Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 20:04

Semaine de Gros Textes n°2 (13-19 janvier)

 

Cette semaine

 j’ai fait, la mise en page du deuxième bouquin de François Philipponnat chez nous. « Cent remarques sur tout » tomes 3 et 4. Comédien, performeur de la compagnie l’Albatros, on a publié il y a deux ans les tomes 1 et 2 en un seul volume qui se lit dans les deux sens, sa poésie est écrite pour la voix et ici pour le jeu malicieux de la pensée faussement anodine  et naïve :

« Quand ils me doublent

les motards

ont une crampe dans la jambe droite

 

- Je vais faire vérifier ma voiture »

 

J’aurais dû commencer à l’imprimer quand je me suis aperçu que je m’étais trompé dans ma commande de papier (du jaune au lieu d’ivoire). Du coup j’ai fignolé la mise en page d’un bouquin de Billy Childish dont je vous reparlerai plus longuement. Ainsi que ceux de Frédéric Houdaer et de Yve Bressande.

J’ai également décidé de lancer une collection « tilleul du square » dans le prolongement des mini gazettes sorties en 2012. On reste dans le concept du livre qui se lit dans les deux sens, j’ai donc fait  une réédition de l’Almanach du père Peinard d’Emile Pouget d’un côté et un article de Jean-Paul Leroux, critique de la démocratie représentative de l’autre.  Bientôt sur le site « Les tilleuls du Square. Une autre plaquette devrait voir le jour en mars avec un texte de Jules Vallès et une série de chroniques de Cyril Sarot qui écrit un blog où j’aime bien flâner : http://lautrementdit.wordpress.com/ .

 

Sinon j’ai appris que Pierre Tilman exposait à la galerie métropolis, paris 3ème, du 23 janvier au 8 mars, l’expo s’appelle " sélectionner tout "

 

La semaine de gt n°2 (13-19 janv.)

J’ai lu des choses dont je parlerai plus tard.

Là je passe des notes de lectures plus anciennes qui trainaient dans l’ordi depuis l’automne :

 

Décharge n°157, 4 rue de la Boucherie, 89240 Egleny, www.dechargelarevue.com, 6 €

Un numéro qui s’ouvre avec Pierre Autin-Grenier en voiture la nuit avec l’autoradio allumé talonné de près par Thomas Vinau dont le lapin nain est accro aux abricots ne peut être que de grande qualité.

 

Un cadastre d’enfance de Roland Nadaus, Editions Henry, 62170 Montreuil-sur-Mer, www.editionshenry.com, 6 €.

L’enfance quand on a été ce qu’on appelait avant pauvre (pas encore défavorisé), c’est un passé qui a souvent du mal à passer. On regarde défiler le petit monde disparu, Mémère boiteuse et Papaclodo, les pantalons de chez Emmaüs et la grande lessiveuse.  Tout ça laisse un goût légèrement amer. Quand on a une enfance de cochon on voit pas trop la différence entre l’art et le lard. De toute façon, tout passe très vite, «…du ventre de ta mère / à la boîte de ta mort / tu n’es sorti que pour faire coucou… »

 

Mon film de Frédérick Houdaer, Mi(ni)crobe 37, Launoy 4 B-6230 Pont-à-Celles, Belgique, ericdejaeger@yahoo.fr, supplément à la revue Microbe

Juste pour dire que je prends toujours plaisir à lire la revue Microbe et ses annexes, que celle-ci est tout à fait réussie, avec cet épisode de vécu partagé : « revoir vingt fois « le locataire » de Polanski / n’était pas une erreur / l’infliger aux jeunes filles qui m’intéressaient / en était une / ce n’est que rétrospectivement / que je l’ai compris / que j’en ai ri / en me souvenant de la panique de x / de la fuite de y »

 

Chiendents n° 26, éd. Du Petit Véhicule, 20 rue de Coudray, 44000 Nantes,

http://editionsdupetitvehicule.blogspot.com, 3 €

Un numéro consacré à Michel Pierre que Gros Textes a édité jadis souvent dans la revue et deux fois en recueil. Pierre Tréfois et Jean-Louis Rambour ont conçu ce cahier illustré par Guy Ferdinande. Témoignages et nombreuses pages d’inédits d’un auteur discrètement déjanté. On évoque volontiers sa proximité avec les écritures de Verheggen, Jimenez ou L’Anselme, je pense également à Maurice Blanchard, autre oublié magnifique.

« J’apprécie mes textes à leur modeste valeur. Je ne vous les donne pas à lire, au contraire les dissimule sous une couche grammaticale pour qu’ils s’enracinent et fleurissent ensuite mon jardin secret. Puis je les arrache comme on le ferait de légumes bien qu’ils vivent encore liés étroitement à mes origines et représentent mes gènes à quiconque en doute ou avertit les pluies, lesquelles vont chauler demain mon imagination. »

 

L’enquête à Sète de Pierre Tilman, éd. « Au fil du temps », 20 €.

Pierre Tilman est grand amateur de jazz. On connaît la connivence entre jazz et polar. Ce bouquin se présente avec des allures de série noire. Mais cette enquête n’est en fait que l’occasion de dresser une galerie de portraits d’artistes plongés dans l’univers d’une ville que l’auteur décrit amoureusement.

Les artistes, certains connus comme Di Rosa ou Combas, d’autres quasi anonymes sont campés dans un décor urbain autant qu’humain avec ses bars, ses rues, ses plages, ses magasins et sa kyrielle de petites gens, de personnages attachants. Plane sur l’ensemble la patte de Tilman et ses réflexions toujours pertinentes sur la vie, le quotidien, l’amour et bien sûr l’art ; exemple : «  Pour être efficace, la communication se doit d’être simplifiée, rapide et facile, le but étant que n’importe qui la comprenne sans faire d’effort.

Pour être connu et reconnu, l’art actuel doit donc communiquer,

Le problème est que, par nature, l’art ne se lit pas à un seul niveau. Il est à facettes, à différents degrés de sens et de perception. Il peut certes lui arriver d’être simplifié, rapide et facile mais il peut, tout autant, lui arriver d’être lent, complexe et obscur. L’art remet en cause les canaux de la communication. Il leur résiste. »

 

Quatre saisons de Michèle Lévy (dessins de Roger Blaquière), éd. Donner à Voir, 91, rue de Tripoli
72000 LE MANS,  http://www.donner-a-voir.net/ , 5 €. Bien élégants ces petits livres accordéon de Donner à Voir. On commence l’année en septembre et les mois se plient avec une petite musique de mélancolie même si en juin « Parois le vent soulève / Un incendie de fleurs ».

 

Et finir par une chanson :

A la fin des années 70, un pote de la région lyonnaise m’avait enregistré des cassettes d’un chanteur de rue, Jean-Marc Le Bihan. Au début des années 80, alors que j’errais dans Paris, j’ai pu écouter un de ses concerts de rue sur le parvis de Beauboug. J’en garde un souvenir très fort. Après avoir entendu les commentaires qui ont suivi la conférence de presse de Hollande, ce souvenir m’est revenu. Je me souviens qu’il gueulait fort Le Bihan, et cette semaine la contemplation de cette « droite complexée » (expression piquée à Frédéric Lordon), terreau du front national qu’est le PS, ça incite à gueuler (même si j’ai pas voté, ayant interprété une crampe au mollet gauche sur le chemin de la mairie comme un signe de Satan, « Thank you Satan »). Bon 30 ans à gueuler, la voix de Le Bihan s’est un peu barrée mais ça fait toujours du bien par où ça passe (merci au passage à ceux qui font ces montages).

Et puis la chanson pour de vrai

Oui avant je vous livre une définition de la nation par la constitution de Robespierre que Le Front National ne nous piquera pas (ça fait drôle quand même de l’entendre parler de combat contre le grand capital et de lutte de classes, le parti de Le Pen). Faudrait juste savoir s’en servir.

« Article 4.(de la constitution de 1793)- Tout homme né et domicilié en France, âgé de vingt et un ans accomplis ; - Tout étranger âgé de vingt et un ans accomplis, qui, domicilié en France depuis une année - Y vit de son travail - Ou acquiert une propriété - Ou épouse une Française - Ou adopte un enfant - Ou nourrit un vieillard ; - Tout étranger enfin, qui sera jugé par le Corps législatif avoir bien mérité de l'humanité - Est admis à l'exercice des Droits de citoyen français. » 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

thierry 24/01/2014 17:10

très bonne trouvaille: l'article 4 de 1793,MERCI çà fait du bien

Portrait du blogueur

dans un spectacle Gaston Couté

couté

Recherche

pourquoi bloguer

Je m'efforce d'insérer dans ce blog les annonces des publication des éditions associatives Gros Textes, des billets d'humeur et des chansons de ci de là. Ceci n'ayant rien d'exhaustif.

pour commander des livres

Si des ouvrages présentés dans ce blog vous intéressent, vous pouvez les commander en envoyant un chèque correspondant à la somme indiquée (+ un forfait port de 1 €) à l'adresse des éditions :
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes

pour tout renseignement complémentaire (conditions d'envois et de remises pour les libraires, collectivités...), vous pouvez écrire à gros.textes@laposte.net

bouquinerie

 

 

Les pages ventes par correspondance sont en chantier.

Nous allons tenter dans les semaines qui viennent de proposer à la vente à partir du blog certains livres de notre épicerie littéraire.

Pendant le chantier, si vous tombez sur un bouquin que vous cherchez, vous pouvez envoyer un mail à gros.textes@laposte.net, et on vous dit comment faire.