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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 19:29

La meilleure cachette c'était nous de Jean-Michel Robert

isbn : 978-2-35082-188-7

couverture : Florence Corpron

154  pages au format 14 x 21, 10 €

 

Robert.jpg

Retour sur les années 80 et 90 avec la réédition en un seul volume de plusieurs plaquettes de Jean-Michel Robert aujourd'hui épuisées. La Bartavelle, La Table rase, Le pont de l'épée, autant de noms d'éditeurs que Gros Textes n'aura eu le temps que d'entrapercevoir. Je suis ravi de pouvoir les donner à lire à nouveau.

 

 

Jean-Michel Robert est né à Saint-Cloud en 1956.  

   C’est en 1982 que Guy Chambelland, le poète et éditeur du Pont de l’Epée, publie son premier ouvrage. Dès lors, se tissent les liens de sympathie et d’amitié avec les auteurs du « Pont » : Yves Martin, Alain Simon, Christian Bachelin, Dominique Joubert et Jacques Kober. J-M Robert, en 1993, consacre à ce dernier – surréaliste de « la seconde génération », directeur de 1945 à 1950 des éditions de la galerie Maeght – une importante anthologie pour laquelle il s’est assuré de nombreuses collaborations, témoignages et documents (A. Breton, E. Guillevic, Y. Martin, P. Bonnard, G. Chambelland, R. Char, H. Matisse…)

  Après une période difficile, le soutien de François Vignes, Alfred Eibel, Michel Polac, Jacques Morin, Patrice Delbourg l’encourage à poursuivre. Dès lors, il publie alternativement, poèmes, proses fictionnelles ou critiques.

  Depuis 2004, J-M Robert consacre son travail à l’écriture, menant conjointement ses recherches personnelles et la transmission – en bibliothèques, écoles, centres de vacances –  de l’écriture poétique sous toutes ses formes.

 Les poèmes de Jean-Michel Robert ont été interprétés par Leny Escudero, Sophie Edmond, Patrick Chesnais et Josiane Stoléru.

 La meilleure cachette c'était nous regroupe quatre livres essentiels de Jean-Michel Robert qui, depuis trop longtemps,  étaient  introuvables : Faire un tour, Un poil dans l'âme (troisième édition), Les jupes noires éclaboussent et Le château à roulettes, le tout augmenté de quelques poèmes publiés antérieurement au Pont de l'Épée et à La Bartavelle.

 

À propos de Faire un tour :

Pour faire frémir l’âme, plume et papier, justesse du ton et succulence du mot. Il n’en faut pas plus, et Jean-Michel Robert possède l’essentiel. Le doigt insiste sur la tiédeur d’une sieste, la solitude s’apprend à la devanture de lingeries fines, l’entrelacs des dérives nocturnes ressemble à une tombola au fronton d’une ville infatigable. Un parfum de café chaud, la courbe d’une adolescente en miel, tous ces petits bonheurs comestibles se savourent à petites lampées. Dans la paume du rêveur, une foule prodigieuse de légendes adolescentes. «Jean-Michel Robert rentre à l’heure des bisous, bougrement non bredouille, modeste comme ceux qui ont dans leur baluchon ce qu’il faut pour surprendre», note Yves Martin dans un revigorante postface.

                                                                                  Patrice Delbourg, (L'Événement du jeudi)

 

À propos de Un poil dans l'âme :

 (…) Cette trop modeste plaquette mérite de se glisser dans notre bibliothèque entre le gros pavé de Gontcharov Oblomov et les fainéants de la vallée fertile de l’Egyptien Albert Cossery pour qui le Nil s’écrit nihil.     

                                                           Michel Polac (préface)

 

 

À propos de Les jupes noires éclaboussent :

 

(…) C’est un retour en arrière. Les jeux, les désirs, les émois. C’est un lieu (la banlieue), une époque (les années 60-70) avec ses clichés caresseurs de peaux (Satanik, les bas Dim) et des cargos de rêves prêts à fendre l’eau d’un lac dans les yeux de n’importe quelle fille entr’aperçue entre mars et septembre… J-M Robert voit clair. Il affectionne le jour, la rue. Braque alors son œil gauche côté cœur et le droit côté corps. Se promène. Ramasse les images. Petites proses pour les autres (pour nous). Servies avec juste ce qu’il faut d’humour et de tendresse en soi pour essuyer, dehors, les larmes sur le béton qui pousse (décidément) plus vite que l’herbe.         

                                                              Jacques Josse  (Fonds de tiroir)

 

 

 

À propos de Le château à roulettes :

(…) Robert a une voix, une voix qui est  bien à lui, et c’est en cela qu’il nous touche et nous intéresse. Conteur réaliste, le poète sait nous interpeller au quotidien (un quotidien qu’il mêle habilement au poème à la manière des poètes Beat: Ginsberg, Corso…), il y a aussi l’humour,  la dérision, pour muscler le poème, une situation, et s’approcher des parois du rêve, le merveilleux. «Le château à roulettes» est conçu comme un poème-récit. Les poèmes se suivent dans un ordre voulu et nécessaire… Après cette belle réussite que sont «Les jupes noires éclaboussent» ce recueil s’impose comme l’œuvre d’un poète, homme parmi les hommes, qui tourne le dos à la tour d’ivoire, et fait son choix de vie par la poésie, la révolte…

 

                                                                      Christophe Dauphin  (Rimbaud revue)

 

 

 

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 18:01
La mort c’est nous de Catherine Mafaraud-Leray et Michel Merlen                                Couverture et frontispice de Jean Rustin
ISBN : 978-2-35082-187-0
130 pages au format 14 x 21 cm, 10 €
   
Cet ouvrage inaugure une sorte de voyage dans le temps de Gros Textes, cet espace d’un soupir et au-delà du côté d’une poésie qui nous aura façonné. Ceux-là, je voyais leurs noms dans les années 70 quand jeune homme, je lisais mes premières revues de poésie, poésie 1 à 1 Francs pour étudiant fauché. Et le cœur me serre en relisant leurs lignes
Mafaraud - Merlen
 
Je fume le calumet de la solitude
et fuis les nuages qui sont pourtant bien là
J’ai peur comme un petit enfant dans le noir
mais mon noir à moi n’est que le fruit de mon imaginaire
il n’existe pas en fait
pourtant il tord mes images auxquelles je tiens tant
puis je relis encore la lettre d’un poète
qui me dit aimer ce que j’écris
(M M)
    

On comprendra donc aisément ce qui a pu rapprocher Catherine Mafaraud-Leray et Michel Merlen. Les lisant, à travers La mort c’est nous …, je dis que là où l’Homme n’est plus, la poésie ne signifie rien et il est absurde de lui accorder la moindre vraisemblance d’être hors de notre atmosphère humaine. Dès maintenant, il est manifeste, que La mort c’est nous … de Catherine Mafaraud-Leray et de Michel Merlen est vécu et ressenti vitalement : La mort viendra – Je sais – mais je vivrai d’abord… La mort c’est nous– joyeuse comme un faire-part, écrit Merlen. Mafaraud-Leray y ajoute sa violence et sa révolte : Le corps est un égout – Qui se vomit dedans – Les arbres mes complices – Dans un filet de cygnes – Me tendent leurs cous noirs – Et leur corde gelée. La mort c’est nous … , méconnaît absolument, ici, pour s’en soucier fort peu, comme dans les publications respectives de Mafaraud-Leray et de Merlen, les « déviations pathologiques », qui ont pour noms, esthétique, littérature ou autres et qu’un monde désensibilisé par l’usage quotidien et machinal de sentiments réduits aux fantômes de leurs propres ombres lui a imposées envers et contre les poètes ; tant et si bien que pour le plus grand nombre, ce qui est l’essence même de l’Homme, ce qui lui donne seul le devoir et le droit donc de vivre et d’être libre, se confond, de la façon la plus déplorable par ses conséquences, avec une certaine manière avantageuse de pleurnicher, de susurrer, de bêtifier, d’invoquer et d’évoquer, de mimer des grimaces d’amour. Rien de cela chez Catherine Mafaraud-Leray et Michel Merlen, car leur poésie est un aveu, un départ ; elle est avant tout Emotion, cette poésie qui les tient debout l’un et l’autre ; cette poésie pour laquelle ils luttent jusqu’à la mort : La Mort en raccourci – Court-métrage en treize prises – Dans une histoire de poulpe crucifié – Jusqu’au visage séché ultime - Atone muet – Défiguré – Et quelques énergumènes – Essayant de prier, écrit Mafaraud-Leray.

                La poésie de Mafaraud et de Merlen, et La mort c’est nous … le confirme, est une tension extrême de tout l’être hors de lui-même vers sa vérité, qui nous arrache enfin des cris terribles et magnifiques qui étonnent les oreilles, si sourdes depuis le temps ; des cris qui renversent, des cris qui brisent les vitres et les portes toujours fermées des maisons vides ; des cris qui peuvent bien s’exténuer et se ruiner, mais dont il reste toujours assez d’éclats dans l’air pour que  nous nous entendions au moins une fois aimer et vivre, pour que nous entendions ces cris qui ne nous appartiennent plus dès qu’ils ont quitté nos lèvres, qui ne sont plus à personne parce qu’ils sont ceux de l’homme dans la solitude et dans l’amour.

                                               (extrait de la préface de Christophe DAUPHIN)

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 16:45

Nedelec.jpg

Partir, c’est crevir un pneu de Jean Pierre Nédelec

Suivi de Heureux comme ma pelisse

Photo de couverture de l’auteur

124 pages au format 10 x 15 cm

ISBN : 978-2-35082-186-3

8 €

 

Dans la catégorie poésie qui ne se prend pas trop au sérieux qui semble traiter le poème par-dessous la jambe comme Gros Textes affectionne aussi, voici une poésie vélocyclopédique.

Il y a là une apparente désinvolture qui fait du bien par où ça passe. Des bribes de pensées comme elles arrivent en plein effort quand on écrit avec l’âme de ses guibolles.

 

            Quatrième de couverture :

 

Fils de soie caresses au vent

ne t'enfuis pas trop vite ; cheveux

si blonds sur ta nuque à Zwolle

j'imagine qu'au prochain carrefour

tu m’échappes t'envoles tes ailes

pour m'ôter la soie de ta nuque

                                 nue.

 

 Ancré à Tréboul, en bordure de la somptueuse baie de Douarnenez, ce sédentaire entreprend des périples cyclopédiques au long cours à travers l'Europe ; ce qui nous valut, en 2008, la publication d'un premier journal poétique, T'occupe pas de la marque...(Polder).

Il se dit aussi que Jean Pierre Nedelec pratique un libertinage amusé, qu'il convient de découvrir dans ses Notes pour Éros, éditions de La Part Commune.

           

                      Un extrait :

Ping !

 

Pas assez con

Pour voyager

En ai assez

D’attendre Godot

Pas godillant sur l’eau

Peu godillé

Pour béqueter

Je vais

Au hasard

Si éphémère

De mes hasards.

  

            Pong!

 

Pour m’incliner devant S. Beckett, L. Ferlinghetti, et Jean-Michel Robert

 

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 16:38

Andriot.jpg

Pourquoi pas 2005 de Colette Andriot

100 pages au format 10 x 15 cm

ISBN : 978-2-35082-185-6

7 €

 

Cet ouvrage est une sorte de carnet de note presque journal intime poétique. Il entre dans la catégorie de ce que j’appelle la poésie de l’attention aux petites choses. Celle du prendre soin de ce qui est fragile, les gens ou les bêtes, les choses ou les instants. Ici rien de ce qui est humain n’est étranger et Colette Andriot nous donne un belle leçon de tendresse.

 

 

                  quatrième de couverture :

 

C’est un carnet de notes. La consigne est d’y retenir chaque soir des bribes de la journée.

Bien ranger le temps en quelque sorte,

mettre la maison en ordre avant d’éteindre la lumière.. Les traces de cette année-là

pourraient être celles d’une autre avec quelques évènements particuliers.

Ce n’est pas une page d’histoire, une tranche

de vie comme on aime dire. Un simple passage. Des pas qui dessinent

un sentier.

 

                      un extrait :

 

L’inquiétude dans ce pays

quoi demain 

comment vivre ensemble

avec les règles d’un jeu qui n’est pas le nôtre

porteur d’angoisse d’aliénation

violence

si tu ne cours pas assez vite

si tu ne gagnes pas

es-tu légitime 

si tu te risques à dire non

si tu essaies de dire fraternité

justice

regardez les belles âmes

bouche en cul-de poule et moue dédaigneuse

ce soir j’écris au plus simple

que je veux un monde

où les bébés ne meurent plus

avant d’avoir découvert la couleur du ciel

entendu la douceur de la pluie de printemps

caressant la terre

ce soir

je veux

que vivre ne soit plus une douleur

sur notre planète bleue

 

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 16:25

gueno.jpg

   

Barbares à la barre du jour de Jean-Noël Guéno
Couverture et Peinture en pleine page couleur intérieure de Lewigue

64 pages au format 10 x 15 cm

ISBN : 978-2-35082-184-9

6 €

 

Gros Textes avait publié en 2004 « L’étoile pour la faim » du même auteur. Il y a chez Jean-Noël Guéno la trace de ce que fut l’école de Rochefort, une attention portée aux bruits du monde qui se mêle aux bruits de son propre sang quand un lyrisme modeste rejoint « le devoir de colère ».

 

Un extrait :

  

Ils ne possèdent plus rien,

rien que l’humble confiance

en leur propre colère,

appel à vivre

sous l’arc

                                  qui vibre

entre soleil et folie

 

Coin dans la tête

d’un monde qui se fend.

  

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 16:16

Pellerin.jpg

D’aubaines et de miettes

Carnet d’un voyage au Japon de Frédéric Pellerin

Images de Matt Mahlen

Préface de Jean-Louis Bergèse

80 pages au format 15 x 21 cm à l’italienne (+ 6 pleines pages couleur de Matt Mahlen)

ISBN : 978-2-35082-183-2

10 €

 

J’ai connu Frédéric Pellerin par le groupe Memento Mori invité lors d’une « ivresse des livres » (la manifestation littéraire de Gros Textes). Il accompagnait le chanteur Jean-Louis Bergèse. Lors de cette manifestation, Matt Mahlen exposait dans le village. Les liens se sont tissés et voici un petit livre dont je suis très satisfait tant par le fond, l’extrême délicatesse évocatrice de sortes de haïkus, que par la présentation.

 

La préface :

 

«Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas.» Lao Tseu. Et c’est ainsi du premier jusqu’au dernier que ce carnet de route et de vol nous prend par le pied pour nous plonger à travers, au-dessus, à l'intérieur des paysages et des villes, des cartes et des mouvements, avec les mesures et démesures, la terre de ciel, le vide plein au-dessous, l'appréhension du déplacement physique et géographique, le voyage au long cours, la gestuelle et le code ignorés.

C’est l'écriture d’un oeil, celui qui « malgré la fatigue » s'ouvre continuellement sur l'autour, celui qui balaie comme l'optique de la caméra et qui absorbe ce qu'il voit. Celui qui déniche le détail, l'inscription ici d'un objet, la présence là de quelqu'un, et qui révèle ainsi ce négatif factuel de la perception première, de l'émotion qui l’accompagne et du sentiment d’étrangeté.

Et puis dans cette sensation de la distance parcourue et du pays à l'autre bout, mystérieux et inconnu, ces deux avions aussi, celui de l'aller et celui du retour, qui marquent le territoire du voyage et place au milieu, l'ailleurs loin d'ici, très loin…

Les mots et les images, les noms des villes, de pays, l’espace nommé,  le lexique permanent d'une autre langue dans la sonorité, c’est alors le déroulé d’une écriture dans son rythme. Brève, explicite et  frémissante toujours à la saisissante lumière d’un "flashaïku".

 

Jean-Louis Bergère

 

un extrait :

 

La vendeuses du grand magasin

Tournée vers l’allée centrale

S’incline au passage du client

 

 

Au pied d’un immeuble de vingt étages

 Vieille bicoque de plain-pied

Tout en bois

 

 

Chaque bâtiment

A distance de l’autre

Que la terre puisse trembler

A sa guise

  

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 20:36

Granouillet.jpg

 

Devant, les cris des enfants et le bruit mat des ballons qui retombent sur l'eau. Au fond, les petits bateaux à moteur et leur capitaine, debout, bien droit à la barre et après l'écume blanche comme une plaie qui se referme. Tout baigne dans le bleu. On est bien. Les jours se succèdent sans enjeu. Dormir ou faire les courses? Acheter un ballon ou une épuisette? Les vacances, on fait rien, on est bien. On s'est rêvé loup solitaire, craignant par-dessus tout la compagnie du blaireau, et puis l'azur nous a eu: jet de l'éponge pour la serviette de plage. J'y suis et content d'y être.

Je ne voudrais pas me voir avec mes yeux jeunes. Je ne voudrais pas qu'ils me regardent trempoter, gras du bide, de l'eau fraîche jusqu'à mi-cuisse hésitant depuis vingt minutes à me mouiller les couilles. Peut-être que tous les thons frits alignés à coté de moi partagent à l’instant ma pensée? Ce jour-là comme tous les jours, toute une génération de quarantenaires plantés comme de gros joncs. Seul le regard bouge, toujours aux aguets, toujours prêts à sauver sa progéniture de la noyade. Semblables aux statues de Pâques il ne faudrait pas nous croire minéral: Ça bout à l'intérieur! La volonté veut se faire action ! Tous nous cherchons l'ultime courage, minuscule courage, nous le savons et c'est bien parce que nous savons qu'il est minuscule que nous ne nous permettrons pas cette ultime défaite d'un demi-tour sur la serviette, le courage de se mouiller les couilles !

 

(Nouvelles) 74  pages au format 14 x 21, orné de 5 pages collages d’Annick Picchio, 8 €

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 20:34

Jimenez-Fred.jpg

Lorsque Guy Chambelland édite L’Oiseau et le ciel aux éditions du Pont de l’épée en 1977, Frédéric Jimenez a onze ans. « Je ne sais pas si, comme on l’annonce chaque fois qu’un enfant écrit, il y a du génie ici », écrit-il alors. « J’ai édité ces poèmes parce qu’ils m’ont touché par une façon que, forcément, l’adulte a perdue, de dire les choses tout simplement. Comme il était temps de recenser la poésie féminine, ou nègre, ou…, il est bon d’écouter l’enfance… quand l’enfant est poète. Je trouve en tous cas dans L’Oiseau et le ciel une très subtile maladresse qui va plus sûrement à l’être que telle laborieuse démarche à la mode. »

J’ai reçu comme un cadeau précieux un des rares exemplaires du tirage de tête du livre que m’offrit son père, le poète Alfonso Jimenez, lors d’une visite amicale à Genève à la fin de l’été 2009. À chaque fois qu’il m’est arrivé de le faire lire, j’ai retrouvé la même réaction d’émerveillement et d’étonnement : cette façon d’aller droit au but sur les sujets les plus graves surprend chez un enfant. On me demande de répéter son âge. Un grand souffle de liberté agite ces pages. Le jeune Frédéric recourt d’instinct aux quatre éléments pour exprimer ses inquiétudes et ses désirs : la terre (…« aujourd’hui entre les mains de la pollution/la terre tombe, se fait shooter »), l’eau (… « cette belle eau colorée par le désastre »), le feu (…« s’il s’éteint tout seul, c’est comme un vieux qui finit sa vie »), et l’air naturellement : « Je me demande si sauter de dix mille mètres et rester dans l’air cinq minutes ça ne vaut pas la vie »...

(extrait de la préface de Philippe Lemaire)

 

44 pages au format 14 x 10 et 10 collages non paginés de Philippe Lemaire, 6 €

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 20:27

 Canut-Goux.jpg

32 feuillets imprimés recto sur vergé 100 g au format 15 x 21 à l’italienne, comprenant chacun un poème de Jacques Canut et un dessin de Claudine Goux dont 6 pages couleur,  tirage limité à 100 exemplaires numérotés de 1 à 100 et 10 exemplaires réservés aux auteurs, 12 € (+ 2 € de port) (le port est compris si vous commandez plusieurs exemplaires)

 

 

 

 

 

 

L’amour à cheveux blancs

sous le regard émacié

de Thanatos.

Qui, cette belle partenaire

sur la photo ?

Pourtant, il a toute sa mémoire.

Mais là ?

Une faille, un abîme plus profonds

que l’oubli : l’Indifférence !

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 20:18

Azarel.jpg

Le bord des rivières est une frontière entre deux mondes. Dans les rivières de plaine, au lit d’ordinaire assagi, l’eau coule et roucoule des heures tranquilles, rythmées par les saisons. Parfois, surtout après les pluies, une odeur mélangée de vase, mucus, petite mort, prima donna liquéfiée, pauchouse chevaleresque, déjante le promeneur solitaire. Les remugles de l’âme remontent du fond comme un crachat ascensionnel. On déambule en se frayant un chemin, nostalgique et fredonnant « la bohème, la bohème, c’est là qu’on s’est connus, moi qui criait famine, et toi qui posait nue ». Abandon à la force des dessous. Nudité des dessus. Tendre cacophonie intime… Quand les broussailles n’ont pas trop poussé, le passant  suit le cours de l’eau depuis la berge. Une berge, pas dix ni quarante, sur laquelle poussent des boutons d’or au printemps, s’endurcit l’herbe chiffonnée de l’été, s’étalent les pétales d’argent de la monnaie du pape à l’automne, où les feuilles mortes montrent leur bronzage au cœur de janvier.

 

80 pages au format 15 x 21 à l’italienne, + 12 pages photos couleur de Gaspard. R,  10 €

   

  Comme je retourne sur mes pas, je sens le son des flonflons me tirer par la manche. Je traverse la place du cloître. Théâtre secret d’ombres enlacées, de lumières au sol, de rosiers au teint hâlé par les journées trop chaudes. Opulence de pierres augustes qui ferment les yeux, respirant le suc de la nuit. J’atteins la grand’ place de la mairie. Noire de monde. Ambiance de fête. Gentille, gaie. Il doit bien y avoir plus de mille personnes sur les bancs en bois. Fin de repas aveyronnais : tripous, aligot, vin de Marcillac issu du rustique cépage mansois, ou bière bien fraîche. Orchestre campagnard plan- plan. Musiciens en pantalon noir, chemise carmin. Les gens dansent. Une espèce de bourrée. Beaucoup font ce qu’ils peuvent avec application, c’est parfois n’importe comment. La vie messieurs dames, la vie, avec ses joues rouges, ses essoufflements bienheureux, ses bulles de rires, son joyeux bazar où, fidèle à Jacques Brel, on oublie tout

    et on se sent « pour une heure, une heure seulement, beau, beau et con à la fois ».  

Gaieté de l’eau vive

Accent acidulé d’un hautbois

Trouant la forêt

(Troll près de Saint Paul / Haute Savoie)

 Envie de danser ? Heu… Sûr que j’aurai besoin d’une cavalière qui ait le courage de me prendre par la taille pour me donner la confiance de tourner. Je danse comme une savate. Rapport au corps. J’adore la danse. Rapport à l’esprit. Je suis bien dans cet autre spectacle de la vie. Je pourrai rester des heures à regarder, sourire béatement aux gens, câliner des yeux les filles jusqu’à échauffer leurs chevaliers servants, à picoler. Plaisir physique et mental c’est sûr, intense, pas même secondaire au fond. Sommeil ? Sommeil, mais je suis encore debout. Heureux de l’être. Un peu étourdi. La dague des mots pend  à mon côté secret. Une chanson de Léonard Cohen ronronne dans ma tête. Là bas, sur le pont, juste avant de partir… La voix, comment dire, comment la nommer…..la voix intérieure avait voulu en finir : « alors, finalement, qu’est que tu vas faire ? »

-                                  Je vais faire de mon mieux, c’est tout.

 

  Sous le pont de Saint Geniez coule le Lot. Enfin, ça fait sourire Apollinaire.

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dans un spectacle Gaston Couté

couté

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Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.

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pour tout renseignement complémentaire (conditions d'envois et de remises pour les libraires, collectivités...), vous pouvez écrire à gros.textes@laposte.net

bouquinerie

 

 

Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.