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28 septembre 2019 6 28 /09 /septembre /2019 19:49

Que mourait Joë Bousquet en 1950. Il vécu les 32 dernières années de sa vie, paralysé, dans une chambre aux volets fermés et c’est là qu’il écrivit des poèmes lumineux. Fascinant.

« … / La terre est légère aux serments d’un jour. // Le vent pleurait les oiseaux de passage, / Berçant les mers sur ses ailes de sel, / Je prends l’étoile avec un beau nuage, / Quand la page blanche a bu tout le ciel. // Dans l’air qui fleurit de l’entendre rire, / Marche un vieux cheval couleur de chemin, / Connais à son pas la mort qui m’inspire / Et qui vient sans moi demander sa main. » (La connaissance du soir)

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25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 21:09

Que naissait William Faulkner en 1897. Il se faisait une haute idée de l’écriture et de la poésie : « Je suis un poète raté. Peut-être chaque romancier désire-t-il écrire de la poésie d'abord, et s'apercevant qu'il en est incapable, essaye la nouvelle qui est, après la poésie, le genre le plus exigeant. N'y réussissant pas, c'est seulement alors qu'il s'attaque au roman. »  

 

« Écrire, c'est comme craquer une allumette au cœur de la nuit en plein milieu d'un bois. Ce que vous comprenez alors, c'est combien il y a d'obscurité partout. La littérature ne sert pas à mieux voir. Elle sert seulement à mieux mesurer l'épaisseur de l'ombre. »

 

Du coup je suis un peu gêné de dire que je viens d’écrire un recueil de poèmes :

https://sites.google.com/site/grostextes/publications-2019-1/artufel-yves

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24 septembre 2019 2 24 /09 /septembre /2019 20:16

Que naissait Antonio Tabucchi en 1943. Il me semble que la poésie va parfois plus se nicher dans les romans de ce genre de bonhomme que dans les écrits de nombreux poètes.

« Il se demanda : dans quel monde est-ce que je vis ? Et il lui vint à l’idée que, peut-être, il ne vivait pas, c’était comme s’il était déjà mort. Ou mieux : il ne faisait rien d’autre que penser à la mort, à la résurrection de la chair à laquelle il ne croyait pas et à d’autres sottises de ce genre, sa vie n’était qu’une survie, une fiction de vie. » (Peirera prétend)

 

« Mais combien de vies y a-t-il dans une vie ? Est-ce la même personne segmentée en plusieurs temps, ou est-ce le temps segmenté en plusieurs personnes ? » (Une malle pleine de gens)

 

Tabucchi soufflait sa première bougie que naissait Bernard Haillant. J’écoutais ça il y a 40 ans :

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23 septembre 2019 1 23 /09 /septembre /2019 18:36

Que naissait Jaroslav Seifert en 1901. En 2006, Jean-Gaspard Páleníček avait offert à la revue Liqueur 44 un ensemble de traductions d’auteurs tchèques dont cette Chanson sur la poussière de Jaroslav Seifert : « Qu’est donc resté de tous ces beaux moments ? / L’éclat des yeux, / une gouttelette de parfum, / quelques soupirs sur le revers de la veste, / un souffle sur le verre, / une pincée de larmes / et un ongle de tristesse. // Et puis, croyez-moi, rien d’autre, ou presque. / Une poignée de fumée de cigarette, / deux ou trois sourires fugitifs / et un peu de mots / qui roulent dans un coin / comme de la poussière / acculée par le vent. // J’allais presque oublier aussi : / trois flocons de neige. // Voilà tout. »

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22 septembre 2019 7 22 /09 /septembre /2019 20:59

Que mourait Álvaro Mutis en 2013. Ses romans mettent en scène des marins aventuriers désenchantés qui rappellent l’univers d’Hugo Pratt. Il fut également poète et son personnage de roman, Maqroll el Gaviero, proche de Corto Maltese, est né en poésie : « Pour les arbres brûlés après la tourmente. / Pour les eaux boueuses du delta. / Pour ce qui demeure de chaque jour. / Pour le petit matin des prières. / Pour ce que recèlent certaines feuilles / dans leurs veines couleur d’eau / profonde et sombre. / Pour le souvenir de ce bonheur bref / et déjà oublié / qui fut mon aliment de tant d’années sans nom. / Pour ta voix de nacre rauque. / Pour tes nuits où transite la vie / en un galop de sang et de rêve. / Pour ce que tu es aujourd’hui pour moi. / Pour ce que tu seras dans le tumulte de la mort. / Pour cela je te garde à mon côté / comme l’ombre d’un illusoire espoir. » (Et comme disait Maqroll el Gaviero)

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22 septembre 2019 7 22 /09 /septembre /2019 20:58

Que mourait Henri Bauchau en 2012. Il donna ce conseil qu’on n’est bien sûr pas obligé de suivre si on veut se faire sa propre idée.

« Finalement l’amour est une lumière, une chaleur, c’est aussi un nœud, un nœud coulant. Ne va pas trop vite, ne va pas trop loin, sinon ça va serrer. »

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20 septembre 2019 5 20 /09 /septembre /2019 07:20

Que naissait Javier Marias en 1951. Ses romans majestueux sont chargés d’une lucidité désenchantée qui me semble-t-il colle parfaitement à notre époque.

« Nous avons honte de beaucoup trop de choses, de notre aspect et de nos croyances passées, de notre ingénuité et de notre ignorance, de la soumission ou de l'orgueil dont il nous est arrivé de faire preuve, de la flexibilité ou de l'inflexibilité, de tant de choses proposées ou dites sans conviction, d'être tombés amoureux de qui nous sommes tombés amoureux et d'avoir été l'ami de qui nous l'avons été, les vies sont souvent trahison et négation continuelles de ce qu'il y eut avant, tout s'altère et se déforme au fil du temps, et pourtant nous continuons à avoir conscience, même si nous nous trompons, que nous gardons des secrets et que nous entretenons des mystères, bien que la plupart soient banals. »

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19 septembre 2019 4 19 /09 /septembre /2019 20:44

Que mourait Dominique Labarrière en 1991. Il fit en poésie quelques « stations avant l’oubli », titre de son dernier livre, il reste un des auteurs vers lesquels je me précipite spontanément les soirs de grande désespérance histoire de m’inventer encore une famille.

« Certaines solitudes ont ceci de terrible qu’à peine s’estomperaient-elles un moment, leur retour serait désiré avec impatience. »

 

« voici qu’il y a du vert / du brun du bleu / du ciel aussi // des papillons vont / viennent avec lenteur // qui / pour marcher / dans la chaleur / autour des oliviers // ici / la lumière entraîne à / disparaître »

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18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 20:00

Que mourait Benjamin Peret il y a 60 ans. Ses délires surréalistes ont moyennement bien vieillis mais je persiste à m’y aventurer de temps en temps : « Il était environ quatre heures de l'après-midi, M. Charbon frappa trois fois la terre de son front. D'un nuage qui se trouvait à grande hauteur au-dessus de nous, une pluie de fraises s'abattit.
— Toujours le cœur ! fit M. Charbon. Il est en sécurité maintenant et il se moque de nous.
Je regardai le sol autour de nous et je m'aperçus que les fraises y avaient dessiné des lettres. Je lus : La vie est courte. »
(Mort aux vaches et au champ d’honneur)

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17 septembre 2019 2 17 /09 /septembre /2019 21:44

Que mourait Alfred de Vigny en 1863. Les enfants qui comme moi ont assisté à sa mort du loup et ses dernières paroles, même si on ne comprenait pas tout, en gardent normalement un souvenir impérissable. « - Ah ! je t'ai bien compris, sauvage voyageur, / Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au cœur ! / Il disait : " Si tu peux, fais que ton âme arrive, / A force de rester studieuse et pensive, / Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté / Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté. / Gémir, pleurer, prier est également lâche. / Fais énergiquement ta longue et lourde tâche / Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler, / Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. » 

Et écouter Gérard Philippe la restituer en entier c’est encore mieux :

https://www.youtube.com/watch?v=an4_fPZmhws

 

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Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.

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Également Chez Gros Textes - Catalogue

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Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.