Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 20:13

Bouchery-pointe-sarene.jpg

Cette réalisation de Dan Bouchery nous donne à voir l’EXCLUSION, la misère, l’universelle errance, démesurée, envahissante, démultipliée par la crise actuelle. Interminable pèlerinage humain. Autour de nous. En nous.

Point de départ : c’est d’abord en demandant au passant anonyme l’une de ses chaussures, dans un parc de Paris, en 2005, que le projet a démarré. En 2008, ce projet a évolué et c’est avec des chaussures trouvées et rassemblées par cinq (comme une petite famille ?) que Dan décore son premier site. Elle installe cette collecte en guise de fleurs au pied d’un calvaire, puis photographie. Les installations restent sur place. Douze calvaires à ce jour, de Basse-Normandie et de Vendée, ont accueilli ses installations. Chaussures trouées, symbole des exclus. Chaussures-prières, offrande des presque va-nu-pieds. Prières de demande. Prières de pardon. Cris d’angoisse et de supplication. Cris de révolte et de questionnement. Parfois cris de confiance aussi.

À partir d’une sensibilité frémissante ouverte aux autres et sur le monde, à partir d’une grande souffrance personnelle, Dan Bouchery nous conduit à mieux prendre conscience que nous sommes tous, de manière ou d’autre, à tel ou tel moment de notre vie, les exclus de quelque chose ou de quelqu’un.

Ce qui nous frappe d’emblée, dans ces installations, ces photos, c’est la très grande empathie de l’artiste. Empathie : faculté de se projeter sur un mode cosmique  où non seulement l’humain mais l’animal notre frère  et même l’humble végétal subit l’inégalité, l’exclusion. Telle, l’herbe folle, l’herbe sans nom, exclue de l’aristocratique herbier.

            Au pied de la croix, des souliers... Souliers de toutes sortes : grosses chaussures de marche. Très usagées. Tongs. Très usagées. Charentaises. Très usagées. Ballerines. Très usagées. Sabots. Très usagés... Souliers de pauvres. Pieds meurtris. Pieds souillés. De poussière, de boue, de fatigue et de larmes. Pieds usés de nos angoisses et de nos doutes. Souliers-visages de la misère. Souliers percés : trous, déchirures de l’exclusion. Douleurs de toute vie. Celle de Dan. La nôtre aussi. Dan nous invite à ressentir avec elle. À com-patir au sens profond du verbe – et de toute passion – « souffrir avec ».

Douze poèmes accompagnent Christ aux pieds nus. Douze poèmescomme les douze apôtres : dans un monde de plus en plus divisé, compartimenté, réglé, trié... court à travers ces textes le fil d’or de la révolte contre une société impitoyable plaçant – tel Charlemagne ! – les bons à sa droite, les mauvais à sa gauche, se réservant ce qui lui est utile, mettant au rebut, vouant à l’exclusion, à l’oubli, à la mort tout ce qui ose déplaire : handicapés, S.D.F., eau « usée »... « Les pauvres, les impuissants, les indigents, les inutiles ».

Démarche d’indignation, ardente et lumineuse dont la simplicité, la naïveté voulue fait toute la force. Oui, Dan Bouchery nous donne ici un témoignage puissant. Merci à elle.          

                

                       Jacqueline Held

 

Commandes à

 

http://pointesarene.monsite-orange.fr/

 

Repost 0
12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 21:17

 Là c'est le premier de la collection "l'espace d'un soupir" parce qu'à Gros Textes en 2012 on a des collections.

Braganti.jpg

 

 

 

l'épigramme :

 

Le pouvoir de Rien est extraordinaire: un Rien nous fait pleurer, un Rien nous fait rire, un Rien nous afflige, un Rien nous console, un Rien nous embarrasse, un Rien nous fait plaisir; il ne faut qu'un Rien pour remonter un pauvre homme, il ne faut qu'un Rien pour le renverser.

 

Eloge de rien (dédié à personne). Anonyme. 1730. Editions Allia. 2010.

 

 

 

    un extrait :

 

Avant on ne disait pas les humains font ceci ou cela mais on disait les Hommes l’homme de Néandertal rien à voir avec le néant avant on disait il y a tant d’hommes sur la planète tant d’hommes dans tel pays que les hommes sont des mammifères  hommes d’état  grand homme brave homme homme à femmes tiens les voilà et tout ce qu’ils peuvent dire l’homme parle de sa moitié ce que peuvent faire les hommes font l’amour les animaux copulent dans ces hommes il fallait prélever une certaine quantité d’hommes qui en fait étaient des femmes ça englobait les filles les femelles les meufs les nanas les bonnes femmes les mères les sardines les morues les reines les princesses les anges les salopes c’était un peu comme dans ce livre inventé par des hommes où on a prélevé une partie d’Adam pour faire Eve Adam n’a plus été entier on comprend qu’il ait encore à ce jour une dent contre elle puis quand est arrivée la psychanalyse on a distingué la femme par le pénis qu’elle n’avait plus entier alors la femme n’a plus été entière alors Adam court après le manque de sa côte et Eve le manque de son pénis pour finir c’est avec tout ça que la femme depuis le droit de vote en France en 1944 ne s’appelle plus un homme en plus elle pense elle pense je pense donc je compense tout de suite faut citer Sartre on n’est pas un homme tant qu’on n’a pas trouvé quelque chose pour quoi on accepterait de mourir moi j’ai trouvé quelque chose j’ai accepté de mourir pour  des hommes je dis « des » car à partir de deux on dit « des » ce qui logiquement fait de moi un homme mais comme la mort c’est un truc d’homme elle n’a pas voulu de moi qui suis une femme parmi les hommes qu’on appelle humains et qui donne la vie et qui donne la vie à tous ceux qui veulent pas mourir qu’une seule fois avec la langue aussi

 

trucs pratiques /

80 pages au format 10 x 15 cm, + 6 pages recto photo(graphies) (couleur) de l'auteur, 7 €.

 

et un autre extrait :

 

Mais non je ne suis pas nostalgique je n'ai pas envie de venir ici vous lire mon histoire accompagnée d'un âne et d'un chapeau de paille et de vous chanter O la miéu bella Nissa regina de li flou li tiéu viehi taulissa iéu canterai toujou canterai li mountagna lu tiéu tant ric decor li tiéu verdi campagna lou tiéu gran soulèu d’or pas plus que de m'allonger sur les galets de la plage des Voiliers et de me relever les pieds de mes 6 ans plein de cambouis il fallait emporter dans le sac le dissolvant à côté du pan bagnat dont l'huile d'olive faisait l'affaire le cas échéant non j'aime Nice comme on peut aimer cette ville tout en la détestant ici comme le paysage rien ne se dit en demi-mesure les promoteurs ont juste annexé mon jardin et mes terrains de jeu pour des nèfles sont allés chez Monsieur Pauvrichon et chez Monsieur Vénal et chez Madame Paysanasse z’ont mis l’argent sur la table pour eux ça faisait beaucoup d’un coup comme ils avaient en jamais vu sauf dans les films avec des cowboys des flics américains des napolitains la mallette pleine de dollars sur la table de la cuisine je ne dis pas que notre frontière s'est vendue pour vintimila mais avec ses trois monts pelés autour d'un décolleté de sucre et cette grande bassine bleue qui me soude à l'Afrique ce sera toujours mon triangle des bermudas à moi 

  

Repost 0
12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 21:10

C'est le deuxième ouvrage de la collection "miettes de pain".

Pincon.jpg

 

 

Une maison à plusieurs étages

Des lits surexposés

Une maison à étages implique

Des calculs compliqués

Des équilibres à improviser

Le nombre d’étages est à recalculer Sans cesse

ÇA NE TIENT PAS BIEN

 

 

Les acteurs saluent

Des milliers de touristes à leur balcon

Applaudissent à tout rompre

Ils ont bien aimé

Ils aiment bien tout

VOUS VOYEZ ?

 

56 pages au format 10 x 15, 6 €

  

Aller encore un pour pas faire comme d'habitude:

  

Vous voyez dans la cour

Celui qui tape sur des pierres 

IL TROUVE QUELQUES TRESORS

QUI L’INCITENT A TAPER

PLUS FORT

Finit toujours par taper sur les crânes

DES CRÂNES BIEN FAITS ANIMES

DE PIAILLEMENTS D’OISEAUX

Des oiseaux apeurés

Par l’épaisseur des nuits

DES ENFANTS ?

L’hiver on ne sait pas bien

On l’imagine en train d’écrire

Des traités sur les volatiles

Des théories anatomico-comiques

On n’est pas rassuré

On recompte les enfants

On se met sous un bonnet de nuit

C’EST UN SCULPTEUR

La plupart du temps

Les crânes sont restitués au lever du jour

 

Repost 0
12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 21:04

C'Rietest le premier de la collection "miettes de pain" (parce qu'en 2012 on a des collections à Gros Textes).

 

 

Morgan Riet, un aède-soignant

  

            Inutile de chercher sur une carte ou sur un atlas où se trouve la Vésanie. Ou alors, cherchez exclusivement du côté de la géographie humaine …

            « Tout c’qu’est dégueulasse porte un joli nom. » affirme avec force Allain Leprest dans une de ses chansons. La folie est, en effet, un sujet délicat, voire sulfureux et quasiment tabou. Notre hypocrite société ne veut pas trop savoir ce qui se passe derrière les hauts murs des établissements spécialisés, ne pas entendre trop fort les souffrances des pensionnaires, mi-zombies, mi-extraterrestres, qui errent dans les couloirs, « en pyjamas classieux ».

            Par obligation professionnelle, le poète Morgan Riet se fait ici notre envoyé spécial et devient ce qu’il appelle avec bonheur un « aède-soignant ». S’ensuit une galerie de portraits réalistes, d’hommes et de femmes, de « patients », jamais de « malades ». Des portraits dérangeants parfois, mais qui sonnent toujours juste. Comme Le déséquilibriste, poème dont la subtile typographie épouse ce que disent les mots :

                        Pauvre pantin

                         dégingandé,

                              dé-

                                   sar-

                              ti-

                                    cu-

                             

Ou comme Madame L., celle qui entend des voix pour lui tenir bonne-mauvaise compagnie

Ou encore comme A. qui, dans ses colères, se griffe jusqu’au sang

            Pas de misérabilisme pour autant, une infinie pudeur au contraire, donnant ainsi au poème la force d’un constat objectif, sans en avoir la froideur. Des raisons d’espérer également, des trouées de ciel bleu dans cet univers de l’enfermement, dans cette bulle si étanche. Par exemple, la floraison d’un cerisier dans la cour (cf. Dépaysement) ou quand un semblant de match (de ping-pong) s’engage entre un patient et un soignant … (cf. Intériorité)

            Sans oublier la petite touche d’humour, de dérision, qui permet sans doute de tenir le choc, de colmater, de trouver du lyrisme, de ne pas devenir à son tour fou comme un lapin et d’oublier un instant une réalité souvent déprimante. Ainsi, dans Psychotrope blues l’interminable liste de médicaments, véritable litanie d’anxiolytiques ( ayant , eux aussi, un joli nom), administrés aux patients, devient-elle, par son rythme obsédant, une sorte de slam.

            Avec ses poèmes brefs, ciselés, fragiles et coupants comme du verre, Morgan Riet s’est définitivement placé « du côté de » … Quant aux collages de Matt Mahlen, beiges, bistres, sépia, sobres, acérés, un rien mélancoliques, mêlés de lambeaux d’écritures manuscrites ou imprimées, tels des musiciens « en crise majeure », ils « accompagnent » cette plongée dans l’île … Ce n’est sûrement pas un hasard si ce sont des déchirures …

  

                        Jean-Claude Touzeil.

 

68 pages au format 10 x 15, orné de 12 collages couleur de Matt Mahlen, 7 €

 

 

Repost 0
12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 20:57

cairns 10

Le poème est un objet complexe. Nécessaire et vital, inutile et dérisoire. Il se savoure. Il résiste. Il se garde précieusement. Il se collectionne. Il se jette aussi. Il se démonte. Il vit… Certains poèmes nous accompagnent toute notre vie, d’autres un moment seulement, ou bien jamais. Bref : le poème ne laisse que rarement indifférent.

Qu’est-ce qui fait que le poème exerce une telle fascination sur l’homme et depuis si longtemps ? Est-ce de l’ordre de la magie, comme si le poète était l’héritier des chamans ? Est-ce de l’ordre du mystère comme si le poète était l’héritier des alchimistes ? Est-ce de l’ordre de l’intime comme si le poète était l’héritier des secrets du monde ? Est-ce de l’ordre de la joie, comme si le poète était l’héritier des clowns (et de leur tristesse…) ? Complexes questions…

De cette complexité du poème naît la complexité de l’enseignement de la poésie. Car la poésie, comme tout autre champ de littérature, s’enseigne. Dans nos classes on enseigne bien à lire des albums et ce depuis belle lurette. Idem pour les romans. Pourquoi alors la poésie échapperait-elle à la pédagogie ?

A cause de sa pure beauté ? Le poème n’est pas forcément joli et le joli n’est pas une garantie de poésie. Et qu’en est-il alors du tableau ou de la musique, autres objets artistiques de pure beauté que la pédagogie a résolus ?

Pourquoi le poème serait-il un objet sacré, intouchable et devant lequel on ne pourrait que se prosterner ? taratata !

Alors comment agir ?

Puisque il existe des poèmes capables de surprendre le lecteur, enseignons donc la poésie de manière surprenante ! Puisque le poème est un objet vivant, enseignons la poésie d’une manière vivante ! Puisqu’il existe des poèmes joyeux, enseignons la poésie d’une manière ludique et heureuse ! Puisqu’il existe des poèmes capables de chuchoter nos secrets, enseignons la poésie d’une manière secrète. Puisqu’il existe des poèmes capables de résister au lecteur, enseignons donc la poésie avec sérieux…

 

Le poème est un cadeau

Le poème c’est un peu comme une lettre qu’un ami nous aurait écrite…C’est à dire que le poète écrit ; cela le regarde. Il décide de donner à lire son poème. Cela nous regarde. Au hasard du livre… Le lecteur reçoit le poème. Et parfois le poème le bouleverse, lui chuchote quelque chose qui lui fait dire «  c’est exactement ce que je ressens» ou bien « c’est ce que je voulais dire mais je n’ai pas le mot » ou encore « ça me laisse sans voix » en état de musement… « bouche bée »

 

un poème/jour

Tout le monde peut choisir les poèmes ! Les profs, les enfants… L’essentiel est que le poème soit un élément récurrent, structurant, quotidien dans la vie de la classe. Un poème par jour, c’est le début de toute culture poétique. Le prof lit, affiche sur son tableau, tous les jours un poème. Des poèmes de toutes sortes. Variés. Pour le plaisir d’entendre. De découvrir… Réfléchissons un tout petit peu : une année scolaire dure environ 37 semaines. A quatre jours de classe par semaine cela fait environ 150 poèmes entendus au minimum dans une année scolaire. C’est un peu plus que la moyenne du poème par mois…  Cela ne demande pas un gros effort. Il suffit de chercher des poèmes. De lire. Il y a des livres dans l’école, il y en a dans la bibliothèque du quartier, il y en a sur Internet etc. et rien n’empêche de mutualiser dans une école les recherches de chacun. Mettre en commun, l’informatique c’est pratique pour cela, les poèmes quotidiens de chaque classe, cela permet les jours où on est en manque de puiser facilement dans le pot commun.

Ce poème/jour l’enfant en fait ce qu’il veut. Il ne garde, ou non… peu importe. La seule chose qui compte, c’est qu’il puisse en retrouver la trace, dans un panier, un cahier mémoire des poèmes entendus dans la classe… un fichier…

 

Patrick Joquel

Extrait de la conférence « Place du poème dans la classe et à l’école ».

 

64 pages au format 13 x 21, 6 € (abonnement annuel : 10 €)

 

Repost 0

Portrait du blogueur

dans un spectacle Gaston Couté

couté

Recherche

pourquoi bloguer

Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.

pour commander des livres

Si des ouvrages présentés dans ce blog vous intéressent, vous pouvez les commander en envoyant un chèque correspondant à la somme indiquée (+ un forfait port de 1 €) à l'adresse des éditions :
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes

pour tout renseignement complémentaire (conditions d'envois et de remises pour les libraires, collectivités...), vous pouvez écrire à gros.textes@laposte.net

bouquinerie

 

 

Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.