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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 20:27

La semaine de Gros Textes n°5 (3-9 février)

 

Cette semaine j’ai fait quelques retirages d’ouvrages épuisés de Colette Andriot invitée prochainement sur un festival dans la Sarthe. Il s’agit de « Au coin d’une rue » (2006) et de « Pendant que me revient l’odeur des foins » (2009).

« Je voudrais

le monde plus rond

paisible

comme une lumière de septembre

Que ce soit une caresse

de se cogner contre. »

 

J’ai fabriqué un recueil de nouvelles de Marie Monguet pour le compte des éditions « les Tilleuls du Square / Gros Textes ». Cette collection encore embryonnaire rassemble des ouvrages en prose souvent liés avec des questions de société. J’en parlerai plus en détail dans quelques semaines avec de nouvelles publications. Concernant cet ouvrage, il s’agit de 18 nouvelles comme autant de regards grinçants sur des sociétés déglinguées dans un monde bringuebalant.

Extrait :

« 

Mais, ici, à Alger, en l’an 2000 où les religions justifient la peur et la haine de l’autre, de soi, de la vie, les amoureux ne sont pas seulement beaux, il leur faut être  très courageux pour afficher dans la rue leur amour. Je n’étais pas seulement touchée par la répétition de cette banale et merveilleuse histoire qui fait de nous, la perle d’un collier qui remonte à la nuit des temps et s’éloigne vers un autre infini, j’étais admirative !

J’insiste : ici,  à Alger, en l’an 2000 où la peur, la haine et la religiosité sont cultivées par les marchands d’armes, de pétrole et de gaz, c’est plus que courageux de faire confiance à l’autre, à l’amour, à l’avenir.

 

Donc je continue... Après le baiser classique au cinéma, mais rarissime chez nous, le beau jeune homme lâcha la main de la jeune fille, comme à regret et partit. Celle-ci sourit, pleine de l’espoir d’un autre lendemain. Après un dernier tendre geste d’adieu, elle fit un pas pour se mêler au courant de la foule qui s’écoulait entre les récifs des étalages. Elle tourna encore une fois la tête vers la ruelle où s’était éloigné son amoureux.

Encore trois pas. Le panier explosa.

 

J’ai terminé la fabrication du livre d’Ana Igluka « Daou Déod » (deux langues en breton).

Daou  Deod  prend  la  forme  d’un  journal  intime,  tenu  par  un individu double : femme ou chienne. Être libre ou esclave, naviguant entre 2 langues : celle que lui dicte sa propre nature, à la recherche de   l’harmonie et la langue de la contrainte, de la société capitaliste.

Cette femme se lance à la poursuite de son rêve: la révolution, la révolte collective.

Est-ce un mirage? Est-ce un concept abstrait? Est-ce la mort? Est-ce un détour?

Décrivant un contexte social hostile, où un esclavagisme déclaré pousse l’être à sa révolution intérieure,  Daou Deod rend hommage au pacte d’amour et d’attachement entre humanité et animalité, entre l’Humain et la Nature.

Texte en français dont les titres sont traduits en breton, Daou Deod aborde les thèmes de l’attachement à la terre, à la Nature, à la langue maternelle et à l’ancestralité.

Ce  conte  psychédélique  est  l’histoire  d’un  retour  aux  sources, le récit du jour d’avant la Révolution, où le temps se suspend...

À la faveur de cette attente, la délivrance de nos entraves semble possible.

Alors peut-être faut-il immédiatement cesser d’attendre ?

 

J’avais signalé il y a quelques semaines cette vidéo sur un texte d’Ana Igluka. Je trouve l’ensemble fort réussi. N’hésitez pas à prendre le temps d’aller jusqu’au bout, la fin est saisissante :

http://vimeo.com/10587251

 

J’ai lu (non soyons honnête, disons feuilleté attentivement) deux gros pavés poétiques et revuistiques, un en papier et l’autre sur un écran.

Les hommes sans épaules n°35, http://www.leshommessansepaules.com/revue-Dossier___POÈTES_NORVÉGIENS_CONTEMPORAINS-34-1-1-0-1.html

Ce numéro s’ouvre sur une évocation d’un poète assassiné (il y a eu 40 ans en 2013), Jean Sénac, devenu une sorte d’icône aux côtés de Pasolini ou plus récemment de Tahar Djaout, ou encore un admirateur du même Sénac sur le sol algérien, Youcef Sebti. Et s’ouvre plus précisément sur une citation de ce poète assassiné : «Poésie et résistance apparaissent comme les tranchants d’une même lame où l’homme inlassablement affute sa dignité. Parce que la poésie … est « écrite par tous, clé de contact grâce à laquelle la communauté se met en marche et s’exalte, elle est, dans les fureurs comme dans sa transparence sereine, dans ses arcanes comme dans son impudeur, ouvertement résistante. Tant que l’individu sera atteint dans sa revendication de totale liberté, la poésie veillera aux avant-postes ou brandira ses torches. Au vif de la mêlée, éperdument aux écoutes, le poète va donc vivre du souffle même de son peuple. Il traduira sa respiration, oppressée ou radieuse, l’odeur des résédas comme celle des charniers ». (Je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’il en est aujourd’hui). Un long édito de l’infatigable Christophe Dauphin situe le personnage et lui rend un vibrant hommage. Suivent 280 pages denses où je vais de découvertes en souvenirs, un dossier « poètes norvégiens contemporains », des hommages à d’autres disparus, des notes de lectures… cette revue est toujours une belle entrée en poésie.

 

D’ordinaire j’éprouve une difficulté comme beaucoup à lire longuement sur écran, mais je conseille la lecture de cette revue numérique aérée et intelligemment illustrée  « Paysages écrits » animé par Sanda Voïca et Samuel Dudouit, auteur récemment publié dans la collection polder. https://sites.google.com/site/revuepaysagesecrits/

 

Et avant de terminer par une chanson, je vous propose un retour sur un texte d’Ana Igluka

 

pour introduire cette chanson de Gribouille qui me file toujours le même frisson depuis des décennies.  (ok je vais tout faire pour que la semaine n° 6 soit légère et déconnante).

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