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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 20:28

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

 

8 - Dans la série, ceux dont on ne parle presque plus et qu'il ne faudrait pas oublier, il y a selon moi ce merveilleux parolier balançant entre la résistance, l'horlogerie, le théâtre, la poésie et la chanson.

 

7 - Marcel Mariën, auteur que l’on rattache volontiers au surréalisme belge de l’après guerre a écrit en 1956 une violente charge contre l’automobile, « des Bâtons dans les Roues ». J’ai trouvé ce texte dans la monumentale « anthologie de la subversion carabinée » de Noël Godin.

Les adversaires déclarés d’un progrès absurde et moribond, de toute évidence dépassé, sans attendre le nettoyage politique et moral de la société, se constitueront en fractions occultes et agissantes, et entameront dès à présent une lutte sans merci contre l’automobile. On mobilisera comme on peut, pour cette mission civilisatrice la canaille des bas-fonds, les désœuvrés de toutes catégories (philatélistes, souteneurs, terrassiers, etc.), les enfants des écoles et les vieillards des hospices. Nous laissons aux exécutants le soin de nuancer, de varier au gré des circonstances les moyens qui répondent le mieux à cet impératif: rendre toujours plus intolérable la fonction d’automobiliste, engeance qu’il s’agit littéralement de faire enrager, de façon à la contraindre, par le désespoir ou la honte, à renoncer à sa provocante ferraille.

Au début, on se bornera à provoquer des embouteillages en détraquant systématiquement la signalisation. (En bloquant les feux rouges, par exemple ou encore en faussant les plaques indicatrices: le sens interdit à chaque extrémité de la rue, le sens giratoire multiplié de telle manière que les véhicules soient entraînés dans des remous concentriques avant qu’ils ne puissent réaliser ce qui leur arrive). Une simple interruption du trafic, si elle se prolonge au-delà de quelques minutes, suffit aujourd’hui à paralyser pour des heures la circulation, chaque colonne immobilisée de voitures entravant le trafic latéral et, par ricochet, celui de la ville toute entière. Il conviendra donc d’étudier et de dresser les plans d’une stratégie générale portant sur les fréquences et les densités de la circulation pour l’ensemble de la ville donnée.

Voilà de quoi occuper louablement la jeunesse, cette jeunesse qui ne saurait être assez délinquante. Les enfants, eux non plus, ne sont pas à négliger. Les poètes de 7 ans, méprisant les conférences de presse et les cocktails littéraires, favorisés par leur taille menue, ne manqueront pas de remettre en honneur le morceau de sucre, plus maniable et non moins efficace que la dynamite, et que d’une main discrète ils glisseront adroitement dans les réservoirs. A ce propos, une propagande sournoise pourra être faite chez les distributeurs d’essence, qui ne négligeraient pas, afin de parfaire le « plein », d’ajouter cette pièce décisive avant de revisser le bouchon. De chacun on attendra en outre qu’il ne sorte plus sans avoir les poches remplies de clous que, sans être vu, il saura semer sur les chaussées, aux bons endroits, comme on fait de l’huile pour apaiser la fureur des flots. Qui préfère crever directement les pneus s’armera d’un canif. Qui préfère détériorer les carrosseries (il faut songer aux côtés esthétiques de la passion que nous entreprenons de combattre), emportera avec lui les outils appropriés. Des farces dites idiotes pourront également être expérimentées, comme par exemple d’enchaîner l’une à l’autre, le soir, deux voitures en stationnement, ou même une demi-douzaine si la chaîne est assez longue et le cadenas qui doit assujettir les extrémités, solide et d’un modèle peu commun. Enfin pour celui que le manque de loisirs ou la crainte réduirait aux simples fonctions de spectateur, il ne résistera point au devoir, lorsqu’un automobiliste l’interrogera sur le chemin à suivre pour gagner tel ou tel endroit, de lui en indiquer un tout opposé, judicieusement choisi cependant, de manière à entraîner sa victime dans des rues notoirement encombrées.

La propagande pour l’assainissement se développant, l’organisation occulte qui la dirige trouvera maintes occasions de recruter quelque allié au sein même de la gent automobile, au point de susciter dans ses rangs quelques conversions éclatantes. Qu’on ne néglige pas alors de tirer de ces illuminés le meilleur parti. On les maintiendra à leur volant avec la mission de déconcerter « de l’intérieur » le trafic routier, de façon à circonvenir l’ennemi sur deux fronts à la fois. »

 

6- Puisque tout le monde (ou presque) est Charlie, je propose un jeu littéraire pour les jeunes. Continuer la liste vue en couverture du Charlie hebdo de janvier 1975.

« Chiez dans les crèches

Achevez les handicapés

Fusillez les militaires

Etranglez les curés

Ecrabouillez les flics

Incendiez les banques

Joyeux noël »

Le thème du printemps des poèt poèt c’est l’insurrection poétique.

Essayons de rassembler quelques propositions plus émoustillantement adaptées à la thématique que les gentilles pistes que je vois fleurir sur les sites officiels.

 

5 - L’inflexion du vivant de Sylvie Fabre G., pré # carré 70 / hervé bougel octobre 2011

http://precarrediteur.fr/?page_id=344

« jardinière, je m’en remets au jardin / tu conserves les voix dans ta voix / – parole d’autres : lierre, pivoines, / petite fille, chat et moineaux, / jet d’eau, morts chéris / tu montes la garde / ce qui sèche en toi se dépose / ce qui brûle en moi s’infinise / amour fragile, ton poème / délivre l’oubli par la métamorphose »

 

4 - Quelques poèmes plus tard de Michaël Glück, pré # carré 73 / hervé bougel juin 2012

http://precarrediteur.fr/?page_id=937

« tient debout tient / dans la verticale / des jours // tient d’une horizontale / à l’autre // se lève se dresse se redresse / va jusqu’à / s’épuise et se couche / s’étend s’endort / quelques pas / entre matin et soir // le temps d’un chant »

 

3 - Verso 159, quel meilleur rempart que la mer ? décembre 2014

http://revueverso.blogspot.fr/

« Dernier

Quel sera mon dernier poème ? / Le plus beau et je m’arrête ? / Le plus tard et je meurs ? / Le plus court et il disparaît ? / Et que faudra-t-il y dire ? / Qu’est-ce que rien ? / Qu’y a-t-il derrière ? / Ou plutôt d’où vient cette feuille de papier blanc qui autrefois fut un arbre sur lequel j’aurais aimé grimper ? / Voilà, écrire quand on ne peut grimper, c’est peut-être sur cela qu’il faudrait s’arrêter, et laisser l’arbre en blanc pour la dernière fois » Daniel Birnbaum

 

2 - Claudicants de Francis Krembel, éditions Donner à voir, accompagnement graphique de Marc Alessandri.

http://biloba.over-blog.com/article-claudicants-111964224.html

Prose noire (à Jules Mougin in Mémoriam)

Fumer TUE / L’alcool TUE / Qui es-tu toi / pour me dire TUE / L’état TUE / Les états TUENT / Krupp et Dassault TUENT / Les marchands d’armes TUENT / Les boursiers, les banquiers actionnaires / certains chimistes techniciens pas savants TUENT, / par cynisme, inadvertance / imprudence, inaptitude / je m’en foutisme, / ils TUENT tous / faites comme eux, / Mais attention, / mangez modérément / faites du sport, bougez / sortez de vos retraites. / Travaillez plus, / bougez, bougez / produisez, produisez / spéculez sur le blé, le cuivre / sur les poireaux / les pommes de terre / le plomb, l’antimoine / l’or en barre et en poudre, en chocolat // FABRIQUEZ / des bombes à billes, à ailettes / à fragmentation, des bombes propres, / géométriques. / Fabriquez des drones, des mines / des casseroles, des téléphones / des télés-plates / des ordinateurs pour télépathes. / Mais attention ne fumez plus, cela nuit à vos spermatozoïdes / vous ne pourrez plus repeupler / la planète après la guerre / silencieuse qui ravage dans le bruyant / silence des médias. // TUONS NOUS TOUS ET VIVE LA SOCIALE SEPPUKU / allègrement / le vieux barbu d’avant-guerre / reconnaîtra les siens. »

 

1 - Comme en écho à hier, une chanson d'un très grand parolier et interprète.

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Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.