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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 18:01
La mort c’est nous de Catherine Mafaraud-Leray et Michel Merlen                                Couverture et frontispice de Jean Rustin
ISBN : 978-2-35082-187-0
130 pages au format 14 x 21 cm, 10 €
   
Cet ouvrage inaugure une sorte de voyage dans le temps de Gros Textes, cet espace d’un soupir et au-delà du côté d’une poésie qui nous aura façonné. Ceux-là, je voyais leurs noms dans les années 70 quand jeune homme, je lisais mes premières revues de poésie, poésie 1 à 1 Francs pour étudiant fauché. Et le cœur me serre en relisant leurs lignes
Mafaraud - Merlen
 
Je fume le calumet de la solitude
et fuis les nuages qui sont pourtant bien là
J’ai peur comme un petit enfant dans le noir
mais mon noir à moi n’est que le fruit de mon imaginaire
il n’existe pas en fait
pourtant il tord mes images auxquelles je tiens tant
puis je relis encore la lettre d’un poète
qui me dit aimer ce que j’écris
(M M)
    

On comprendra donc aisément ce qui a pu rapprocher Catherine Mafaraud-Leray et Michel Merlen. Les lisant, à travers La mort c’est nous …, je dis que là où l’Homme n’est plus, la poésie ne signifie rien et il est absurde de lui accorder la moindre vraisemblance d’être hors de notre atmosphère humaine. Dès maintenant, il est manifeste, que La mort c’est nous … de Catherine Mafaraud-Leray et de Michel Merlen est vécu et ressenti vitalement : La mort viendra – Je sais – mais je vivrai d’abord… La mort c’est nous– joyeuse comme un faire-part, écrit Merlen. Mafaraud-Leray y ajoute sa violence et sa révolte : Le corps est un égout – Qui se vomit dedans – Les arbres mes complices – Dans un filet de cygnes – Me tendent leurs cous noirs – Et leur corde gelée. La mort c’est nous … , méconnaît absolument, ici, pour s’en soucier fort peu, comme dans les publications respectives de Mafaraud-Leray et de Merlen, les « déviations pathologiques », qui ont pour noms, esthétique, littérature ou autres et qu’un monde désensibilisé par l’usage quotidien et machinal de sentiments réduits aux fantômes de leurs propres ombres lui a imposées envers et contre les poètes ; tant et si bien que pour le plus grand nombre, ce qui est l’essence même de l’Homme, ce qui lui donne seul le devoir et le droit donc de vivre et d’être libre, se confond, de la façon la plus déplorable par ses conséquences, avec une certaine manière avantageuse de pleurnicher, de susurrer, de bêtifier, d’invoquer et d’évoquer, de mimer des grimaces d’amour. Rien de cela chez Catherine Mafaraud-Leray et Michel Merlen, car leur poésie est un aveu, un départ ; elle est avant tout Emotion, cette poésie qui les tient debout l’un et l’autre ; cette poésie pour laquelle ils luttent jusqu’à la mort : La Mort en raccourci – Court-métrage en treize prises – Dans une histoire de poulpe crucifié – Jusqu’au visage séché ultime - Atone muet – Défiguré – Et quelques énergumènes – Essayant de prier, écrit Mafaraud-Leray.

                La poésie de Mafaraud et de Merlen, et La mort c’est nous … le confirme, est une tension extrême de tout l’être hors de lui-même vers sa vérité, qui nous arrache enfin des cris terribles et magnifiques qui étonnent les oreilles, si sourdes depuis le temps ; des cris qui renversent, des cris qui brisent les vitres et les portes toujours fermées des maisons vides ; des cris qui peuvent bien s’exténuer et se ruiner, mais dont il reste toujours assez d’éclats dans l’air pour que  nous nous entendions au moins une fois aimer et vivre, pour que nous entendions ces cris qui ne nous appartiennent plus dès qu’ils ont quitté nos lèvres, qui ne sont plus à personne parce qu’ils sont ceux de l’homme dans la solitude et dans l’amour.

                                               (extrait de la préface de Christophe DAUPHIN)

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