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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 20:19

29- Deux chansons par Paule-Andrée Cassidy, chanteuse du Québec. Elle a obtenu le prix Jacques Douai cette année. "Ma maison" est une reprise de Barbara. 

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

28 - Ecrits sans papier Pour la route, entre Marrakech et Marseille de Mireille Disdero, La Boucherie littéraire, collection sur le billot. http://laboucherielitteraire.eklablog.fr/

« C’est rapide. Ça vient comme le vent / On s’éveille un jour avec un cœur, / un instrument qui bat. // On évalue sa densité à hauteur d’insomnie. / Talons très hauts, on découvre le vide / en chancelant de plaisir. / Piquant et fuselé, le vide et / les jambes longues / c’est beau comme un vertige. »

 

27 - Le porte-voix n°1, paroles poétiques, Mots Nomades Production,

"quand la civilisation me strangule me rend gorge me goître me force la muqueuse / quand le confort l’irrespirable me serre le kiki m’estouffe quand le stress me trépane / alors je m’en vais m’en vo incognito / me réfugie dans quelque marais montagne steppe désert réel ou imaginaire / j’habite alors dans quelques poverina mazurka une cabanette voir « un guitoun » / seul je m’retrouve au plus près de moi-m’aime / je reprends mon corps recouvre pieds jambes bras récupèrent / mes mains / et leur merveilleuse polyvalence de tant de gestes / pour quelque temps simple quelques jours je me suis retrouvé… " Daniel Biga

 

26 - L'homme qui rit de Victor Hugo, poche

"C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches"

 

25 - L'insoutenable légèreté de l'être de Milan Kundera, folio

"Vivre dans la vérité, ne mentir ni à soi-même ni aux autres, ce n'est possible qu'à la condition de vivre sans public. Dès lors qu'il y a un témoin à nos actes, nous nous adaptons bon gré mal gré aux yeux qui nous observent, et plus rien de ce que nous faisons n'est vrai."

 

24 - L'insoutenable légèreté de l'être de Milan Kundera, folio

"La vie humaine n'a lieu qu'une seule fois et nous ne pourrons jamais vérifier quelle était la bonne et quelle était la mauvaise décision, parce que, dans toute situation, nous ne pouvons décider qu'une seule fois. Il ne nous est pas donné une deuxième, une troisième, une quatrième vie pour que nous puissions comparer différentes décisions."

 

23 - Le livre de l'intranquillité de Fernando Pessoaéd. Christian Bourgois

"Nous n'aimons jamais vraiment quelqu'un. Nous aimons uniquement l'idée que nous nous faisons de ce quelqu'un. Ce que nous aimons, c'est un concept forgé par nous — et en fin de compte, c'est nous-mêmes."
 

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 20:17

22- Ceci m'a amusé...

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

19-20-21- Je pars à Montpellier. La citation du jour est un peu longue mais elle fait 3 jours. Voire 65 ans...

LE DESTIN DE L’HOMME SE JOUE PARTOUT ET TOUT LE TEMPS !

Stig Dagerman 1950

Parler de l’humanité, c’est parler de soi-même. Dans le procès que l’individu intente perpétuellement à l’humanité, il est lui-même incriminé et la seule chose qui puisse le mettre hors de cause est la mort. Il est significatif qu’il se trouve constamment sur le banc des accusés, même quand il est juge. Personne ne peut prétendre que l’humanité est en train de pourrir sans, tout d’abord, constater les symptômes de la putréfaction sur lui-même, sans avoir lui-même commis de mauvaises actions. En ce domaine, toute observation doit être faite in vivo. Tout être vivant est prisonnier à perpétuité de l’humanité et contribue par sa vie, qu’il veuille ou non, à accroître ou à amoindrir la part de bonheur et de malheur, de grandeur et d’infamie, d’espoir et de désolation, de l’humanité.

C’est pourquoi je puis oser dire que le destin de l’homme se joue partout et tout le temps et qu’il est impossible d’évaluer ce qu’un être humain peut représenter pour un autre. Je crois que la solidarité, la sympathie et l’amour sont les dernières chemises blanches de l’humanité. Plus haut que toutes les vertus, je place cette forme que l’on appelle le pardon. Je crois que la soif humaine de pardon est inextinguible, non pas qu’il existe un péché originel d’origine divine ou diabolique mais parce que, dès l’origine, nous sommes en butte à une impitoyable organisation du monde contre laquelle nous sommes bien plus désarmés que nous pourrions le souhaiter.

Or, ce qu’il y a de tragique dans notre situation c’est que, tout en étant convaincu de l’existence des vertus humaines, je puis néanmoins nourrir des doutes quant à l’aptitude de l’homme à empêcher l’anéantissement du monde que nous redoutons tous. Et ce scepticisme s’explique par le fait que ce n’est pas l’homme qui décide, en définitive, du sort du monde, mais des blocs, des constellations de puissances, des groupes d’Etats, qui parlent tous une langue différente de celle de l’homme, à savoir celle du pouvoir.

Je crois que l’ennemi héréditaire de l’homme est la macro-organisation, parce que celle-ci le prive du sentiment, indispensable à la vie, de sa responsabilité envers ses semblables, réduit le nombre des occasions qu’il a de faire preuve de solidarité et d’amour, et le transforme au contraire en co-détenteur d’un pouvoir qui, même s’il paraît, sur le moment, dirigé contre les autres, est en fin de compte dirigé contre lui-même. Car qu’est-ce que le pouvoir si ce n’est le sentiment de n’avoir pas à répondre de ses mauvaises actions sur sa propre vie mais sur celle des autres ?

Si, pour terminer, je devais vous dire ce dont je rêve, comme la plupart de mes semblables, malgré mon impuissance, je dirais ceci : je souhaite que le plus grand nombre de gens possible comprennent qu’il est de leur devoir de se soustraire à l’emprise de ces blocs, de ces Églises, de ces organisations qui détiennent un pouvoir hostile à l’être humain, non pas dans le but de créer de nouvelles communautés, mais afin de réduire le potentiel d’anéantissement dont dispose le pouvoir en ce monde. C’est peut-être la seule chance qu’ait l’être humain de pouvoir un jour se conduire comme un homme parmi les hommes, de pouvoir redevenir la joie et l’ami de ses semblables.

Stig Dagerman 1950

transmis par Alternative Libertaire Belgique

Piqué sur http://1libertaire.free.fr

 

18 - Cette citation dans un mail de Roger Lahu :

"La vie nait par les mots et la mort habite le silence. C’est pourquoi il nous faut continuer d’écrire, de conter, de marmonner des vers de poésie et des jurons, ainsi nous maintenons la faucheuse à distance, quelques instants."

 (Jon Kalman Stefansson – D’ailleurs les poissons n’ont pas de pied  - trad. de l’islandais  Gallimard    2015)

 

17 - Bestioleries poétique de Georges Cathalo, éditions Les Carnets du Dessert de Lune

http://lescarnetsdudessertdelune.hautetfort.com/tag/georges+cathalo

« La poésie est une belle maison sans murs et sans toiture. De plus, on n’est pas sûr qu’elle ait des fondations. »

 

16 - Poèmes bleus de Georges Perros, Gallimard (1962)

« Toi qui dans la halte d’une journée peut-être difficile / As choisi de lire / Plutôt que d’écouter ou de voir / N’as-tu pas la télévision / Je veux que ce soit donc par amour / De ce pays à l’extrême-ouest de l’Europe / De cette Europe fatiguée / Dans les restes prestigieux de laquelle / Les hommes se tuméfient / Se heurtent, se font mal / Comme papillons en folie / Que menace l’obscurité / Les lampes du bonheur d’être homme / S’éteignent une à une / Soufflées par le mauvais vent de la mort / D’une mort que nous ne voulons pas / Puisque nous respirons toujours / Puisque nous avons des amis / Avec lesquels ne pas tuer le temps / Cet immortel / Mais le fondre / A la rare chaleur humaine… »

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 19:47

15 -

Un jour après l'autre - novembre 2

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

14 - Les Cerveaux brûlés de Norge

"Jamais vu le ciel, cet enfant élevé au fond de la mine. Pas de saison, pas de soleil. La beauté du charbon et la beauté des lampes, oui. Et la beauté des visages. Mais le ciel : jamais vu, jamais vu. Et toi, tu as vu le ciel, toi ?"
 

13 - Les Cerveaux brûlés de Norge, poésie gallimard

"Enfin le malheur arriva. Guillaume l’attendait depuis toujours. Logis, pitance et amour, le malheur trouva tout à son gré. Il s’installa chez Guillaume qui l’entoura de mille soins. Et le malheur en fut si touché qu’il rendit Guillaume très heureux."
 

12 - Les Cerveaux brûlés de Norge, poésie gallimard

"On allait pendre Louis quand survinrent des prodiges. Le gibet s’ouvrit comme une vigne, laissant tomber des raisins. Un cercle de roses germa tout autour du condamné. On mordit ces belles grappes, on respira ces parfums. Et puis l’on pendit Louis."

 

11- Une trop bruyante solitude de Bohumil Hrabal, point seuil

"C'est ainsi que, pendant trente-cinq ans, je me suis branché au monde qui m'entoure : car moi, lorsque je lis, je ne lis pas vraiment, je ramasse du bec une belle phrase et la suce comme un bonbon, je la sirote comme un petit verre de liqueur jusqu'à ce que l'idée se dissolve en moi comme l'alcool ; elle s'infiltre si lentement qu'elle n'imbibe pas seulement mon cerveau et mon cœur, elle pulse cahin-caha jusqu'aux racines de mes veines, jusqu'aux radicelles des capillaires."

 

10 - Microbe n°92, Le vermisseau chez les pachydermes, Novembre-Décembre 2015

http://courttoujours.hautetfort.com/sport/

« Quatre chômeurs en fin de droits ? Un groupe sans gains ! 

*

Il est mort comme un chien… Abattu par un tir de lance-croquettes.

*

Il était athée comme une tasse.

*

Quatre-vingts années s’écoulèrent entre sa première et sa dernière couche. »

 

9 - Microbe 91, la revue forgée à la force du poignant, septembre-octobre 2015

http://courttoujours.hautetfort.com/archive/2015/08/24/microbe-91-5674028.html

« Avec patience / Je laisse ma trace / Dans l’écorce / D’un vieil arbre / Mort

*

J’ai enterré un caillou / Sous la fenêtre / Son cri / Ne me réveille plus » (Ysabelle Vascoroudis)

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 20:35

8 - Bruno Ruiz, un compatriote de Georges Cathalo à qui j'adresse un petit salut en passant

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

6 et 7 - Ils bossent à ma placehttps://www.youtube.com/watch?v=_RsFU3R9ghg

 

5 - Le métier de vivre de Cesare Pavese, folio

"Je connais un idiot qui, dans sa jeunesse, a refusé d'apprendre les règles du jeu, perdu qu'il était derrière des chimères, et maintenant les chimères s'évanouissent et le jeu le broie."  

 

4 - Le métier de vivre de Cesare Pavese, folio

"Pourquoi celui qui est vraiment amoureux demande-t-il la continuité, la durée (lifelongness) des rapports ? parce que la vie est douleur et l’amour partagé un anesthésique, et qui est-ce qui voudrait se réveiller au milieu d’une opération ?"

 

3 - Le métier de vivre de Cesare Pavese, folio

"Parmi les signes qui m'avertissent que ma jeunesse est finie, le principal, c'est de m'apercevoir que la littérature ne m'intéresse plus vraiment. Je veux dire que je n'ouvre plus les livres avec cette vive et anxieuse espérance de choses spirituelles que, malgré tout, je ressentais jadis. Je lis et je voudrais lire toujours davantage, mais je n'accueille plus maintenant comme jadis mes diverses expériences avec enthousiasme, je ne les fonds plus en un serein tumulte pré-poétique."

 

2 - Les carrefours du labyrinthe, tome 6 : Figures du pensables de Cornélius Castoriadis, point seuil essais

"Les objectifs derniers de la production ne sont jamais « fonctionnels », puisqu’il n’y a aucune société humaine qui produise uniquement pour se conserver. Les chrétiens ont construit des églises. Les primitifs souvent se peignent des dessins sur le corps ou le visage. Ces églises, peintures ou dessins ne servent à rien, elles appartiennent au poiétique. Certes, elles « servent » à beaucoup plus qu’à « servir à quelque chose » : ce à quoi elles servent, beaucoup plus important que tout le reste, est que les humains puissent donner un sens au monde et à leur vie. C’est cela, le rôle du « poiétique »."

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 20:41

1 - Lény Escudéro est mort le 9 octobre. 

Je garde un souvenir extrêmement puissant des concerts auxquels j'ai assisté. Un formidable compositeur et interprête qu'on n'aura pas reconnu à sa juste valeur. 

Si vous avez le temps : https://www.youtube.com/watch?v=ECcx1h-Rx40

Sinon, je trouve cette vidéo bouleversante...

 

31 - Les jours où l'on est pressé, penser à plonger dans quelques lignes de Scutenaire :

"Il faut vivre dangereusement, au coin du feu."

 

30 - Ilarie Voronca Le poète intégral par Christophe Dauphin, Rafael de Surtis / Editinter

"On les verra certes, ce crépuscule

Et ce printemps, aux portes ouvertes d'un nuage,

Sans jamais s'arrêter et regrettant toujours

Ce bonheur qu'on a cru saisir, insaisissable."

 

29 - Ilarie Voronca Le poète intégral par Christophe Dauphin, Rafael de Surtis / Editinter

http://www.leshommessansepaules.com/livre-Ilarie_Voronca,_Le_po%C3%A8te_int%C3%A9gral-67-1-1-0-1.html

"Ce sera peut-être comme dans cette vie :

Je m'écrierai: c'est ici que je veux demeurer,

Comme je m'exclamais autrefois devant un beau domaine,

C'est ici que je veux vivre, je dirai : dressez une tombe ici..."

 

28 - Ilarie Voronca :

"...Ah ! j’ai peut-être été entraîné dans ce passage terrestre

Comme un qui se trouve involontairement mêlé

À quelque histoire honteuse

Il valait mieux que je fusse méconnu

Que personne ne puisse dire :

“Il était comme cela !”

Non rien de particulier dans le visage

Je n’ai été ni champion de force ni chanteur, ni meneur d’hommes

Quelle chance d’être passé inaperçu

Et quand les juges chercheront les noms

Ils ne trouveront le mien ni dans les cadastres des mairies

Ni parmi les titulaires de chèques, ni parmi les porteurs de titres

Non, pas même sur une croix ou sur un morceau de pierre

Quelque part se mêlant aux blancheurs d’un ciel bas

Mes os seront pareils aux herbes arrachées."

 

27 - Un dessin d'humour du grand Chaval

Un jour après l'autre - octobre 3

26 - Un article de Frédéric Lordon sur le blog du monde diplo commence ainsi :

"... un pays où les hommes du capital finissent en liquette est un pays qui a cessé de décliner, un pays qui commence à se relever. Car, dans la tyrannie du capital comme en toute tyrannie, le premier geste du relèvement, c’est de sortir de la peur."

à lire : http://blog.mondediplo.net/2015-10-09-Le-parti-de-la-liquette

 

 

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 16:43

16 - et jours suivants.

Les "Un jours après l'autre" font une pause d'une dizaine de jours. Je pars sur les routes vivre un rêve de gamin.

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

15 - Dans l'Atelier du jour de Francis Krembel, éd. Donner à Voir, accompagnement graphique Marc Alessandri

http://www.donner-a-voir.net/

"N'être que le jardinier de son lopin de terre.

N'être que la foumi, ouvrière qui exécute un travail défini, artisan impassible d'un possible.

N'être que la quantité négligeable, luftmensch, piéton de l'air, taoïste, celui qui cherche la voie.

La distance, la non-empreinte pourraient être le poème. 

Naître à l'écriture.

Blancheur, c'est tout."

 

14 - Roissy d’Alain Boudet, éd. Donner à Voir, dessins de Huguete Cormier

http://www.donner-a-voir.net/

De petits bijoux ces livres accordéons...

Le bien le mal / oubliez il y a pire » / dit-on sur le panneau publicitaire / « Le dernier homme bon » (c’est le titre) / un roman d’Anders & Jacob Kazinski / coup de cœur international / déjà traduit dans 15 pays // - le choc //

L’a-t-il lu celui qui est assis tout près et qui fait l’inventaire de ses sacs en plastique ? // Un sac Relay / dans un sac La mie câline / dans un sac Décathlon // -le choc - // à fond la forme. 

...

" La mine si fragile / et qui attend six heures / que l'agent de sécurité / l'invite à pousser dehors sa misère // - le choc - / et qui s'en va / emportant avec lui son silence // - à fond la forme..."

 

13 - Sans envie de rien de Jean-Louis Massot, Cactus Inébranlable éditions, illustrations Gérard Sendrey,

http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/

« J’aurais aimé être le fond d’un trou de mémoire.

*

J’aurais aimé être la chair jaune et sucrée d’une pêche d’enfer.

*

J’aurais aimé être un Monsieur Météo qui annoncerait des averses de neiges éternelles sous un ciel de traîne savate poussées par des rafales de vent de folie. »

 

12 - Sans envie de rien de Jean-Louis Massot, Cactus Inébranlable éditions, illustrations Gérard Sendrey,

http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/

Il a un petit air d’ancien temps ce recueil, Jean-Louis tourne autour de ces « Sans envie de rien » depuis pas mal de temps et réédite des versions augmentées, celle-ci est illustrée par Gérard Sendrey. C’est tout simple, ça fonctionne sur le mode de l’accumulation à la Pérec et c’est un genre de livre cacahouètes, quand on commence à picorer dedans, on peut plus s’arrêter.

« J’aurais aimé être les rides soucieuses d’un front de mer.

*

J’aurais aimé être une fausse note dans l’hymne à la joie exécuté par un orchestre militaire. »

*

J’aurais aimé être le fond d’un trou de mémoire. »

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 19:57

11- Ce pote à Michel Buhler est un sacré parolier

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

10 - Les misérables de Victor Hugo, livre de poche

Tiens tiens Victor Hugo est donc du côté des barbares qui déchirent les chemises des DRH, c’est bon à savoir…

"En 93, selon que l’idée qui flottait était bonne ou mauvaise, selon que c’était le jour du fanatisme ou de l’enthousiasme, il partait du faubourg Saint-Antoine tantôt des légions sauvages, tantôt des bandes héroïques.

Sauvages. Expliquons-nous sur ce mot. Ces hommes hérissés qui, dans les jours génésiaques du chaos révolutionnaire, déguenillés, hurlants, farouches, le casse-tête levé, la pique haute, se ruaient sur le vieux Paris bouleversé, que voulaient-ils ? Ils voulaient la fin des oppressions, la fin des tyrannies, la fin du glaive, le travail pour l’homme, l’instruction pour l’enfant, la douceur sociale pour la femme, la liberté, l’égalité, la fraternité, le pain pour tous, l’idée pour tous, l’édénisation du monde, le Progrès ; et cette chose sainte, bonne et douce, le progrès, poussés à bout, hors d’eux-mêmes, ils la réclamaient terribles, demi-nus, la massue au poing, le rugissement à la bouche. C’étaient les sauvages, oui ; mais les sauvages de la civilisation.

Ils proclamaient avec furie le droit ; ils voulaient, fût-ce par le tremblement et l’épouvante, forcer le genre humain au paradis. Ils semblaient des barbares et ils étaient des sauveurs. Ils réclamaient la lumière avec le masque de la nuit.

En regard de ces hommes, farouches, nous en convenons, et effrayants, mais farouches et effrayants pour le bien, il y a d’autres hommes, souriants, brodés, dorés, enrubannés, constellés, en bas de soie, en plumes blanches, en gants jaunes, en souliers vernis, qui, accoudés à une table de velours au coin d’une cheminée de marbre, insistent doucement pour le maintien et la conservation du passé, du moyen-âge, du droit divin, du fanatisme, de l’ignorance, de l’esclavage, de la peine de mort, de la guerre, glorifiant à demi-voix et avec politesse le sabre, le bûcher et l’échafaud. Quant à nous, si nous étions forcés à l’option entre les barbares de la civilisation et les civilisés de la barbarie, nous choisirions les barbares." 

 

9- Il faut repeindre le moteur (suite)

"J’ÉCRIS AU RÉVEIL HISTOIRE DE DIRE QU’ON TROUVE PARFOIS DANS CETTE VIE,

UN CLÉBARD POUR NOUS RAMENER UNE BABALLE

On a réveillé les animaux, les sauvages, les domestiques, les migrateurs et les peluches, les poupées de chiffons, les chiffons de l'enfance. On serre bien fort ce qu'on a pu sauver. Presque rien. Un arbre décharné à la source des révoltes. Des mains de maçon. Le cristal d'une rencontre s'éclatant dans cette herbe à poète. J'y reviens souvent brouter les vieilles lézardes avec mes yeux de fièvre. Il parait qu’Oedipe a balancé son complexe au fond du puits qui s'appelait maman ou beau crocodile ou bien encore anguille reine de la vase.  Une ombre, sous peu, gagnera la partie, serrera notre gorge. Au commencement bien sûr, était l'air du temps. J’écris pour tenter de siffloter cette mélodie d’un air dégagé. J’écris pour envoyer quelque chose qui rebondit contre une barrière invisible. Avec les animaux bien sûr."

 

8- Les coups de Jean Meckert, folio

Un autre auteur méconnu de sensibilité libertaire comme on dit. Il signait également des polars drôlement bien fichus sous le nom de Jean Amila.

« Ils passaient leur vie à ne rien dire, mais bon Dieu ils le disaient bien.
*
Descendre, c’est toute la vie, sans doute. » 

 

7- On reste avec Georges Navel et ce témoignage remarquable de lucidité à l'attention de mes copains anars...

"C’est un peu difficile d’être anar, tu sais. Le changement soudain de la société, on a autant de mal à y croire qu’au mythe de l’Immaculée Conception. Faut avoir la foi. Pas d’autorité, d’accord, mais s’il y a mésentente, qu’est-ce qu’on fait ? Moi, cette question m’a toujours intéressé. L’Etat se reconstitue toujours, tu comprends. Ça peut être sous une forme syndicale. La FAI a dû recréer sa police. Et puis les anarchistes se font toujours avoir et, quand ils sont confrontés au pouvoir, ils deviennent ministres. Moi, je n’étais pas théoricien, j’étais attiré par le mouvement libertaire, mais je sentais ses faiblesses latentes. C’est une famille par la sensibilité libertaire, une façon de réagir, le goût de la liberté… Maintenant, sur le plan de la transformation
sociale… Récemment, j’ai entendu May Picqueray à la radio. Elle disait : « Ni dieu ni maître, quoi de plus beau ? » D’accord… Renvoyer son livret militaire, rien de plus beau… Comment ? Hein ? Allez, au trou…Tu vois, t’as le sentiment du drame, quoi… Moi, je suis libertaire, par nature, mais il faut bien battre monnaie. La société ne se passe pas de droits écrits, elle ne se passe pas de systèmes répressifs. Tout est une question de mesure. Ou t’es dans le système mécaniste du matérialisme, qui est un déterminisme où il n’y a pas de valeurs morales. Ou t’es dans l’anarchie qui, elle, est une doctrine morale qui part d’autres données… mais, bon, je ne suis pas philosophe…" 

L'intégralité ici : http://acontretemps.org/IMG/pdf/AC14et15Navelentretien.pdf

 

6 - Travaux de Georges Navel, éd. folio

"Je savais maintenant qu'on est sur la terre pour gagner seulement sa croûte, que la vie ne répond pas à cette attente de merveilleux qui donne aux enfants envie de grandir plus vite." 

 

5- Un fanal pour le vivant de Christophe Dauphin, Poèmes décantés, Les hommes sans épaules éditions

"Pendant que la pluie rouille dans la nuit
pendant qu’un monde décousu de ses rêves
s’effondre au bout d’une potence

Voici venu le temps des pillards
langage technocratique langue de plomb
d’invisibles voleurs veillent dans les poignets de l’aube
d’invisibles voleurs font les poches de la vie
les barbares sont venus aujourd’hui
quelque chose tremble et meurt en moi en nous"
(les oracles de l'ouzo)

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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 21:38

4 - "Mère sédentaire, qui depuis ma naissance tiens la maison en ordre comme si chaque jour était celui du dernier inventaire.

   c'est quand je reviens près de toi que j'erre. Ton attente est la même depuis si longtemps que tu ne touche plus terre.

   Quand, à tes côté, je frottais mes semelles sous les tas de feuilles mortes, je ne savais pas que cet ennui était le meilleur de ce que tu pouvais m'offrir."  (Guy Bellay)

 

 

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

2-3 - Les Charpentières (anthologie 1960-1984) de Guy Bellay, éd. Le Dé Bleu

"Et tout d'un coup je m'apperçois / que je suis au plus inespéré de moi-même: / j'ai vieilli, / malgré tout, j'ai vieilli, / et je suis étonné."

 

1-  Les Charpentières (anthologie 1960-1984) de Guy Bellay, éd. Le Dé Bleu

Ce poème avait particulièrement impressionné le jeune instituteur que je fus : 

PORTRAIT D’ENFANTS EN GROUPE

(Le maître d’école est sur le côté)

Voici, de gauche à droite et de haut en bas :

Murielle, obèse et aphasique ;

Sylvie, sa tumeur sèche au cerveau ;

Line, son diabolo douloureux dans l’oreille ;

Patrick, sournois, bas comme une souche ;

Louis, qui garde sa casquette sur sa tête pour rester sûr de lui, mais l’ôte pour se frotter contre les chats ;

Sandra, orpheline aux mots dépareillés ;

Jean, silencieux, bras croisés, qui attendra six mois pour parler et me dire : « Vous ne me connaissez pas. »

Gaétan, qui aime mourir autant que vivre ;

Marc, qui incendie les boîtes aux lettres, appelle douze fois les pompiers, lâche les ciseaux du deuxième en visant les crânes, s’acharne à vouloir lire, et enfin y parvient ;

Karl, qui agite ses mains devant ses yeux, et c’est à longueur de jour le vol suspendu d’une mésange devant une fenêtre vide ;

Alain, qui a deux pères, et José, un demi ;

Annie, qui a repoussé ma main de son épaule comme un serpent ;

Gaëlle, la douce, la privilégiée du cœur et de l’esprit, apeurée par ces maladroits ;

Vincent, qui guette pour frapper ;

Valérie, au père suicidé le jour de la rentrée, et qui sourit toujours ;

Claudine la mince, la tranquille ;

Stéphane le parfait ;

Kamel, qui ne sait pas parler à plusieurs personnes à la fois ;

Éric, d’une franchise de faucille ;

Claire, que j’ai déçue : « Si tu t’énerves, toi aussi... » ;

Sandrine, qui a passé sa main devant mon visage, comme on désembue une vitre, quand je rêvais ;

et ceux qui sont heureux d’être oubliés.

 

De toute ma présence, j’allège cet échafaudage de consciences nues.

Les plus faibles sont dessous.

Et chaque soir, je suis, pendant un instant, comme une cage vide dont la porte bat.

 

30 - Daniel Biga présentait ainsi Guy Bellay dans Gare maritime, revue de la Maison de la Poésie de Nantes, en 2004 : « La poésie de Guy Bellay ne se conçoit qu’en relation immédiate avec l’émotion. Autrement “À quoi bon ?“ Cette œuvre importante, discrète, acérée, lumineuse comprend à peine 4 recueils. 4 minces livres en 40 ans. Soit un tous les dix ans ! […] Une œuvre refusant tout apparat, si honnête, si sobre, si pudique, si éloignée des mondanités – même des plus innocentes ! – qu’elle est méconnue de beaucoup. Et elle aurait pu même passer inaperçue (nous en connaissons d’autres exemples) si quelques vrais amateurs de la poésie nécessaire n’avait su la reconnaître à sa valeur juste, c’est-à-dire parmi les essentielles. »

 

29 -  Les Charpentières (anthologie 1960-1984) de Guy Bellay, éd. Le Dé Bleu

Je viens d'apprendre par un mail de Monia et Daniel Biga le décès de cet auteur. 

"Avant dernier poème
Maintenant je suis un poète sans substance. Je relis de vieux textes dans le silence d’émotions mortes. Je suis un homme âgé qui ne sait plus quoi écrire et que la création seule justifiait. L’enthousiasme ne s’invente pas. Des tempêtes ont abattu ce qu’il y avait à briser en moi. Je vis dehors. Je vais au-devant de je ne sais quoi, une rencontre, comme au début, lorsque j’attendais tout et que ce fut la vie qui vint."

 

28 - Le dessin d'humour, je ne lui ai pas laissé assez de place ces jours...

Un jour après l'autre - septembre 5
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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 21:12

25-26-27- Et une chanson une...

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

24 - Journal de Jules Renard, Pléïade Gallimard.

"J'aime lire comme un poule boit, en relevant fréquemment la tête, pour faire couler."

 

23 - La belle à dos d’âne dans l’avenu Chang’an de Mo Yan, récits traduits du chinois par Marie Laureillard, éditions Philippe Picquier

« Je voudrais te faire comprendre que ce qu’il y a de plus redoutable sur terre, ce sont les paroles. A moins que tu ne sois un fieffé vaurien, tu ne peux pas te permettre de parler à la légère, ou pire encore de lâcher des paroles équivoques et superflues. Ne profite surtout pas d’une conversation pour faire étalage de ton prétendu style personnel, ou t’épancher sur tes idéaux grandioses. De tout temps, nombreux furent les grands personnages qui, comme toi, se sont fait piéger par leurs propres mots... »

 

22 - Châteaux de la colère d’Alessandro Baricco, folio

« Le sexe efface des tranches de vie, on n’imagine pas. C’est peut-être bête, mais les gens se serrent l’un contre l’autre avec cette fureur étrange un peu panique et la vie en ressort toute froissée, comme un billet doux serré au creux d’un poing, caché dans un geste nerveux de peur. Un peu par hasard, un peu par chance, disparaissent entre les plis de cette vie roulée en boule des portions de temps douloureuses, ou lâches, ou jamais comprises. Bon. »

 

21 - Courts métrages de Jean-Jacques Nuel, éditions Le pont du change

http://lepontduchange.hautetfort.com/

« Le nombre 

Lors de la visite de la bibliothèque régionale, on lui montra les silos à livres, noires tours aveugles dressées contre le ciel ; l’écrivain pensa que ses trois ouvrages, qu’il avait mis quinze ans à écrire, reposaient là, étouffés par des millions d’œuvres, et se sentit soudain plus insignifiant que la blatte qui courait sur le sol entre la pelle et le balai. »

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 21:47

19 - De retour de Kermesse Front de Gauche où je sortais bouquins de poésie, romans, philo et librairie libertaire, je me sens bien fatigué, du coup je passe la parole à Frédérick Houdaer. A toi Frédérick : 

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

18 - Décharge 167, http://www.dechargelarevue.com/

"La poésie d'humour / airbag du pathos mélancolique // est dans un état critique / mais stable"

Jean-Pierre Gandebeuf

 

17 - Décharge 167, http://www.dechargelarevue.com/

Retour sur la mort de Clod'Aria, un drôle de nom qui faisait partie du paysage poétique et que je croisait agréablement depuis que je m'y suis immiscé il y a une trentaine d'années. 

"J'ai crié que j'aimais

J'ai aimé sans rien dire 

Et la vie est passée..."

 

16 - Ceci sur un blog que je lis toujours aussi agréablement : 

"Ce slogan des promoteurs du « Non » au référendum grec de juillet dernier : « Nous préférons les eaux inconnues aux marécages cartographiés. » Là pour le coup oui, évidemment oui. « NAI » sur toute la ligne ! (Et le principe déborde le politique : on peut préférer les eaux inconnues à la tourbe de l’élévation sociale, au fossé de la carrière, au bourbier du conforme, au marigot de l’étroit…) La coque de la souveraineté racle, la quille de la liberté talonne. De bord à bord on touche le fond. Trop de mépris dans ces marécages-là. Même s’il ne reste plus qu’un rafiot, il mérite mieux que naviguer dans un crachat."

C'est ici : https://lautrementdit.wordpress.com/ 

 

15 - Il faut repeindre le moteur de Yves Artufel (à paraître peut-être un jour)

"Dans les veines du temps

J’inscris la topographie des regards effleurés.

Oué, oué, oué."

 

14 - Il faut repeindre le moteur de Yves Artufel (à paraître peut-être un jour)

"IL FAUT REPEINDRE LE MOTEUR

Allons recouvrir l'horizon d'un mouvement lent de mâchoires, ruminants que nous sommes. Un chemin de mousse serpente sur ce versant. J’ai fait une belle promenade en compagnie des vaches. Je rumine, je lave la mémoire. Je repasse les impressions froissées. Je m’en vais germer dans un couloir très sombre, je maquille la douleur au fard des belles résolutions, je lessive l'espérance. L'abîme cogne contre le château des évidences; et toujours contre ce château, je dresse des soirs de brume, les chaussures de la pesanteur, l'alcool des nuits illisibles, le balancement d’un squelette, la fleur d'ennui qui poétise le tourment. Mon chant casse la croûte dans la bouche des ruminants, s'imbrique à l'œuf sidéral. A chaque ligne c'est comme si je dictais mes dernières volontés. Je remplis le petit cochon rose, la tirelire des instants à paître paisibles et repus. Le moteur tourne en harmonie avec le désir. On a bien oublié un sac d’affaires dans une chambre ou une gare mais... C’était il y a longtemps. Les jours s'en vont toujours sur un chemin pavé d'amphores perdues au fond de soi."

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Portrait du blogueur

dans un spectacle Gaston Couté

couté

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Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.

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Si des ouvrages présentés dans ce blog vous intéressent, vous pouvez les commander en envoyant un chèque correspondant à la somme indiquée (+ un forfait port de 1 €) à l'adresse des éditions :
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes

pour tout renseignement complémentaire (conditions d'envois et de remises pour les libraires, collectivités...), vous pouvez écrire à gros.textes@laposte.net

bouquinerie

 

 

Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.