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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 20:17

22- Ceci m'a amusé...

Le catalogue Gros Textes a migré ici : https://sites.google.com/site/grostextes/.

19-20-21- Je pars à Montpellier. La citation du jour est un peu longue mais elle fait 3 jours. Voire 65 ans...

LE DESTIN DE L’HOMME SE JOUE PARTOUT ET TOUT LE TEMPS !

Stig Dagerman 1950

Parler de l’humanité, c’est parler de soi-même. Dans le procès que l’individu intente perpétuellement à l’humanité, il est lui-même incriminé et la seule chose qui puisse le mettre hors de cause est la mort. Il est significatif qu’il se trouve constamment sur le banc des accusés, même quand il est juge. Personne ne peut prétendre que l’humanité est en train de pourrir sans, tout d’abord, constater les symptômes de la putréfaction sur lui-même, sans avoir lui-même commis de mauvaises actions. En ce domaine, toute observation doit être faite in vivo. Tout être vivant est prisonnier à perpétuité de l’humanité et contribue par sa vie, qu’il veuille ou non, à accroître ou à amoindrir la part de bonheur et de malheur, de grandeur et d’infamie, d’espoir et de désolation, de l’humanité.

C’est pourquoi je puis oser dire que le destin de l’homme se joue partout et tout le temps et qu’il est impossible d’évaluer ce qu’un être humain peut représenter pour un autre. Je crois que la solidarité, la sympathie et l’amour sont les dernières chemises blanches de l’humanité. Plus haut que toutes les vertus, je place cette forme que l’on appelle le pardon. Je crois que la soif humaine de pardon est inextinguible, non pas qu’il existe un péché originel d’origine divine ou diabolique mais parce que, dès l’origine, nous sommes en butte à une impitoyable organisation du monde contre laquelle nous sommes bien plus désarmés que nous pourrions le souhaiter.

Or, ce qu’il y a de tragique dans notre situation c’est que, tout en étant convaincu de l’existence des vertus humaines, je puis néanmoins nourrir des doutes quant à l’aptitude de l’homme à empêcher l’anéantissement du monde que nous redoutons tous. Et ce scepticisme s’explique par le fait que ce n’est pas l’homme qui décide, en définitive, du sort du monde, mais des blocs, des constellations de puissances, des groupes d’Etats, qui parlent tous une langue différente de celle de l’homme, à savoir celle du pouvoir.

Je crois que l’ennemi héréditaire de l’homme est la macro-organisation, parce que celle-ci le prive du sentiment, indispensable à la vie, de sa responsabilité envers ses semblables, réduit le nombre des occasions qu’il a de faire preuve de solidarité et d’amour, et le transforme au contraire en co-détenteur d’un pouvoir qui, même s’il paraît, sur le moment, dirigé contre les autres, est en fin de compte dirigé contre lui-même. Car qu’est-ce que le pouvoir si ce n’est le sentiment de n’avoir pas à répondre de ses mauvaises actions sur sa propre vie mais sur celle des autres ?

Si, pour terminer, je devais vous dire ce dont je rêve, comme la plupart de mes semblables, malgré mon impuissance, je dirais ceci : je souhaite que le plus grand nombre de gens possible comprennent qu’il est de leur devoir de se soustraire à l’emprise de ces blocs, de ces Églises, de ces organisations qui détiennent un pouvoir hostile à l’être humain, non pas dans le but de créer de nouvelles communautés, mais afin de réduire le potentiel d’anéantissement dont dispose le pouvoir en ce monde. C’est peut-être la seule chance qu’ait l’être humain de pouvoir un jour se conduire comme un homme parmi les hommes, de pouvoir redevenir la joie et l’ami de ses semblables.

Stig Dagerman 1950

transmis par Alternative Libertaire Belgique

Piqué sur http://1libertaire.free.fr

 

18 - Cette citation dans un mail de Roger Lahu :

"La vie nait par les mots et la mort habite le silence. C’est pourquoi il nous faut continuer d’écrire, de conter, de marmonner des vers de poésie et des jurons, ainsi nous maintenons la faucheuse à distance, quelques instants."

 (Jon Kalman Stefansson – D’ailleurs les poissons n’ont pas de pied  - trad. de l’islandais  Gallimard    2015)

 

17 - Bestioleries poétique de Georges Cathalo, éditions Les Carnets du Dessert de Lune

http://lescarnetsdudessertdelune.hautetfort.com/tag/georges+cathalo

« La poésie est une belle maison sans murs et sans toiture. De plus, on n’est pas sûr qu’elle ait des fondations. »

 

16 - Poèmes bleus de Georges Perros, Gallimard (1962)

« Toi qui dans la halte d’une journée peut-être difficile / As choisi de lire / Plutôt que d’écouter ou de voir / N’as-tu pas la télévision / Je veux que ce soit donc par amour / De ce pays à l’extrême-ouest de l’Europe / De cette Europe fatiguée / Dans les restes prestigieux de laquelle / Les hommes se tuméfient / Se heurtent, se font mal / Comme papillons en folie / Que menace l’obscurité / Les lampes du bonheur d’être homme / S’éteignent une à une / Soufflées par le mauvais vent de la mort / D’une mort que nous ne voulons pas / Puisque nous respirons toujours / Puisque nous avons des amis / Avec lesquels ne pas tuer le temps / Cet immortel / Mais le fondre / A la rare chaleur humaine… »

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