Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 21:00

Vendu à la bouquinerie cet après-midi juste avant la fermeture un ouvrage de Marcel Moreau « Nous, amants au bonheur ne croyant... » est le titre du livre que j'ai vendu, et me suis souvenu des émotions fortes, viscérales et libératrices à la lecture, jeune adulte, des ouvrages de cet auteur que je dévorais haletant, Quintes, L’ivre livre, La terre infestée d’hommes, Le bord de mort, les arts viscéraux etc…, tous largement soulignés et annotés sur les étagères où je ne conserve que les livres de cette époque. Le client avait ressenti les mêmes émotions semble-t-il et ces connivences entre bouquiniste et client ont parfois quelque chose de magique.

« Depuis que nous parcourons le monde, mes mots et moi, nous n’avons jamais dérogé à cette loi : il faut payer d’inconfort la rage de découvrir comme l’amour de savoir. Le voyage est une chose trop sérieuse pour qu’on l’abandonne aux mauvaises habitudes de la commodité. J’ai plus appris dans des bus cabossés et bringuebalants, sur des routes cahoteuses, que dans les cars climatisés, en pays balisé. Je me souviens de mon plaisir à m’affaler sur un lit de misère, dans une chambre douteuse. Il me semblait que mon intelligence des choses vues, senties, frénétiquement appréhendées me venait de ma fatigue même, aggravée par mon détachement à l’égard des choses relevant de l’hygiène élémentaire. Ma sagacité s’accroissait des souffrances que me valait mon envie insensée d’étreindre, oui d’étreindre, toutes celles des « connaissances » que mes intuitions me ramenaient comme des butins sensoriels, forts en rutilations. Je voyageais comme j’écris, en dévorateur du visible et de l’invisible. Un voyage, une écriture, chez moi, c’est la conquête d’une vérité qui n’est pas toujours ni belle, ni chatoyante, ni rassurante. C’est aussi m’en aller à ses relents, ses sueurs, ses déjections, non pour m’y vautrer, mais pour mettre ma propre humilité à l’épreuve du courage qu’elle exige, pour la regarder en face et en accepter les conséquences. D’une telle confrontation, la curiosité sort gagnante, mais alors ce n’est plus la simple curiosité, c’est une passion, dans le sillage d’un paroxysme. »

(la citation est extraite de « Souvenir d’immensité avec troubles de la vision », éd. Arfuyen)

 

Lors d'un concert à Châteauroux, Laurent Berger avait dédicacé cette chanson à notre épicerie littéraire bouquinerie fine.

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Portrait du blogueur

dans un spectacle Gaston Couté

couté

Recherche

pourquoi bloguer

Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.

pour commander des livres

Si des ouvrages présentés dans ce blog vous intéressent, vous pouvez les commander en envoyant un chèque correspondant à la somme indiquée (+ un forfait port de 1 €) à l'adresse des éditions :
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes

pour tout renseignement complémentaire (conditions d'envois et de remises pour les libraires, collectivités...), vous pouvez écrire à gros.textes@laposte.net

bouquinerie

 

 

Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.