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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 22:35

numéro 4 ne paraîtra pas au printemps comme prévu mais à l'automne. 

Pour l'heure je prépare quelques sorties en été. Gros Textes (sans son numéro 4) sera entre autres à Bazoches du Morvan les 2 et 3 juillet, à Lodève entre le 16 et le 23 juillet et ensuite à Sète où plusieurs de nos auteurs seront présents, Patrick Dubost (enfin Armand le poête, voir son CD un peu plus bas), Natyot (idem) ou encore un auteur israélien, Eli Eliahu avec un recueil à paraître tout prochainement "Moi et pas un ange" dont voici un extrait :

 

Tout d’abord

 

J’ouvre les yeux le matin

et tout d’abord

je cherche le corps

pour m’habiller.

 

Il est là où je l’ai laissé

la nuit,

bien plié.

 

Ça fait des années que c’est ainsi.

Je le trouve toujours, et toujours

je suis stupéfié.

 

 Et Pierre Tilman avec deux recueils, "un trimestre" dont voici un extrait

  

 

à un moment

 

j'ai perdu son haut son bas

ses bras ses jambes

j'ai perdu ses côtés

je ne savais plus où elle commençait

où elle finissait

elle se continuait dans mes mains

dans ma peau

dans mes lèvres

et moi je me continuais en elle

et je ne savais plus où

je commençais

où je finissais

nous ne savions même pas

si nous commencions quelque part

et si nous finissions quelque part

par la chair nous étions animaux ok

par l'air chaud qui sortait de et qui

entrait dans nos bouches

nous étions air

etc etc

et plantes

et océan

et danse des cellules

et bruits énormes des poils qui se touchent

et craquements de peau

et collisions d'organes

et puis si tu me manges

je deviens nourriture

et je deviens boisson

si tu me bois avec ta langue

et puis aussi

ça c'est curieux

comme tout est calculé

et disposé sur les cases d'un échiquier

ce travail incessant de l'intelligence

qui ne s'arrête pas

qui est seulement suspendu quand les corps

vont trop fort

alors l'intelligence se tapit dans un coin

et regarde ce qui se passe

attend que ça se passe

et quand les corps vont moins fort

le travail recommence

les yeux regardent

le cerveau analyse

et ça travaille

ça bosse

on vit ok

mais qu'est-ce qu'on va en faire ?

comment on va rendre utile

cette inutilité-là ?

 

 

et "C'est de moi que je manque" dont voici quelques extraits

 

 

Je me bats contre les moulins à vent

je me bats contre la maladie

je me bats contre le mauvais sort

je me bats contre la montre

 

c’est contre moi que je me bats

 

*

 

je perds mes moyens

je perds le fil

je perds l’occasion de me taire

je perds la raison

je perds pied

 

c’est moi que je perds

 

*

 

je cours après les honneurs

je cours après la fortune

je cours les filles

je cours les magasins

 

c’est après moi que je cours

 

 
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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 22:24

Liska m'avait fait connaître cette chanson il y a bien quelques années. Liska est partie sur une plume d'arc-en-ciel au paradis des poètes là ousqu'on chante des chansons autour de la grande table de Jean-Claude Touzeil à Durcet en mangeant des paupiettes de poète et en riant beaucoup.

"La vie est courte petite et il n'y a pas de gagnant" , c'est pourtant aussi simple que ça.

 

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 23:10

Natyot.jpg

 

 

Il y a des mots dans lesquels on voudrait donner des coups de pied pour qu’ils avancent, se projettent, sortent de la bouche comme un vomi de pierres. C’est vrai, certains mots sont des pierres, des mots pierres trop lourds pour remonter à la surface, grimper sur la langue, se hisser, et sortir une bonne fois pour toutes. C’est là qu’on voudrait leur donner des coups de pied, pour les aider à jaillir, les libérer de leur poids. Comme ça les mots pierres tomberaient sur la table, ou par terre ou dans ta gueule, on les regarderait comme des cailloux qu’ils sont, et on n’en parlerait plus.   

 

 

54 pages au format A5 sur papier ivoire 120 g avec un CD parce que Natyot dit ses textes sur des musiques de Denis Cassan. 10 €

 

NUIT

Comment on fait pour qu’elle s’arrête cette ritournelle de la nuit ?

Parce que là, la tête va partir en arrière, elle va tomber et se casser comme une assiette sur le carrelage. Avec le bruit patatras.

J’appelle au secours pour ma tête.

Au secours.

En attendant une réponse, je vais dehors la nuit voir les petits points qui brillent. Les petits points qui brillent vraiment beaucoup j’aime. Et s'ils clignotent alors c'est encore mieux, mais peut être c’est la violence.

Toujours il se passe quelque chose de violent la nuit. Même si on n'y assiste pas, on sait que dans la rue d'à côté, dans notre dos, ou bien plus loin dans la forêt, ça frappe quelque part, ça gicle. Les petits points qui brillent c'est des couteaux des fois.

Ca gicle beaucoup plus la nuit que le jour. La nuit, on cache cache, on dans les coins sombres, on derrière les arbres, partout avec l'envie de tuer. La nuit couvre. Cache cache la nuit. Crache.

 

Je reste assise dans nuit longtemps, jusqu'à jour, jusqu'à ce qu'on ne voit plus les petits points qui brillent. Je rentre, fatiguée à fond, je dis je ne le ferai plus c'est trop fatiguant de rester à regarder la nuit avec la violence dans le dos tout ça parce que la ritournelle ne s'arrête pas. Mais c'est juste la fatigue à fond qui fait dire ça. Je ne le ferai pas d'arrêter. Je pense déjà à la prochaine fois, alors tu vois bien que c'est la fatigue.

 

 

 

 

 

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 23:05

 

polder-150-Taos.jpg

 

Idées-flammes, mots ardents : Taos l’acérée mène son combat de poète et sa plume est brûlante.

 

Passée au feu.

 

Tison pour tison, voici Bleu de chauffe. Soit un ensemble de 42 poèmes aux lueurs tantôt sanguines, tantôt bleutées, flamboyante offrande à l’été. Texte des 35 ans, le recueil donne à lire une saison d’amour et de joie, pleine d’interrogations, et remplie de souvenirs, déjà. Mémoire incendiaire dans un paysage d’étangs et de rivières. Le papier s’embrase, le bois rougeoie. Et ça crépite. Et ça danse. Étincelles.

 

                                        Sarah Vergez-Seija

 

82 pages format A6, 6 €

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 23:00

Je continue. Dit-il. D'accueillir la pluie sur    polder-149-Jaen.jpg

   mon visage.

 

Elle est ma sœur, ma virginité, mon  inceste.

 

Il fait nu. Et froid. Le vent claque des dents,

   appuie une épaule

 

contre la forêt. Rien n'existe. Dieu me rêve.

   Je suis sauf.

 

Cette façon de parler entre la vie et la mort sollicite la beauté comme remède à l’inexistence.

[ ...]

Face aux désastres du monde, le poète échafaude une autre scène onirique par la force du langage et de la beauté.

                                                                             

                                                                         Jean-Pierre Barbier-Jardet

 

58 pages au format A6, 6 €

 

 

 

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 22:46

CD Armand

 

 

c'est édité par le GMVL (groupe musique vivante de Lyon) (ou quelque chose comme ça) et coproduit (ou quelque chose comme ça) par Gros Textes

Sur ce premier CD, Armand lit

"Le début du monde" (éd. Color gang)

"Le répondeur d'Armand" (éd. Gros Textes)

et "Les voeux d'Armand" (inédit)

 

on peut aller voir le site d'Armand pour plus d'infos.

  http://armand.le.poete.free.fr/accueil.html

c'est très drôle et très profond et extrêmement subtil.

 

On peut le commander à Gros Textes et Gros Textes l'envoie à votre adresse en échange d'un chèque de 15 €

 

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 22:36

vinau.jpg

Cet ouvrage est fabriqué par Gros Textes pour le compte des éditions de la Pointe Sarène de l'ami Joquel. On peut le commander en allant sur son site

http://pointesarene.monsite-orange.fr/

 

Je suis du côté
des ratures et des gros mots
des matins des cendres
des bourrasques
des couples de corbeaux

 

 *

Je suis du côté
des clins d'œil
des doigts d'honneur
des questions
des lunes des larmes
des nuits canines
des feux de bois

 

 *

 

 

Je suis du côté
du dernier verre
et du dernier sourire
des essuie-glaces qui déraillent
des jouets cachés dans les poubelles
des renards des rêves et des mauvaises pensées

 

 ...

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 19:57

et en compagnie du préfacier à son "non au littérairement correct" (voir plus bas)

 

 

 

C'était le 31 mars, avec Jean-Philippe Querton et André Stas qui lisaient aussi leurs conneries.

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 16:57

biga.jpg

 

Ici nulle étoile sur la façade. Le hall large et les couloirs sont parfumés de vieux bois et de faux cuir ancien, l'ascenseur est un monte-charge à peine amélioré, pas de télé dans les chambres, de frigidaire ni même de téléphone. Les cabinets de toilette sont pleins de bonne volonté et d'eau froide à peu près courante, y'a encore des bidets pour laver pieds  noirs, vulves, vagins, culs..; et les lits qui grincent à qui peut mieux supportent encore les ruades du millième couple qu'héroïquement ils accueillent. C'est un havre paisible et hors temps. Deux-trois fois l'an nous y descendons en juin régulièrement pour le Marché de la Poésie Place Saint Sulpice…

 

*

 

Eloge de l'inutile

 

Vive le temps qui ne sert à rien! Le temps de promenade sans but et au hasard, le temps sans projet, le temps domestique, celui sans horloge, sans rendez-vous, le temps  pour marcher en ville ou à la campagne, le temps modeste et anonyme.

Vive le temps de solitude comme celui de palabre, le temps vacant, le temps équilibre- libre-fibre-vibre-hors calibre, le temps banal, le temps heureux de l'écriture inutile, le temps non rentable, le temps de respirer et soupirer, celui du café au troquet du coin, le temps non comptable, celui de la semaine des trois dimanches et des quatre jeudis...

 

Vivent les hommes oubliés de Dieu, les mendiants et orgueilleux, les saltimbanques sans complot, les fainéants dans la vallée fertile ;  et merci Albert Cossery pour vos quelques livres admirablement incorrects.

                                                          

Persuadé d'être une merde je suis loin cependant d'en avoir l'humilité. L'écart est douloureux.

Dans les grands champs de neige de l'au-delà nous irons bientôt. Que dire? Le temps me mange.       

 

80 pages au format 14 x 21, 8 €

 

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 16:51

bourdelas.jpg

 

« ...c'est l'instant d'après que vous ravivez, les facilités relatives des naissantes années soixante-dix, la  culture détendue, colorée, ironique qui succède à la tension de la décennie précédente, à la  parcimonie de la vie, à l'ombre tenace de la tragédie. Mes premiers élèves, qui avaient votre âge, portaient des vestes à carreaux, pratiquaient un style évasif et, quant au fond, n'escomptaient rien de précis, n'attendaient plus. A cela, ils ne trouvaient rien d'anormal puisqu'ils étaient sans passé alors que j'ai regardé ce temps, et dans l'instant, comme une retombée que les années suivantes n'ont fait que précipiter. »

Pierre Bergounioux,

 

Par la fenêtre de ma chambre, les peupliers de Claude Monet bruissaient doucement, avec leurs chants d’oiseaux. Un lit à barreaux de fer. Des clichés jaunis sur une table ou une commode. Cette impression, à chaque instant, d’être le Roi de la Vallée. En communion éternelle avec la nature, ces champs, le bruit incessant de l’eau vert foncé. Ma petite est comme l’eau, elle est comme l’eau vive… chantait mon père, le conducteur en vacances de flamboyantes locomotives.

 

72 pages au format 10 x 15, + 8 pages photos couleurs, 7 €

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Portrait du blogueur

dans un spectacle Gaston Couté

couté

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pourquoi bloguer

Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.

pour commander des livres

Si des ouvrages présentés dans ce blog vous intéressent, vous pouvez les commander en envoyant un chèque correspondant à la somme indiquée (+ un forfait port de 1 €) à l'adresse des éditions :
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes

pour tout renseignement complémentaire (conditions d'envois et de remises pour les libraires, collectivités...), vous pouvez écrire à gros.textes@laposte.net

bouquinerie

 

 

Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.