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13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 20:06

Que mourait Emmanuel Bove en 1945. J’ai toujours été fasciné par cet auteur aux romans tellement désespérés qu’ils en deviennent presque drôles.

« Je m’assois sur une chaise  - une chaise de jardin qui se plie - et je pense à l’avenir.
Je veux croire qu’un jour je serai heureux, qu’un jour quelqu’un m’aimera.
Mais il y a déjà si longtemps que je compte sur l’avenir ! »

...

« J’aime les mots « espérer » et « avenir » dans le silence de mon cerveau, mais dès que je les prononce, il me semble qu’ils perdent leur sens. »

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12 juillet 2019 5 12 /07 /juillet /2019 21:58

Que naissait Max Jacob en 1876. Dans un vieux cahier de citation de mes 20 ans, j’ai retrouvé cette strophe : « Échos d'échos des longues plaines / Et les chansons des émigrants! / Où sont les refrains d'autres temps / Que l'on a chantés tant et tant? / Où sont les filles aux belles dents / Qui l'amour par les chants retiennent? / Et mes chansons? qu'il m'en souvienne! » (j’ai bien dû fantasmer sur ces filles aux belles dents)

 

C’est également un 12 juillet qu’en 1933 naissait Donald Westlake, auteur de polars marrants et d’incursions dans le fantastique ou la SF. Une littérature qui fait simplement du bien par où ça passe : « - Qu'est-ce que vous en pensez ?
Je ne savais pas ce que j'en pensais. Mais quand les gens vous montrent une photo - leur femme, leur nana, leurs enfants, leur chien, leur nouvelle maison, leur bateau, leur jardin - on leur dit "très joli".
- Très joli, ai-je dit en rendant la photo. »

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11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 23:12

Qu’en 1846 naissait Léon Bloy qui proférait des jugements assez radicaux : « Je crois fermement que le sport est le moyen le plus sûr de produire une génération d'infirmes et de crétins malfaisants. »

Il pouvait également donner sans en avoir l’air de précieuses leçons d’économie politique : « Tout homme qui possède au-delà de ce qui est indispensable à sa vie matérielle et spirituelle est un millionnaire, par conséquent un débiteur de ceux qui ne possèdent rien. »

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10 juillet 2019 3 10 /07 /juillet /2019 21:51

Que mourait Hadrien en 138. Marguerite Yourcenar qui écrivit ses mémoires lui prête ces dernières paroles :

« Petite âme, âme tendre et flottante, compagne de mon corps, qui fut ton hôte, tu vas descendre dans ces lieux pâles, durs et nus, où tu devras renoncer aux jeux d'autrefois. Un instant encore, regardons ensemble les rives familières, les objets que sans doute nous ne reverrons plus... Tâchons d'entrer dans la mort les yeux ouverts... »

 

Ce 10 juillet, j’ai appris le décès de Michel Baglin survenu lundi.

« Et tu mourrais comme on replie sur soi les draps, ayant éconduit les aventures offertes. Au fond d'une citadelle, d'un regret embué, d'une sagesse d'un autre âge.
Sans avoir dit pourquoi, sans avoir dit pour qui, longtemps, tu auras eu si froid. »

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 21:42

Que mourait Maurice Baquet en 2005. Ce violoncelliste alpiniste comique excentrique autant que génial fut l’ami de Jacques Prévert, Roger Blin, Frison-Roche ou Gaston Rebuffat entre autres, ainsi que de Robert Doisneau qui fit de nombreuses de ses photos célèbres avec lui et son violoncelle. Il lui écrivit des lettres et cartes postales rassemblées en un ouvrage sous le titre J’attends toujours le printemps :

"Cher Maurice
(...) Tu vois que même seul, je ne m'ennuie pas et c'est heureux, car l'homme est toujours seul, c'est dit.
Pour toi, Maurice, qui combats la solitude essentielle par la recherche permanente d'une âme sœur, c'est sans espoir, mais rien ne vaut l'expérience personnelle et comme je te connais, tu continueras à chercher. C'est plaisant. Il y a des recherches moins passionnantes ou du moins avec un matériau moins satiné. Salut, Maurice, demain je pars pour l'Espagne, les vacances et dormir.
A bientôt mon vieux violon céleste,
Robert"

C'est un 8 juillet

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 18:42

Qu’en 1893 naissait Maïakovski qui connu grande souffrance : « Alors de nouveau / sombre et abattu, / je prendrai mon cœur, / le baignerai de larmes / et l'emporterai / comme un chien / dans sa niche / emporte / sa patte écrasée par un train » mais aussi prodigua ce conseil (ou cet ordre) : « Il nous faut arracher la joie aux jours qui filent. » Exécution !

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6 juillet 2019 6 06 /07 /juillet /2019 20:17

Que naissait Serge Pey en 1950. Il a ouvert des portes avec son bâton.

« Les portes nous abandonnent quand on ne sait plus entrer dans leur maison. Les portes nous aiment quand on ne les ferme pas. »

Serge Pey fêtait ses 24 ans quand mourait Francis Blanche. Il est peu cité comme poète, mais son recueil Mon oursin et moi navigue fort poétiquement entre émotion et dérision.

« J'ai rêvé ma vie / Les yeux grands ouverts / Me suis réveillé / Quand c'était l'hiver // La neige était là / Le ciel était gris /  Le vent était froid / Je n'ai pas compris // Mes beaux soirs d'avril / Que j'avais rêvés / Où donc étaient-ils / J'en aurais pleuré // Faites-moi plaisir / Commencez sans moi / Laissez-moi dormir / …j'étais fait pour ça... »

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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 21:09

Pas de naissances ou décès inspirants. Suis allé faire un tour dans le Décharge 182 (https://www.dechargelarevue.com/Decharge-no-182.html ) qui s’ouvre sur une poignante série d’hommages à Antoine Emaz et un peu plus loin une sorte de synthèse d’hommages par François de Cornière qui évoque un pot pris avec Jacques Josse après une lecture de ce dernier : « Il y avait eu entre nous / – en prenant un pot après la lecture / et dans son livre bien sûr - / le souvenir d’Alain Jégou d’Yves Martin / d’Alain Malherbe (le seul des trois / que j’ai vraiment connu et je l’aimais bien). // Je pensais à eux en marchant vers ma voiture / garée un peu loin sur le quai / À eux et à Michel Merlen aussi / qu’on avait évoqué / à ce temps d’avant / quand on fabriquait nous-mêmes nos revues / nos plaquettes (machine à écrire – ronéo - / photocopieuse en douce – presse à épreuves) / et qu’on se les échangeait « en poésie » / - c’était il y a quarante ans déjà ? //… // Derrière le pare-brise / des virgules blanches passaient dans le ciel invisible / des ombres accouchées sur des mots / attendaient silencieuses quelque part / le point final qui ira les rejoindre / et qui un jour sera moi. »

Machine à écrire à ruban, graveur de stencil et ronéo, ma première expérience de revue date de 1982. À l’époque j’écoutais volontiers les chansons d’Anne Vanderlove qui est morte sans bruit le 30 juin dernier.

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4 juillet 2019 4 04 /07 /juillet /2019 21:32

Que naissait Robert Desnos en 1900. Ils font toujours mouche, ses replis de mystère au cœur d’une évidente simplicité : « Où allez-vous avec vos tas de carottes ? / Où allez-vous, nom de Dieu ? / Avec vos têtes de veaux / Et vos cœurs à l’oseille ? // Nous allons pisser dans les trèfles / Et cracher dans les sainfoins. //… // Où allez-vous ? Où allez-vous ? / A travers la boue et la nuit ? / Nous allons cracher dans les trèfles / Et pisser dans les sainfoins / Avec nos airs d’andouilles / Avec nos becs-de-lièvre / Nous allons pisser dans les trèfles… »

Et puis son poème d’amour « A la mystérieuse » parvint à bouleverser Antonin Artaud : « Ce sentiment d'un amour impossible creuse le monde dans ses fondements et le force à sortir de lui-même, et on dirait qu'il lui donne la vie. Cette douleur d'un désir insatisfait ramasse toute l'idée de l'amour avec ses limites et ses fibres, et la confronte avec l'absolu de l'Espace et du Temps, et de telle manière que l'être entier s'y sente défini et intéressé. »

En écoutant à 20 ans l’interprétation de Michel Corringe, je ne formulais peut-être pas les choses ainsi mais ça devait être ça.

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3 juillet 2019 3 03 /07 /juillet /2019 18:09

Que mourait Franz Kafka en 1924.

« Il n'est vraiment pas nécessaire de prendre son vol pour arriver au beau milieu du soleil, mais il importe de ramper sur terre jusqu'à ce que l'on y trouve une petite place propre où le soleil luit parfois et où il est possible de se réchauffer un peu. » (Lettre au père)

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Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.