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En vrac et en dentelles

Lectures d’avril 2012

 

Maintenant que je ne fais plus de revue, le tas de bouquins qu’on m’envoie va être chroniqué dans les tuyaux de l’internet.

 

Remontants et ricochet de Jean-Claude Touzeil,

Illustrations de Valentine Manceau

Ed. Soc et Foc, 3 rue des Vignes, La Bujaudière, 85700 La Meilleraie-Tillay,

postmaster@soc-et-foc.com

www.soc-et-foc.com

10 €

Il y a une quinzaine d’année, Jean-Claude Touzeil inaugurait en quelque sorte les éditions Gros Textes avec « Itinerrances bis ». Autant dire que sa poésie plonge dans les racines de notre aventure. Poésie qui elle-même s’enracine dans cette belle tradition d’écriture ludique et jouissive, pleine de malice et de fraicheur, d’un humour délicat qui trace un sillon aux côtés de gugus du genre Prévert, Queneau ou Norge. « Où allez-vous / les bras ballants / la tête pleine / d’incertitudes ? // Où allez-vous / jeter l’ancre de vos racines ? // Où allez-vous / plonger vos mains ? // Dans quel humus ? / Vers quel humain ? »

 

Un chèque en blanc de Jean-Claude Touzeil

Présentation et choix de textes par Eric Sénécal

Ed. Clarisse, 170 allée de Sainte-Claire, 76880 Martigny

www.editions-clarisse.net

15 €

La quatrième de couverture évoque pour parler de la poésie de Jean-Claude Touzeil de « l’étendue d’une œuvre populaire, au sens le plus noble qui soit. »

« La poésie c’est de la musique / surtout quand il y a des rimes / on n’entend plus du tout / les bruits de l’extérieur / déjà l’heure déjà fini / merci pour ce bon moment / quand est-ce que vous revenez / c’était bien la poésie / ça fait rire parfois / ou bien ça fait pleurer. »

 

Un autre Jean-Claude

Carnet de têtes d’épingles de Jean-Claude Martin,

Dessins de Claudine Goux

Ed. Les Carnets du Dessert de Lune

67 rue de Venise, 1050 Bruxelles –B- (Belgique)

dessertdelune@skynet.be

www.dessertdelune.be

12 €

Qu’est-ce que je l’aime cette voix qui chuchote des petits airs de fêtes lointaines quand on a déserté la piste de danse pour aller pleurer dans un coin des amours toujours trop grands pour nous. Cette accumulation de minuscule détresses, d’infimes écorchures et de regrets éternels n’oublie jamais la politesse du désespoir, le petit frisson d’humour, cette bille de plomb qui tient l’âme droite. «J’ai encore douleur de toi, comme un vieux genoux qui prend l’eau quand le temps est à la pluie. Il m’élance aussi en plein ciel bleu, les souvenirs ont des orages imprévus… Passent des couples enlacés : pauvres gens, me dis-je, savent-ils ce qu’ils font ? Je les regarde s’éloigner vers la jetée, la ligne interminable de l’horizon… pourquoi les autres sont-ils heureux ? »

 

 

Les âmes petites de Véronique Joyaux

Ed. Les Carnets du Dessert de Lune

11 €

Ces âmes petites ce sont celles qui expérimentent dans leur chair la grande lassitude de vivre, l’usure des sentiments, le manque d’amour et de considération et l’attente infinie et sans objet. Et pourtant « il suffirait d’un geste / pour que tout vacille » comme une lueur d’espérance, un geste peut-être dérisoire qui renferme toute la dignité humaine. Ce recueil est un petit bijou de sensibilité, de poésie du prendre soin et de l’attention aux autres. Jean-Pierre Brèthes commence sa très belle préface par cette question « La poésie sociale serait-elle de retour ? ». Si la poésie sociale va puiser dans cette qualité d’écriture, c’est plus que souhaitable.

 

 

 

Marche lente de Jean Azarel

Ed. Samizdat

8 chemin François-Lehmann, 1218 Grand-Saconnex (Suisse)

sampoesie@gmail.com

www.editionsamizdat.ch

On est tout près des âmes petites sauf qu’ici le fil se décline au singulier, le fil d’une vie, cette petite chanson fredonnée avec obstination, abordée par petites touches façon album photos dans une boîte à biscuits recyclée. L’écriture, en plus des images restitue les goûts, les odeurs et le bruissement notes de musique des jours qui mis bout à bout accompagnent cette marche lente. Depuis les mains de la mère qui font des marionnettes « tant de petites choses bercent le cours d’une existence », Jean Azarel rassemble tout ce qu’il peut avec beaucoup de délicatesse, de dépouillement et de pudeur. Il y a aussi un ton dans ce livre juste, pertinent et original quand il ne fait que marcher dans les traces de la comédie humaine.

« Le temps se dépasse. Il existe des êtres humains dont le visage ne s’efface pas, ni les moments passés dans le roucoulement de l’existence. Tu cherches de temps à autre sur internet les coordonnées de vieilles connaissances. Quand tu les trouves, tu es soulagée. Parfois tu n’as plus que le contact d’une descendance ou d’un parent dont le prénom te revient dans un effort de mémoire. Parfois il n’y a plus rien et ton cœur tangue. L’impression qu’une part de ta vie n’a plus de racines te saisit. Tu passes en tremblant la bague au doigt des ténèbres. » 

 

 

Bienvenue à l’Athanée de Daniel Biga

Ed. L’Amourier

1 montée du Portal, 06390 Coaraze

www.amourier.com

13 €

 Il y a quoi là ? Cette petite touche de génie, du rien du tout. Les petites histoires de la vie. La poésie, les jeux de langue. L’important et le dérisoire, l’amour et l’humilité, le quotidien, la vie simple et l’art de vivre du petit peuple, il y a là un nombre de pépites qu’on n’a peut-être pas idée. Daniel Biga est certainement un des plus grands poètes de ce temps. Faites passer si vous voulez.

 

 

Les Hommes sans Epaules N°33 / Premier semestre 2012

8 rue Charles Moiroud, 95440 Ecouen,

Les.hse@orange.fr

www.leshommessansepaules.com

17 €

266 pages denses de poésie sous différentes coutures orchestrées par Christophe Dauphin, une densité qui a de quoi déconcerter le chroniqueur. Après un choix de poèmes divers et variés, on découvre un poème d’Ismail Kadaré, des dossiers Pierre Chabert, Georges Jean ou Max Alhau, des réflexions de Paul Farellier et Eric Sénécal et des hommages aux disparus de l’hiver, José Millas-Martin ou Michel Héroult : « … Je me débarrasse avec hâte / comme si le temps me manquait / moi qui ne suis personne / peut-être une ombre / si vous cherchez bien / peut-être un souffle / ou rien » (Michel Héroult)

 

 

Décharge n°153, mars 2012

4 rue de la Boucherie, 89240 Egleny

revue.decharge@orange.fr

www.dechargelarevue.com

6 € (abonnement : 22 €)

Ce numéro s’ouvre sur un hommage à Gilles Pajot disparu il y a 20 ans. Je n’ai jamais croisé Gilles Pajot et pour cause, il disparaissait en même temps que Gros Textes apparaissait. Pourtant il m’a toujours semblé familier. Avec ce numéro de Décharge, j’ai compris pourquoi. En fait les proches qui lui rendent cet hommage sont pour la plupart auteurs chez Gros Textes (Bulting, Dubois, Maltaverne, Guéno, Gicquel), ou sont passé par la revue (Dubost, Guilbaud), bref, un air de famille, une couleur, une proximité renforcée encore par le choix d’inédits de Pajot, réflexions, pensées, aphorismes, et surprise c’est là-dessus que s’est construit Gros Textes (première phrase du premier numéro en décembre 1991 « J’ai quelque chose à dire et c’est très court » citation de Louis Scutenaire). Et de Pajot, ce conseil comme ligne de vie « Prendre la bête en soi, à rebrousse-poil, dans le sens de l’humour comme Jules Renard mais aussi Samuel Beckett. ». Côté hommages aux disparus plus récents, un peu plus loin Jean-Claude Tardif évoque Michel Héroult et Jean L’Anselme est invité tel qu’en lui-même.

Plaisir de retrouver Anna Jouy et Hervé Merlot. Les ruminations de Claude Vercey rassemblent huit auteurs sur le thème « Marcher / Ecrire ». « Assis dans l’herbe, je contemple les lacets du sentier que je viens de parcourir. (…) Marcher peut suffire à tromper un moment la conscience de notre finitude. » (Michel Baglin). Et plus loin, le choix de Décharge pour les découvertes, un retour sur la couverture par Catherine Mafaraud-Leray dont les goûts picturaux rencontrent mon adhésion : « L’art crie au secours, il réclame des hussards, des sans-abri, des marteaux-pilons, des forges. L’art revendique le droit de gueuler, l’art doit à tout prix exulter, tout seul, unique challenge, nécessité première et rageuse raison d’exister. »

Et là on croit que c’est fini ben non, il reste une promenade en forêt avec Rüdiger Fischer qui invite à découvrir une poésie allemande toute en sensibilité de Suzanna Mikesh.

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dans un spectacle Gaston Couté

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Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.

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Si des ouvrages présentés dans ce blog vous intéressent, vous pouvez les commander en envoyant un chèque correspondant à la somme indiquée (+ un forfait port de 1 €) à l'adresse des éditions :
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05380 Châteauroux-les-Alpes

pour tout renseignement complémentaire (conditions d'envois et de remises pour les libraires, collectivités...), vous pouvez écrire à gros.textes@laposte.net

bouquinerie

 

 

Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.