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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 10:56

Il s'agit d'une réédition d'un ouvrage publié en 2007Krembel

 

N’être plus de là, du lieu.

Sentir glisser lentement et partir

ce que fut sa vie

devenir l’étranger dans les villages.

 

 

N’être plus que l’être de passage

sentir se clore une époque et un lieu.

 

 

Etre l’être de l’errance

le marcheur hérissé de stridences

aller pourtant vers l’essentiel.

 

 

Etre nu, comme l’homme du siècle finissant.

Pas voulu, pas choisi, pas forcément subi.

 

 

Nous nous étonnons tout de même

de vivre ainsi dans un indéfini matin d’exil.

 

 

 

86 pages au format 13 x 21, 8 €

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 20:22
Petit clin d'oeil à Marie et à Frank
et aux autres bien sûr

 

 

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 21:51

GT2.jpg

Prendre le temps

 

G

ros Textes Arts et Résistances est une revue qui se cherche et qui prend son temps.

Gros Textes Arts et Résistances remercie ses lecteurs pour l’accueil réservé au premier numéro.

Tiré au départ à 200 exemplaires, il nous a fallu en retirer 50 par deux fois et je m’apprête à le faire une troisième pour avoir quelques exemplaires du numéro 1 à vendre cet été. Près de 80 lecteurs ont choisi de nous soutenir en s’abonnant.

Voici pour les chiffres. Ils dessinent nos limites en termes quantitatifs. Je ne discuterai pas les limites. Elles correspondent à notre histoire, l’histoire de Gros Textes (bientôt 20 ans).

Gros Textes Arts et Résistances est une revue qui se cherche dans sa forme. Il y a bien sûr les questions de mise en page auxquelles nous voudrions apporter une attention particulière considérant que la manière de porter un discours doit être en harmonie avec celui-ci.

Mais au-delà de la forme ? Nous voulons transmettre une forme de poésie qui s’autorise à intervenir dans cette critique radicale d’un système dont on refuse encore à considérer les limites bien qu’elles apparaissent de plus en plus évidentes. Nous voulons transmettre une poésie qui accompagne une critique radicale d’un capitalisme qui la refoule, la nie ou la méprise. Face à la toute puissance de l’économie et du chiffre, il pourrait sembler que la poésie ne pèse pas lourd. Et pourtant comme nous le rappelaient neuf intellectuels antillais il n’y a pas si longtemps « Toute vie humaine un peu équilibrée s’articule entre, d’un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l’autre, l’aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d’honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d’amour, de temps libre affecté à l’accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique ) ». Ces paroles élémentaires devraient être martelées jusqu’à ce qu’on les entende ou plutôt explorées jusqu’à ce qu’on s’en imprègne vraiment. C’est à ce type d’exploration que voudrait se livrer Gros Textes dans cette décolonisation de nos imaginaires évoquée chez certains alternatifs. Dépassé bien sûr le grotesque et caricatural « travailler plus pour gagner plus » avec lequel s’amuse Claude Vercey dans ce numéro. Jean-Claude Liaudet, lui, continue d’explorer les mythes et légendes de la sarkozie (et ce n’est bien sûr pas le personnage qui nous intéresse mais cet autre imaginaire qu’il symbolise). Pour résister, le peuple s’est longtemps appuyé sur ce qu’on appelle « la gauche », Jean Klépal et Alain Sagault nous esquissent à leur manière un état des lieux (nous y reviendrons nécessairement). Et si d’aventure nous partions chanter viva la revolution avec le portrait du Che sur la poitrine, on peut tendre l’oreille vers Jean-Paul Leroux avant le départ afin de garder intacte notre capacité de douter et ne céder à aucun dogme ou pensée préfabriquée. Et ne pas oublier de se moquer de nos adversaires avec pastiche et dérision. Ne pas oublier non plus que la vie est vaste et que la galerie des émotions, des sensibilités, de l’expérience personnelle exprimée et partagée constitue la matière première des résistances. Prêter main forte à ces pistes exploratoires est aussi une fonction de la poésie. Il s’agit quelque part d’une vieille tradition que Paul Ariès dans un éditorial très inspiré de son journal « Le Sarkophage », (n°15) remet au goût du jour en nous fourbissant des armes : « A-t-on assez pensé à l’importance de la poésie et des poètes dans la Résistance ? Qui se souvient que c’est le grand poète roumain, Mircéa Dinescu qui a lancé, sur les ondes radiophoniques, l’appel à l’insurrection contre les Ceausescu ? Écoutons ce que nous dit le poète militant guadeloupéen Patrick Chamoiseau : le principe d’une poétique, c’est de parier sur les formes invisibles qui se trouvent dans le réel. Cette dimension poétique du vivant, c’est celle des grands mythes, y compris révolutionnaires. Une vie simple, c’est déjà une vie qui rappelle l’urgence et la beauté de vivre. » Gros Textes se propose de s'insérer dans cette urgence mais en prenant son temps. Le temps de vivre les résistances partagées. 

 

Yves Artufel

 

Sommaire

 

1  Yves Artufel : Prendre le temps

2  Anne Poiré : Nathalie Potain 1966-2009

 

Maquis et Résistances

5  Claude Vercey : Ode au président S.

7  Jean-Claude Liaudet : Mythes et légendres de la Sarkozie, l’home africanus, archétype du français moyen

11 Jean Ganzhorn : Le cocopitalisme ou cacapitalisme

12 Stéphane Beau : le livre est mort, vive le livre

16 Jean Klépal : La gauche, une illusion poétique ?

18 Alain Sagault : La politique, un réalisme illusoire : pour un retour à la morale

23 Jean-Paul Leroux : Demain la révolution ?

28 Eric Simon : De la lettre au poème, le poème de la lettre : les lettres de Rimbaud de 1871 à 1872

29 Fernando Carreira : Si hier laborieusement je vous ai enlevé le bas…

31 Xavier Dupenlou / François Pecqueur : Les aphorismes de notre temps

 

Dossiers GT 

34 Christian Garraud / Angelo Verga : En conversation

36 Angelo Verga : Eloge pour ce qui reste

 

En vrac et poésie

51 Jean-Christophe Belleveau : Eprouver

53 Hervé Péchoux : Description d’une démarche artistique

57 Patrick Joquel : Saint-Paul Trois Châteaux

60 Christian Bulting : Au revoir grand gaillard qui le jour à peine levé…

61 Stéphane Beau : Ego-graphies

64 Jean-Claude Touzeil : Parloir

66 Thomas Vinau : Lettre ouverte au sale goût dans ma bouche

68 Wallonie chronique, André Stas, petit dossier « découverte » préparé par Eric Dejaeger

71 Lou Raoul : S’enfuir / s’enfouir

73 Dominique Forget : Lampes de poche

75 Marie Monguet : Du nouveau ! Encore du nouveau ! Ça ne change pas !

77 Raphaële Bruyère : Là donc, un hêtre de 43 mètres…

81 Anaïs Escot : Ce qui compte n’est pas de compter…

84 Fabrice Marzuolo : Autoportrait d’un autre… Nous le poètes ratés

87 Salvatore Sanfilippo : A tous les contrariés…

88 Mylène Joubert : Quelque part quelqu’un est fragile

 

            En vrac et en chroniques

93 Dominique Forget : Lectures à ciel-ouvert

95 Jean Foucault : Le verbe égaliter

96 Yves Artufel : En vrac et en dentelles

 

 

Ce numéro de 100 pages est vendu 9 € (+ 2 € de frais de port).

L'abonnement simple pour 2 numéros c'est 17 € 

 

 

 

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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 18:18

Harkness-polder-146.jpg

68 pages au format 10 x 15, couverture de Susie Harkness, 6 €

 

La somme de ce qui nous entoure

 

 

     Après Doublure, Valérie Harkness revient avec un nouveau polder, Sauve.    

 

     Dès les premières pages, l’espace-temps est défini, High Royds, en 1905, est un lieu sinistre où l’on enferme, un asile avec ses cellules / ses cellules d’isolement / son horloge / ses fenêtres fermées / à clef / ses portes fermées / à clef. L’auteur use volontiers de la répétition pour évoquer cet environnement dans lequel les boîtes de Doublure deviennent des pièces servant à cloisonner des individus.

 

     La folie. Dans la nudité blanche, les lèvres découpées / et pâles saignent sur des pétales entamant / de folles et lentes / dégringolades /  blanches. Vertige de la chute, du vide, et de l’absence de repères, car les allées sont interminables / les mouvements dans les allées sont interminables / les vides des allées sont interminables.

 

     Alors, les mosaïques, les bleus, jaunes, rouges, les losanges de la cravate, les rayures de la cravate, deviennent autant d’aspérités par où accrocher le regard, pour ne pas glisser tout à fait, sombrer tout à fait.

 

     Verticalité de la chute. Infinie. Au-delà de High Royds et de ses corps vivants aux esprits fous, et vivants / cerveaux mal assortis / taillés / trop petits ou trop gros, demeure une ligne directrice, comme un secret lisse et poli par le temps.

 

      Une femme-âme se promène dans les souvenirs de la narratrice, une autre soi-même à laquelle Valérie Harkness s’adresse parfois. Dans cette proximité entre soi et l’autre réside une forme d’universalité, une empathie qui révèle une approche sensible, ainsi que la notion d’incomplétude, en témoigne le dernier vers du recueil : tu me fais deux.

 

 

Valérie Canat de Chizy

 

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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 18:12

Paulin-polder-145.jpg

50 pages au format 10 x 15, avec des illustrations, un frontispice couleur et une carte de Julien Malardenti, 6 €

 

 

Janus bifront

 

Étrange recueil que celui d’Étienne Paulin où l’on fait de surprenantes rencontres : des psaziques dans les catacombes, un téléphérique au plafond d’un dortoir, des jumelles avec des bas couleur d’arpège, un homme avec des chardons plein la voix, des chats qui vont au bain turc. Si l’on aborde l’univers de Jules Supervielle, les babouins anubis du Quattrocento ou la symphonie de Haydn, c’est surtout la monotonie des jours en province dont il s’agit.

 

Étienne Paulin peint à la fois la ville mais aussi les habitants et leurs manies : « Peindre une ville morne, un essaim d’hommes en son centre. » Ailleurs c’est la vie des douze fous (qui se superpose à la vie des douze Césars) où les personnages aux noms significatifs (Bûcheron-ivre, Guincheux, Manoir-de-la-pensée) nous ressemblent étrangement. Ce recueil aux deux parties – Tuf, Toc – équivalentes, se nourrit de correspondances, d’échos entre le découragement face à l’ennui et la critique (masquée par l’humour) de cette société au commerce dévoyé, vivant d’illusions, axée sur le paraître et dénuée de toute morale. Mais ne portons-nous pas nous-mêmes de multiples masques qui, parfois, s’estompent :

 

« Je m’apprête

fais des tentatives

un grand désir de ressembler

à ce moi-même ne s’étant jamais promené dans les bois      […]

            ce qui déborde d’une main je le résorbe

            l’emporte de l’autre côté du visage »

 

                                                                                          Gérard Paris

 

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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 16:13

Klepal-Sagault.jpg

80 pages sur papier ivoire 120 g. au format 15x21 cm,

couverture illustrée en quadrichromie

sur papier Old Mill ivoire 250 g. RIEN est le premier ouvrage de la nouvelle collection Outremo(n)ts,

12 € 

 

Jean Klépal

  

Il est seul, il écrit, il s’isole

Il est seul, il écrit, il se met à l’épreuve de soi.

Plaisir solitaire bientôt insuffisant ; avide de partage,

Avide de connivence.

 

Partout des tessons ébréchés

Éclatures et brisures

Destruction

Rien ne s’assemble

Rien ne restaure

 

Alors…

Tendre la main pour un partage,

Prêter l’oreille,

Poser un geste.

 

À quatre mains défier l’insupportable

 

Dire de l’un, dire de l’autre, démarche insolite

Chacun compose sa musique

Chant et contre-chant

Démarche aléatoire

 

À la lecture d’orchestrer

 

 


Alain Sagault

 

Ne penser à rien.

Penser commence par ne penser à rien.

Mais vraiment.

Faire taire le temps qui fuit goutte à goutte.

Ce vide que tu crées en ne pensant à rien, voilà qu’il aspire en toi le monde qui t’entoure.

Irruption de l’univers à l’intérieur de ta conscience.

Ne penser à rien, c’est prendre conscience du monde.

Du coup, découvrir : quant tu ne penses à rien, tu prends connaissance du monde. Et le monde de toi.

Quand tu ne penses à rien, tu es ouvert, si  bien que tu penses tout.

Plus exactement, tout te pense. Tout pense à travers toi.

N’être plus rien, que traversé, c’est être enfin soi-même.

 

 

Travailler ensemble : sortir d’une solitude de pensée pour entrer dans un compagnonnage.

Seul, la révolte est désespérante. Sensation d’être complètement marginalisé, une survivance. Minoritaire ? Voire… Minoritaire parmi tant d’autres. Une majorité de minoritaires ?

Naufragés à demi noyés s’appelant au cœur de la tempête, se reconnaissant, se saluant, s’épaulant. Besoin, non de confort, mais de réconfort, d’écoute réciproque, de partage. Se retrouver entre humains.

Ce qui manque, en ces temps de réchauffement climatique accéléré, c’est la chaleur humaine ; plongés dans la perpétuelle frénésie abstraite du calcul universel, nous avons froid. Dans le monde frigide de la fête impuissante – Casanova de Fellini –, dans cette glaciation qui ne laisse après elle que les chambres froides de la normalisation et les délires figés de la mégalomanie, nous nous réchauffons à notre commune passion : la vie, rien que la vie.

 

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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 15:48

 

Liska-copie-1.jpg

Les textes de Liska s’inscrivent dans la longue histoire poétique, se glissant pour certains entre Desnos, Prévert et Guillevic, ces grands auteurs qui eux aussi sont allés à la rencontre des animaux.

Jeux avec les mots, avec les inventions poétiques et les images colorées…La poésie de Liska s’harmonise parfaitement avec les illustrations de Tiphaine Touzeil qui passe du rêve à l’évasion au gré de surprenantes compositions. Et l’on s’évade autant par le texte inventif que par les couleurs joyeuses. On dirait que les animaux de Chagall viennent de sortir du tableau pour sauter entre les pages, qu’on a donné un visage aux motifs répétitifs de Viallat et que les élans de Miro sur fonds bleus nous font quelques signes entre deux plumes.

Fraîcheur des mots d’un côté, fraîcheur de la palette de l’autre et accord total entre les deux : voilà de quoi nourrir l’imaginaire des jeunes lecteurs amateurs de surprises livresques.

                                                                                                                           Michel Lautru

 

68 pages couleurs au format 13 x 21, 13 €

 

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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 15:28

Gendarme.jpg

livre de 104 pages accompagné d'un CD comportant l'enregistrement effectué lors de deux représentation publiques à Périgueux avec David Chiesa (contrebasse), Flore Audebaud, Juliette Lasserre-Mistaudy et Michel Gendarme (voix), 12 €

 

Ceux qui ne connaissent pas le corps des autres sont d’un monde sans issue

  

Ceux qui ne connaissent pas le corps des autres sont au secret

 

Ceux qui ne connaissent pas le corps des autres

 

Se transpercent d’arbres et de velours

 

Se transpercent d’arbres :

 

Ce sont d’immenses tableaux couverts d’or de bleus et de verts il y a des arbres partout comme les artères d’une ville une fulgurance de veinules traverse la matière s’amusent du vent qui les attouchent extrémités d’arbres les plus saines ou vieilles mais si fines qu’elles singent la jeunesse il en est toujours ainsi quand on les regarde vers le haut elles aspirent le réel et penchent le réel et boivent des liquides d’autres temps les saisons importent peu ce sont des arbres magiques des arbres de la paix ils n’ont pas fait le choix ils sont nés arbres de la paix par les petites mains qui les ont semés aux dates anniversaires les dates espoir espérance de voir d’entendre un jour autre chose autre chose de l’or partout et du bleu et du vert ce sont des flaques de couleur qui chatouillent d’une cime à l’autre et glissent molles sur la toile à droite à gauche selon comment les fines mains penchent la matière à destin une feuille d’or ramifiée traversée de bleus et verts ce sont les arbres qu’ils se donnent qui les transpercent et les atteignent au cœur aux poumons pour ne plus respirer que de la couleur de la joie un sentiment de joie

 

…/…

 

Se transpercent de velours :

 

Voilà c’est doux

 

Ils voudraient se croire arrivés dans la douceur

 

Se donnent du chapeau chaud lourd que la tête écrase ses inquiétudes ses serrements de matière ce n’est pas très beau la matière ça sent sûrement des effluves de doutes des nuages de croûtes ça s’arrache si ça pouvait saigner en plus quelle joie de vivre c’est chaud une panoplie avec la cape rouge et noire ça ne vous dit rien et l’épée et le fouet toujours pas et le chapeau et… et… un masque et… et… un cheval hé hé est arrivé comme dans du velours la belle prise femelle sur du velours Zorro la prend c’est toujours mieux que sur la table ça frotte moins aux encoignures mets-lui du velours elle te criera des mots d’amour

 

Ne regrettent jamais le velours c’est toujours la réussite

 

La remise du prix d’excellence

……………………………………………

 

 

Ceux qui ne connaissent pas le corps des autres

 

Boivent des liquides

   

 

Je bois des liquides

 

A 22h40 je commence

 

A 5h35 je m’arrête

 

 

 

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 16:29
Deux ouvrages que j'invite à redécouvrir. Ils rentrent dans la thématique du printemps des poètes 2010 "couleurs femme"
Un objet silencieux
ouvrage imprimé en couleur orné d'encres de Paola Di Prima, (10 €)

Azam & Schlée

Une double hélice d’écriture

 

Au cœur d’une rencontre, souvent (toujours ?), un mystère. Pourquoi elle, pourquoi moi / pourquoi moi, pourquoi elle. Elles ? Edith Azam, rouge, Valérie Schlée, noir. Au cœur de la rencontre, singulier et prenant, cet objet silencieux.

Si l’on remonte le cours du temps, que découvre-t-on ? Un atelier d’écriture, celui d’Hervé Piekarski, et une présence, celle de Charles Pennequin. Ce jour-là, Edith Azam lit à haute voix un texte qu’elle vient d’écrire et sa façon de lire et plus encore peut-être sa voix attirent et intriguent Valérie Schlée. Elles se parlent, elles décident de s’écrire ; par voie postale puisqu’elles habitent l’une à Montpellier, l’autre au Sud de Carcassonne. Cette correspondance avec son tempo bien particulier, presto pour Edith, largo pour Valérie, s’oriente autour de l’écriture, de la relation de chacune avec l’écriture mais aussi de l’écriture de leur relation : « moi je voudrais te lire en cercle / N’oublie pas, d’abord c’est le livre. ». S’impose alors en effet l’idée du livre et à partir de ce moment-là la correspondance s’amplifie et s’oriente vers ce projet. Textes et mots circulent, permutent, s’échangent, se répondent.

Le résultat : cet  objet silencieux, ce texte duel qu’on a envie de comparer à la double hélice de l’adn tant l’encre noire de l’une et l’encre rouge de l’autre semblent s’enlacer en un projet vital commun, simplement ponctué, ajouré par les encres de Paola Di Prima qui prennent ici un rôle de résonateur.

Un objet silencieux, un livre, enfant improbable de la rencontre. Né d’une sorte de pas de deux, où les écritures, les esprits, les cœurs, les corps se frôlent, se cherchent, se répondent mais aussi choisissent de rester dans le suspens, dans le « tiraillement entre ce qui naissait de l’écriture et ce qui se vivait dans la relation ». Autour d’une sorte de non-dit, de silence central, tel le vide du vase, le vide qui donne forme au livre, l’objet silencieux. « Notre histoire demeure dans l’innommable [qu’il faut prononcer bien sûr in-nommable], dans la verticalité des songes ». La nommer, de quel que nom que ce soit – amour / amitié – aurait sans doute tari la double écriture, tué l’objet silencieux.

 

florence trocmé

(poézibao)


*

Il faudra accorder le temps à l’espace. Faire sonner le LA. Tout oublier : les lauriers roses sur la terrasse, le vent, les abricotiers –

Il faudra remettre la boîte, fermée, au milieu de la table, au centre du chemin. L’oiseau de Damas, recouvrir la cage, laisser battre l’horloge, vide –

 

Il faudra disposer le ciel, bleu du ciel, de l’étang, celui sous la paille, laver les murs. Le piano nuit et jour, s’étendre entre les mots, sculpter le silence.

Il faudra laisser les portes ouvertes, reposer sa tête oui, ne jamais étancher sa soif, refaire le chemin et si c’est une boîte à musique, l’ouvrir.

 

Il faudra, un peu, s’abstenir d’écrire, accepter la nuit, apprendre à ne plus : reconnaître. Laisser les intérieurs en silhouette. Taire ces autres choses dans un commun mortel –

Il faudra, au travers des persiennes, ne rien voir venir. Dans le jardin, couper les roses dans la convention du bouquet, qui tristement : se fane –

 

Il faudra préserver les couleurs, fermer les yeux, un peu, sur les mots absents, et qu’adviennent les gestes apaisants, la proximité sauvage des papillons de nuit.

Il faudra marcher sur les rivages du chagrin, jusqu’à se perdre. Enfin nager loin, pour redessiner les contours et retrouver les vêtements du voyage.

 

 



Le deuxième date de 2006. Un spectacle mis en scène par Laurent Bourdelas en a été tiré.
http://bourdelas.canalblog.com/archives/2010/02/11/16875415.html
86 pages au format 14 x 21, (8 €)
Agniau-Marie-Noelle.jpg

 

Je suis une petite fille  je ne m'aime pas Je collectionne les savons à cause de mes blessures  Mes blessures sont imaginaires       Elles concernent l'enfance  Maman voulait que je mette une chemise sous ma robe bretelles Moi je ne voulais pas  Elle a dit que j'étais contrariante  Moi je voulais des flon flon sur mes épaules nues J'ai mis la chemise à travers laquelle on voit mes petits seins Je ne suis pas jolie malgré ce que dit Maman Je sais que c'est un mensonge. Des savons, il y en a de toutes les sortes. Je les garde dans un bocal Parfois je les sors un à un Je les regarde tous Je les renifle Il est hors de question de me laver avec Chaque fois que je sors en ville avec Maman, je m'achète un savon. Ma famille a honte Je ne sais pas pourquoi A la maison il y a une pièce magique Une bibliothèque avec une machine.


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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 17:49

104  pages au format 10 x 15, 6 € 
Vinau.jpg

Les jours pourpres

 

Un jour nous irons marcher

mes enfants et moi

au fond d'une forêt ou le long d'une rivière

et nous tomberons

sur un de ces petits animaux orphelins

un écureuil une loutre un corbeau

un hérisson une tortue un renard

une musaraigne

il faudra alors que je prenne le temps de leur expliquer

que nous pouvons tenter d'aider

mais que d'une manière générale

la vie se porte toujours mieux

loin de nous

 

Oui ce jour viendra

où je devrais leur apprendre

que l'homme n'est pas un cadeau

pour le reste du monde

 
*

Je ne me bats pas

 

Je ne me bats pas

et ne suis qu'à grand peine

les soubresauts hoqueteux

du monde

Ni CNN ni Itélé

encore moins les complots

sur Dailymotion

Je lis des vieux livres

J'écoute des vieux disques

Je plante des radis

Je taille des lilas

Je repeins une chambre d'enfant

en bleu très clair

Je mange une glace

aux vrais fruits

Je ris avec elle

et puis je vais me coucher

après avoir pissé dans la nuit

en regardant le ventre

des chauves-souris

 

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Portrait du blogueur

dans un spectacle Gaston Couté

couté

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Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.

pour commander des livres

Si des ouvrages présentés dans ce blog vous intéressent, vous pouvez les commander en envoyant un chèque correspondant à la somme indiquée (+ un forfait port de 1 €) à l'adresse des éditions :
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes

pour tout renseignement complémentaire (conditions d'envois et de remises pour les libraires, collectivités...), vous pouvez écrire à gros.textes@laposte.net

bouquinerie

 

 

Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.