-de-la-petite-flaque-deau-de-christophe-jubien/carole-carcillo

« Joël

Son estomac lui fut ôté / en même temps que son cancer / il vous le dit tranquillement / tout en fouillant dans une boîte / en quête d’une vis pour sa visseuse / c’est son problème du moment / quand il aura trouvé / il fera comme tout le monde / faute d’une boucle à boucler / il passera à un autre problème / à un autre moment. »

 

10 - Poussières de la route de Henri Calet, éditions le Dilettante

"Je m'aperçois que je me suis peu étendu jusqu'ici sur le paysage. C'est l'occasion de tâcher de m'expliquer, une fois pour toutes, sur mes rapports avec la nature, en général. Si je ne trouve jamais rien, ou à peu près, à en dire ni à lui dire, c'est sûrement pour les mêmes raisons profondes qui vous font demeurer coi dans l'intimité d'un être bien-aimé. On reste là, muet -- comme un peu engourdi -- mais bourré de sentiments intransmissibles et dans une pareille qualité de silence. C'est lorsqu'on se tait qu'on a le plus à dire."

 

9 - Revue Microbe n°88, la revue des grands petits, mars-avril 2015, numéro concocté par Jean-Marc Couvé

http://courttoujours.hautetfort.com/sport/

" Tatou

Mais quand t’as tout / Tu crois t’as quoi / Tu crois te manque rien / Quand tu crois t’as tout ! // Et tout de toute tournure / Tu l’as jamais, tout, trop dur ! / Jamais t’as tout / Et tu joues ton va-tout à tout va ! // Pour le coup casse-cou / Tu mises tout sur rien / Et t’as plus rien du tout / Ou tout au plus des os à toutou / Perdus au fond d’un trou // Un point c’est tout " 

Alain Helissen

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 21:30

8 - Et bien oui c'est le printemps des poètes.

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

7 - Le wagon à vaches de Georges Hyvernaud, éd. Ramsay

"- Une scène à utiliser pour le Wagon à vaches. Un aspect de la souffrance effarée des vivants enfouis dans l'opacité de l'existence. avec leur tendresse, leur détresse, leur colère. leur ridicule bonne volonté, leur impuissance déchirante. Je sais des choses là-dessus. Celles que n'importe qui apprend n'importe où - sur les bancs, dans la paille des cantonnements, parmi les meubles des chambres meublées... Voilà une bonne quarantaine d'années que je m'instruis. Quarante ans je devrais être depuis longtemps ce qu'on appelle un homme fait. Drôle d'expression fait. Comme un rat. On le dit aussi pour les fromages. Gras, mous, pourris, coulants Je ne suis pas encore à point, mais cela ne saurait tarder. "

 

6 - Le wagon à vaches de Georges Hyvernaud, éd. Ramsay

« Qu’on les colle seulement à un portillon de métro, les duchesses de Marcel Proust ou de Balzac, qu’on les mette à faire des trous dans des bouts de carton toute la journée pendant huit heures, et tous les jours, du lundi au samedi, et on verra bien ce qui en restera de leurs drames distingués. On n’aura plus à décrire que la fatigue et des varices, des notes de gaz et des démarches à la mairie. Pas très romanesque tout ça. La vie manque de romanesque quand on est obligé de la gagner. »

 

5 - Le wagon à vaches de Georges Hyvernaud, éd. Ramsay

"- qu’est-ce qui m’a foutu un con pareil, criait l’adjudant.

Il criait ça par conviction, par conscience professionnelle, et aussi pour se faire apprécier des boniches. Parfois, il me traitait d’intellectuel de mes deux, afin de m’enseigner la modestie. En quoi, il se montrait avisé : on ne l’apprend jamais trop tôt, ni trop, la modestie. Le mépris de l’adjudant mettait les choses au point. Il est utile de se pénétrer le plus vite possible de cette idée qu’on ne pèse rien du tout, qu’on n’a pas du tout d’importance. Ça vous prépare à ce qui attend la plupart des hommes dans l’existence. Par la suite, on s’étonne moins. On est adapté, paré, fin prêt. Les sobres appréciations de l’adjudant ne constituaient qu’un commencement anodin, un préambule innocent à de plus rigoureuses expériences."

 

4 -  Le wagon à vaches de Georges Hyvernaud, éd. Ramsay

« J’ai dit que j’estimais beaucoup plus que ce M. Loufiot les types qui décorent d’inscriptions à la craie les urinoirs de notre ville. Au moins eux, c’est à un authentique besoin de s’exprimer qu’ils cèdent. Et leurs naïfs messages témoignent d’une belle confiance en la puissance magique des mots. Pour écrire comme ça, par exemple, que Flouche est un faux jeton et qu’on lui aura la peau, il faut attribuer au langage une mystérieuse vertu. Croire qu’on attente par des signes à l’être même de Flouche. Cette littérature rudimentaire et passionnée permet de saisir tout ce qu’il y a de primitive violence dans l’acte d’écrire. Et un écrivain qui ne se sent pas quelque peu sorcier et jeteur de sorts ne m’intéresse point. »

 

2-3- Miette de Pierre Bergounioux, folio

"Il s’agit de gagner un certain endroit de la terre où l’on a deux mots à dire. Après quoi il ne sera pas bien difficile de se débarrasser de son raisin, de son petit caillou. Ce sera comme avant, quand tout est pareil, un. On poussera la portière du bois. On s’étendra, tout habillé, dans cette plume, sous un baldaquin de branches. On ne sentira pas le froid ni la crainte ni rien du déplaisir, des peurs qui nous viennent avec l’âge. On regardera d’un œil égal, d’un cœur tranquille, à peine mélancolique, bouger les courtines de la neige, les personnages de jadis se pencher sur le lit préparé dans les bois à l’intention du voyageur. Et même, le visage entrevu l’instant auparavant, dans la réalité, puis perdu, on va le retrouver puisque maintenant, c’est avant, c’est toujours. Rien ne peut plus nous être enlevé ni se perdre. Tout est bien."

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 20:05

1 - Il y a des chansons comme ça pas bien longues mais je trouve que ça prend du temps pour en faire le tour.

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28 - Pensées et proverbes de Maxime Dicton de Jean l’Anselme, banalités, bêtises, paradoxes, balivernes, lieux communs et autres propos sérieux de l’auteur, éditions Rougerie

- « Pour vivre heureux restons couchés ». Encore une histoire qui ne tient pas debout ! 

- Il en est d’une jolie femme comme de toutes les bonnes choses, il ne faut pas qu’on vous force à en manger 365 jours par an. 

- Aucun poète n’a jamais vécu du produit de son œuvre. Même mort, on n’arrive pas à en vivre !

- Les coups de foudre ne font jamais des mariages du tonnerre. 

 

27 - Le cul sur la terre sacrée de Karin Huet, éditions Plaine page, collection les Oublies

http://www.plainepage.com/editions/oublies/culterre.htm

« Ne t’assois sur une chaise que / si tu y es forcé // obligé // acculé. // C’est très dangereux la chaise. // Tu y perdrais ta souplesse / ta légèreté / tes muscles cuissiers. // Pose ton sacrum à terre / voilà le secret. // Et puis / comme tes cuisses sont musclées / lève-toi et marche. // Ne rejoins pas / ces faux chevaux aux jambes de bois / qui te tendent leurs dos maussades / partout dans le monde désormais / - non, pas partout, pas tout à fait. / Dédaigne de monter ces chaises / mornes chevaux immobiles / relais sempiternels. // Marche / et quand tu es fatigué / pose ton sacrum par terre. »

 

26 - Les insurrections singulière de Jeanne Benameur, Actes Sud

Quelque part entre littérature prolétarienne et collection harlequin

« A l'usine l'idée de travailler moins, c'est le malheur, la peur de la misère. C'est ancré profond. Finir par tout accepter pour juste pouvoir travailler. C’est ça que je trouve fou. Travailler. Dans n'importe quelles conditions. Elle est là, la misère. Pas dans le portefeuille à plat à la moitié du mois seulement. »

 

25 – un blog ce jour, celui de Cyril C Sarot, un des rares dont je guette et lis les mises à jour dans leur intégralité. Cette sorte de journal pamphlétaire me réjouit.

https://lautrementdit.wordpress.com/2015/02/22/lad-xx-un-maigre-rempart/

« Ces gens-là ne respectent pas la vie » : la sentence a été prononcée et répétée en boucle à propos des assassins de Charlie. Non sans raisons, bien entendu. Mais loin de tout régler, l’assertion pose quand même quelques questions. Cette vie, pour notre part qu’en faisons-nous ? La vivons-nous vraiment ? Quel genre d’existence la société nous propose-t-elle ? Quelle sorte de vie acceptons-nous ? Est-ce la respecter que se contenter de son simulacre ? De sa version mutilée ? Rabotée ? Ligotée ? Étouffée ? Truquée ? De ce mauvais jeu de rôles qui nous transforme en morts-vivants ? La mort n’appelle-t-elle pas la mort ? La violence à soi la violence ? Le non-respect l’irrespect ?

 

24 - Rais de soleil dans l’hiver de Jean-Noël Guéno, Le semainier, éditions du Petit Pavé

http://www.petitpave.fr/petit-pave-rais-soleil-dans-l-hiver-492.html

L’humaine sensibilité des pauvres toujours à portée de révoltes et quelques notes de musiques et ça tient chaud.

«  Rien. / Il s ne sont rien / ou si peu. / Ils avancent cependant, / colmatent les brèches de l’épave / avec les mains, / le cœur. // Soutiers d’un monde cruel, quand d’autres comptent, / amassent, / pillent, / méprisent. »

 

23 - Microbre n°86, novembre-décembre 2014, la revue de l’a-croissance

http://courttoujours.hautetfort.com/sport/

« Ce serait

Ce ne serait pas / comme si on ne disait / rien // Ce serait juste / taire l’inutile / éliminer le superflu / rayer le cliché / froisser l’emballage cadeau // Ce serait / la flèche dans le cœur / le caillou dans la chaussure / le grain de sable dans l’œil / qui forcerait à s’arrêter // Ce serait se défaire / de quelque chose / pour mieux le regarder // Ce serait / dérouter la flèche / polir le caillou et / grossir le grain de sable // Ce serait écrire » Jany Pineau

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 20:27

23 - Et pour finir la semaine, voici une figure de la chanson poético libertaire largement tombée dans l'oubli. Je me souviens qu'il chantait pour les objecteurs de conscience dans les années 70. Je me préparais à en être. C'est en partie d'avoir écouté ses textes que m'est venu un jour l'idée de gribouiller sur des feuilles des trucs que j'imaginais ressembler à des poèmes.

Une association lui rend hommage, http://www.jehan-jonas.fr/

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

21 - CQFD n°128, janvier 2015, Une colère à contenir, article de Catherine Thumann, enquête dans un foyer d’urgence à Marseille.

« C’est vivant, plein d’humanités écorchées, ravagées, déboussolées, mais rassemblées autour d’une table ou du comptoir. Joseph, le papi accueillant a parcouru CQFD. « Dis-donc, il est bien politique ton canard. Tu peux me donner une définition de la politique ? » Flairant la question piège, je me débine avec une phrase sans intérêt. Il réagit : « Archi faux ! La politique, c’est un chantage exercé par l’imprévu sur les imbéciles. Quand vous allez voter, c’est comme si vous mangiez une boîte de haricots. Vous ne savez jamais lequel va vous faire péter. Haha ! » Tout le monde se poile. Il conclut, revissant son bonnet sur le chef : « C’est pas beau ? C’est de moi ! » On a envie d’applaudir, de lui tendre un micro, de l’embarquer dans une manif pour qu’il la hurle, sa vision de la politique. On se dit que tous, là, s’ils avaient de l’énergie à mettre dans autre chose que dans la survie, ils en auraient des messages à faire entendre. »

 

20 - Demain dans la bataille pense à moi de Javier Marias, éd. Rivages

Quand le désenchantement lucide nous envoûte…

« Et comme il reste peu de chaque individu dans le temps inutile comme la neige glissante, comme sont rares les choses qui laissent des traces, et comme on en parle peu, et de celles dont on parle on ne se souvient plus tard que d’une infime partie, et pendant peu de temps : tandis que nous voyageons vers notre lent évanouissement pour simplement passer dans le dos ou revers de ce temps où l’on ne peut plus penser ni faire ses adieux : « Adieu rires, adieu offenses. Je ne vous verrai plus, vous ne me verrez plus. Adieu ardeur, adieu souvenirs. » »

 

19 - Chiendents n°42, Cahier d’arts et de littérature, Écumes, Michel Baglin, éditions du petit véhicule.

http://stephane-beau.blogspot.fr/2013/12/michel-baglin-est-dans-chiendents.html

Un peu à la Ferré…

« L’ordre

C’est le mur mitoyen qui cache le voisin, / le sentiment confit quand il a pris le pli. / C’est l’idée nivelée à hauteur de télé / et l’enfant aussi sage que son livre d’image. / C’est la femme éternelle figée dans ses dentelles, / le masculin dressé à parler singulier, la solitude servie à la croisée des lits / et l’hiver infligé à ma moitié d’été. / C’est la photo qu’on prend croyant flouer le temps, / le mot désenchanté qui meurt dans nos clichés / et la facilité accordée aux idées / qui réchauffent chacun au feu des lieux communs. 

...»

 

18 - Est-ce que de Jean-Claude Touzeil, illustré par Yves Barré, éditions Donner à voir.

initialement paru en 1999 et réédité en 2012, 15 ans donc que ce petit bouquin est à côté de mon bureau et que j'y vais picoter régulièrement avec toujours le même émerveillement.

" Est-ce que le grillon du foyer ne serait pas en train de jouer la sérénade à l'hirondelle de cheminée?"

"Est-ce qu'une mer d'huile favorise la pêche à la sardine ?"

"Est-ce que le scorbut s'attrape plus facilement au stade de France ?"

"Est-ce qu'on peut vraiment interroger un répondeur ?"

"Est-ce qu'un rendez-vous à La Garenne équivaut à un lapin?"

 

17- Bric à brac hopperien de Thomas Vinau, éditions Alma,

http://www.alma-editeur.fr/bric_a_brac_hopperien.html

« Intérieur / extérieur

Je voudrais que les yeux / Qui se promènent / Sur mes tableaux / Servent de fenêtre / Ou d’escalier / Entre mon cœur / Et les grands vents. »

 

16 - ) le corps du paysage ( de Patrick Dubost, la rumeur libre éditions. Collection plupart du temps.

http://www.larumeurlibre.fr/catalogue/collections/plupart_du_temps/le_corps_du_paysage_patrick_dubost

) ne pas écailler davantage la peinture du portail (       ) qui me dicte ainsi de ne pas écailler plus la peinture du portail ? (       ) qui suis-je, bougeant de quelques millimètres dans un jardin ? (       ) un jardin de quelques centimètres est-il encore un jardin ? (

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Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.

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Si des ouvrages présentés dans ce blog vous intéressent, vous pouvez les commander en envoyant un chèque correspondant à la somme indiquée (+ un forfait port de 1 €) à l'adresse des éditions :
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pour tout renseignement complémentaire (conditions d'envois et de remises pour les libraires, collectivités...), vous pouvez écrire à gros.textes@laposte.net

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Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.