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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 22:08

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

Je fais une petite pause dans un jour après l'autre car je vais être souvent sur les routes à partir de demain (festifaï à Veyne, puis Poésie Nomade dans le Lubéron, puis les voix vives de la Méditerranée, puis en août diverses interventions dans les Hautes Alpes), je ne reprendrai le blog qu'à la rentrée.

je vous laisse avec deux vidéos qui m'enchantent. Patrick Abrial me ramène quelques 40 ans en arrière, j'ai été époustouflé de découvrir ça sur youtube. 

Le texte de Delteil est pareillement culte dans mon imaginaire. 

Merci aux visiteurs et belle vie à tous.

 

LETTRE AU LECTEUR (de Joseph Delteil)

 

Ah!  merde non! merde non! merde non! Si tu crois que j'ai perdu neuf mois de ma miravilha vie (c'est le temps) à pondre un livre (un de plus quand il y en a des millions)... à te conter fleurette, à t'amuser (oh! le putain mot!)... à te distraire (de quoi, con ? de vivre ?)... Littérature, moi ?... poët-poët ?... Entre les lignes, mon petit... that is the question... La « substantifique moelle », comme dit le Vieux... le triple sens... le pur testament... Non ce qui s'écrit, mais ce qui se siffle... à l'oreille... Chut!...

Quid ?... quid ?... De quoi s'agit-il ? Ça va comme ça ? Tu es heureux ? Tu es content d'être « homme » ? Supercontent ? Dans les grandes largeurs ? Comme un gant ? Comme les cheveux d'Eléonore ? Comme bérette et béreton ? Plein les mains, plein aux as ? Comme gonzesse qui mouille ? Comme coq en pâte, patte en pute, pute au pot ? Comme pis de vache, rosée à rosé, étron d'état ? Comme jarretelle au gîte, lune à Veau ? Comme un pingouin dans le carré de l’hypoténuse ? Comme Jean de Nivelle, comme un patard, comme cocu de roi ? Comme verge en vierge, pied en cap ? Comme un soleil dans un cul d'or ? Comme Aldébaran sur sa queue, porc-épic sur porc-épic, oui d'ouailles, tric-trac ? Comme la figue à Ninon et le nez au Pape ? Comme tripe de cannibale, comme âme d'amaryllis ? Comme ylang-ylang, piques-pâques, bougre en fleur ? Les trente-six mille chandelles, quoi ? Le fanfan-la-tulipe ? Le lustucru ? Le chandernagor ? Le paon pandorle ? Alléluia ?

Humain, hein, dis donc !... Humain, nom de Dieu!... Humain, tu te rends compte ? Humain, humain, humain :

féroce

hypocrite

absurde

fourbe

canaille

égoïste

injuste

lâche

lubrique

sadique

violent

sceptique

jaloux

cruel

orgueilleux

pervers...

 

Humain, quoi!... Le pépère train-train quotidien... le boulot monstre... les illustres « passe-temps », la manille, le cinéma... le cul... la guerre, excuse-my... une « bonne mort »... Ça va ?... Oui ?... Depuis A jusqu'à Z /... Un, deux, trois : c'est voui ?... Bon ! Parfait! Compliments! Et bonsoir! (Seulement alors ne me casse plus les couilles avec tes milles et une misères, les méli-malheurs, les chialeries, les trafalgars, les drames monstres, les histoires de Destin, la « vallée des larmes », les péchés originels et patati et patata…).

Sinon, si ça va pas, si ça grince mie, si ça te gêne quêque part, si y a de l'abus, du roulis, que oui mais que mais, bref maldonne, erreur d'or, quiproquo de quinquercule, quid?

Prends le maquis, l'ami...

Le maquis de l'âme...

Entre nous, entre fous, dis donc, à deux ou trois, à sept ou huit, on va refaire le monde... moi bibi, fils de maman... un monde à nous, sur mesure... mais patapur alors hein! le vif argent, des copains prêts à tout alors, frères comme cul et chemise, rien que des mecs, des zèbres d'or, pas trace d' « humain » hein! chez nous, la « condition humaine » hop-là !... plus de guerre, de haine, d'orgueil... sous peine de mort (mort morale, renvoi « chez les hommes »)... nous sommes des albinos dis donc nous, des moutons à cinq pattes, des fous, des dieux, quoi!... Nous serons lu... par-ci par-là... un à Montpellier, trois à Rennes, cinq à Paris... une douzaine en Amérique, une douzaine au Tibet... une tribu comme les romanichels... la p'tite Tribu, la secrétissime Tribu des Gens de Joie, les fous fadas de vie-vie-vie... les ceusses du poët-poët Non possumus.,.

Le tout strictement clandestin. A la barbe des Barbares, à l'insu de Dieu. A la sauvette... Des hors-la-loi, quoi! Une Société secrète... comme Pythagore, Delphes, les prêtres d'Egypte, l'Apocalypse, les Catacombes, les Sages de Sion, le Grand-Lama...

De quoi s'agit-il ?

Te voilà sur la terre, avec un corps, une âme... deux mains (pas quinze)... deux yeux... un flûtiau...

Voilà ton « jeu »...

De quoi s'agit-il ? Où le problème, le drame ?

Un seul but : le bonheur. Un seul métier : être heureux.

Un seul secret : l'âme... Non pas ce qu' « ils » appellent âme, fiole à morale ou quintessence de con... mais le grand-être, le tout-loi... le millième sens... comme si tu avais des millions d'yeux, la peau fafelue, le cœur pascal... de quoi jouir du monde entier, de Dieu... jouir, qui est le verbe de l'âme... Jouir te dis-je... (innocemment, sale macaque ! intelligemment, espèce de con !).

       Prends le départ tous les matins comme Colomb pour l'Amérique, à beaux yeux neufs, exprès pour toi que le soleil se lève, avec tes jambes de la genèse, tes oreilles capitules, et tout ce sang dans tes veines comme un troupeau de gazelles, et toute ton âme bis-bandée... Vas-y, vas-y!... Que ça ruisselle la lumière du pan-paradis, la virginité, la pruine des choses, l'air frais aux entrailles, le désir au bec... Tout est à toi, toutes les femmes, tous les soleils, vas-y, vas-y !... C'est fou nom de Dieu, c'est immense, de grand'vivre... C'est fieffé miracle, inouïe panacée, sortilège à poil... Cléopâtre, Shakespeare, Bonaparte- hein !...

Chaque jour je veux : une heure de solitude, une heure de rire, une heure de cheval, une heure de folie et vingt-quatre heures d'amour.

L'encuculant programme, quoi : là tout est ordre et beauté, luxe, calme et volupté.

 

ORGANISATION DE LA TRIBU :

Deux organismes majeurs :

1° Le Comité de Paix. — Toute querelle, tout conflit personnel, conjugal, social, etc... y sera porté, et jugé en dernier ressort (tout récalcitrant immédiatement expulsé). Avant tout la paix, la paix parfaite, la paix de l'âme, la paix du corps, à tout prix!

2° L'Ecole d'Amour. — C'est une science que diable que la vie! Apprends à vivre. J'ai l'évangile bon sens, les recettes maîtresses, les secrets d'Etat... Savoir, pouvoir, vouloir... comme papa...

 

Ah! j'ai tordu le cou à la psychologie, j'ai zigouillé on. La psychologie : la « maladie humaine »... On : le destin... Hé quoi! je ne sais quel petit grécaillon bis-bigle et barbe-bouc il y a une chiée de siècles, un beau jour inventa la raison... Et alors ?

Nous aurons notre Journal, nos écoles, nos sabbats, nos catacombes...

Une cité-modèle, à la campagne...

Un signe... peut-être l’oreille gauche peinte en vert... ou la huppe aux braies... chi lo sa !...

***

As-tu compris ?

L'homme, voilà l'ennemi !

Je suis animal et dieu, j'aime...

J'aime, j'aime, j'aime...

J'aime un nuage, un rhododendron, la jarretelle, la brebis, l'oie à la noix, l'ornithorynque, les boucles d'oreille, ma femme, Mozart, les gratte-ciel et le gratte-cul, les appas, les affûtiaux, la salsepareille, le pain gradaillé, le mica, le moka, la moukère et le coït, le caca de cocorico, les brancards de la charrette, le tic-tac de ma montre, le nez de mon chien, tout et rien, une tache d'encre quand elle rivalise d'ossatures avec Michel-Ange, un scarabée quand il porte une tonne d'arcs-en-ciel sur son dos, une vieille pierre toute striée des propres pensées de Dieu, l'orage les jours d'orage, la mer entraillesque, la pleine lune à cul, une feuille de vigne, un épi de blé, le jonc et le geai, la giroflée, un livre neuf, une caille, un caillou, l'ombre du platane, le soleil de Dieu, le vent quand il ventourle, le sable qui pisse, le rat qui rate et l'or qui rit, les rendez-vous-vulve et l'entre-deux-mers, la canepetière, le pet de nonne, le Pérou, le gros sel, la navaja, le kinnor, l’agnus castus, la pamplemousse, la poule au pot, la mandorle, le charabia, le grand escogriffe, le petit poucet, l'insecte des Mille et une nuits, le labyrinthe, le poulpe, la chimère, l'orgueil, le mestre de camp de quinquengrogne, le salamalec à papa, le carrousel, le pollen, l'ombre, le charivari, la gonzesse en liesse, le velours de veau, l'apocalypse, l'avion, le fou falzar, la barbe à barbare, la pupille à poil, Orphée, Schéhérazade, Nabuchodonosor, le gynécée et l'apogée, le tétragramme et l'alphabet, l'église de pouille paille, le magnus magnolia, la faribole et l'opoponax, le fifre et le fifrelin, cœur de profondis, galop galapiat, l'en pantoufles, l'au débotté, le dictionnaire à képi, l'imagination à cheval, les amours du dictionnaire et de l'imagination, l'agneau polichinelle, le bouvillon pissu, la bête à bon Dieu quand elle fait l'amour avec les fils de la Vierge, la barque d'alberge, la figue barbue, la rose très trémière, le muscat moult musc, allegro molto vivace, ohé! ohé! toi et moi, l'âme, les étoiles. Dieu... J'aime... voilà ma folie... j'aime

voilà tout mon bon sens !

Chut! …

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 20:58

12 - deux chansons et une photo de Doisneau pour finir la semaine

Un jour après l'autre - juillet 2

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

11 - Joubarbe de Camille Loivier, éd. Potentille

http://potentille.jimdo.com/les-nouveautés/camille-loivier/

Et puis pour finir… 

« je vais tomber / dans la petite cour / de la table / je ferme les yeux / je sens l’ivresse me gagner / la chute / en sa promesse // on va me ramasser / (une paume chaude et douce enfin) / et me retourner. »

Bref ce recueil est du genre qui me remue la tripaille tout en douceur tellement que j’en ai la larme qui pointe au coin de l’œil.

 

10 - Joubarbe de Camille Loivier, éd. Potentille

http://potentille.jimdo.com/les-nouveautés/camille-loivier/

Minot de Marseille, fils de boucher, je sais que j’ai poussé dans une cour entre des baraques de pauvres et des vies insignifiantes comme des joubarbes.

« enfant de la ville / du quartier commerçant / des cours sombres / méfiante de la campagne / et de ses longues pluies moroses ».

Du coup ce recueil résonne profond chez moi.

« Ma vie a commencé dans une cour / au-dessus d’une autre cour / une cour petite étroite / il n’y avait rien / ni plante ni soleil ni dimanche // il fallait lever haut la tête / (est-ce pour cela qu’elle a un grand cou) / pour voir le ciel pour me voir »

 

9 - La boîte à musique de Jean-Claude Pirotte, ed. de La Table ronde

" Je ne parlerai qu'à voix basse / à mes fantômes familiers / et de nos pas dans les allées / incertaines du vieux vieux temps / nul ne pourra suivre la trace // les reflets au bord des étangs / de nos misérables carcasses / s'évanouissent comme passent / les frêles amours les nuées // les étincelles de la grâce / je ne parlerai qu'à voix basse / et le cœur à peine battant / à mes ombres dépossédées / par le mirage des années / incertaines du vieux vieux temps "
 

8 - Pays perdu de Pierre Jourde, Balland

« Ces visages que le froid colorie violemment, sous les casquettes, beaucoup ont été sculptés par l’alcool, ces corps fabriqués par lui ou mutilés par lui. L’alcool préside aux besognes du fer, de la pierre, du bois, de la corne. Il tuméfie les visages, cogne les épouses, ruine les exploitations, déforme les membres, ourdit les accidents. Lui, et lui seul. Ceux qui lui ont vendu leur âme ne sont plus que l’alcool, le corps provisoire et titubant de l’alcool. Il travaille au lent retour vers la confusion des formes, vers les créatures du chaos, il fabrique des succédanés de titans… »

 

7 - Le voleur de Georges Darien, 10/18

« J'ai passé 10 ans au collège, 3 au régiment. J'ai donc le droit de commettre -honnêtement- des crimes jusqu'à concurrence de 13 ans de prison. »

 

6 - Kyra Kyralina de Panaït Istrati, folio

"Ce n'est pas vrai du tout, que l'être humain soit une créature qui comprenne la vie. Son intelligence ne lui sert pas à grand-chose ; par le fait qu'il parle, il n'en est pas moins bête. Mais là où sa bêtise dépasse même l'inconscience des animaux, c'est quand il s'agit de deviner et de sentir la détresse de son semblable.
Il nous arrive, parfois, de voir dans la rue un homme à la face blême et au regard perdu, ou bien une femme en pleurs. Si nous étions des êtres supérieurs, nous devrions arrêter cet homme ou cette femme, et leur offrir promptement notre assistance. C'est là toute la supériorité que j'attribuerais à l'être humain sur la bête. Il n'en est rien !" 

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 21:32

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

4 - Traction-brabant 63

http://traction-brabant.blogspot.fr/

« Portrait de R.B en chemise à carreaux avec fantômes cherokees

Le territoire de l’imaginaire / est loin d’être immaculé - / j’ai relevé mes pièges aujourd’hui / le sang des poèmes avortés / rougissait la neige alentour / & un billet S.F. – Tokyo / piquait du nez / sur la plus haute branche / d’un séquoia qui a connu la Piste des larmes. »

Hervé Merlot

 

3- Traction-brabant 63

http://traction-brabant.blogspot.fr/

« Des bouts de corps / glissent sur le pavé, / dans le rond de terre autour des arbres, / contre l’arbre. / On se laisse apparaitre. / Dans le passage, les mains attendent. / Le café est désert. / L’attente, c’est la lenteur de l’œil. / Il y a un type au comptoir qui a l’air de ruminer sa solitude. / Dedans/dehors, tout est lisse. / Et la vie coule comme la pluie dégouline. / Pas moins, pas plus. / Dans la beauté des bleus. / Je ne sais pas comment ça commence. »

Brigitte Giraud

 

2 - Comme en poésie n°57, revue trimestrielle de poésie

http://comme.en.poesie.over-blog.com/

"La vie qui va

Il est tombé tant de soirs depuis ton départ, / tant de soleils sont passés sur la terre, / tant de fleuves ont grossi les mers, / tant de nouveaux sourires ont éclos, / tant d’autres souvenirs ont recouvert ma vie / que je ne sais plus très bien / si j’ai toujours le cœur en colère." Michel Monnereau

 

1 -  Jour de congé de Christian Degoutte (récit) et Jean-Marc Dublé (images) Thoba’s éditions

"Ce qui manque à la photo, c’est le bruit qui court / de la rivière au pied des maisons, c’est les cris / des enfants qui s’aspergent d’eau glacée et nagent, / nus comme des savons, sous le vieux pont de pierre. // Il bourdonne comme une ruche sous les roues / des voitures. L’air déjà sent le feu des tuiles. // Ventre collé au parapet, une cycliste, / bras tendus dans le vertige, photographie / la fraîcheur de l’eau. Sur son lit de galets, l’eau / se tisse, Carmen en bleu sous l’arche du pont / où les hirondelles crient de l’ombre au soleil, // mais sur la photo ratée (il fallait la faire / les yeux fermés) les enfants seront minuscules / comme elle est dans la vie."

 

30 - Des salades de Thomas Vinau, illustrations de Matt Mahlen, éditions Donner à Voir.

http://donner-a-voir.net/

" J'ai récolté / quatorze limaces / huit araignées / six piqûres de moustique / quatre souris / trois orvets / un noyau de pêche / deux bouts de fer / et une demi-crotte de chat toute sèche / on ne récolte pas toujours / ce que l'on sème / mais l'on récolte toujours / quelque chose"

 

29 - Des salades de Thomas Vinau, illustrations de Matt Mahlen, éditions Donner à Voir.

http://donner-a-voir.net/

"Un lapin nain / poilu et sauvage / qui vit dans les parages / adore mes prunes / et mes abricots / Je pense qu'il fallait / que ça se sache"

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dans un spectacle Gaston Couté

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Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.

pour commander des livres

Si des ouvrages présentés dans ce blog vous intéressent, vous pouvez les commander en envoyant un chèque correspondant à la somme indiquée (+ un forfait port de 1 €) à l'adresse des éditions :
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes

pour tout renseignement complémentaire (conditions d'envois et de remises pour les libraires, collectivités...), vous pouvez écrire à gros.textes@laposte.net

bouquinerie

 

 

Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.