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28 février 2019 4 28 /02 /février /2019 21:26

Que mourait Alphonse de Lamartine en 1869. De mes années d’écolier je lui dois certainement un des poèmes qui a le plus imprimé ma corde sensible, Milly « …Murs noircis par les ans, coteaux, sentier rapide, / Fontaine où les pasteurs accroupis tour à tour / Attendaient goutte à goutte une eau rare et limpide, / Et, leur urne à la main, s'entretenaient du jour, // Chaumière où du foyer étincelait la flamme, / Toit que le pèlerin aimait à voir fumer, / Objets inanimés, avez-vous donc une âme / Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?... ». Bon c’est tout pour Lamartine.

 

Et en écho comme hier j’ai continué à feuilleter le gros pavé de 365 poèmes de Thomas Vinau, C’est un beau jour pour ne pas mourir au Castor Astral. Il s’agit de poèmes tirés de son blog alimenté quotidiennement ou quasi depuis des années ( http://etc-iste.blogspot.com/ ).

Celui-là a des airs de Lamartine : « Des braises brisent la noirceur // Sur le palier si familier / où agonisent les lueurs / un vieux chien noir / vient se confondre avec la nuit / sa langue lèche mes silences / on trinque ensemble chaque soir / aux clins d’œil des étoiles qui meurent / sur le beau vide de la vie ».

Et pour boucler ce mois de février : « C’est tellement du passé // C’est tellement du passé / que c’est presque de l’enfance ».

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27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 22:01

Que Jack Micheline choppait un infarctus dans un train du côté de San Francisco en 1998. Figure méconnue en marge du mouvement beat dans les années 50 et 60, la rue était son domaine avec sa rudesse et ses fleuves de vin rouge, il y colportait des recueils plus ou moins bien ronéoté et les gueulait à qui voulait bien l’entendre. Son recueil « Un fleuve de vin rouge » préfacé par Kerouac a été traduit et édité au Dernier Télégramme il y a quelques années.

« Je veux du vin / les cailloux dans ma tête ne se transformeront pas en pain. / Aujourd’hui c’est mon anniversaire cinquante-six ans et tout ce que je possède c’est une poche vide. / Ma vieille figure de poi­vrot est toute vérolée et balafrée. / Je tremble méchamment de tous mes membres dans cette foutue brise glaciale. / Ai voyagé loin avec une centaine de guitares / la petite musique dans mon crâne vacille et s’éteint. / Me suis traîné sur une béquille sur plus de dix mille kilomètres / à chercher des sourires / à fredonner des mélodies / pâtée pour chien couteaux de cuisine néon éblouissant dans le fauteuil d’un coiffeur. / Mes gosses sur la route depuis très longtemps et ma femme complètement dérangé depuis tant d’années. / Le bleu du ciel c’est à travers des picrates rouge sang que je l’ai regardé / désir vampire vivant ma vie / avec le Christ. / La mort m’a pourchassé ici et là. / La vie en moi s’éteint vite. / Faut que je me colle à la route la route la route / tirer sur mon mégot / c’est toujours trop long quand je suis parti parti parti / Aujourd’hui c’est mon anniversaire et le blé ne va pas pousser dans ma tête / je veux du vin / du vin / du vin »

 

En écho ce 27 février, j’ai picoré dans le dernier Thomas Vinau C’est un beau jour pour ne pas mourir (Le Castor Astral). Comme je suis un peu long aujourd’hui, j’y reviendrai un autre jour mais je peux pas aller me coucher sans recopier ceci : « Tu sens la feuille morte // pis t’as le sourire froissé / couleur ankylosée / le starter défectueux / le givre envahissant / la récalcitrance mal taillée / tu te laisses pousser l’automne / t’es beau comme un matin / qui ne veut pas se lever »

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26 février 2019 2 26 /02 /février /2019 21:35

Que naissait Jean Teulé en 1953. Il a romancé à sa manière les vies de Rimbaud, Verlaine ou Villon et parlé de faits divers surprenants. Un auteur à part que je lis avec une certaine délectation.

« Le vent des remords battait ses rafales. Sur le beau front touché par les années, la lune fit briller les croix d'un cimetière. Des pétales de doigts se fanèrent dans sa main. Ô là-bas, le tombeau en pente sur la rive. Un rayon blanc, tombant du haut du ciel, anéantit cette comédie. » (Ô Verlaine !)

 

Ce 26 février en écho j’ai lu Concerts célestes de Kiril Kadiiski, le poète bulgare qui aurait retrouvé un exemplaire (certainement apocryphe) de la mythique Légende de Novgorode de Cendrars et noté ceci : « La rivière emporte le soleil / comme un bouchon inutile. / Que restera-t-il de nous en ce bas monde / si nous ne retenons pas avec nos dents – ne serait-ce qu’une fois - / notre soleil blessé en pleurant de rage ? »

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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 20:42

Que Victor Hugo était sur le point de naître et de faire ses premiers pas en ce siècle 19 qui n’avait que deux ans. Et « Qui fait son premier pas use peut-être ses derniers souliers. » (Quatre-vingt treize)

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 21:39

Que mourait Georg Christoph Lichtenberg en 1799. Ses cinq cahiers d’aphorismes rassemblés en un volume sont une mine pour l’amateur du genre.

« L'Américain qui découvrit le premier Christophe Colomb fit une méchante découverte. »

« Janvier est le mois où l'on offre ses meilleurs vœux à ses amis. Les autres mois sont ceux où ils ne se réaliseront pas. »

170 ans plus tard ce fut une complication grippale qui emporta Jean Proal. On ne le connait pas bien. C’est un auteur qui a écrit avec force tant sur la montagne (Suite Montagnarde) que sur la mer (Camargue). Pour le minot de Marseille venu finir ses jours dans les Alpes que je suis, ça parle. Mais la critique n’a vu en lui qu’un sous-produit de Giono ou Ramuz. La critique est injuste et la postérité ben comme disait Queneau, on lui dit merde et remerde et reremerde.

« La montagne donne de bonne heure à l'homme le sens de ses limites. »

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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 22:04

Que mourait Jean-Baptiste Clément en 1903. De lui on ne connaît surtout le temps des cerises et un peu la semaine sanglante. On dit que Louise Michel à son retour de bagne participa avec Emile Pouget à une manifestation de chômeurs le 3 mars 1883 et distribuait sous forme de tract le texte d’une autre chanson de Jean-Baptiste Clément, les traîne misère avec la dédicace suivante : « Dédié à ceux à qui l’on dispute le pain, l’air, la vie … tout enfin ce dont ont besoin des êtres humains et ce à quoi ils ont droit. Dédié à ceux qu’on exploite, qu’on affame, qu’on emprisonne, qu’on mitraille, qu’on garrotte, qu’on jette en prison et dans les bagnes quand ils revendiquent leur droit à l’air. Dédié à ceux qui après quarante et cinquante ans de travail arrivent fourbus, désespérés et vrillés de douleurs à n’avoir même pas un morceau de pain sur la planche pour récupérer, ne fût-ce même que quelques jours.

Dédié à ceux qui travaillent comme des bêtes de somme et qui ne vivent même pas aussi bien ! … dédié à ceux qui piochent comme des sourds dans les sombres profondeurs de la terre avec la perspective, en s’y rendant, d’y être ensevelis, ou, s’ils en sortent, de ne pas avoir à manger tout leur saoul…

Dédié à tous ceux dont la résignation, l’intelligence, le courage, le travail entretiennent une poignée de parasites !… »

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22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 23:24

Que naissait Georges Hyvernaud en 1902. Après la guerre, il a écrit deux romans « La peau et les os » et « Le wagon à vaches ». Comme personne n’en avait rien à foutre de ses romans, il a arrêté d’écrire. Faut dire qu’il n’a jamais parlé que des invisibles : « Petite morale : se contenter de peu, ne pas user, ne pas oser. Douce petite morale recroquevillée de mon enfance. On m'a appris ça, dans la maison du quartier Saint-Roch. Je n'en suis pas encore guéri. On m'a appris les saines vertus des petites gens qui pataugent dans leur existence invisible. Les modestes, les discrètes vertus populaires. »

Le bouquiniste que je suis regarde avec curiosité les livres annotés. J’ai sous la main un ouvrage qui rassemble des notes inédites que la femme d’Hyvernaud a rassemblées après sa mort et éditées sous le titre de « Feuilles volantes ». La propriétaire de l’ouvrage, une dénommée Laurence, avait noté en 1995 sur les pages de gardes entre autres ceci :

« Il faut peu pour vivre. Et moins encore. On peut toujours supprimer quelque chose. »

« Mais on s’en sortira de tout ça. Les myosotis nous le disent. »

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21 février 2019 4 21 /02 /février /2019 22:07

Que naissait Raymond Queneau en 1903.

« Il y a toujours des gens qui trouvent quelque chose à ne rien dire. »

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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 20:35

J’ai appris le décès de Francis Krembel, le poète de Béhuard, l’île sur la Loire tout près de Rochefort. Mais aussi le poète de la simplicité amicale, de la fabrique du rêve (artisan des éditions « Traumfabrik »), de la fidélité aux origines malgré tout.

« N’être plus de là, du lieu. / Sentir glisser lentement et partir / ce que fut sa vie / devenir l’étranger dans les villages. // N’être plus que l’être de passage / sentir se clore une époque et un lieu. // Être l’être de l’errance / le marcheur hérissé de stridences / aller pourtant vers l’essentiel. // Être nu, comme l’homme du siècle finissant. / Pas voulu, pas choisi, pas forcément subi. // Nous nous étonnons tout de même / de vivre ainsi dans un indéfini matin d’exil. » (Dans l’île – Gros Textes 2007).

Depuis 12 ans à intervalles raisonnables, il confiait à Gros Textes un manuscrit toujours d’une grande délicatesse.

https://sites.google.com/site/grostextes/publications-2010/krembel-francis

https://sites.google.com/site/grostextes/publications-2014/krembel-francis

https://sites.google.com/site/grostextes/publications-2017/krembel-francis

 

Devrait sortir ce printemps, « Conversation entre un poète et un philosophe » avec ce poème qui clos le recueil comme un message essentiel : « Cassons ce monde, buvons ! // Sortons de novembre, du noir, / de la nuit et de la pluie. / Rayons les rafales tueuses, / d’un petit feu d’humanités. // Patience, en attendant buvons un Savennière, un Gewurtztraminer sans âge. D’Ouest en Est, du Nord au Sud, layonnons le Layon, comme disait Jean Carmet l’acteur de passage, faisons fondre les glaces de l’effroi. // Cassons ce monde clos / par les granits du désespoir, / délayons les rafales sournoises et imbéciles. // « Boire du vin et étreindre la beauté / vaut mieux que l’hypocrisie du dévot / Si l’amoureux et si l’ivrogne / sont voués à l’enfer / Personne alors ne verra la face du ciel. »* // Trinquons, à la philosophie, la poésie, / à l’amour, à la vie.// *Robâiyat Quatrains Omar Khayyâm »

 

Et aussi, écoutons la voix de Christophe Jubien lisant Francis Krembel :

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19 février 2019 2 19 /02 /février /2019 21:55

Que naissait Dan Fante en 1944. Il a juste raconté ses jours qui défilent avec ce truc qu’on appelle le style. Puis il est mort et on ne s’en est même pas aperçu. C’est con.

« Et me voila jeté / tout entier et tout cru / dans / la chatte / rance / d'un / nouveau / jour »

En 2013, Hervé Merlot avait concocté une anthologie clins d’yeux à Bukowski et c’est Dan Fante qui l’avait préfacée : https://sites.google.com/site/grostextes/publications-2013/buk-you

Dedans, page 41, il y avait ça de Cathy Garcia : « Je suis encombrée tu sais, tellement encombrée. Impossible de poser les valises, nulle part. Ce sont des valises accrochées à mes tripes. Parfois je me sens tellement au bord, au bord de basculer. On me dit que je m’en suis bien sortie, mais je ne crois pas m’être sortie de quoi que ce soit. J’avance et si on tend l’oreille, on peut entendre comme un bruit de vieilles casseroles. Je suis lourde de mon histoire. // Je n’ai rien d’autre à donner qu’un amour cabossé, une sincérité déplacée, des rêves sans issue. »

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Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.