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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 19:57

11- Ce pote à Michel Buhler est un sacré parolier

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

10 - Les misérables de Victor Hugo, livre de poche

Tiens tiens Victor Hugo est donc du côté des barbares qui déchirent les chemises des DRH, c’est bon à savoir…

"En 93, selon que l’idée qui flottait était bonne ou mauvaise, selon que c’était le jour du fanatisme ou de l’enthousiasme, il partait du faubourg Saint-Antoine tantôt des légions sauvages, tantôt des bandes héroïques.

Sauvages. Expliquons-nous sur ce mot. Ces hommes hérissés qui, dans les jours génésiaques du chaos révolutionnaire, déguenillés, hurlants, farouches, le casse-tête levé, la pique haute, se ruaient sur le vieux Paris bouleversé, que voulaient-ils ? Ils voulaient la fin des oppressions, la fin des tyrannies, la fin du glaive, le travail pour l’homme, l’instruction pour l’enfant, la douceur sociale pour la femme, la liberté, l’égalité, la fraternité, le pain pour tous, l’idée pour tous, l’édénisation du monde, le Progrès ; et cette chose sainte, bonne et douce, le progrès, poussés à bout, hors d’eux-mêmes, ils la réclamaient terribles, demi-nus, la massue au poing, le rugissement à la bouche. C’étaient les sauvages, oui ; mais les sauvages de la civilisation.

Ils proclamaient avec furie le droit ; ils voulaient, fût-ce par le tremblement et l’épouvante, forcer le genre humain au paradis. Ils semblaient des barbares et ils étaient des sauveurs. Ils réclamaient la lumière avec le masque de la nuit.

En regard de ces hommes, farouches, nous en convenons, et effrayants, mais farouches et effrayants pour le bien, il y a d’autres hommes, souriants, brodés, dorés, enrubannés, constellés, en bas de soie, en plumes blanches, en gants jaunes, en souliers vernis, qui, accoudés à une table de velours au coin d’une cheminée de marbre, insistent doucement pour le maintien et la conservation du passé, du moyen-âge, du droit divin, du fanatisme, de l’ignorance, de l’esclavage, de la peine de mort, de la guerre, glorifiant à demi-voix et avec politesse le sabre, le bûcher et l’échafaud. Quant à nous, si nous étions forcés à l’option entre les barbares de la civilisation et les civilisés de la barbarie, nous choisirions les barbares." 

 

9- Il faut repeindre le moteur (suite)

"J’ÉCRIS AU RÉVEIL HISTOIRE DE DIRE QU’ON TROUVE PARFOIS DANS CETTE VIE,

UN CLÉBARD POUR NOUS RAMENER UNE BABALLE

On a réveillé les animaux, les sauvages, les domestiques, les migrateurs et les peluches, les poupées de chiffons, les chiffons de l'enfance. On serre bien fort ce qu'on a pu sauver. Presque rien. Un arbre décharné à la source des révoltes. Des mains de maçon. Le cristal d'une rencontre s'éclatant dans cette herbe à poète. J'y reviens souvent brouter les vieilles lézardes avec mes yeux de fièvre. Il parait qu’Oedipe a balancé son complexe au fond du puits qui s'appelait maman ou beau crocodile ou bien encore anguille reine de la vase.  Une ombre, sous peu, gagnera la partie, serrera notre gorge. Au commencement bien sûr, était l'air du temps. J’écris pour tenter de siffloter cette mélodie d’un air dégagé. J’écris pour envoyer quelque chose qui rebondit contre une barrière invisible. Avec les animaux bien sûr."

 

8- Les coups de Jean Meckert, folio

Un autre auteur méconnu de sensibilité libertaire comme on dit. Il signait également des polars drôlement bien fichus sous le nom de Jean Amila.

« Ils passaient leur vie à ne rien dire, mais bon Dieu ils le disaient bien.
*
Descendre, c’est toute la vie, sans doute. » 

 

7- On reste avec Georges Navel et ce témoignage remarquable de lucidité à l'attention de mes copains anars...

"C’est un peu difficile d’être anar, tu sais. Le changement soudain de la société, on a autant de mal à y croire qu’au mythe de l’Immaculée Conception. Faut avoir la foi. Pas d’autorité, d’accord, mais s’il y a mésentente, qu’est-ce qu’on fait ? Moi, cette question m’a toujours intéressé. L’Etat se reconstitue toujours, tu comprends. Ça peut être sous une forme syndicale. La FAI a dû recréer sa police. Et puis les anarchistes se font toujours avoir et, quand ils sont confrontés au pouvoir, ils deviennent ministres. Moi, je n’étais pas théoricien, j’étais attiré par le mouvement libertaire, mais je sentais ses faiblesses latentes. C’est une famille par la sensibilité libertaire, une façon de réagir, le goût de la liberté… Maintenant, sur le plan de la transformation
sociale… Récemment, j’ai entendu May Picqueray à la radio. Elle disait : « Ni dieu ni maître, quoi de plus beau ? » D’accord… Renvoyer son livret militaire, rien de plus beau… Comment ? Hein ? Allez, au trou…Tu vois, t’as le sentiment du drame, quoi… Moi, je suis libertaire, par nature, mais il faut bien battre monnaie. La société ne se passe pas de droits écrits, elle ne se passe pas de systèmes répressifs. Tout est une question de mesure. Ou t’es dans le système mécaniste du matérialisme, qui est un déterminisme où il n’y a pas de valeurs morales. Ou t’es dans l’anarchie qui, elle, est une doctrine morale qui part d’autres données… mais, bon, je ne suis pas philosophe…" 

L'intégralité ici : http://acontretemps.org/IMG/pdf/AC14et15Navelentretien.pdf

 

6 - Travaux de Georges Navel, éd. folio

"Je savais maintenant qu'on est sur la terre pour gagner seulement sa croûte, que la vie ne répond pas à cette attente de merveilleux qui donne aux enfants envie de grandir plus vite." 

 

5- Un fanal pour le vivant de Christophe Dauphin, Poèmes décantés, Les hommes sans épaules éditions

"Pendant que la pluie rouille dans la nuit
pendant qu’un monde décousu de ses rêves
s’effondre au bout d’une potence

Voici venu le temps des pillards
langage technocratique langue de plomb
d’invisibles voleurs veillent dans les poignets de l’aube
d’invisibles voleurs font les poches de la vie
les barbares sont venus aujourd’hui
quelque chose tremble et meurt en moi en nous"
(les oracles de l'ouzo)

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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 21:38

4 - "Mère sédentaire, qui depuis ma naissance tiens la maison en ordre comme si chaque jour était celui du dernier inventaire.

   c'est quand je reviens près de toi que j'erre. Ton attente est la même depuis si longtemps que tu ne touche plus terre.

   Quand, à tes côté, je frottais mes semelles sous les tas de feuilles mortes, je ne savais pas que cet ennui était le meilleur de ce que tu pouvais m'offrir."  (Guy Bellay)

 

 

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2-3 - Les Charpentières (anthologie 1960-1984) de Guy Bellay, éd. Le Dé Bleu

"Et tout d'un coup je m'apperçois / que je suis au plus inespéré de moi-même: / j'ai vieilli, / malgré tout, j'ai vieilli, / et je suis étonné."

 

1-  Les Charpentières (anthologie 1960-1984) de Guy Bellay, éd. Le Dé Bleu

Ce poème avait particulièrement impressionné le jeune instituteur que je fus : 

PORTRAIT D’ENFANTS EN GROUPE

(Le maître d’école est sur le côté)

Voici, de gauche à droite et de haut en bas :

Murielle, obèse et aphasique ;

Sylvie, sa tumeur sèche au cerveau ;

Line, son diabolo douloureux dans l’oreille ;

Patrick, sournois, bas comme une souche ;

Louis, qui garde sa casquette sur sa tête pour rester sûr de lui, mais l’ôte pour se frotter contre les chats ;

Sandra, orpheline aux mots dépareillés ;

Jean, silencieux, bras croisés, qui attendra six mois pour parler et me dire : « Vous ne me connaissez pas. »

Gaétan, qui aime mourir autant que vivre ;

Marc, qui incendie les boîtes aux lettres, appelle douze fois les pompiers, lâche les ciseaux du deuxième en visant les crânes, s’acharne à vouloir lire, et enfin y parvient ;

Karl, qui agite ses mains devant ses yeux, et c’est à longueur de jour le vol suspendu d’une mésange devant une fenêtre vide ;

Alain, qui a deux pères, et José, un demi ;

Annie, qui a repoussé ma main de son épaule comme un serpent ;

Gaëlle, la douce, la privilégiée du cœur et de l’esprit, apeurée par ces maladroits ;

Vincent, qui guette pour frapper ;

Valérie, au père suicidé le jour de la rentrée, et qui sourit toujours ;

Claudine la mince, la tranquille ;

Stéphane le parfait ;

Kamel, qui ne sait pas parler à plusieurs personnes à la fois ;

Éric, d’une franchise de faucille ;

Claire, que j’ai déçue : « Si tu t’énerves, toi aussi... » ;

Sandrine, qui a passé sa main devant mon visage, comme on désembue une vitre, quand je rêvais ;

et ceux qui sont heureux d’être oubliés.

 

De toute ma présence, j’allège cet échafaudage de consciences nues.

Les plus faibles sont dessous.

Et chaque soir, je suis, pendant un instant, comme une cage vide dont la porte bat.

 

30 - Daniel Biga présentait ainsi Guy Bellay dans Gare maritime, revue de la Maison de la Poésie de Nantes, en 2004 : « La poésie de Guy Bellay ne se conçoit qu’en relation immédiate avec l’émotion. Autrement “À quoi bon ?“ Cette œuvre importante, discrète, acérée, lumineuse comprend à peine 4 recueils. 4 minces livres en 40 ans. Soit un tous les dix ans ! […] Une œuvre refusant tout apparat, si honnête, si sobre, si pudique, si éloignée des mondanités – même des plus innocentes ! – qu’elle est méconnue de beaucoup. Et elle aurait pu même passer inaperçue (nous en connaissons d’autres exemples) si quelques vrais amateurs de la poésie nécessaire n’avait su la reconnaître à sa valeur juste, c’est-à-dire parmi les essentielles. »

 

29 -  Les Charpentières (anthologie 1960-1984) de Guy Bellay, éd. Le Dé Bleu

Je viens d'apprendre par un mail de Monia et Daniel Biga le décès de cet auteur. 

"Avant dernier poème
Maintenant je suis un poète sans substance. Je relis de vieux textes dans le silence d’émotions mortes. Je suis un homme âgé qui ne sait plus quoi écrire et que la création seule justifiait. L’enthousiasme ne s’invente pas. Des tempêtes ont abattu ce qu’il y avait à briser en moi. Je vis dehors. Je vais au-devant de je ne sais quoi, une rencontre, comme au début, lorsque j’attendais tout et que ce fut la vie qui vint."

 

28 - Le dessin d'humour, je ne lui ai pas laissé assez de place ces jours...

Un jour après l'autre - septembre 5
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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 21:12

25-26-27- Et une chanson une...

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24 - Journal de Jules Renard, Pléïade Gallimard.

"J'aime lire comme un poule boit, en relevant fréquemment la tête, pour faire couler."

 

23 - La belle à dos d’âne dans l’avenu Chang’an de Mo Yan, récits traduits du chinois par Marie Laureillard, éditions Philippe Picquier

« Je voudrais te faire comprendre que ce qu’il y a de plus redoutable sur terre, ce sont les paroles. A moins que tu ne sois un fieffé vaurien, tu ne peux pas te permettre de parler à la légère, ou pire encore de lâcher des paroles équivoques et superflues. Ne profite surtout pas d’une conversation pour faire étalage de ton prétendu style personnel, ou t’épancher sur tes idéaux grandioses. De tout temps, nombreux furent les grands personnages qui, comme toi, se sont fait piéger par leurs propres mots... »

 

22 - Châteaux de la colère d’Alessandro Baricco, folio

« Le sexe efface des tranches de vie, on n’imagine pas. C’est peut-être bête, mais les gens se serrent l’un contre l’autre avec cette fureur étrange un peu panique et la vie en ressort toute froissée, comme un billet doux serré au creux d’un poing, caché dans un geste nerveux de peur. Un peu par hasard, un peu par chance, disparaissent entre les plis de cette vie roulée en boule des portions de temps douloureuses, ou lâches, ou jamais comprises. Bon. »

 

21 - Courts métrages de Jean-Jacques Nuel, éditions Le pont du change

http://lepontduchange.hautetfort.com/

« Le nombre 

Lors de la visite de la bibliothèque régionale, on lui montra les silos à livres, noires tours aveugles dressées contre le ciel ; l’écrivain pensa que ses trois ouvrages, qu’il avait mis quinze ans à écrire, reposaient là, étouffés par des millions d’œuvres, et se sentit soudain plus insignifiant que la blatte qui courait sur le sol entre la pelle et le balai. »

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 21:47

19 - De retour de Kermesse Front de Gauche où je sortais bouquins de poésie, romans, philo et librairie libertaire, je me sens bien fatigué, du coup je passe la parole à Frédérick Houdaer. A toi Frédérick : 

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18 - Décharge 167, http://www.dechargelarevue.com/

"La poésie d'humour / airbag du pathos mélancolique // est dans un état critique / mais stable"

Jean-Pierre Gandebeuf

 

17 - Décharge 167, http://www.dechargelarevue.com/

Retour sur la mort de Clod'Aria, un drôle de nom qui faisait partie du paysage poétique et que je croisait agréablement depuis que je m'y suis immiscé il y a une trentaine d'années. 

"J'ai crié que j'aimais

J'ai aimé sans rien dire 

Et la vie est passée..."

 

16 - Ceci sur un blog que je lis toujours aussi agréablement : 

"Ce slogan des promoteurs du « Non » au référendum grec de juillet dernier : « Nous préférons les eaux inconnues aux marécages cartographiés. » Là pour le coup oui, évidemment oui. « NAI » sur toute la ligne ! (Et le principe déborde le politique : on peut préférer les eaux inconnues à la tourbe de l’élévation sociale, au fossé de la carrière, au bourbier du conforme, au marigot de l’étroit…) La coque de la souveraineté racle, la quille de la liberté talonne. De bord à bord on touche le fond. Trop de mépris dans ces marécages-là. Même s’il ne reste plus qu’un rafiot, il mérite mieux que naviguer dans un crachat."

C'est ici : https://lautrementdit.wordpress.com/ 

 

15 - Il faut repeindre le moteur de Yves Artufel (à paraître peut-être un jour)

"Dans les veines du temps

J’inscris la topographie des regards effleurés.

Oué, oué, oué."

 

14 - Il faut repeindre le moteur de Yves Artufel (à paraître peut-être un jour)

"IL FAUT REPEINDRE LE MOTEUR

Allons recouvrir l'horizon d'un mouvement lent de mâchoires, ruminants que nous sommes. Un chemin de mousse serpente sur ce versant. J’ai fait une belle promenade en compagnie des vaches. Je rumine, je lave la mémoire. Je repasse les impressions froissées. Je m’en vais germer dans un couloir très sombre, je maquille la douleur au fard des belles résolutions, je lessive l'espérance. L'abîme cogne contre le château des évidences; et toujours contre ce château, je dresse des soirs de brume, les chaussures de la pesanteur, l'alcool des nuits illisibles, le balancement d’un squelette, la fleur d'ennui qui poétise le tourment. Mon chant casse la croûte dans la bouche des ruminants, s'imbrique à l'œuf sidéral. A chaque ligne c'est comme si je dictais mes dernières volontés. Je remplis le petit cochon rose, la tirelire des instants à paître paisibles et repus. Le moteur tourne en harmonie avec le désir. On a bien oublié un sac d’affaires dans une chambre ou une gare mais... C’était il y a longtemps. Les jours s'en vont toujours sur un chemin pavé d'amphores perdues au fond de soi."

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 21:23

13 - 

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12 - Microbe n° 71, la revue nanistiquement correcte, mai-juin merde 2012 (qu’est-ce que ça fout dans la pile des ouvrages reçus récemment ? Bon tant pis, ce soir ce sera de la bonne grosse évidence bien épaisse mais toujours utile à marteler de l’ami Sagault) (elle m’emmerde un peu aussi cette parenthèse, je sais pas où placer les deux points – avant ou après ?  - tiens :) :

« COMMUNICATION

On ne répètera jamais assez que la publicité et la propagande sont une seule et même chose, que l’on peut à juste titre nommer communication, pourvu qu’on ne veuille pas dire par ce terme qu’il s’agit de communiquer, mais de niquer le commun. »

 

11 - Là où les eaux se mêlent de Raymond Carver, 10/18

« Ça me plaît d’aimer les rivières. / De les aimer tout le long. / Jusqu’à leur source. / D’aimer tout ce qui me grandit. »

 

10 - Là où les eaux se mêlent de Raymond Carver, 10/18

Avec « L’amour est un chien de l’enfer » de Bukowsky, certainement un des plus bouleversants livre de poésie selon moi.

 « Et plus tard encore, on est assis sur un banc / sous les tilleuls, sous les étoiles. / On se fait l’amour. / Se caressant fiévreusement sous nos vêtements. / Après l’amour plongeant les mains / dans l’eau froide. / Puis on rentra à l’hôtel, / heureux et fatigués, prêts à dormir / nos huit heures. / Tous, tous, tous, / on essaye de sauver / notre âme immortelle, certains chemins / apparemment plus tordus / et mystérieux que d’autres. On se paye / du bon temps ici-bas. Mais avec l’espoir / que tout nous sera bientôt révélé. »

 

9 - L’amour avant que j’oublie de Lyonel Trouillot, Actes Sud

« Qu’importe si tu ne réponds pas. Qu’importe si, prise ailleurs – l’indisponibilité n’a-t-elle pas toujours eu des raisons légitimes ? –, tu m’ignores et m’oublies. Je me sentirais moins vide que la première fois. Plus vide, au fond. Mais l’essentiel est de ne rien cacher. Je ne pourrai pas faire comme si je ne t’avais pas rencontrée. Bientôt le temps va perdre toute importance. Soit tu seras présente dans ma vie et je serai trop heureux pour penser aux choses banales comme le temps. Soit tu seras loin, et il s’arrêtera, bloqué sur la distance. Mais je pourrai, en paix, glisser vers ma rature, j’ai dit l’amour avant que j’oublie. » 

 

8 - Le monde du sexe de Henry Miller, poche

"La nuit, les gens avec leur solitude, leurs rêves d’amour ou de manque d’amour, s’en vont toujours chercher le bord de l’eau. La fluidité mouvante de l’eau apaise l’esprit de l’homme affolé de souffrance. Le courant, doucement, emporte et dilue les pensées ; le corps, soulagé, trouve la paix. L’eau est ma grande amie de l’esprit, la grande consolatrice, grande pacificatrice."

 

7 - Le pingouin d’Andreï Kourkov, points seuil

"– Pourquoi tu vis seul ?

Victor fit un geste d’ignorance.

– Ça s’est fait comme ça, répondit-il. J’ai pas de chance avec les femmes. Je tombe que sur des extra-terrestres ; calmes, discrètes, elles restent un temps avec moi, puis elles disparaissent… J’en ai eu marre, j’ai pris un pingouin, et je me suis tout de suite senti mieux. Mais il est toujours triste… J’aurais peut-être dû adopter un chien…"

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 20:35

6 - la touche expressionniste de Manu Galure me semble bien s'harmoniser avec un dimanche soir de rentrée... 

Et le dimanche, j'essaierai d'ajouter un petit truc d'Artufel.

"Il me semble toujours

que je suis très proche de l’inspiration…

Mais non !"

(bon je me suis pas foulé)

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5 - Poésie Art de l’insurrection de Lawrence Ferlinghetti, éd. maelsrÖm rEvolution

http://www.maelstromreevolution.org/pages/FRA/prodotto.asp?ProdottoID=270&FamigliaID=0

« Si tu veux être poète, invente un nouveau langage que chacun pourra comprendre.// Si tu veux être poète, prononce des vérités nouvelles que le monde ne pourra pas nier. // Ecris au-delà du temps. // Réinvente l’idée de vérité. // Réinvente l’idée de la beauté. .. »

Bon je vais peut-être laisser tomber la poésie moi.

« Ecoute le chuintement des feuilles et le clapotis de la pluie. »

Bon j’aime mieux ça. Là c’est encore dans mes cordes.

 

4 - Poésie Art de l’insurrection de Lawrence Ferlinghetti, éd. maelsrÖm rEvolution

http://www.maelstromreevolution.org/pages/FRA/prodotto.asp?ProdottoID=270&FamigliaID=0

« À quoi bon des poètes dans une pareille époque ? / À quoi sert la poésie ? // L’imprimerie a rendu la poésie silencieuse, elle y a perdu son chant. Fais-la chanter de nouveau ! … / Si tu te dis poète, ne reste pas bêtement sur ta chaise. La poésie n’est ni une activité sédentaire, ni un fauteuil à prendre. Lève-toi et montre-leur ce que tu sais faire.»

Un petit machin qui fout la pêche.

 

3 - Un été sans les hommes de Siri Hustvedt, Actes Sud

"Nous devons tous nous accorder de temps à autres la fantaisie de nous projeter, une chance de nous vêtir des robes et habits de ce qui n’a jamais été et ne sera jamais. Cela donne un peu d’éclat à nos existences ternies et, parfois, nous pouvons choisir un rêve plutôt qu’un autre et, par ce choix, trouver quelque répit à la tristesse ordinaire. Après tout, nous ne pouvons, nul d’entre nous ne peut jamais démêler le nœud des fictions qui composent cette chose incertaine que nous appelons notre moi."

 

2 - Histoires (presque) vraies de Marlène Tissot, Le pédalo ivre

http://lepedaloivre.fr/index.php/wkd/show/poesie#tissot_histoirespresquevraies

« Histoire (presque vraie) # 1

Je voudrais être une souris / dans la poche du héros / d’un film sentimental / pour découvrir enfin / l’envers du décor // Il y a plein d’amour dans moi / l’envie d’en donner et / le besoin d’en recevoir / mais pas la moindre idée / sur la manière de m’y prendre »

 

1- Histoires (presque) vraies de Marlène Tissot, Le pédalo ivre

http://lepedaloivre.fr/index.php/wkd/show/poesie#tissot_histoirespresquevraies

Cette auteur compte selon moi parmi les voix les plus fortes de ce temps pour témoigner du bancal de la vie, du quotidien à la va comme je te pousse, des petites histoires de nos foutraques relations aux autres...

« Nos erreurs

C’est rassurant / de se dire que / tout disparaitra / tôt ou tard / nos souvenirs / nos carcasses / nos maigres traces / et aussi / et surtout / nos erreurs »

 

31 - "La Delteillerie" de Joseph Deltel, éd. Grasset, histoire de reprendre là où nous nous étions quitté...

" Les départs, les fins de vacances, les changements de saison m'ont toujours pincé le coeur, j'y vois comme une répétition générale de je ne sais quel grand départ..."

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 22:08

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Je fais une petite pause dans un jour après l'autre car je vais être souvent sur les routes à partir de demain (festifaï à Veyne, puis Poésie Nomade dans le Lubéron, puis les voix vives de la Méditerranée, puis en août diverses interventions dans les Hautes Alpes), je ne reprendrai le blog qu'à la rentrée.

je vous laisse avec deux vidéos qui m'enchantent. Patrick Abrial me ramène quelques 40 ans en arrière, j'ai été époustouflé de découvrir ça sur youtube. 

Le texte de Delteil est pareillement culte dans mon imaginaire. 

Merci aux visiteurs et belle vie à tous.

 

LETTRE AU LECTEUR (de Joseph Delteil)

 

Ah!  merde non! merde non! merde non! Si tu crois que j'ai perdu neuf mois de ma miravilha vie (c'est le temps) à pondre un livre (un de plus quand il y en a des millions)... à te conter fleurette, à t'amuser (oh! le putain mot!)... à te distraire (de quoi, con ? de vivre ?)... Littérature, moi ?... poët-poët ?... Entre les lignes, mon petit... that is the question... La « substantifique moelle », comme dit le Vieux... le triple sens... le pur testament... Non ce qui s'écrit, mais ce qui se siffle... à l'oreille... Chut!...

Quid ?... quid ?... De quoi s'agit-il ? Ça va comme ça ? Tu es heureux ? Tu es content d'être « homme » ? Supercontent ? Dans les grandes largeurs ? Comme un gant ? Comme les cheveux d'Eléonore ? Comme bérette et béreton ? Plein les mains, plein aux as ? Comme gonzesse qui mouille ? Comme coq en pâte, patte en pute, pute au pot ? Comme pis de vache, rosée à rosé, étron d'état ? Comme jarretelle au gîte, lune à Veau ? Comme un pingouin dans le carré de l’hypoténuse ? Comme Jean de Nivelle, comme un patard, comme cocu de roi ? Comme verge en vierge, pied en cap ? Comme un soleil dans un cul d'or ? Comme Aldébaran sur sa queue, porc-épic sur porc-épic, oui d'ouailles, tric-trac ? Comme la figue à Ninon et le nez au Pape ? Comme tripe de cannibale, comme âme d'amaryllis ? Comme ylang-ylang, piques-pâques, bougre en fleur ? Les trente-six mille chandelles, quoi ? Le fanfan-la-tulipe ? Le lustucru ? Le chandernagor ? Le paon pandorle ? Alléluia ?

Humain, hein, dis donc !... Humain, nom de Dieu!... Humain, tu te rends compte ? Humain, humain, humain :

féroce

hypocrite

absurde

fourbe

canaille

égoïste

injuste

lâche

lubrique

sadique

violent

sceptique

jaloux

cruel

orgueilleux

pervers...

 

Humain, quoi!... Le pépère train-train quotidien... le boulot monstre... les illustres « passe-temps », la manille, le cinéma... le cul... la guerre, excuse-my... une « bonne mort »... Ça va ?... Oui ?... Depuis A jusqu'à Z /... Un, deux, trois : c'est voui ?... Bon ! Parfait! Compliments! Et bonsoir! (Seulement alors ne me casse plus les couilles avec tes milles et une misères, les méli-malheurs, les chialeries, les trafalgars, les drames monstres, les histoires de Destin, la « vallée des larmes », les péchés originels et patati et patata…).

Sinon, si ça va pas, si ça grince mie, si ça te gêne quêque part, si y a de l'abus, du roulis, que oui mais que mais, bref maldonne, erreur d'or, quiproquo de quinquercule, quid?

Prends le maquis, l'ami...

Le maquis de l'âme...

Entre nous, entre fous, dis donc, à deux ou trois, à sept ou huit, on va refaire le monde... moi bibi, fils de maman... un monde à nous, sur mesure... mais patapur alors hein! le vif argent, des copains prêts à tout alors, frères comme cul et chemise, rien que des mecs, des zèbres d'or, pas trace d' « humain » hein! chez nous, la « condition humaine » hop-là !... plus de guerre, de haine, d'orgueil... sous peine de mort (mort morale, renvoi « chez les hommes »)... nous sommes des albinos dis donc nous, des moutons à cinq pattes, des fous, des dieux, quoi!... Nous serons lu... par-ci par-là... un à Montpellier, trois à Rennes, cinq à Paris... une douzaine en Amérique, une douzaine au Tibet... une tribu comme les romanichels... la p'tite Tribu, la secrétissime Tribu des Gens de Joie, les fous fadas de vie-vie-vie... les ceusses du poët-poët Non possumus.,.

Le tout strictement clandestin. A la barbe des Barbares, à l'insu de Dieu. A la sauvette... Des hors-la-loi, quoi! Une Société secrète... comme Pythagore, Delphes, les prêtres d'Egypte, l'Apocalypse, les Catacombes, les Sages de Sion, le Grand-Lama...

De quoi s'agit-il ?

Te voilà sur la terre, avec un corps, une âme... deux mains (pas quinze)... deux yeux... un flûtiau...

Voilà ton « jeu »...

De quoi s'agit-il ? Où le problème, le drame ?

Un seul but : le bonheur. Un seul métier : être heureux.

Un seul secret : l'âme... Non pas ce qu' « ils » appellent âme, fiole à morale ou quintessence de con... mais le grand-être, le tout-loi... le millième sens... comme si tu avais des millions d'yeux, la peau fafelue, le cœur pascal... de quoi jouir du monde entier, de Dieu... jouir, qui est le verbe de l'âme... Jouir te dis-je... (innocemment, sale macaque ! intelligemment, espèce de con !).

       Prends le départ tous les matins comme Colomb pour l'Amérique, à beaux yeux neufs, exprès pour toi que le soleil se lève, avec tes jambes de la genèse, tes oreilles capitules, et tout ce sang dans tes veines comme un troupeau de gazelles, et toute ton âme bis-bandée... Vas-y, vas-y!... Que ça ruisselle la lumière du pan-paradis, la virginité, la pruine des choses, l'air frais aux entrailles, le désir au bec... Tout est à toi, toutes les femmes, tous les soleils, vas-y, vas-y !... C'est fou nom de Dieu, c'est immense, de grand'vivre... C'est fieffé miracle, inouïe panacée, sortilège à poil... Cléopâtre, Shakespeare, Bonaparte- hein !...

Chaque jour je veux : une heure de solitude, une heure de rire, une heure de cheval, une heure de folie et vingt-quatre heures d'amour.

L'encuculant programme, quoi : là tout est ordre et beauté, luxe, calme et volupté.

 

ORGANISATION DE LA TRIBU :

Deux organismes majeurs :

1° Le Comité de Paix. — Toute querelle, tout conflit personnel, conjugal, social, etc... y sera porté, et jugé en dernier ressort (tout récalcitrant immédiatement expulsé). Avant tout la paix, la paix parfaite, la paix de l'âme, la paix du corps, à tout prix!

2° L'Ecole d'Amour. — C'est une science que diable que la vie! Apprends à vivre. J'ai l'évangile bon sens, les recettes maîtresses, les secrets d'Etat... Savoir, pouvoir, vouloir... comme papa...

 

Ah! j'ai tordu le cou à la psychologie, j'ai zigouillé on. La psychologie : la « maladie humaine »... On : le destin... Hé quoi! je ne sais quel petit grécaillon bis-bigle et barbe-bouc il y a une chiée de siècles, un beau jour inventa la raison... Et alors ?

Nous aurons notre Journal, nos écoles, nos sabbats, nos catacombes...

Une cité-modèle, à la campagne...

Un signe... peut-être l’oreille gauche peinte en vert... ou la huppe aux braies... chi lo sa !...

***

As-tu compris ?

L'homme, voilà l'ennemi !

Je suis animal et dieu, j'aime...

J'aime, j'aime, j'aime...

J'aime un nuage, un rhododendron, la jarretelle, la brebis, l'oie à la noix, l'ornithorynque, les boucles d'oreille, ma femme, Mozart, les gratte-ciel et le gratte-cul, les appas, les affûtiaux, la salsepareille, le pain gradaillé, le mica, le moka, la moukère et le coït, le caca de cocorico, les brancards de la charrette, le tic-tac de ma montre, le nez de mon chien, tout et rien, une tache d'encre quand elle rivalise d'ossatures avec Michel-Ange, un scarabée quand il porte une tonne d'arcs-en-ciel sur son dos, une vieille pierre toute striée des propres pensées de Dieu, l'orage les jours d'orage, la mer entraillesque, la pleine lune à cul, une feuille de vigne, un épi de blé, le jonc et le geai, la giroflée, un livre neuf, une caille, un caillou, l'ombre du platane, le soleil de Dieu, le vent quand il ventourle, le sable qui pisse, le rat qui rate et l'or qui rit, les rendez-vous-vulve et l'entre-deux-mers, la canepetière, le pet de nonne, le Pérou, le gros sel, la navaja, le kinnor, l’agnus castus, la pamplemousse, la poule au pot, la mandorle, le charabia, le grand escogriffe, le petit poucet, l'insecte des Mille et une nuits, le labyrinthe, le poulpe, la chimère, l'orgueil, le mestre de camp de quinquengrogne, le salamalec à papa, le carrousel, le pollen, l'ombre, le charivari, la gonzesse en liesse, le velours de veau, l'apocalypse, l'avion, le fou falzar, la barbe à barbare, la pupille à poil, Orphée, Schéhérazade, Nabuchodonosor, le gynécée et l'apogée, le tétragramme et l'alphabet, l'église de pouille paille, le magnus magnolia, la faribole et l'opoponax, le fifre et le fifrelin, cœur de profondis, galop galapiat, l'en pantoufles, l'au débotté, le dictionnaire à képi, l'imagination à cheval, les amours du dictionnaire et de l'imagination, l'agneau polichinelle, le bouvillon pissu, la bête à bon Dieu quand elle fait l'amour avec les fils de la Vierge, la barque d'alberge, la figue barbue, la rose très trémière, le muscat moult musc, allegro molto vivace, ohé! ohé! toi et moi, l'âme, les étoiles. Dieu... J'aime... voilà ma folie... j'aime

voilà tout mon bon sens !

Chut! …

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 20:58

12 - deux chansons et une photo de Doisneau pour finir la semaine

Un jour après l'autre - juillet 2

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

11 - Joubarbe de Camille Loivier, éd. Potentille

http://potentille.jimdo.com/les-nouveautés/camille-loivier/

Et puis pour finir… 

« je vais tomber / dans la petite cour / de la table / je ferme les yeux / je sens l’ivresse me gagner / la chute / en sa promesse // on va me ramasser / (une paume chaude et douce enfin) / et me retourner. »

Bref ce recueil est du genre qui me remue la tripaille tout en douceur tellement que j’en ai la larme qui pointe au coin de l’œil.

 

10 - Joubarbe de Camille Loivier, éd. Potentille

http://potentille.jimdo.com/les-nouveautés/camille-loivier/

Minot de Marseille, fils de boucher, je sais que j’ai poussé dans une cour entre des baraques de pauvres et des vies insignifiantes comme des joubarbes.

« enfant de la ville / du quartier commerçant / des cours sombres / méfiante de la campagne / et de ses longues pluies moroses ».

Du coup ce recueil résonne profond chez moi.

« Ma vie a commencé dans une cour / au-dessus d’une autre cour / une cour petite étroite / il n’y avait rien / ni plante ni soleil ni dimanche // il fallait lever haut la tête / (est-ce pour cela qu’elle a un grand cou) / pour voir le ciel pour me voir »

 

9 - La boîte à musique de Jean-Claude Pirotte, ed. de La Table ronde

" Je ne parlerai qu'à voix basse / à mes fantômes familiers / et de nos pas dans les allées / incertaines du vieux vieux temps / nul ne pourra suivre la trace // les reflets au bord des étangs / de nos misérables carcasses / s'évanouissent comme passent / les frêles amours les nuées // les étincelles de la grâce / je ne parlerai qu'à voix basse / et le cœur à peine battant / à mes ombres dépossédées / par le mirage des années / incertaines du vieux vieux temps "
 

8 - Pays perdu de Pierre Jourde, Balland

« Ces visages que le froid colorie violemment, sous les casquettes, beaucoup ont été sculptés par l’alcool, ces corps fabriqués par lui ou mutilés par lui. L’alcool préside aux besognes du fer, de la pierre, du bois, de la corne. Il tuméfie les visages, cogne les épouses, ruine les exploitations, déforme les membres, ourdit les accidents. Lui, et lui seul. Ceux qui lui ont vendu leur âme ne sont plus que l’alcool, le corps provisoire et titubant de l’alcool. Il travaille au lent retour vers la confusion des formes, vers les créatures du chaos, il fabrique des succédanés de titans… »

 

7 - Le voleur de Georges Darien, 10/18

« J'ai passé 10 ans au collège, 3 au régiment. J'ai donc le droit de commettre -honnêtement- des crimes jusqu'à concurrence de 13 ans de prison. »

 

6 - Kyra Kyralina de Panaït Istrati, folio

"Ce n'est pas vrai du tout, que l'être humain soit une créature qui comprenne la vie. Son intelligence ne lui sert pas à grand-chose ; par le fait qu'il parle, il n'en est pas moins bête. Mais là où sa bêtise dépasse même l'inconscience des animaux, c'est quand il s'agit de deviner et de sentir la détresse de son semblable.
Il nous arrive, parfois, de voir dans la rue un homme à la face blême et au regard perdu, ou bien une femme en pleurs. Si nous étions des êtres supérieurs, nous devrions arrêter cet homme ou cette femme, et leur offrir promptement notre assistance. C'est là toute la supériorité que j'attribuerais à l'être humain sur la bête. Il n'en est rien !" 

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 21:32

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

4 - Traction-brabant 63

http://traction-brabant.blogspot.fr/

« Portrait de R.B en chemise à carreaux avec fantômes cherokees

Le territoire de l’imaginaire / est loin d’être immaculé - / j’ai relevé mes pièges aujourd’hui / le sang des poèmes avortés / rougissait la neige alentour / & un billet S.F. – Tokyo / piquait du nez / sur la plus haute branche / d’un séquoia qui a connu la Piste des larmes. »

Hervé Merlot

 

3- Traction-brabant 63

http://traction-brabant.blogspot.fr/

« Des bouts de corps / glissent sur le pavé, / dans le rond de terre autour des arbres, / contre l’arbre. / On se laisse apparaitre. / Dans le passage, les mains attendent. / Le café est désert. / L’attente, c’est la lenteur de l’œil. / Il y a un type au comptoir qui a l’air de ruminer sa solitude. / Dedans/dehors, tout est lisse. / Et la vie coule comme la pluie dégouline. / Pas moins, pas plus. / Dans la beauté des bleus. / Je ne sais pas comment ça commence. »

Brigitte Giraud

 

2 - Comme en poésie n°57, revue trimestrielle de poésie

http://comme.en.poesie.over-blog.com/

"La vie qui va

Il est tombé tant de soirs depuis ton départ, / tant de soleils sont passés sur la terre, / tant de fleuves ont grossi les mers, / tant de nouveaux sourires ont éclos, / tant d’autres souvenirs ont recouvert ma vie / que je ne sais plus très bien / si j’ai toujours le cœur en colère." Michel Monnereau

 

1 -  Jour de congé de Christian Degoutte (récit) et Jean-Marc Dublé (images) Thoba’s éditions

"Ce qui manque à la photo, c’est le bruit qui court / de la rivière au pied des maisons, c’est les cris / des enfants qui s’aspergent d’eau glacée et nagent, / nus comme des savons, sous le vieux pont de pierre. // Il bourdonne comme une ruche sous les roues / des voitures. L’air déjà sent le feu des tuiles. // Ventre collé au parapet, une cycliste, / bras tendus dans le vertige, photographie / la fraîcheur de l’eau. Sur son lit de galets, l’eau / se tisse, Carmen en bleu sous l’arche du pont / où les hirondelles crient de l’ombre au soleil, // mais sur la photo ratée (il fallait la faire / les yeux fermés) les enfants seront minuscules / comme elle est dans la vie."

 

30 - Des salades de Thomas Vinau, illustrations de Matt Mahlen, éditions Donner à Voir.

http://donner-a-voir.net/

" J'ai récolté / quatorze limaces / huit araignées / six piqûres de moustique / quatre souris / trois orvets / un noyau de pêche / deux bouts de fer / et une demi-crotte de chat toute sèche / on ne récolte pas toujours / ce que l'on sème / mais l'on récolte toujours / quelque chose"

 

29 - Des salades de Thomas Vinau, illustrations de Matt Mahlen, éditions Donner à Voir.

http://donner-a-voir.net/

"Un lapin nain / poilu et sauvage / qui vit dans les parages / adore mes prunes / et mes abricots / Je pense qu'il fallait / que ça se sache"

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 21:56

28 - Cyril C. Sarot écrit des textes pour Michel Boutet...

27 - Un site qui me réjouit à chaque mise à jour, celui de Cyril C. Sarot

https://lautrementdit.wordpress.com/

 

26 - Décharge 166, http://www.dechargelarevue.com/

« Chanson des départs contrariés (chansons sans en avoir l’air)

Le retour était dans l’aller / comme un noyau dans la cerise / et j’affrontais pour rien la bise / à vouloir quand même avancer // Mon enfance était une proue / de cargo fou, mais à la poupe / ma mère appelait pour la soupe. L’aventure devenait floue, // devenait vaine. Je rentrais, / marin sans port et sans navire / mais cachant dans le retour les // prochains aller, ceux qui déchirent / les cœurs des mères sur les quais / quand le départ est pour de vrai. »

Jean-François Mathé

 

25 - Décharge 166, http://www.dechargelarevue.com/

En ouverture de ce numéro, Daniel Biga fait swinguer la chirurgie à la mode beat « people need poetry »

« T’es entubé t’es canulé t’es aux poignets et chevilles attachés / le jour la nuit la plus longue de ton règne / jurons insultes délires supplications / beauté terrible // l’ombre qui marche est et n’est pas toi / n’est pas moi ni toi ni mois qui marchent on the Road National 68 / qui l/fuit sous le soleil sous la pluie / (je t’évoque et) ton souvenir (jeune) morte / me fait encore bander – sourire -… »

 

24 - Décharge 166, http://www.dechargelarevue.com/

et je ne peux pas laisser ça de côté du même Jean-Pierre Georges : 

 « Monsieur, je ne crois pas pouvoir donner suite à votre demande de reconnaissance mutuelle. Comme moi et comme beaucoup vous écrivez dans votre coin des choses dont vous attendez qu’elles soient imprimées, publiées, lues et admirées. C’est de l’infantilisme – les plus grands y ont sombré –, le reproche n’est donc pas accablant. Mais pour ma part je ne veux pas cautionner par un éloge factice (que vos vers ne sont pas loin de mériter) cette pratique corporatiste désastreuse. Restons fermes et lucides devant cette stupeur : inféoder à quelques lignes typographiques inégales notre soir « d’exister » !... Et surtout n’oublions pas d’éclater de rire. Bien cordialement. »

 

23 - Décharge 166, revue trimestrielle, Daniel Biga, Jean-François Mathé, Georges Bonnet, Gisela Hemau, Jean-Pierre Georges, Bruno Keits Öijer, Delfine Guy, Michel Baglin, Marie Desmaretz…

Jean-Pierre Georges au sommaire, c’est par là que je commence.

« Aujourd’hui j’ai… 65 ans. Je suis né un 8 avril, comme Cioran… c’est bien mon seul titre de gloire ! Je suis né sous une glycine en fleur, tout le reste ensuite m’a paru triste. »

*

« Serais-tu de ceux qui se disputent les places pour mourir sur une barricade ? Je n’ai guère eu d’occasions dans ma vie « d’exercer » mon courage, ou ma lâcheté, de les mettre à l’épreuve… (Période historique calme et confortable en France après 49, année de ma naissance). Petite existence régulière et protégée. Me connaissant – mal comme tout le monde – je penche plutôt pour la lâcheté ; j’aurais été, je serais lâche. Mais il plane un doute sur cette assertion, et rien ne m’oblige, pour l’instant, à le lever. »

 

22 - Deux sites

Philippe Lemaire a illustré plusieurs ouvrages chez Gros Textes (Jimenez père et fils…). Si vous passez du côté de Lille cet été, on peut voir ses collages http://zazipo.net/GLOB-Z

« La poésie est ce dont l’homme - même s’il l’ignore ou feint de l’ignorer - a le plus besoin pour tracer au flanc du monde la cicatrice de sa dignité. »

André Laude est mort il y a 20 ans. J’ai consulté avec intérêt le dossier qui lui est consacré dans la revue des ressources : http://www.larevuedesressources.org/poesie-urgente-andre-laude-par-lui-meme,1854.html

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Portrait du blogueur

dans un spectacle Gaston Couté

couté

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pourquoi bloguer

Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.

pour commander des livres

Si des ouvrages présentés dans ce blog vous intéressent, vous pouvez les commander en envoyant un chèque correspondant à la somme indiquée (+ un forfait port de 1 €) à l'adresse des éditions :
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes

pour tout renseignement complémentaire (conditions d'envois et de remises pour les libraires, collectivités...), vous pouvez écrire à gros.textes@laposte.net

bouquinerie

 

 

Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.