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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 19:54

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Crac de Sophie Braganti

 

A force de marcher sur la pointe des pieds pour voir au loin j'ai réussi à faire un peu silence je n'ai pas grandi malgré quelques étirements et courbatures mais du dernier étage derrière ma fenêtre entre les cheminées blanches des immeubles j'ai vu la mer par-dessus les toits et par-dessus la mer la Corse et un poète comme à chaque fois que j'écris par-dessus

*

La société on est un grand nombre dans la ferme avec la basse-cour et si on en sort c'est ferme-la la société on est un grand nombre dans la ferme avec la basse-cour et si on en sort c'est ferme-la et moi le perroquet aussi

 *

Les vuvuzelas vous vous êtes là à fêter la coupe du monde du bruit c'est pas tout à fait le vol du bourdon qui butine les fleurs ni celui de Rimski-Korsakov mais ça le donne 

*

Le poème est sur mon dos je le porte comme les abeilles le pollen on ne sait presque rien des fleurs qui le produisent ni du miel à venir 

*

Quand je recouds le pantalon de mon fils je rassemble les chairs je répare je me remets sur pieds raccommodée avec les déchirements du monde

 *

Poussée par la bise dans le pas je pense à tous ceux à qui je ne pense pas ou pas assez à tous ceux à qui je ne pense plus et à tous ceux à qui je pense trop et je larmoie

 *

Devant la porte de l'appartement dans la cité années 60 et 70 on pouvait laisser un chien un paillasson et une clé le chien sur le paillasson la clé sous le paillasson il n'y avait pas d'ascenseur on pouvait monter l'escalier sans avoir peur jouer avec les sonnettes et se cacher on pouvait crier dans la cour lancer des balles et crier on pouvait chanter et danser allumer des pétards et crier se battre grimper aux arbres jouer à se faire peur faire du vélo de la carriole rouler des patins on disait pas rollers et montrer comme un trophée de guerre une égratignure

 

Pour en savoir plus sur l'auteur : Sophie Braganti      

 

ISBN : 978.2.35082.219.8

80  pages au format 10 x 15, orné de 7 photos couleur de l’auteur hors pagination,

7 € (+ 1 € de port – port compris à partir de l’achat de 2 exemplaires)  

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 19:37

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 Riens du tout de Jean-Louis Maunoury

 

"Quelques "petits riens" pour survivre dans ce "grand Tout" où nous risquons chaque jour de nous perdre. Quelques cailloux pour baliser un chemin qu'il faut tracer soi-même. Quelques mots pour se rappeler qu'il n'y a de véritable pensée que mise en actes".

 

"Jean-Louis Maunoury est né à Caen et habite à Nice où il a exercé le métier de professeur d'université. Il a  pratiqué les différents modes d'expression qu'offre l'écriture : le roman (Gallimard, Mercure de France, Denoël, Robert-Laffont etc...), le théâtre, la poésie ( Le Pont de L'épée, Le méridien, La Bartavelle...), la littérature pour la jeunesse (Magnard, Motus, Sarbacane) à quoi s'ajoute une recherche de longue haleine sur les rapports entre humour et sagesse (plusieurs volumes aux éditions du Seuil, Phébus, Albin-Michel),notamment à travers les histoires de Nasr Eddin Hodja, haute figure du "fou-sage" de la Tradition turco-persane."

 

 

Entre la vie et la mort

un enfant est passé

à sa manière de passer inaperçu

et de se regarder

je me suis reconnu

 

 

ISBN : 978-2-35082-217-4

 100  pages au format 14 x 21, 10 € (+ 2 € de port – port compris à partir de l’achat de 2 exemplaires)

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 21:24

Biga.jpg

 La séparation

de Daniel Biga

 

De Guy Bellay

«  Octobre 1966. Les poèmes de Daniel Biga entrent dans la poésie comme des frères mendiants insolents dans un Négresco ; désordonnés, écorchés, violents, désespérés, enfantins, jouisseurs, impudiques, tendres - avec déjà, ce plaisir de l’étreinte énumérative que je leur emprunte.

Juillet 1967. J’attends leur auteur dans une ferme abandonnée des Alpes. Je vois grimper, à travers la prairie en pente, un homme ni plus large ni plus hardi ni autrement vêtu qu’un autre. Un coin de table suffit à son sac. Trois mètres carrés pour sa canadienne. Et la crainte de gêner.

Juin 1999. Je contresigne : frère Daniel, inchangé. »

 

Et février 2013 ? A vous de dire.

 

 

Un enfant naît au monde, quelque part. Premier lieu: une natale maison sur le rivage méditerranéen en avant plan d’un arrière pays abrupt. Une vieille ville au bord de la mer des Anges et des Requins. Et des bonnes personnes surtout. Quelqu’un - le récitant, le narrateur, la narratrice ?- conte à l’enfant  sa naissance, ses premiers mois, ses premières années, bribes décousues, chapelets de micro-souvenirs ou anamnèses plus développées.  Beginning : premier temps. C’est essentiellement le non-héros de l’histoire -  le père- qui voit,  observe, se rappelle ou prétend se rappeler, réveille ou réinvente la mémoire, revit ses émotions, ses regrets aussi et ses rêves encore...

lire la suite ici : Daniel Biga - La séparation

 

ISBN : 978.2.35082.215.0

 120  pages au format 14 x 21, 10 € (+ 2 € de port – port compris à partir de l’achat de 2 exemplaires)

 

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 20:48

Envie de mettre côte à côte ces deux titres à 35 ans de distance.

 

"Menace", j'écoutais à la fac. Avec Ferré, c'est par là que je suis venu à la poésie. Entouré de sacrés bons musiciens de jazz (Didier Levallet - Sigfried Kessler), cette chanson me semble être un sommet de la chanson non formatée pour adultes consentants, celle où les poètes contemporains seraient souvent bien inspirés d'aller s'inspirer.

 

 

Aller chercher des forces aussi dans l'album "Tout tourne autour du soleil" de Keny Arkana

 

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 21:31

des éditions Potentilles

et Contre-Allées

c'est ici : lectures d'automne

 

 

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 21:10

Les Tilleuls du Square est une nouvelle structure éditoriale issue de Gros Textes destinée à accueillir plus spécifiquement des textes en prose, nouvelles, aphorismes, théâtre, essais, réédition de classiques introuvables...

On peut se rendre compte de ses débuts ici : https://sites.google.com/site/lestilleulsdusquare/home

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 20:43
Il y a quelques années lorsque je voulais penser aux copines et aux copains qui ont choisi de tirer la révérence, je relisais ce texte de Stig Dagerman au titre saisissant, « Notre besoin de consolation est impossible à rassasier ». Maintenant j’aime bien l’écouter et passer un moment devant ces images des Têtes raides.
  

 

 

 Et puis dans les rangements de début d'année j'ai retrouvé parmi des tas de manuscrits, une demi douzaine d'enveloppes kraft de Frank Vialle. Je me dis qu'un jour il faudra que j'en fasse un livre.

Voici ceci en attendant ce jour :

Dans ma vie

j'aurais marché

à flanc de colline

à flanc de montagne

dans les rues

sur les routes

sur les chemins

au bord de l'eau

au bord du Lot

je pêchais mes repas

auxquels j'ajoutais

les patates d'un voisin aimable

et des légumes volés

la nuit dans les champs

maintenant je ne marche plus

j'ai aussi beaucoup aimé

maintenant je n'aime plus

ce qui me tue dans la mort

c'est l'idée de ne plus marcher

et de ne plus aimer.

 

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 21:15

decharge-couverture-156.jpg

Un copinage pour finir l'année.

Dans ce numéro 156 de la revue décharge, on trouve entre autre un dossier consacré aux éditions Gros Textes et à ma pomme entre autres choses.

Tous les renseignements sont ici :

http://www.dechargelarevue.com/

 

Je referme le blog pour 2012.

En 2013, paraîtront chez Gros Textes des ouvrages de

Daniel Biga, Jean-Louis Mauroury, Sophie Braganti, Christian Degoutte, Bruno Sourdin, Eric Dejaeger, Michel Gendarme, Natyot, Armand le Poête, Pierre Tilman, Sébastien Lespinasse, Hervé Merlot (une anthologie hommage à Bukowski...

Verront également le jour deux nouvelles maison d'édition plus ou moins rattachées à Gros Textes, plus ou moins indépendantes de Gros Textes,

"Les Alpes Vagabondes" et Les "Tilleuls du Square".

Belle fin d'année à vous

On peut visiter une ébauche de site pour les Alpes Vagabondes ici : https://sites.google.com/site/lesalpesvagabondes/ 

 

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 20:48

Lair

Enfin de Mathias Lair

 

Ne pas pouvoir leur dire, les lèvres scellées. La bouche si froide qu’elle flambe – si fort qu'elle disparaît.

Les entendre tous, comme ils ne peuvent faire. Leurs voix résonnent en dedans. Vibrent en écho tous leurs sous-entendus (vagues et sillages allusions déclinaisons reflux vrilles) – qu’eux même ne connaîtront jamais.

Inconnues, mais elles sont familières car toutes les voix sont la même, participent toutes d'un même concert. D’un individu l’autre, que d’infimes variations sur le même thème. Jouissant d'être noyées dans la même harmonie. Ne songent pas à s'éloigner l’une de l’autre. Comme un nuage d’étourneaux : celui qui s'envole le premier, le fait-il de son propre chef où se sent-il poussé par les autres ? Toujours est-il que l’ensemble suit et, réunis, ces oiseaux minuscules font un bruissement d'ailes fort et profond.

De correspondre, les voix se renforcent l’une l’autre. Un léger haussement de ton à un point du nuage, et les rythmes s’éparpillent, puis retrouvent l’unisson, reviennent au calme.

Pas une plus ou moins que l’autre, un accord où chacune ne fait qu’exécuter sa partie. Chacune pousse têtue son chant unique. Et pourtant fait masse.

*

Elles volent autour, le lit au centre de leurs évolutions. Elles s'inquiètent, elles commentent les faits et gestes. Parlent plus doucement quand elles s’approchent. Comme une ouate, infiniment bonne, infiniment aspirée.

Dès qu'elles s'éloignent, reprennent leur rythme naturel (s'étaient efforcées, en se rapprochant, de retenir leur souffle), comme des oiseaux sur leurs branches reprennent de plus belle, cela monte descend se reprend, elles s'accrochent les unes aux autres, dans un charivari, pas un mot de distinct.

Sans doute les syllabes sont-elles à portée. Mais impossible de les capter. Tendre l’oreille, quel insurmontable effort, il faudrait puiser l'énergie. Les mots passent au-dessus, dans un frôlement.

Mais le vrai sens n’est pas dans les mots, il niche dans les correspondances entre les voix. Une seule n’est rien sans une autre, sans l'ensemble des autres.

 

74 pages au format 13 x 21, 8 €

 

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 20:27

Tropique du Suricate de Pierre TréfoisTrefois.jpg

 

UN SURICATE D’OBÉDIENCE TROTSKYSTE

 

 Prophète de la guerre des nerfs ou sentinelle de l’imbroglio, je vis et fomente mes coups de semonce à l’emporte-pièce. Cela me donne au moins le sentiment qu’urgence équivaut à bien-fondé et que les petites parties (six milliards de Surmoi opiacés) constituent, à leur manière, un Grand Tout (la ruche humaine). On se parodie comme on peut – plus besoin de grimaces dans le miroir en miettes ni de se marcher sur la queue pour se penser sosie du rattus norvegicus.

J’habite à la campagne, loin du vallon natal, dans la garrigue où les lucioles croient éclairer le monde entier avec une rigueur assez typiquement pascalienne.

Longtemps j’ai été trotskyste les nuits de pleine lune, adepte ataraxique de la permanence de la Révolution et autres caroles des astres. Longtemps je me suis bardé d’aphorismes dont l’élégie renvoyait dos à dos timoniers du Ciel radieux et déclarations d’amour rupestre.

Pas une semaine ne passait sans son lot d’appels aux zombis – enjolivés de solos de guitare à tombeau ouvert.

Je vibrais sur pilotis ; je n’amortissais pas mes chutes.

Le rouge m’inséminait.

Les suricates de ma fratrie m’ont exclu pour cause d’activisme en chambre, aggravé de tendances ironiques rédhibitoires – on ne badine pas avec la lutte des classes, les pendules du Hasard dialectique ou les flux et ressacs des marées prolétariennes.

Quant à mes filles, elles se sont mises en tête d’aller piquer les moustiques dans les contrées à forte densité de nuits blanches. D’où leur départ sur la pointe des pieds, en danseuses, pour « ailleurs » selon leur propre terme. Je n’ai plus le courage de dénaturer leurs dires, surtout s’ils se condensent en un seul adverbe.

J’ai bien envisagé d’apprivoiser un héron dans mon lavabo mais j’ai battu en retraite : à quoi bon me lancer dans une énième aventure romantique et cendrée, vouée à faire pâle figure sur mon échiquier collatéral ?

Les circonstances, qui donnent aux êtres la hargne de s’extasier et le velouté de leurs retombées, sont donc idéales pour le recueillement et l’exploration de cet Autrui, accessoirement nommé « moi-même », qui squatte ma carcasse. Gnoti séauton : on connaît cette séculaire chanson, sans jamais l’entonner à cœur-joie. Au contraire : je suis comme ce joueur de balalaïka qui déchiffre les Variations Goldberg sur une partition en italique, sans penser plus loin que le bout de son imago, quoique…

 

*

Le manque perpétuel

Si je tombe à court

de poésie,

je contemple

ma femme,

mon chat

ou mon jardin.

Le manque se mue

alors en plénitude,

vu que ma femme

s’est taillée

en emportant

le chat

et le jardin.

 

90 pages au format 10 x 15 cm, 7 €

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Portrait du blogueur

dans un spectacle Gaston Couté

couté

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Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.

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Si des ouvrages présentés dans ce blog vous intéressent, vous pouvez les commander en envoyant un chèque correspondant à la somme indiquée (+ un forfait port de 1 €) à l'adresse des éditions :
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes

pour tout renseignement complémentaire (conditions d'envois et de remises pour les libraires, collectivités...), vous pouvez écrire à gros.textes@laposte.net

bouquinerie

 

 

Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.