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Un enfant naît au monde, quelque part. Premier lieu: une natale maison sur le rivage méditerranéen en avant plan d’un arrière pays abrupt. Une vieille ville au bord de la mer des Anges et des Requins. Et des bonnes personnes surtout. Quelqu’un - le récitant, le narrateur, la narratrice ?- conte à l’enfant  sa naissance, ses premiers mois, ses premières années, bribes décousues, chapelets de micro-souvenirs ou anamnèses plus développées.  Beginning : premier temps. C’est essentiellement le non-héros de l’histoire -  le père- qui voit,  observe, se rappelle ou prétend se rappeler, réveille ou réinvente la mémoire, revit ses émotions, ses regrets aussi et ses rêves encore. Le temps passant, le temps effaçant la fraîcheur des traces les indices retenus suffisent-ils à évoquer ce qui fut. Réalité ou illusion? Fiction ou autobiographie ? Les deux mon colonel ! D’expérience de vie on sait qu’aucun témoin n’est rigoureux, que tout témoignage se fait immanquablement subjectif, que nul regard n’est neutre ;  chaque point de vue différent forme et déforme. Passé, présent, futur sont variables ainsi que l’Euripe (rappelait Apollinaire) et que dire de conjugaisons  plus fluctuantes encore, de conditionnels improbables, de subjonctifs insondables, des potentialités pourtant d’évidence vécues dans leur tension interne par l’un ou l’autre des protagonistes. La séparation au-milieu du couple prend prétexte (semble-t-il) du départ du père pour des raisons de travail - ce père dont il semble que le narrateur, à moins qu’il ne s’agisse d’une narratrice !- se moque un peu.  Histoire  unique ;  histoire  universelle. Singulière dans son étonnante banalisation. La séparation,  ce phénomène devenu si fréquent, si courant qu’il est désormais reconnu comme une pathologie des plus banales. Intoxication endogène qui se manifeste diversement,  tumeur vénéneuse sur la  chair bleue de l’âme, ou encore  grosse bosse, durillon géant, excroissance endémique post moderne désormais greffée sur le squelette du mâle comme de la femelle  contemporains, l’humain mutant d’aujourd’hui.

Second lieu : l’ici est maintenant une ville dans le Sud-Algérien, oasis, palmeraies, dattes, poussière, sable, dunes, misère où de rares fois de courtes vacances les rapprochent tous trois, temporairement, entre deux longues absences durant lesquelles le père cafardeux a tout le loisir, parfois douloureux, - nostalgie quand tu nous tiens !- de méditer et recréer le prétendu Eden perdu, actualiser le monde à sa façon. Sauter à l’élastique du temps, mâcher et remâcher le chewing gum des beaux  lieux, jouer avec sentiment de l’accordéon du souvenir auprès d’un coin de rue aujourd’hui disparu.

La distance s’accroît avec un troisième lieu : Washington D.C… capitale fédérale étatsunienne vers où la mère s’envole dans l’espoir d’une belle carrière, accompagnée de leur fille. Autre exil. De luxe certes. Exil aussi ! Second temps : growing. Croissance : une fille grandit. Un père-à-peine lutte pour le non-oubli du quotidien roman ordinaire, se régale des miettes du réalisme poétique. Fabrique ses collages, patchworks, puzzles,  rébus et rebuts  du temps. Années 70 à 80, visions sépia, légers flous, subtils décalages d’une époque révolue, réactivée par ce qu’on n’appelait pas encore l’effet «  vintage » !

Mais le temps,  chacun le sait,   n’est pas linéaire. L’espace du dedans de l’être, non plus, n’est-ce pas ?  Regains d’oublis, pêche du hasard miraculeux. On cherche quelque certitude dans l’amoncellement du bric à broc des objets, les photos développées ou potentielles, dans la grande déchetterie de la Souvenance. Où parfois on trouve quelques perles de pure eau. Autrement nommée transcendance.…

Troisième temps Teens pour finir : soit commencer un nouvel âge. Ouf ! enfin !  » Papa, je suis teens ! »  Joie. Et appréhension aussi. Réflexions. Evolutions. Spéculations. On a plus ou moins digéré la séparation. On s’habitue. On se retrouve en un lieu, l’autre. Plus longtemps. Plus calmement. Si le passé nous retient  l’avenir  nous aspire. Mais le seul présent n’est-il pas dans le texte ?

Quant à  demain(s)… Demains seront. Ce qu’ils seront toujours : une histoire d’amour.

                                                           ***

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