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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 20:37

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

Cette semaine j’ai lu

« entre ciel et terre » de Jón Kalman Stéfánsson, folio

Une somptueuse histoire de gamin, de vie difficile, de froid meurtrier et de poésie.

« Nous passons notre existence à la recherche d’une solution, d’une chose qui nous console, nous apporte le bonheur et éloigne de nous tous les maux. Certains empruntent une route longue et difficile ; peut-être ne trouvent-ils jamais rien, à part l’ombre d’un but, l’esquisse d’une solution ou une forme d’apaisement dans la recherche elle-même, quant à nous, les autres, nous admirons leur ténacité, mais il nous est déjà assez difficile de nous contenter d’exister et, au lieu de chercher, nous avalons l’élixir de vie venu de Chine en nous demandant constamment quel est le chemin le plus court vers le bonheur, question dont nous trouvons la réponse dans Dieu, les sciences, le brennivin, l’élixir venu de Chine. »

 

« Il est facile de se bercer d'illusions lorsqu'on est seul, on peut presque se fabriquer une personnalité, se montrer plein de sagesse, de mesure, avoir réponse à tout, mais il en va autrement parmi les gens, la chose nécessite un effort, là, tu n'es plus aussi mesuré, absolument pas aussi sage, parfois, tu n'es même qu'un fichu crétin qui débite toutes sortes d'âneries. »

 

« Celui qui meurt se transforme immédiatement en passé. Peu importe combien il était important, combien il était bon, combien sa volonté de vivre était forte et combien l'existence était impensable sans lui : touché ! dit la mort, alors, la vie s'évanouit en une fraction de seconde et la personne se transforme en passé. Tout ce qui lui était attaché devient un souvenir que vous luttez pour conserver et c'est une trahison que d'oublier. Oublier la manière dont elle buvait son café. La manière dont elle riait. Cette façon qu'elle avait de lever les yeux. Et pourtant, pourtant, vous oubliez. C'est la vie qui l'exige. Vous oubliez lentement, mais sûrement, et la douleur peut être telle qu'elle vous transperce le cœur. »

 

J’ai lu également (parfois survolé) « Habiter en poète » de Jean-Claude Pinson (Champ Vallon), « La poésie comme l’amour » de J.M. Maulpoix (Mercure de France), ou « Poésie et Figuration » de J.M. Gleize (Seuil). C’était pour préparer un exposé sur la poésie contemporaine (depuis 1950) que je dois faire dans le prolongement d’un de nos spectacles à la BDP des Hautes Alpes le 10 mars. J’ai trouvé incroyable et scandaleux que dans aucun de ces trois universitaires ouvrages aucun des trois poêtes que je considère comme majeurs ces 60 dernières années (à savoir Jacques Bertin, Bernard Dimey, Eric Dejaeger et Armand le Poête) ne soit ne serait-ce qu’une seule fois cité. C’est moche.

Dans le seul « Habiter en poète » de Pinson, Bonnefoy est cité plus de 30 fois, et Juvin pas une seule alors que c’est aussi bien non ? Mieux ? C’est triste et ça qui interroge non ?

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 21:54

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

Cette semaine j’ai lu

Blanc de Thomas Vinau, éditions initiales, http://www.initiales.org/Blanc.html

Après Le noir dedans chez cousu main, Les Ailes grises chez les Venterniers, Des salades (vertes ?) chez Donner à voir et Bleu de travail à la Fosse aux ours, notre auteur arc-en-ciel peint un ensemble de textes genre post apocalyptique de toute beauté énigmatique et fascinant « Peut-être mes mains se souviennent-elles de quelque chose. Peut-être mes pieds ou mon ventre. Ma langue ne sert à rien ici. S’il le fallait pour survivre, nous pourrions la manger. »

 

Le roi de Kahel de Tierno Monénembo, point seuil

Le héros Aimé Victor Olivier de Sanderval est mort en 1919 au château de Montredon où j’ai passé mon enfance. Je l’ignorais. C’était un colonisateur sympa et le roman plutôt agréable  dresse une image bon enfant de la colonisation française en Afrique. Bon. J’en ai profité pour réécouter des conférences de l’historien Henri Guillemin :

https://www.youtube.com/watch?v=aF1xPL05KAw

https://www.youtube.com/watch?v=sFfLNwgi_Qo

tout en rééditant quelques bouquins de Thomas Vinau « Les chiens errants n’ont pas besoin de capuche » et « Fuyard debout » https://sites.google.com/site/grostextes/publications-2010/vinau-thomas

 

Une vraie boucherie de Bernard Jannin, j’ai lu

Du côté de Montredon, mon père était boucher. Ce court roman dont l’action se situe dans les années 60 évoque le monde du petit commerce avec un certain bonheur et une pointe de délire.

 

Le jour avant le lendemain de Jørn Riel, 10/18

Là on est du côté du chef d’œuvre genre « le vieil homme et la mer ». La vieille Ninioq voit sa tribu exterminée et se retrouve seule avec son petit fils un hiver polaire… C’est aussi tendre que cruel et laisse une trace profonde sur le lecteur. « Tout était éternel. L’immense nature ne pouvait être anéantie, et l’homme ne faisait-il pas partie de cette nature? Tout ce qui était vivant poussait, se reproduisait et mourait au même rythme éternel que les changements de saison. »

 

Cette semaine j’ai également réédité « Huit bouffées de sagesse papaoute », notre best seller de Karin Huet, https://sites.google.com/site/grostextes/publications-2010/huet-karin.

 

Une chanson pour lier tout ça...

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 20:48

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

Cette semaine j’ai lu

Les vitamines du bonheur de Raymond Carver, éd. Stock

« Il s'arrêta dans sa marche. Il avait le cœur au bord des lèvres. Il se pencha au-dessus du caniveau. Sa gorge se soulevait, mais il n'en sortait rien. Il se redressa lorsqu'une voiture pleine d'adolescents braillards passa dans la rue, le saluant d'un grand coup d'avertisseur musical. Oui, se dit-il, un grand mal presse l'univers de toutes parts, et il lui suffirait de la moindre crevasse, de la plus minuscule fissure pour s'y introduire. »

L’écriture au scalpel et toujours le drame ordinaire qui couve quelque part.

 

Petits malentendus sans importance d’Antonio Tabucchi, 10/18

Un peu la même veine que Carver avec juste un peu plus de décors : « A force de danser, l'année suivante est arrivée. Ce fut l'année d'une phrase qui devint un emblème, nous en abusions parce qu'elle s'adaptait aux circonstances les plus variées: ne pas se trouver à un rendez-vous, dépenser plus que nous n'avions, oublier un engagement important, lire un livre considéré comme excellent et qui en fait était mortellement ennuyeux: toutes les erreurs, tous les quiproquos, toutes les méprises qu'on faisait, étaient "un petit malentendu sans importance". »

 

J’ai fabriqué

Ma muse s’amuse de Jean-Pierre Lesieur, préface de Claude Albarède

https://sites.google.com/site/grostextes/

Jean-Pierre Lesieur devrait être tenu pour le plus grand poète des cinquante dernières années et ce n’est pas le cas. Qu’est-ce qui a foiré ? Ben il passe son temps à s’amuser et ça ne pardonne guère dans notre triste époque.

«  Je marchais le long d’une rizière de roseaux / Sans penser à rien d’autre / Qu’à ne pas mettre mes bottines / Dans l’eau des flaques / Soudain j’aperçus dépassant au-delà des plumeaux / Une chevelure blonde / Portée par une femme / Vaporeuse silhouette / Je marchais le long d’une rizière de roseaux / Écoutant les merlettes / Battre la campagne / À la recherche d’un merle / Soudain je me souvins de la voix de l’enchanteur / Qui m’avait promis / De rencontrer par hasard / Une muse trop belle / En marchant le long d’une rizière de roseaux  / Et je jetais un regard en coin / Même en coincoin / Vers la chevelure blonde / Qui dépassait au-delà des plumeaux de roseaux  / Il y avait en dessous  / Des yeux de porcelaine / Qui brillaient dans le soleil / Ainsi rencontrai-je le long d’une rizière de roseaux / La muse poupée / Qui avait parcouru / Les chemins de mon enfance »

Je donne tout Bonnefoy, Meschonnic, Jaccottet et Bernard Noël pour une pirouette de Lesieur.

 

Et ces conseils de bon sens commun qui ouvrent et referment le recueil :

            « Pour choisir une muse il faut beaucoup chercher dans tous les livres de poèmes,  dans les bars et les brasseries, dans les lieux mal famés, dans les paquebots en partance, dans les clandés, dans les bals du 14 juillet, dans le port d’Amsterdam, dans les films pornos, dans les films d’amour, dans les films de cape et de petite épée, dans les autobus, dans les trains nationaux, internationaux et départementaux, dans les cimetières, dans les tramways de Lisbonne, sur les remblas de Barcelone, dessous le mennekein piss, aux sommets des buildings, sur les tire fesses, dans le canal d’Utrecht, dans les écluses du canal de l’Ourcq, vers la Villette, dans les petites voitures des quatre saisons, dans la forêt landaise, sur le mont de Marsan, dans les drames de Ionesco, dans les rhinocéros, sur les cantatrices chauves, aux terminus de la RATP, à l’assemblée nationale, aux portes du désert, à l’Alhambra de Grenade et celle de Paris, au carrousel du Louvre, dans les douves de Vincennes, à la poterne des peupliers, rue Saint Merri, dans le Marais, quand les cloches de Bâle sonnent à toute volée, dans les livres de Victor Hugo, dans le silence du Sahara, dans le bush, sur la banquise entre deux pingouins et une pingouine, à l’espace Pompidou, au salon de Provence, dans la cage d’un oiseau, dans Parole de Prévert, dans une cour de récréation de re création de dé création, dans les bottes du Père Noël, dans un renne, dans le petit Trianon de Marie-Antoinette, dans les femmes de Louis XV, dans la prison du Temple, dans le carreau du Temple, dans un temple bouddhiste, dans la rue des Archives.

            Pour choisir une muse ? ah ça oui ! il faut beaucoup chercher. »

 

« Si vous n’avez pas encore trouvé votre muse ne désespérez pas, elle est quelque part. Fouillez dans vos affaires, retournez les rideaux, téléphonez aux poètes, aux objets trouvés, à la poste restante, lancez vos plus fins limier sur la piste de la belle, intervenez  dans les médias, internétisez-vous, intentez une main courante en pouvoir de recherche, dévorez les dépêches du midi et d’ailleurs, rembobinez le fil d’Ariane, cassez les codes de la recherche fondamentale, devenez chercheur à la petite semaine, en titre, en technologie de base, prenez l’avion par le bon bout, écrivez dans tous les sens, inventoriez les caves de la bibliothèque nationale, multipliez les interventions poétiques, écrivez au bon dieu et à ses saints, implorez les géographes, déplumez les météorologistes, impactez les coups de foudre, dégommez les orages, éberluez les amazones et le saint frusquin, bouclez les ailes de la boucle de raie et le tour de France, vissez un vélo dans la tête des aventuriers, dégommez les chercheurs d’itinéraire qui ne trouvent jamais rien, éludez les allumeurs de réverbères étoilés, invitez les oiseaux au long cours, remontez les rivières et les mers en furie, cherchez, cherchez encore et toujours vous finirez bien par en trouver une pas trop moche et pour l’éternité nité. »

 

J’ai réécouté de vieux vinyles  de Gilles Elbaz que j’ajoute à la liste des chanteurs trop oubliés. C’était un parolier génial qui savait s’entourer de bons musiciens de jazz années 70. Je vous en livre deux titres qui barbotent pas trop loin finalement des muses à Lesieur.

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 21:25

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

Cette semaine j’ai lu

« Nos îles, perdues jusqu’à demain" de Manuelle Campos, dessins de Cécile Dalnoky, Editions du Chameau. http://editionsduchameau.free.fr/NosIles2014.html

«Mais je sais qu’un jour me reviendront, / épluchés, poncés, raclés, lavés, / plus étincelants que les petits os des rongeurs, / les éclats de nacre de ce jour où je disposai / les indiens de mon enfance… »

 

Le sursis et la mort dans l’âme de Jean-Paul Sartre

« On est malheureux … quand on a froid ou qu’on est malade ou qu’on n’a pas de quoi manger. Le reste c’est des vapeurs. »

 

J’ai fabriqué Toujours non au littérairement correct d’Eric Dejaeger. Sans doute l’ouvrage le plus important paru depuis ce début de millénaire. https://sites.google.com/site/grostextes/

 

Une petite page d’histoire pour rester un moment avec Manuelle Campos

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Portrait du blogueur

dans un spectacle Gaston Couté

couté

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pourquoi bloguer

Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.

pour commander des livres

Si des ouvrages présentés dans ce blog vous intéressent, vous pouvez les commander en envoyant un chèque correspondant à la somme indiquée (+ un forfait port de 1 €) à l'adresse des éditions :
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes

pour tout renseignement complémentaire (conditions d'envois et de remises pour les libraires, collectivités...), vous pouvez écrire à gros.textes@laposte.net

bouquinerie

 

 

Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.